N° III
LA JEUÎsE DRUIDESSE.
Jeune fille de Gorin-I.iimha , comment dire ta beaulé? quelle pure mélodie anime tes accens I Tes sourcils le'gèrement dessinés et ta longue chevelure rappellent la couleur de léLène; tes joues ressemblent au fruit du frêne des montagnes ; les perles de ta Louche sont d'une blancheur éblouissante ; deux globes d'amour s'élèvent de ton sein , comme deux collines parées de leur draperie de neige.
(OssiAN, l'Jncendio.)
Une jeune druidesse, le front ceint de guy de chêne, Toeil ardent et la tête levée vers le ciel, comme pour y chercher des inspirations , frappe de SCS doigts doucement arrondis , la harpe celtique. Telles les vierges d"'Erin , cachées dans un épais bocage , telles les Selma et les Roscrana , dont Ossian nous fait de si touchantes peintures, laissaient errer leurs mains d'albâtre sur les cordes plaintives. Non , les prophe'tesses du septentrion , les Visinda - Kona, dont le vêtement noir étincelait dV'toiles, et dont Fëcharpe azurée brillait de figures mystérieuses ; non , les fées
LA JEUNE DRUIDESSE. Sq
de la Germanie et des Scandinaves n''offraient pas aux regards humains une vision plus enchanteresse.
Elle est digne, cette charmante fille des bardes , du culte pieux que les Gaulois ont voue à son sexe. Je trouve , dans ses traits et dans sa pose, ce quelque chose de dwin dont parle Tacite. Mais quel est le chant que sa voix a commence' et qui se mêle au frémissement harmonieux de sa harpe ? Elle a oublié le soin de sa parure ; ses lonaues tresses noires flottent et retombent sur ses épaules nues. L'éclair de ses regards est voilé de tristesse. Belle prétresse des Gaules , j'entends les sons de cette voix harmonieuse, qui sVchappen t, plus purs que le souffle matinal , de tes lèvres aussi fraîches que la rose des bois.
« Oii sont-ils les enfans de la patrie ? Forêts , )) voilez-moi de vos ombres saintes ! Andarté , )> déesse de la victoire , a fui des bataillons gau- )) lois.
» O patrie ! l'étranger a posé le pied sur la )) terre des héros ; les enfans de la Gaule se sont )) élancés contre leurs innombrables ennemis. » Le soleil qui va s'éteindre dans les nuages » pourprés de l'occident renaîtra demain ; ils » ne reviendront plus.
)» Ils ne reviendront plus, et leur sang n'a » point racheté la Gaule; Tennemi foule déjà