‹ Salon d'Horace Vernet. Analyse historique et pittoresque des quarante-cinq tableaux exposés chez lui en 1822Chapitre 37 sur 86 · UNE ODALISQUE · texte numérisé non relu

UNE ODALISQUE

insouciance les riches tapis qui soutiennent ses membres délicats. Elle nVst ni embarrassée de sa nudité, ni inquiète sur Fobjet de ses amours. Elle n'est pas même sous le charme de la volupté. C'est une esclave qui attend son maître.

L'artiste a fidèlement conservé les mœurs de rOrient. Malheureusement , ces mœurs , qui ôtent à la vie ses prestiges , qui éteignent le feu de Tamour dans le plaisir des sens, offrent peu de ressource aux arts, et peu de séductions à l'imagination et à Fesprit^ La beauté sans voile , qui , dans le fond du sérail , attend avec indifférence les caresses d'un maître, est bien moins touchante pour nous , que cette autre femme (i) qui pleure dans le fond des bois les excès de sa vie passée. Les traces même des passions sont brûlantes. Cette ame tendre nous intéresse aux faiblesses qu'elle pleure. Il y a émotion; et l'émotion est , dans les arts , ce que l'électricité est dans la nature ; un feu invisible, rapide et contagieux, sans lequel rien ne vit, rien ne se meut, rien ne se communique aux sens et à la pensée.

Il n'est toutefois pas impossible , que cette belle pénitente , dont les yeux pleins de larmes demandent au ciel le pardon de ses longues faiblesses , ne soit la même que cette indolente

(i) La Madelajnr pénitente , n" XVJ.

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