UNE ODALISQUE
elle s^appuie sur un rocher, et son corps flétri semble succomber sous le repentir, sous Ja douleur, sous les macérations et les jeûnes.
Plaignons cette pauvre odalisque , et pardonnons-lui son apathie voluptueuse , en faveur de ses peines et de son repentir. Mais combien elle est changée ! Ici , ses chairs sont d\me teinte si fraîche et d^une si remarquable consistance, que Ton serait tenté de les prendre pour du marbre rose ; là , son corps est flétri , pâle , affaissé. Comme les larmes ont rougi , comme les élans de la piété et le feu des passions éteintes ont marqué d'un caractère de tristesse et de
tendresse ces beaux yeux noirs ! Mais cette
dernière observation me prouve que je me trompais : fOdalisque est blonde , et la Pénitente est brune ; ce n'est pas la même personne. Je le vois enfin; celle-ci est une Madelaine véritable, telle que nous la présentent les traditions chrétiennes et telle que les arts sont en possession de nous la retracer depuis plusieurs siècles.
Le pinceau spirituel de Fartiste a eu soin de traiter différemment les objets mêmes qui entourent laBayadère et la Pénitente. La roche et les tristes instrumens de piété sont touchés avec une espèce de négligence et de fougue , tandis que les tapis des Indes, le houka ^ les vases , dans le portrait de FOdalisque , sont