XXVII. Scène de V Ecole des Maris
■ ... Et voici dans ma poche uu écrit important . Qui vous enseignera l'office de la femme.
- Tenez, voyons un peu si vous le lirez liien. • (Acte m, se. u. )
Le bon Arnolpiie est étendu dans un fauteuil à bras, placé dans son petit jardin. Devant lui Agnès debout, modestement vêtue, lit, d*'une voix solennelle , les Maximes du Mariage , ou les Devoirs de la femme mariée , a<,>ec son exercice journalier.
XX^'III. Scène des Précieuses Ridicules.
Î^Iascakii.le. — - Je vais vous nioulrer une furieuse plaie. •
(Scène X. )
Devant une cheminée antique , mais du bon goûtd''alors,se trouventle marquis deMascarille et le vicomte de Jodelet, son ami et son compagnon d^armes. Ils s'escriment en beau langage avec la blonde Cathos et la jolie brune Madelon. Jodelet entrouvre sa veste et montre aux dames une cicatrice honorable. Mascarille indique une intention plus hardie par un geste plus prononcé. Les dames protestent qu"'il n'est pas besoin de ce témoignage , et qu'elles croiront sans regarder.
SCKNES DE MOLIERK. 1 1 I
COUP-D'OETL
Sur les six sujets tirés de Molière.
Nous avons légèrement indiqué le sujet et la composition de chacun de ces petits tableaux. Rapprochons-les maintenant et comparons -les entre eux. Cette méthode fera mieux sentir l'esprit, la variété de manière et la brillante facilité du pinceau de Fartiste.
A la scène de V Ecole des Femmes., qui est tout-à-fait dans le goût de Técole hollandaise , et où une couleur un peu blanche ne nuit ni à la vérité des tons, ni au charme du tableau, opposez le Festin de Pierre , où tout est rou^e , étincelant , fantasmagorique , et où Fœil étonné cherche en vain une figure ou une nuance qui le rappelle à la vie commune. Comparez entre eux les deux tableaux tirés du Misanthrope et des Précieuses , ces tableaux si heureusement jetés, si mollement dessinés , si bien dans le genre du siècle auquel ils se rapportent. Enfin , rapprochez de ces cinq tableaux le Cocu ima- ^m«fre, ses beaux costumes, Féclat du coloris, la manière large et brillante dont la lumière est répandue , et cherchez ensuite à caractériser d'un mot le talent d'Horace Vernet; vous le nommerez le Protée de la peinture.
Avec quelle flexibilité spirituelle Fartiste,
dans ces petits sujets souvent traites , a su har^ moniser sa touche avec Tépoque et le genre de comique de Fimmortel Molière. La scène du Misanthrope est un petit tableau charmant , que Ton jurerait compose vers les dernières années de Louis XI V, si le temps en avait un peu adouci et voilé les teintes. La noblesse des poses, les costumes, les airs de tète, les nuances des étoffes, tout est fidèle aux souvenirs de Tépoque ; et le pinceau y7ot^ et moelleux qui a tracé ce délicieux ouvrage , en a su faire im portrait aussi naïf et aussi local des mœurs du temps, que la plus jolie lettre de madame de Sévigné.
La scène des Précieuses, à peu près dans le même genre, est peut-être encore supérieure. La composition en est originale. On voit à droite le chambranle d'une ancienne cheminée , qui est présentée de profil et dont le foyer ne se montre pas. Elle supporte un vase de porcelaine delà Chine, derrière lequel se cache une bougie dont la clarté donne quelque transparence au vase et éclaire Tappartement. Cette ingénieuse disposition de lumières, qui en projetteles rayons et en cache le foyer , a fourni au peintre des effets charmans , qu'il a rendus avec autant de bonheur que Feussent pu faire les mai très de ce genre. Sans parler des deux gentilshommes d'antichambre dont la pMradt* grotesque ét;nt
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peut-élre assez facile à saisir, mais dont le costume est parfait et la couleur riche et brillante ; la pose , la figure et Fexpression des deux jeunes Précieuses , sont charmantes et pleines dVsprit. Leur sourire , leur maintien , leur grâce, tout en elles est affecté. La frayeur de Cathos est on ne peut plus risible, et la manière suppliante dont Madelon replie un bras potelé, donne à la fois un raccourci heureux et un geste d'afféterie qui peint tout le caractère.
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