‹ Salon d'Horace Vernet. Analyse historique et pittoresque des quarante-cinq tableaux exposés chez lui en 1822Chapitre 61 sur 86 · DE S. A. R. LE DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

DE S. A. R. LE DUC D'ORLÉANS

Adversily , the stem, niffged nurse ofi>irlue - L'adversité est la sévère nourrice de la vertu

(Gray.)

Dans une espèce de parc , dont le site agreste et presque sauvage ne laisse point deviner le maître , un homme , d'un âge mûr , est appuyé contre un arbre. A la simplicité de ses vêtemens , à cet instrument de jardinage qui se trouve entre ses mains, je crois voir le tranquille possesseur de quelque domaine, situé dans une province éloignée. La bonté, la fi*anchise se peignent sur ses traits, où la pensée méditative répand une teinte de tristesse.

On m'apprend que ce portrait est celui d'un prince. Je m'en étonne et je m'en félicite. Cette extrême simplicité , dans un rang si élevé, est le gage des qualités réelles et solides. Tandis que le vulgaire des altesses cherche l'éclat et la

128 PORTRAIT DE S. A. R. LE DUC d'oRLÉANS.

considération dans le luxe frivole d*'une pompe extérieure; on aime à voir un prince, dédaigneux de cette vaine parade, honorer , à la fois , son époque , ses concitoyens et lui-même.

Le peintre a parfaitement saisi dans son modèle , cet instant de rêverie simple et sans affectation : il y a de la noblesse et de Tabandon dans la pose ; c'est encore ici un véritable tour de force , que ce triomphe , obtenu par Fartiste sur la stérilité d'un portrait en pied , sans . accessoires , sans vêtemens éclatans , et dans un repos parfait. Pour la vérité de la couleur , le naturel et la ressemblance, ce portrait est un des plus jolis morceaux qui soient sortis du pinceau de M. Vernet, si fertile en compositions de cette espèce.

[N«^ XXXIV et XXXV.) *

Page 1