‹ Salon d'Horace Vernet. Analyse historique et pittoresque des quarante-cinq tableaux exposés chez lui en 1822Chapitre 62 sur 86 · SE BATTANT CONTRE DES GUERILLAS · texte numérisé non relu

SE BATTANT CONTRE DES GUERILLAS

Disguise ihyse.lfas tliou wilsl, Sinrery '. still thou art a hilter draiighl .' And deathis even sweeter tlian thee.

Déguise-toicoranie I u voudras, Esclavage ' tu es un breuvage amer ! L homme te repousse , et la mort lui semble douce auprès de foi. (Sterne.)

Ces hommes semblent avoir l'audace mélee de crainte qui caractérise les brigands ; mais la sainteté de leur cause écarte le sentiment du mépris. C'est l'étranger qu'ils attendent dans ces défilés presque inaccessibles , l'étranger qui a envahi leur pays, et qui veut leur imposer ses lois.

Ces farouches guérillas fonl leur apprentissage de liberté ; il sera désormais impossible de les courber sous le joug de l'antique servitude. Un jour on les verra briser les institu-

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tions du despotisme, et s^lever au rang de citoyeps d'un pays libre.

On vantait le repos de FEspagne et la sagesse des conseils du prince ; on le donnait en exemple aux rois de FEuropé. « Voyez , disait-on , » combien ce peuple est tranquille ; un pro- » fond silence atteste son bonheur; son immo- » bilitë est le doux sommeil de la paix ; cVst » Fe'tat naturel des peuples. »

Toul-à-coup une voix sVlève dans Fîle de Léon; un cri de liberté' s'est fait entendre; soudain des millions de voix répondent à cet appel. La nation paraît; le trône est conservé; le despotisme seul nVst plus.

Immortel triomphe de la raison et de la justice ! Ce farouche tribunal qui insultait à la religion dont il se proclamait le défenseur, cette sanguinaire inquisition qui avait retrouvé ses tortures et ses bourreaux, est enfin abolie pour jamais ; ses cachots ne s'ouvriront plus pour engloutir d'innocentes victimes, et la religion consolée rendra grâce à la philosophie.

Quel changement salutaire s'est fait dans cette nation vraiment héroïque ! Elle honore les vertus publiques; elle récompense ses libérateurs. Ces hommes qui perdaient leur vie dans une pieuse oisiveté sont rendus à une existence active et utile; ces cultivateurs qui languissaient

UNE EMBUSCADE. l3l

sur une terre féconde et aimée du ciel se livrent gaiement à de fruchieux travaux ; la joie et Tespe'rance sont rentrées dans les familles. Le commerce renaK ; Findiislrie lleiiril ; enfin, ces guérillas, que vous offre un hardi pinceau, abjurent une vie sauvage : ces guérillas sont devenus des citoyens.

LES TABLEAUX

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