‹ Salon d'Horace VernetChapitre 15 sur 74 · AUTRE MARINE · texte numérisé non relu

AUTRE MARINE

Ai’PAKTENANT

A S. A. a. LE DUC D’ORLÉANS.

Rien ne serait plus aisé que de réprimer les brigandages des Algériens. Mais que de choses utiles et aisées sont négligées absolument! La nécessité de réduire ces pirates est reconnue dans les conseils de tous les princes. Quand les ministres de plusieurs cours en parlent par hasard ensemble» c’est le conseil tenu contre les chats .

(■Voltaire.)

Des Arabes errans, des Espagnols fugitifs, des Juifs outragés et chassés, des Italiens aventuriers , des indigènes barbares , des Musulmans , qui n’aA^aient pour vivre que leurs poignards et leur férocité; la lie des peuples et le rebut du monde, ne trouvant pas de moyens de subsistance dans ces plaines d’Afrique que le despotisme accable , montèrent sur des bar- (pies , et allèrent piller les côtes du Portugal et de l’Espagne. Ils avaient , pour aiguillons de leur courage, la vengeance, l’indigence et le

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fhnalisnio. Des liomincs c*ngourtlls par leurs habitudes inonaeales les repoussèrent faiblement; ils s’enhardirent. On les vit se répandre, le fer et le feu à la main , sur tous les rivages..

V peine vêtus, à peine armes, ils achetèrent <les Eurojîcens quelques vaisseau.x, insultèrent tous les pavillons, firent esclaves nos fils, nos amis, nos parens, et forcèrent les puissances européennes «à négocier humblement avec lU) ramas de bandits.

I.eurs misérables chebeks ont couvert l’océan. Ces vautours de la îuer ont infesté tous les parages. On a traité avec eux ; on leur a payé tribut ; on s’est humilié devant cette poignée de brigands mal armés. Ils enlevaient nos filles et nos femmes; nous leur députions des missionnaires pour les racheter. \ oilà l’honneur des cabinets et l’esprit chevaleresque des monarchies absolues.

Saint Louis, Charles-Quint , Louis XIV , les ont humiliés, sans jamais les vaincre. Ils n’ont pas cessé d’imposer à la chrétienté l’ignominie de leurs traités ; et tandis que les écrivains , suivant les cours, déclament contre ces nobles grecs, qui se battent pour la crOiX et pour la liberté, des brigands turcs suspendent, dans leurs mosquées , leurs salvres teints du sang chrétien.

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