AUTRE MARINE
Certes, j’ai beaucoup de vénération pour ces mots harmonie entre les peuples , de paix unw er selle , à'' équilibre entre les puissances, de tranquillité du inonde , qui e'manent sans cesse des congrès des rois et des assemblées de plénipotentiaires. Mais à voir tant de beaux discours et une conduite si cruelle ; la religion si violemment défendue et les chrétiens abandonnés si lâchement au glaive infidèle ; des princes si pieux et des temples si facilement renversés par les Ottomans ; des ministres si délicats sur le point d’honneur, et des pirates musulmans avec lesquels on fait des traités si honteux ; de si grandes armées levées et sacrifiées , tant de sang versé , pour donner le repos à l’Italie et à la France, et pas une frégate mise en mer contre les barbaresques , pas un bataillon envoyé contre les Turcs ; des puissances si magnanimes , si religieuses , si morales , et qui s’empressent de remettre l’épée dans le fourreau quand il ne .s’agit plus que* de l’intérêt du monde et de la liberté de l’océan : ces étranges contrariétés m’embarrassent (je dois en convenir), et je ne vois plus dans ces expressions diplomatiques qu’une sanglante ironie.
AITHE MARINE.
LK l'AliLEAL.
1e a plu lüiite la nuit; le soleil se lève; Torienl est en feu. Celte clarté rouge colore, à l’horizon , les vagues bleues qui occupent |)rcsque toute la scène. A droite, tlans l’obscurité, on entrevoit les rochers qui bordent les côtes de France. Une chaloupe barbaresque vient de faire sa capture; elle quitte le rivage et va rejoindre un ebebek tunisien , que l’on aperçoit dans l’éloigncincnt , et qui protège son retour par un coup tle canon.
•Mais elle vient d’être atteinte par une barque Irançaise, qui déjà lui dispute sa proie. On est à l’abordage; les haches sont levées. Unefeinnie s’évanouit dans les bras des Barbares. L’obscurité générale, le combat de ces deux bar- (jues, qu’un léger mouvement peut faire chavirer , les vêteniens pittoresques des Barbal’cscpics, l’effet de lumière du fond, le contraste des teintes sombres du tableau et du soleil levant sur la mer, très-bien rendu, donnent à cette composition un caractère d’effrayante et singulière vérité.
[ ISo VIT. ]