‹ Salon d'Horace VernetChapitre 20 sur 74 · DÉPUTÉ · texte numérisé non relu

DÉPUTÉ

Son courage ne tient pas à l ignorancc des hommes et des choses. Il sait quels pie'ges lui dressent les intrigues de cour, les souvenirs de sa famille, les aniraosite's de l’orgueil. Il le sait ; et il continue à de'fendre, à ses risques et pe'rils , la constitution et les droits de son pays.

(lîlRKE parlant de Fox. Discours pnrlemenfaircs. )

Le (aient de l’artiste n’a pas de plus noble emploi (pie celui de conserver les traits des hommes vertueux et qui ont donne à leurs concitoyens de me'morables exem|)les de patriotisme.

Autant les regards se dc'tourncntavec dégoût de ces physionomies sans expression , de ces ligures insignibantes dont la foule vulgaire d(,'.slionore l’exposition du Louvre, autant ils s’arit tentav cc un vifsentiment d’admiration sur les portraits de M. Dupin , dont nous avons dt'jà pailé, de 1 honorable M. Chauvelin, qui est l’objet de celte notice, du genchal Drouot, de

POKTRAIT

MM. Madier de Monljau père e1 (ils, dont nous parlerons l)ientôt.

M. de Chauvelin est descendu d\ine famille qui réunissait tà des litres légitimes d’illustration tme grande noblesse de sentimens , beaucoup d’esprit et de talent. M. de Chauvelin , actuellement député, a recueilli cet héritage qu’il ne cesse de cultiver et d’enrichir.

L’indépendance de ses opinions, son attachement aux libertés de son pays, sa haine des abus privilégiés et de l’arbitraire se sont manifestés à toutes les époques.

On se rappelle que , nommé membre du Tril)unat, il signala son indépendance et son dé- \ ouernent pour les libertés publiques par ime opposition ferme et raisonnée aux entreprises du gouvernement consulaire. Ses opinions contre l’établissement de la Légion d’honneur , fpi’il qualiha cVordre de chevalerie ,^et ses observations sur le budget de l’an Xïle désignaient comme devant sortir du Tribunat dans l’année suivante ; il en fut dédommagé par le choix libre des électeurs de l’arrondissement de Beaune'qui le nommèrent leur candidat pour le Corps législatif Cet avis de l’opinion ne fut point perdu pour le chef du gouvernement d’alors.

M. de Chauvelin (ut nommé jîréfet de la Lys :

ÜE M. I)i: (;IIAL^EM.^.

<*l In niam'(T(‘ (MK'rgiqiic H brillanle aA cc la- (jiu'llo il conlribua à repoiisscM' l’invasion etran- «èro à l’cpoque de l’oxpedition anglaise sur Klessingiie, le lit ap])eler au (Conseil d’Etat. Il a reiulu, dans cette place*, des services eininens dont l’administration éprouve encore l’inlluence. Mais c’est surtout dans sa carrière legis lative qu’il faut considérer M. de Cbauvelin. \ oici ce que disent à ce sujet les auteurs de la Nouvelle biographie des contenipornins. « Les » E[)bémérides de la Chambre pourraient seu- » les raj)[)eler ces improvisations brillantes , ces » à-propos à la fois énergiques et spirituels » ({ui n’ont cessé, depuis quatre sessions sou- » vent orageuses, de signaler ce que nous pour- )) rions appeler le repos de l’orateur éloquent » dont nous indiquons les travaux. Tous les suc- )> ces de la présence d’esprit ; vives apostrophes, » reparties imprévues , saillies piquantes , atta- )> ques ingénieuses et souvent plaisantes , suc- )» cèdent ou préludent aux opinions écrites qui » ont classé M. d e Chauvelin parmi les premiers »> orateurs de la Chambre. Quand il parle de sa » jîlace , c’est Beaumarchais ; à la tribune, c’est )> BarnaA C ou Chapelier.

» Les efforts extraordinaires , lès travaux de » M. de Chauvelin avaient porte à sa santé une » atteinte que l’estime et la reconnaissance pu-

6/j PORTRAIT DK Al. DE CHAUVELIN,

» bliqiie signalèrenl haufement îi rin([iiielade )) de la nation. Cet interet passionne et bien lë- » gitime entourait , au milieu des troubles dont )) la place Louis XV était le théâtre , en juin » 1820 , la chaise qui transportait l’orateur )> malade à l’assemblëe, ctle rapportait àsa mai- )) son. Sa maladie devint séditieuse ; et la pro- )) tcction indispensahle donnée par les citoyens » aux infirmités d’un compatriote , et d’un des » plus fidèles défenseurs de nos libertés , fit )) partie d’un procès comme chef d’accusation. » Ainsi la sûreté individuelle devenait un at- )) tentât contre la sûreté publique. M. de Chau- » velin a tout oublié; et libre enfin d’inquiétude » pour sa santé, a repris en 1821 une place )) qu’il honore et dont il est honoré , place à la- » quelle les libres suffrages de ses concitoyens » l’ont encore rappelé en 1822.

LE TABLEAU

L’esprit, la force et la grâce qui caractérisent M. de Chauvelin , respirent dans ce portrait, qui est largement traité, et cependant touché avec beaucoup de finesse.

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