M. DUPIN , AVOCAT
)i cause de ])lus à deTendre, celle de mon )i jiays. »
La conduite de M. Dupin dans cette Cliandiue des representans , tant calomniée et qui était animée du plus pur sentiment de patriotisme, u’a point démenti ses promesses. Il défendit, en eftet , dans toutes les occasions , la cause publique; et madame de Staël, dans ses Considérations sur la révolution française ^\n\ rend à cet égard un témoignage qui serq recueilli parl’hi.stoire.
Après la seconde restauration , M. Dupin reprit l’exercice de ses fonctions; et la réputation qu’il avait acquise à la tribune , la générosité connue de son caractère, ses profondes connaissances dans la jurisprudence criminelle devinrent l’espoir et le recours des niallieureux poursuivis pour causes politiques. On n’oubliera jamais la courageuse défense du maréchal Ney et celle de ti ois Anglais accusés d’avoir favorisé l’évasion de M. Lavalette. M. Dupin , en plaidant à l’audience du a3 avril 1816 , devant la Cour d’assises , cette mémorable cause <pii rappelait , au milieu des scènes douloureuses de cette époque, ce que la tendresse conjugale avait de plus sublime et de plus héroïque , porta dans toutes les aines l’attendrissement et l’admiraiion pour ses nobles cliens, et obtint ainsi le
M. L)l l'I \ , AVttCAT.
lriüm[)lK‘ le plus doux aucpud I clocpu'ncc puisse aspirer.
Depuis celle e[)0(pie , on a \ u M. Dupin , par des ccrils lumineux ou par d’elo(]uenles plaidoiries, defendre lour à tour et la gloire militaire de la France dans la personne de plusieurs generaux accuses, et la liberté de la presse et celle de la [)ensce dans la cause d’illustres ecri\ ains en butte Ji la calomnie ; démasquer l’intrigue, attaquer le crime , protéger la vertu proscrite. Les principaux d’entre ses clients ont été le maréchal JNey, les mânes outragés du maréchal brune, les lieutenans-généraux Allix , Savary , Gilly, le duc de Vicence, le général Foret de Morvan, l’adjudant - commandant lîoyer, MM. Fiévée , Bavoux , Mérilhou , le Censeur , le Constitutionnel f le Miroir, l’ancien arcbcA eque de Malines, ^I. de Jouy, de l’Académie française, le curé de Cosne , MM. Forbin-Janson , Wilsftn , Bruce, Ilutchinson , Montain jeune , ScnneA'ille de Lyon , Duhamel de Rouen , îMarinet contre lord Wellington , Madier de Montjau et de Béranger.
LE PORTRAIT
(^EST dans la cause de l’infortuné maréchal JNey, {|u’Horace Vernet a voulu peindre son
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illustre défenseur , au moment où il dit au proeureur-genéral qui pressait le jugement : « Ac- )) cusateur, vous voulez placer sa tête sous la » foudre, et nous, défenseurs, nous voulons » montrer comment forage s’est forme. »
Tl serre fortement, et par une contraction pénible, les papiers qu’il tient à sa main : il semble recueillir toutes ses facultés pour fulminer son éloquente péroraison. Tous ses nerfs sont tendus , tous ses traits respirent une indignation sévère , une inspiration véhémente. Non-seulement ce portrait est d’une ressemblance parfaite , mais le peintre a su fixer, sur la toile , un de ces momens fugitifs , insaisissables , où l’aine , livrée à une forte émotion , semble emprunter des traits physiques, pour se produire au dehors , et devient en quelque sorte palpable.
[ IX. ] rOKTKAIT
l)i: M. DE CHAUVELIN,