‹ Salon d'Horace VernetChapitre 25 sur 74 · V XII · texte numérisé non relu

V XII

LA MOllT DE PONI\T()\ASKL

il no nieiirl pas; il cesse de vaincre.

(Mascaron. )

I I/ami , le ('()ni[)a»u()ii (ramies de Ivosciusko , , Joseph l’oiiialowski , eominandait les iialail- ; Ions [loloiiais qui oiilsi long-leiiips, el avec tant I (nioiineur, euiniiallu sous les drapeaux de la France. Ce guerrier, qui joignait au genie niililaire les talens de radmiiiislrateur , n’oublia jamais riunniliant partage de la Pologne, et sa vie entière lut consacixhî à la rèparatiidn de ce grand outrage du despotisme contre l’inde'pendancc des peuples. En vain Catherine el Paul P- lui firent les olFres les plus brillantes, pour l’attirer à leur service; il ne voulut servir que les Français, dans lesquels il croyait voir les luturs libérateurs de sa malheureuse patrie.

La luneste et glorieuse bataille de Leipsick , ou la trahison seule de nos perfides alliés pul arracher la victoire à nos armes, fut le ternie des exploits et de la vie du prince Poniatowski, (.barge de couvrir la retraite de l’arnu'e , il se

LA .iroliT DK l'OlNIATOM^SKI.

trouva , avec une suite peu nombreuse , sur les bords de l’Elster, dont les Français avaient déjà fait sauter le pont. Dans un danger aussi pressant, le brave et infortune Poniatowski se pre'cipite, sans besiter, dans les flots , s’abandonnant "à son cheval , qui ne put surmonter la rapidité du fleuve. Ainsi périt, avec gloire, le dernier rejeton d’une illustre famille, le héros de sa patrie , l’espoir de sa liberté. Son corps fut retrouvé dans l’Elster, couvert de blessures.

LE TABLEAE.

Lk peintre a choisi le moment où Poniatowski , après que le pont de Lindenau eut sauté, chercha à franchir l’Elster. Le héros est lancé sur l’abîme; on sent, au prodigieux effort de son cheval , qu’il atteindra l’autre rive ; mais l’endroit est tellement escar])é ! il ne fera que toucher la terre , et roulera dans les flots , où son maître intrépide va trouver la mort. L’illustre guerrier a prévu le sort qui l’attend ; il a détourné la tête , et on peut lire sur sa figure la courageuse résignation dont il est armé. L’ofïieier qn’on voit sortant de l’eau sur la rive gauche de l’Elster , est M. Ledieu , alors lieutenant dans le 85' régiment de ligne, et depuis élève de M. Horace Vernet.

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