‹ Salon d'Horace VernetChapitre 24 sur 74 · VUE DU VÉSUVE · texte numérisé non relu

VUE DU VÉSUVE

f 'idimus undaniem, ruptisfurnacibus, Ætnam , Flammarumqite gïohos, liqucfaciaque volvcre saxa. Le volcan ouvra ses cnlrailles ; il vomit des ton cns defeu , des masses Lifdastes et des dois de lave embrase'e. (VtRGlI.E )

Une petite montagne , que le peintre place ordinairement dans le lointain , et qu’il couronne d’une gei’be de feux et d’une colonne de fumëe , n’a jamais satisfait mon imagination , dans les tableaux destines à représenter l’effe^t des volcans. En vain a-t-on soin d’entourer d’une obscurité profonde, ces sillons lumineux , ces flammes rouges , ces reflets , ces torrensdelave: je cberche quelque chose déplus grand, de plus terrible ; mon espi'it , épouvanté à la seule idée de ces arsenaux souterrains , n’en retrouve aucune imitation, dans ces images mesquines qu’on lui présente ; il demande un fc^lcan ; l’artiste lui montre un feu d’artifice.

M. de Forbin, sans l’avoir vaincue, avait éludé la difficulté avec une grande supério-

VLE DU \KSU\E.

rit(‘ (le talent : il avait montre Tcruption ilans ses terribles ell’ets ; il avait ajoute à rintcM-ct pliysitjiK' celui des plus nobles et des plus touebans souA'cnirs. I lorace Vernet a (déplus hardi , i! s’est approche du cratère; il a conduit le spectateur jusqu’à l’ouverture du foyer souterrain. Son tableau représente cette bouche terrible creusée au sommet de quelques roches arides et calcinées. De là s’échappe, non une llamme légère et volatile, mais une flamme dense, épaisse, forte, et, pour ainsi dire, solide; si l’enfer a une entrée, ce ne peut être cjue celle-là ! Que ce volcan est magnifique dans sa fureur! Que ces torrens de feux sont beaux et terribles ; que la nature (;st stérile autour de ce goidfre enflammé ! Tel est le despotisme , dans les régions malheureuses où il domine ; il fait payer hien cher sa pompe aride et sa désastreuse magnificence.

Le grand effet de ce tahleaii tient à l’opposition si j)ittoresque du ciel d’Italie , de la fournaise (pli occupe une si grande partie du tableau, et de l’horreur sombre du paysage. l*afmi quelques voyagei^irs qui gravissent le formidable rempart du cratère, on remarque M. Iloraee V^ernef lui-même. '

(à'tte production de l’artiste est peut-être celle qui rappelle de la manière la plus frap-

VLK DU VKSUVi;.

pante le pinceau de son aïeul Joseph V erncl. Personne n’a porte plus loin que ce dejnier l’art de reproduire les tons et les couleurs de la nature avec une energie qui n’exclut pas le fini du travail. Ce sont précisément les caractères qui distinguent la Vue du Veswe.

Page 1