‹ Salon d'Horace VernetChapitre 39 sur 74 · LE CAMOENS · texte numérisé non relu

LE CAMOENS

SAÜVA?^T SES AIANUSCRITS DU NAUFRAGE,

iVo fnundo paucos anos et cansados , etc. etc.

Peu d années avaient passé sur mon berceau, que déjà la destinée m avait imprimé sa marque falale. Hélas, je la gardai toujours, et le malheur me fut fidèle . arraché aux bras de mon amie, je commençai , pour ne jamais finir , mon pèlerinage d’infortune , et les vagues de l'Océan immense jetèrent mon corps sanglant sur les roches de Cambaye.

(LeCamoens, sonnet XIV.)

(^’ktait un poëte que ce Camoëns , honneur (le la littérature portugaise. Les Muses l’accompagnèrent dans ses longs voyages et jusque dans les camps. On dirait de lui avec raison ;

— Mullinn ille et terris jactatus ab alto.

Errant en cent climats, triste jouet des flots.

Le Camoëns fit admirer son courage en Europe, en Afrique et sur les rivages de l’Inde. Exilé sur les confins de la Chine par la basse envie d’un vice-roi , il essuya un naufrage , et vécut cinq ans dans le pays de Cambaye , où il lutta énergiquement contre une infortune de tous les jours. (>e fut dans cette contrée

■ K CAMOKNS.

lo;)

sam agc ((ii’il acheva sa Lusiade, où ilc grandes beautés raehèlent de grands del'auls. LVpisode d'Inès de Castro , la deseription du gtùuit Adaniartos , gardien du cap des tourinentes, ont eleve le Cùunoëns au rang des graïuls poëtes.

11 est à la l()is le Tasse et le Ptùrarque portugais. Ses Canzonc sont pleines de eharines , et ses Sonnets amoureux, parmi des traits de mauvais goût, ollVent des j)ensees louchantes et délicates.

Camoëns fut négligé et perse'culë pendant sa vie; il mourut dans un hôpital; mais, après sa mort, on lui rendit justice, et une reconnaissance tardive «irava sur son tombeau les

mots suivans :

•I Ci-gil Louis Cainoëiis, prince des poêles de sou temps. »

Horace Vernetapeint Camoëns faisant naufrage sur la côte de Cambaye , et se soutenant sur les Ilots , sa Lusiade à la main.

LE TABLE Al .

Lk poëte vient d’être jeté contre une roche. Les vagues qui l’ont apporte, reculent et le laissent un moment à sec. On les voit se retirer en e'eumant , et former devant lui , comme une

Page 1