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morts m’inspireraient moins d’efiVoi, que ces liciirenses réticences de la peinture.
Ce general à gauche, qui laisse tomber un regard indilFerent sur Fobus prêt d’éclater, c’est l’intrépide Harville. La réserve qu’il conduit s’avance vers le centre; c’est l.à qu’une colonne de cavalerie va enlever la première redoute.
Dans la demi-teinte de ces plans éloignés , où je découvre le moulin de Jemmapes, à travers la poudre et la flamme , la bataille tonte entière se dessine à mes yeux; je suis toutes les colonnes, je les vois se serrer, se développer, et tous ces mouvemens sont aussi nets , aussi distincts , que s’ils étaient indiqués sur une carte militaire. Toutes les marches, toute la distribution du combat, la charge à la baïonnette , le choc impétueux de la cavalerie ; rien ne m’échappe , et j’ai saisi l’ordre de nos guerres systématiques dans le désordre même de la mêlée.
Que voit-on communément dans la plupart des tableaux de batailles ? des hommes qui se tuent, des plumets, des sabres , des épées , des chevaux , des membres épars , des tronçons d’armes. Le peintre est trop heureux , s’il a su vous intéresser à quelques groiqies, et si le costume , une circonstance locale , ou des ligu -
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res Iraditioundles , vous ineticnl sur la voie du sujet qu’il a choisi. La fiction vous saute à la f^orge , comme disait Montaigne; vous ne trouvez rien d’historique dans ces tableaux d’histoire; et vous écririez volontiers au-dessous Fontenoy, Hochstel ou Friedland.
Ici tout est positif, tout est local. Le paysage est d’une exactitude , rarement observée par les paysagistes eux-memes. Les villes , les collines , les hauteurs , les maisons , tout est placé comme dans la nature ; jamais les mêmes mouvemens n’ont pu se reproduire dans le même espace. La Bataille de Marengo par Carie Vernet est peut-être la seule production du même genre , dont on puisse faire le même éloge.
Ce beau tableau de la bataille de Jemmapes, où, dans un cadre étroit , l’auteur a resserré une machine si vaste , tant de pensées , d’épisodes et d’intérêt, appartient îi S. A. S. le duc d’Orléans. Ce fait explique l’éloignement modeste, oi'i le duc de Chartres se trouve perdu dans cette composition, et dont, sans ce commentaire, on eût sans doute été tenté de faire un rc|)roche à l’artiste.