L«8 CAV8BRIE
— Très-bien ,* eu effet , mais assez loin eacore de M. Barye. M. Gechter^ dans ce Combat de CharleS'^Martel et d' Ahdérafhe ^ s'est mon-^ tré homme d'un talent distingué assurément; mais regardez bien les attaches des jambes des chevaux ^ et tous les détails qui sont si beaux chez M. Barye ^ vous ne les trouverez ni si fermes ni si fins. Toutefois^ je préfère ce groupe plein de mérite à toute la sculpture de M. Préault et de M. Duseigneur^ au moyen âge de M, Feuchère ^ et à presque toutes les imitations plus ou moins bonnes de MM. Barye et Moine , et de M" "^ de Fauveau.. M. Barye est un homme de génie , d'un g^ie que Ton cornpraaid^ qui se manifeste aux yeux de tous; c'est aussi un homme d'un talent complet; il a donc toutes les conditions qui font le grand artiste. Attendons pour Lii comparer M. Préault ou d'autres, qu'ils aient produit quelque chose d'intelligible, d'étudié, et non pas des. firagmens de mélodrames en plâtre. M. Barye a la parole haute, ^\xt^ et puissante; ceux qu'cKi veut mettre à coté de lui, sinon au-dessus, crient et n'ont pas de poumons ; ils toussent tout de suite. Vous entendez bien que parmi
les faiseurs de basHf'eliefc du moyen âge , qui se sont mis à la suite de M^** de Fauveâu^ je ne compte pas M. Grandfils, Tauteiir en Songe de Marmion ; eeci m'a tout l'air d'une plai^ santerie : c'est le point sur un i de M. Alfred de Musset. M. Caudron^ évec son inintelligible Arène d* Arles ^ et sa Cour de Cliildebert, portée sur les épaules des combattans^ vaut cent fois mieu2t. Il y a trop de confusion^ trop de personnages, mais quelques parties d'études sérieuses, et qui annoncent du talent.
— Je comprends mieijx cela que ce bas-relief noii' de M. dé Triqueti.
— Vue d'ici, cette ébauche a du caractère.
Mais asse^ d'ébauches î» Aussi passons devant cette tête de la Reine par M. Moine; il n'y a de fait que des rubans de satin et un chapeau ; le reste est à finir. Les plumes et les cheveux sont d'un lourd écrasant ; le masque n'est que dégrossi. M. Lescorné a fini, lui, des perles, des pierreries , des plumes. Du Louis XVI , bien ; mais du temps de Louis XVI, une tète de femme, mênie fardée, était de chair; et ici, pas de chair ; quelque chose d'inflexible qui ne rirait pas, ne pleurerait pas, et ne pourrait
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dire : « Chevalier, relçvez-vous donc ; si Ton vous voyait, vous me compromettriez ! v.
— Qu'estrice que ce groupe d'un rpi qui donne un petit ^o.ufiQet à une femme occupée de sa toilette?
•r- C'est ChUpéric surprenant Frédëgojyide; c'est Frédëgopde se croyant surprise par Lfan* dry son amant, et se dénonçant, par une exclamation tendre , à un époux trahi ; c'est tout ce que vous voudrez. Frédégonde est assez gentille; mais voilà tout. Quant à Chilpéric, il n'exprime rien ; on ne sait pas ce qu'il vient feire là ; il a l'air de &ire une agacerie conjugale à sa femme, et il est; coiffé de sa couronne ! C'était un bonnet de nuit qui lui convenait ^ et non le grave bandeau royal. M. Bougron a mis la couronne pour expliquer un peu le sujet; et puis il a imprimé dans le livret de longues phrases pour raconter Landry , Frédégonde et Chilpéric assassiné après l'aventure représentée. Ce groupe; est une chose médiocre. Venons à du plus sér rieux. Arrêtez- vous au Cyparisse de M. Pradiçr. Voilà unejolie figure! Je ne sais pas trop pour-r quoi Cyparisse £ait tant d'efforts; pourquoi l'artiste, au lieu de lui donner à ployer une
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brandie mince dWine on de cytise^ dont les feuilles tendres seraient une pâture délicate pour, le cerf, loi a impoté l'obligation de lutter contre un vigoureux branchage.
— C'est apparemment pour ie ménager les moyens d'allier la force à la grâce juvénile.
— Tel est en effet le caractère du Cyparîsse qui présente de charmantes parties d'études.
J'aimerais beaucoup moins, si je devais choisir, cette chasseresse couchée, et tenant un lapin en l'air, parce qu'il y a là peu de mérite. Je vous parlais tout à l'heure de notre costume moderne dans ses rapports avec la statuaire; voici deux monumens à l'occasion desquels je vais vous dire ma pensée à cet égard : Bisson par M. Gratteaux, Benjamin Constant par M. Bra. Je crois que notre costume , tout disgracieux , tout ignoble qu'il est, ne doit point feire reculer l'artiste ; je crois d'ailleurs qu'il y a moyen d'en tirer parti , et de le feire moins laid en l'étoffent un peu , pu en ne lui empruntant que des yêtemens larges. Qu^il feiUe ensuite, de propos délibéré, sans nulle raison absolue, représenter un contemporain dan« son habit étriqué, dans ^e» patalons qui ont toute
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Tapparence de tuyaux de poêle ^ c'est ce que je ne pense pas. La statuaire est essentiellement Texpreésion de la former luiôter celle de ses facultés^ celui de ses avantages auxquels eUe doit tenir le plus^ c'est lui rendre un mauvais sei"vicCé Mais le désagrément^ la difficulté, il £aut les accepter quand il est nécessaire. M. Gatteaiux avait à représenter Bisson sur son navire^ se &isant sauter. Une pouvait le &ire nu; il Fa revêtu de son uniforme, et il a eu raison ; il Ta fait rond, lourd , et il a eu tort. M. Bra avait à représenter Beùjamin Constant, triste, souffrant , amaigri , à demi mort , faisant entendre pour la dernière fois sa voix avertissante à le tribune; il Fa recouvert d'une redingote mise par^iessus un habit ; mais peut-être n'y atnil pas là assez d'ampleur. Le monument serrait trop grêle s'il était exécuté ainsi ; il ne saurait être plue expressif. L'expression , la pensée, sont les hautes qualités de M. Bra. Il les possède en artiste profond qui médite , étudie , et donne à chaque sujet sa physionomie. Voyez la tête de Benjamin Constant qui gémit sur, des malheurs qu'il croit voir dans l'avenir ; voyez Uljrsse exilé y cherchant des yeux Ithaque à
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rhorizon de la mer qui hii cache sa patrie, demandant au vent un souffle bienfaisant qui lui apporte la fumée des maisons dlthaque ; tout entier à cette pensée d'amour et de regret, de tristesse et d'abattement. Et tout le beau corp» d'Ulysse participe de cette douleur ! Vous voyez que M. Bra, contraint tin jour de faire de la sculpture habillée, se réfugie tout de suite après , en poète , en véritable statuaire , dans la sculpture nue qui peut donner toute satisfaction à l'artiste si elle lui impose des conditions d'exécution plus grandes. M. Desbœufa a habillé son Jlngè-Gardien de la robe dont le moyen âge a revêtu toutes ses figures. U'étude de ce vêtement est très-bien faite. La tète a le caractère Voulu par la donnée de pastiché à laquelle s'est assujetti le sculpteur; elle est assez jolie; mais elle aurait pu l'être davantage, étant moins près de la manière. L'enfant endormi dans un panier, trop court pour un berceau, dort bien. Son corps est d'un modelé gras, auquel un peu plus de finesse he siérait pas mal. L'idée de l'aile gauche de l'ange, qui vient servir de rempart à l'enfant contre lés tentatives * d'un Serpent, est ingénieuse.
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— J'aime assez ce groupe ^ quant à moi ; il est candide et religieux.
— C'est un essai qui ne doit pas avoir de suite; car ^ pourquoi imiter le moyen âge dans son caractère et dans ses ajustemens ? ne peuton être naïf en imitant la nature? ne peut -on être homme de goût sans copier les cheveux plats et frisottés^ les tuniques à manches à gigot du treizième siècle?
— Comment nommez-vous cet homme enlevant une femme évanouie et un , enjEant qui rit?
— Astjdamas. Il sauve LuciUa qu'il aimait^ et Fei^nt de celle-ci y au moment de l'incendie d'Herculanum.
— C'est bien cela. Cette étude d'homme est puissante et pourvue de l'élégapce forte qui distingue le talent élevé de M. Foyatier.
— Je regrette que Lucilia soit groupée avec Âstydamas y de manière à être comprimée audessous de la gorge. Toutefois^ acceptons cette donnée qui nous vaut un dos de femme d'une charmante forme^ et des jambes, pendantes pleines d'un naturel gracieux. Le petit enfent dans le bras droit de l'athlète est charmant.
mo LOUVRB. M
Il y a loin de la grâce ^ de la puissance et du modelé de M. Foyatier aux (|ualîtéd de M. Gayrard. Sa Madeleine^ où vous distinguez des pieds , une draperie y et des bras bien' traités^ est laide ^ grêle. Ce n'est pas la femme voluptueuse de Forient, l'ardente pécheresse de Judée. Si M. Gayrard a voulu la montrer amaigrie par le repentir et l'abstinence^ il n'a pas bien réussi , car rien n'indique la beauté déchue. La^Diane surprise au bain^ manque aussi d'élévation de atylej la Lucrèce qui se perce le sein n'a pas d'expression. Ce sont des études de corps féminin estimables sous quelques rapports: je ne saurais pousser l'éloge plus loin. M. Gayrard fils a ici beaucoup de bustes; le meilleur est celui de Beauvallet^ cet artiste de la Comédie-Française^ dont le talent a toujours l'air de la rage concentrée ou de la mauvaise humeur; il y a de ce caractère. Les autres^ Adolphe Nourrit , Philippe, Dormeuil , Bernard - Léon et Ligier ; sont faibles ^ vulgaires, et inférieurs à ceux de M. Dantan jeuile. Un buste bien traité, quoique la re^ ' semblance pût être plus grande, c'est celui de. Benjamfn Oùnstant par M. GuiUot. Cet ar-
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liste n'a pas exposé que ce marbre; nom avoois de lui celiAe grande figure de Tjriée ^i atlBste la conscience àA Tauteur dail» ses études. Le masque cmtre na peu l'expresdîon. de Findignàtion et de l'enthousià«me. B y a du nsou^ vement dana kl {)ose et de l'énergie dans les jambe»^ M. Guillot ^ que nous n'avioas paa va an Louvre depuis plusieufs anaees»^ a. lait des progrès trèiHsensiMes.
— Vôilâ le portrait de quelque liomine de génie. ïl porte ta tète haute ^ les cheveux singulîèrfement ân*ângés , une demi-bart)e et des moustaches. Je vois sur le socle une coupe , un poignard et tm masque tragique : c'est quelque grand poète dramatique étranger
peut-ètt'e.
— Non ^ c'est M« Guy on ^ élève dii ^nser«* vatoire^ dit le livret. Mi Lévè^te pourf^ait bien avoir isèx tort à ce jeuue hamnpie, ei» lai doimaat un front pyraraidai GaU et Splurshein) ne VBul^t pas que rintielUgence se loge dan^ un c^rv^ira Conformé 4iMi> et i»'il fiiut. qw nous ayom eaeorefllKféîhu»*^, tMgi..
que sans int(Ë;)Ugeiicel;. . sioua i»'^w avonâeii qfi^.
àè reste an Iftiéàtrè fr^iiçaish.. Cëtfë Vierge, pkt M. Laitîé , est bien dràpéè.
— ^ le là trouve joUe ; mais elle n^sÈ rien du haut caractère que Raphaël tf si bien trdtlté pour expficflier rhontieûr feit pâï* Christ a Marie. Lé ditin Éuànqûe. Je voudrais ayok* iine malti*eése qui reésemblàt à cette jetmé feâimé; mais si j'étais étiré d'une paroisse^ je voudrais , {)Oùr iiioÉi église , une vierge qui y ^n présentant son fils à Fadoratioii de mes fidèles , leur fît comprendre par la nature dé sa beauté , toute l'élévation de sa mission cé^ leste.
^ Cé^t que e'e^t fort difficile.
-^ C'est qu'il né faut pas foire de viergeé*
-^- Quand elles «tout commandées par le miïrisfi^é^ il font bien en faire. Quand on a be*^ ^(Ati âè^ eilc^uragemens du gouvernement, on né choisit plus ses sujets; il faul> tràvafiller pour les églises, faire des btfstes du roi, de souve^ nir, sans pouvoir ôbténlf^ dé séances, parce que le roi gouverne , et n'a pas le temps de poser ptiùr leiy séùlpteûifs et tés pteintres. Aussi,, voyez comfmé' il est arrai^é dans tous ses bustes!
-r- Od biérf «OBÉiposëi^ des s^ttues de femmes,
4^ LES GAUSSBIE8
représentant la ville de Montpellier^ la ville de Marseille y la ville de Maçon , la ville de Tours^ k ville de Limoges, et je ne sais pas quelles autres villes encore , pour l'arc de triomphe de FEtoile, et pour d'autres> destinations. Quanta ces villes , quelque mérite qu'y aient mis leurs auteurs, je ne m'y arrête pas; c'est froid, et je suis gelé dqà. Tenez, voilà un buste en marbre très -ressemblant de M. Zédé, ingénieur de la marine, par M. Brion , qui a &it un Lamotbe - Piquet bien lourd. Cette Captive de Missolonghi , par M. Chaponniere , n'est guère grecque; feible, et d'un petit caractère. Il y a de la sauvagerie et de l'originalité dans Le Génie du mal de M. Droz ; la tète est d'un caractère remarquable ; la ppse de cette figure assise est bien trouvée. C'est le mouvement et la chaleur, plus que le style , qui distingue le Mazaniello ^ de M. .Dantan l'ainé, %ure que vous préférez, j'en suis sûr, à ce Périclès si inanimé de M. Debay père.
^ — Oh! certes»
— Et vous aurez ce Périclès au jardin des Tuileries. Il couronnera 3^ de l'air le plus triste du monde, les beUes promeneuses qui âurpiit in-
9V Louvms. 4Fâd
venté le plus joli chapeau^ la coupe de. robe la {dus £styorab1e à la taille. M. Debay fils a £Biit un petit amour dans une coquille ^ avec une suicre et une voile ^ et il a appelé cela le Génie de la marine. A. ne considérer cette statue que sous le rapport de l'exécution , c'est une assez jolie chose, L'enfent est bien étudié; mais si* vous l'examinez sous le rapport de la pensée y on est moins satisfaite Le Génie de la marine doit être grave et fort , parce que la marine est une profession sérieuse et pénible, à moins qu'on ne veuille feire entendre que la pifemière navigation fut faite par un amant qui allait visiter sa maîtresse : mais, dans ce cas, pas d'ancre, point de cette coquille qui ne pei^t servir de navire; une rame, et non un gouvernail; un tronc d'arbre creusé ou un radeau% Le reste est iaux, conventionnel, impossible. Il y a ici ua. détail qui me choque, et ne vous touche guère, vous; c'est cette voile percée d'œillets tout autour près de ces ralingues. Jamais rien de semblable n'a existé , et si, dans quelques mille ans, les hommes qui s'occupieront de recherches sur la marine au dix-neuvième siècle trouvent- cette statue , ils croiront que nous étions assez mal-
M LSS CAUfBAIES
adroite pour déposer aiq$i nos bandes de ris; ilft concluront que l'art naval était da»i l'en* fence encore en 48 3â<
-^ Mai^ ils auront da» livres pour redresser ieur croyance.
. 'TT* £t s'ils ne trouvent pas cea livres I si les bibliothèques sont aussi pauvres en 9038 qu'elles le sont aujourd'hui > il fendra qu'ila se $çpt ^u9( moniwens ^ epmine ppuii pqus Si^<ym à ceui^ d^ Grecs qui nous donnent de ^^r^ leuses trirèmes auxquellç^ notre, raison d^ nia-r ri|i6 se rcfose* Oh! les mo|ii4mei)s! rien n'est iptu^ çôf^me vkî\ moiiui^ent y si ce Q^fst UQ $^^ giialenient dan^ un passeport. En voilà beau-» coup ici : ^ bien ! je ne croiei pas qu'il y en ait troi^ de passablement exacts. L'art a des rai-r sons partumlières qui ne s'accwdent pas tQu-r jpurs avec Te^ietitude. Il ne (amI pas lui eq &ire un crime ; mais il feut savoir se défier de lui quand on consulte ses produits sous le ppint de vue de la priMque. L'Académie des Insci*}]^
tians perd son tenj^ps. Cuvier p^anai^ wn os, td reconatruisait h cpup sûr un individu dont l'organisation était possible j pqs académicifâns prennent un morceau de ïwarbFP ^ et di^:^
Be IrfKWftK. **66
serttefit pour tirer des ocmsëquettcâr iog^ieuh- 9em&sÊ, idMurdes* On a tieau ie leur dÉ*er, iift eeotiûueiic ^ commiiQleiit, conukeatent^ Viellr liésênt €11 comm^nt^nt^ €t sans avoir pu rien éelait^h^. Lisez tôite les livresi qu^s ont ïertti Imrlamâr^ dësëjàeiens.
-^ 9f0n pas, s'il vous plaît.
— ^ Saâs ancune cohnaissanee des eonditions que doit remplir un navire pour mardier, ils ont diaeutié des f(H*me8 dés navires sur là feî ét^ rnionumens, vrais éomme celui de M. Defeay. Tofert cela est à refeire, et la vie est si courte ! tt tes matériaux sont si rares ^i Praneo!' Mi^, mon «her ami, je m'^èii vais:
Restez, si vous voulez, pour voir les bustes de femmes si amnsàïis de M^ Gamier : madame
9 , avee ses bandeaux, ses eheveux frîsës^
ses hauts ri3l)a&S5 madame Ëlidàla^th Tayior, encore plus ^tonnaâte^ restez, pour voir ïe bës^-relief de M. Dieudonnë sur le Mariage de Louis- Phdtippe à Palerme y KAxvragt ôii le chapeau comique d«i suisse de Ja eathédrale est et qu'il y a de moins plaisant; restez^ ^oïlr examiner sous le globe oii elle est placée la petite Statue é^estre du Roi^ par M. Orlandi;
450 LB8 GAU8BHUS
OU le buste de mademoiddOie TagUoui; admirez^ 81 le cœur vou8 en dit^ le Napoléon à Montereau, de M. Despretz; voua en êtes bien le maître. Pour moi^ je para^ transi >&tiguë y ne pouvant plus parler ni me tenir debout. J^ai cependant une recomjmandSttion à vous £aire : yoye^ le Daphnis endormi y de M. Brun; le Hés^eily par M. Flatters, jeune fiUe qui a la mâchoire bien lourde^ VEw, par le méme^ petite statue doqt le mouvement semble vouloir indiquer que notre mère prouve les premiers maux de cœur de la grossesse ; le GladiateuTy assez bonne figure par M . Daumas ; la Force y de M. Desprez^ la Nausica, de M.
Ëlschoecht^ qui vaut bien mieux que son buste de madame Léontine Fay-Yqlnys; le Narcisse y de M. Âmbuchi; Vuàgar, de M. Lescorné; le C^'riy de M. Tbomas^ et V Adonis y de M. Molcnet. Daps tous ces morceaux vous trouverez des choses louables. Je ne vous engage pas à vous arrètor devant. le Philopos^ meny de M. Lange, etie Centaure Nessus^ de M. Grass : ce sont (ie fort médiocres ouvrages. Vous serez peutrêtre plus faivorable quç nfioi aux auteurs> et je le souhaite pour eux. Il m'en
DU LOUVRB. 467
coûte toujours d'être sévère quand je remplis les devoirs de critique: mais^ j'en ai la conscience^ depuis que nous caiyons ensemble^ ce n'est point la sévérité qui l'a emporté.
INOTE
FOU a ssETia oi paivACE.
IB Be sais qael est Favenir de ee livre , et si , comme èea> alBés , il aura le bonheur de plaire un peu aux artistes et aux amateurs; mais jusqu'ici il a été malheureux.
Le manuscrit était prêt le 10 avril, et j'avais Fespérance que» huit jours après, il serait publié. H n'en a point été ainsi. Des éffficttltés matérfelles sont survenues , auxquelles j'étais loin de m'attendre ; elles ont retardé l'impression, et puis quand le moment est venu de faire sortir ce pauvre ouvrage des limbes où on l'avait emprisonné depuis un grand mois , il m*a fallu trouver un autre éditeur. (^
M. Denain , qui a publié mes Ébauches critiques en 1S31 ,' comme son prédécesseur M. A. Dupont avait édité mes Esquisses, croquis, pochades en 1827, m'a averti, le' 11 avril seulement , qu'il ne pouvait plus se charger des Causeries du
AêO IfOTB
Louvre. J'ai eu recours à M. Ch. Gosselin » dont l'obligeance m'a tiré tout de suite de l'embarras où Je me troiivais. L'éditeur de mes Scènes de la vie maritime est devenu celui de mon Salon de 1833. Je regrette beaucoup de ne m'étre pas adressé d'abord à lui ; son activité aurait fait pour ce volume ce qu'il avait besoin qu'on fit afin qu'il arrivât à temps.
Arriver à temps est un point qui importe fort quand il s'agit d'un ouvrage de la nature de celui-ci ; c'est sous la protection de la circonstance qu'un travail de ce genre doit paraître; il faut que le lecteur puisse contrôler le critique , en présence même des objets d'art dont il a fait l'analyse. Ce contrôle me manquera cette fois, et j'en suis fAché ; la contradiction est une chose excellente ; je l'ai toujours appelée , et bien souvent elle m'a été très-profitable. Ce n'est donc pas pour la fuir que j'ai livré si tard mon ouvrage au public ; je tenais à faire cette déclaration. J'espère au reste que la mémoire du salon ne sera pas si fugitive que les visiteurs du Louvre, ceux au moins qui ont pris un véritable intérêt aux produits exposés de l'école fk-ançaise , ne se rappellent très-bien les œuvres et ne soient encore parfaitement à même de confirmer ou de réformer mes jugemens sur elles.
Je n'ai point la prétention d'être infaillible; j'ai le désir d'être vrai et, si je puis aussi , utile. Mes opinions sont sincères ; aucun esprit de parti , aucun sentiment d'école ne les sauraient influencer. Je tiens que le critique ne doit voir dans Vartj^UB l'art, et qu'i) a pour condition: essentielle de sa mission la nécessité de n'être absolu en aucune chose ,; et.de ne se pi|s laisser préoccuper par les systèmes exf;lusifs qui partagent la peinture.
Cne^çhose me console dans le retard qu'aura éprouvé, la publication de ces Causeries ^ c'est que les.artiste^ qui croient avojr à se plaindre des procédés de l'administration à leur égard ne pourront pas m'accuser d'avoir contribué à leur désappointement. Les récompenses sont distribuées, les achats finis , les travaux commandés ; mon livre ser^ donc complètement innocent du tort que danç la pensée de certaines personnes il aurait pu faire. Je serais bien affligé si j'avai3 pu empêcher MM. Dubuffe et Court d'être mentionnés honorablement pour leurs ouvrages que j'ai le mauvais goût de ne
POUB SBRVn DE PRBFAGB. 461
pas. estimer autant <|ue les estime sans doute M. Fintendant de la liste civile ; si j'avais eu toute l'influence qu'il faut pour paralyser la bonne volonté du distributeur des médailles qui en a donné une à M. Fouquet , une autre à M. Marient , comme il donnait la croix à M. Boilly père et à M. X^grenée. Mais , bien probablement, je n'aurais rien empêché; déjà depuis long-temps je dis que M. Fragonard n'a plus le talent qui fait le peintre des grandes décorations ; cette opinion , tout individuelle , a-t-elle nui à M. Fragonard? Point du tout. De 1826 à 1833 , il a fait deux plafonds an musée grec-égyptien , et 11 a encore de la peinture monumentale à faire au Louvre I Cet exemple et dix autres que je pourrais choisir mettraient mon esprit parfaitement en repos , s'il avait pu être troublé par l'apparition de mon livre quinze jours avant la clôture du salon. Quelques artistes m'ont dit que je leur avais été utile les années précédentes auprès du public et de l'autorité ; peutêtre ont-ils voulu me flatter; s'ils ont dit vrai, je suis bien heureux! je n'étais pas assez fat pour me croire tant dé crédit.
Pour, en finir avec l'impression de ce volume , j'ai été obligé detsouper dans quelques chapitres, d'en supprimer d'autres, et notamment celui qui traitait des plafonds du Louvre; je regrette surtout celui-là. Les artistes qui ont pris tant de soin à faire de bons ouvrages , MM. Alaux , Picot , Drolling et Deveria méritaient bien qu'on examinât de près ces grands travaux ; je l'avais fait pour rendre justice aux efforts de chacun d'eux ; il a fallu me condamner au silence à leur sujet. Je serais désolé qu'ils pussent croire que je n'ai pas cru dignes d'une longue analyse des morceaux aussi capitaux par leur grandeur , la place qu'ils occupent et leur mérite réel. MM. Gros , Heim, Schnetz et Fragonard ont beaucoup moins bien réussi que leurs quatre camarades, et il m'en a coûté peu de retenir ce que je devais imprimer sur leurs plafonds.
Quelques critiques , non pas au moins parmi les gens du monde, m'avaient reproché à propos de mes précédons ouvrages sur les sal<ms de donner trop à la recherche d'une forme piquante qui alléchât le lecteur ; quoique je pense qu'on ne saurait faire trop d'efforts pour se faire lire, quoique j'aie éprouvé que la forme vive , amusante et légère n'est pas à dé-
daigner dâtts rex^restitfn d'une opiaièn ralNMUiahle silr doi matière» lérienaes , j'ai e^sa^é de me dégager pvesqae a^solii* ment de nies idées andeirtiea à cet égard; J*ai pris le câfdre tout simple de eausèriêi entre an certain nombre d'indltid» qni repréientent àeë opin^oia diverses. Je li'ai pas conril après là gatté i mais j'ai évité autant qfue je l'ai pu la grtfrité dvgma^ tf qne et Fennui du développement des théories ; j'ai éffté soi*>' gdeasemeht tont oe <fiii dcToit me donnée matière à des elia« pitres plalsans f du genttcf de qnelqiiès-iinâ de mfdat qni af<#aient Inen réussi pourtant dans mes Ébauéhes eriiiques et dans les Péohaé63; ainsi on lie trouTera rien snr les trois Orâees de M» Bonrdet y rien snr cet enfanta là tète de tieilloM qui écris » mamén sur le sable , ingénieux produit de Fimaghiation de M. Montant; rieii snr un mot précieux de M. Ingrès qai Toynnt nn oim'age d^nn de ses élètes le dritiqua^ en (fisant : « cèld ne porte pas ma livret; » rïen sur Tjngt autres mo^oeanx qw anti^efois m'auraient tant amusé à déorire^ à fconrner^ à re^ tourner dans tous les ssns.
Ainsi» une forme très-simple» une critique courait la poste et' Vi^^abôndàiit eonime me' causerie an- coin du lèu» aaedne prétention an style on à Teflèt » Toilà ce que le lecteur trou* Tera dans ce li?^e qui lui arrivé tont mutilé, et pomr le^pMl je dènariiâé grâce. ,
k. JAL.
Paris» 16 sYril 1833.
Pages Le coin de la gloire. <— BÏ. Écrtùi amé. — Adoration. — Fnrenr. — DiACtusion. ^* BC Ingres , sculpteur. -— Des -fiarbus. -» iTn raisonneur. •— Exaltation. «— La fbnne. •— Les coloristes. — • Ils ont aussi la forme. *— Madame *** , peinte à Rome en 1 807. «— M. ligres a la foi. — Ses goÂts exdnsifr. — Sa fiBonille pittoresque. — Les protestans. -— Influentfe éà 11.' Ingrw^.siiltf a«x, •?!««. défctftfiaU» ««m , artisteth'.'X» Tn fkuweihu^eris» «uu M. GiiPwwBiik' ..«»<**: i
464 TABLB
Mméam€ ia eomiesse Yermoloffl — M. le baron Gro». •— Le Grof d'autrefois. — CUt^Bey, — Le chevil de Quiriet X. ^—Vjimottr piqué p«^ une mbmUe» --- Anâcréoii, t» toîIà ▼ieox. «— Fmgmeiu humaina en portefinilUe. «— If ademoiselle Mars. — Mardn le clMntenr» ^- Potier, -r- Le bourreau de Cbarles !•' 33
Deux Bourgeois. >«^ Un Passant. — Sapho et Phaon, — . M. Delorme. — Micbu. «— M. Dubnfie. «— Don /mon. ^^ Les types. -* Les tics. — Françoise de Rimini. — Les Péebeurs cbamels. — Les Poètes. — M. A. Colin. •— li. Monsiau. *— Le chagrin numte en croupe et gaiope avec lui, ^^ M* Poterlet. -^ Le Malade imaginaire. — Baptiste cadet. — La Canonnière, — • Madame Marte M. — M. Gigouz. «— M. Gilbert. — César Bourraine 4^
PamiUe de juifs de Maroc, — M. E. Delacroix. -* L'expression. — - Les coloristes ont le mouyement. *— Portrait de M, de Momajr. — ^ CorpiS'de~^garde de soldats maures, -^ Voyage » Maroc. — ChaHes^Quint au couvent de Saint- Jusi. — M. Court. — Une châtelaine. 71
Il r ' . ^ . 1 - '• .• • • /' ■
Les por«ndtsj<^^ Uiie^v#|te iMr*iMi>Bir«iiti •^ J^Mifioatiiili des peintres. dtf fMtykaitè. «^ PortNiit do maâÊuno Alkert^
DÉS MAntRBS. 46 d
Pages da VaudenUe. —- Mademoiselle Martin. -— Portrait de M. Lemaire , seviptenr. — M, Qnecq. — M. Girod de l'Ain, — Mademoiselle Pages. — Boceage, de la Comédie' Française. — M» Leboor. -^ Tamburini. — M. Caney. — • Portrait de M, MérUhou. — M. Déçois. — L'^atteraion, — Portrait de M* Parquin. — M. Finck. — M. Eusèbe Soi' verte. •— Madame Saînt-Omer. •— Mademoiselle Julia , de
rOpcra.-»-«M. Ckillas M, Petrus Borei, le Lycantrope.^^
M. Thomas, — Le cadre tricolore. •«— La manie da costmne.
— M. Armand CarreL -~ M. Henry ScfaefFer. -— La livrée de Marat. •— M. Ary ^cheffer. — M, Odilon-Barrot. — . M. Cauokois-Lemaire. — - M. Henriqnel Dnpont. — - CromweU, gravare, -^ Ayenir des arts. — L*art constitationneL
— Aquarelles de M. H. L Hesse. -^ M. Isabey père. • — Les' ateliers d'nn peintre en miniatnre. — ■ Portrait de M. Tio' lier, — Portrait de M, H. /. Hesse, •— Enconragement impossiUe anjonrdliai. — < Encouragement sons le ponroir absolu et la répnbliqne. — ^ Artistes par conviction. — L'artiste ne peut plus vivre dans le recaeillement et la retraite. — ^ Imitateurs. — - Les cadres extraordinaires. •— Classification morale dans le genre portrait 8i
Un très-joli honvne espagnol. — M. C. Lefèvre. — Un prêtre espagnol. — M. Louis Boulanger. »— Assassinat du duc d^ Orléans. — Aquarelles. — M. Ghampmartin. — Ztf duc de Cazes. — Le baron Portai. — ^ Le maréchal Ckmzel. — L'amiral Duperré. — • M.. Court. — Châtelaine. — Jeunes JiUes jouant avec une perruche. — Boiss^ d*Anglas. — Le maréchal Lobau. — M. Ary ScbefFer. — La reine des Belges. — Le Giaour. . — Marguerite à l'église, — M. Horace Vernet, — Raphaël au Vatican. — Tableau de genre co-
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lossal. — Portrait de Louis^Philippe. — Le maréchal Moliton •— Une dame romaine amusant son enfant. — Madame Poulâ, — • Le duc d'Orléans allant à l'Hétel-de- Fille. -^ M. Lepanlle. — Le duc de Choiseul. *— Madame Sehmder» Devrient. -— Mademoiselle E. L. — Boules-Dogues. — • Chambre de Louis XIV, — M. Schwiter. -» Portrait de mademoiselle Pierret. *— M. Brune. — Une mulâtresse. — « M. de Creuse. *— La famille noire. — « M. Dulac. -— M. DnpaU. -^ Jeune fille de Suisse. — M. Decaiane. — Portrait de M. V. Schœlclyer. •— Madame Damoreau, — Mademoiselle de Montpensier. — Madame Amédée Pichot. — Ma» dame JaL ^-^ Anne de BoUejrn. *— Le duc if Orléans. — « Xa princesse Clémentine. — M. Van-Ysendick. — Le due de Nemours. •— • M. A. Dedrenx. — Le due <^ Orléans. — Le cheval fiaiitastîqae. — M. Lecorienx. — Portraits de M. Robert, de madame Baron , de madame Leeurieux. — M. Cadeau. ^— Le docteur T. — Madame Saint-Omer. — Le docteur Bégin. — M. Soachon. — L'abbé Leclair. — M. Spindler. -^ M. Belloc. — M. Bouchot. •~- Madame la comtesse de ..... — Madame Despréaux. —-^ 'M. Blondel de Nantes. — M. Dncomet, né sans hras. •— Sidi-Hamden. -^ ^ M. Kinson. -^ Paysans de la Sologne. —— M. Paulin Guérin. — Le chevalier Rose. — L'amiral Truguet. — ^ M. Hyde de Neuville, — M. B.ouillard. — Le maréchal Grouchy. •— L'amiral FerhueU, — . M. Camille Paganel.'— M. Larivière. — Le maréchal Gérard. — Le général Rumigny. — L*école de Rome. — Son utilité. — • Ses produits. — Le général Rampon. — • M. A. Couder. — La Esmeralda. •— Le cadre de M. Couder; le cadre de M. Orsd. '— Le bien et le mal. ^— M. A. Perin. — M. Dassy. — Copistes. — Une réaction. — Vieux tableaux tout neufs — Feu M. Schœlcher, — M. Sigalon. — - Sujet anacréontique. — Portrait de madame Rouget. — M. Rouget. —- Abjuration {TJBenri IV. — < Les stationnaires xi5
Pages ie mof^ckal Ney. — M. Martin Langlois. — Madame Handeboort. — Madame Desnos. — M. Cornu. — M. Genod. ■ — // est sauvé. — L école de Lyon. — Lyon ne peut avoir une école. — M. Bonnefond, que fait-il à Lyon? — M. Guindrand. — M. Biard. — Les comédiens ambitions.
— VantiquaiUe, — Le Semoum, • — Le repos du moisson^ neur. — M. Vienot. — M. Deronge. — M. Rousseau. — ^ M. Yauohelet. — Scène familière. — M. Merlin de Thion-
vifie. — M. Senties. — Mademoiselle — Madame Tii-
pier-Lefranc. — M. Etex. — M. Bourdon. — M. Amaury- Duval. — M. Brémont. — M. Perlet. ' — M. Poppleton. — La queue d* M. Ingres. — Mademoiselle Sophie Allart. — M. Devilliers. ■ — M. DelavaL — M. Foumier de Berville.
— M. Magimel. ^-* M. Maricot — M. Charon. — Madame Hugo. — Une jeune grecque, — Madame Rang. — Madame Servières. — M. Dabos. — Mademoiselle C. Gérard. — Mademoiselle Godefroid. — Rendez-moi M. Gérard ! — Mademoiselle Pages. —^ ^dnne de Bolœyn. — Mademoiselle Swagers. — Mademoiselle Marigny. — Ze mari au bal. — M. Petit. — Le bal interrompu. — Mesdames Devins-Peysac, jSarrazin de Belmont, Clerget-MelUng et Empis. — M. Keller.- — M. Gros-Claude. — M. Gosse. — M. Delorme.
— Un condamné. — M. Demoussy. — M- Aifïre. — M. A. Faure. — M, Etienne Arago. — M, Steuben. *— M. Arago aîné. — M. le capitaine Faure. — M. Gigoux. — Madame Marie Ménessier. — Le général DwernicAi. — Le comte Ostrowscki. — Le lever de madame Dubany- r— Le mare'
chal'f errant. — Henri IV chtz Gab/ielie d'Estrécs i6'5
vra
Interlocuteurs du beau monde : une Duchesse , un Comte , une Marquise. — Un jeune Artiste. — Un Artiste âgé. —