‹ Salon de 1852Chapitre 2 sur 2 · SI · texte numérisé non relu

SI

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ao cœur et k l'esprit, et toqs commencez par me proposer des énigmes. Cette %ure que tous peigner, ce n'est pas une fignre, c'est an symbole, et 11 fant , poor comprendre votre pensée, que d'abord Je comprenne le symbole que vous aTcz Inventé! Vous n'échappez à l^mpossibilité d'être IntelHgfble que par la nécessité de recourir au lieu commun, mythologique ou religieux. Dans les temps où l'arf est naïf et simple, on ne connaît pas ce pauvre artifice; on choisit l'action ou le personnage qui, dans l'histoire ou dans la fable, résume le mieux une idée ou une passion. Au 16*^ siècle , on peint et on sculpte des figures allégoriques isolées qui représentent un attribut, une vertu, l'Abondance, la Justfoe, la Victoire; le 17* siècle étend ce cercle pour varier les formes de l'adulation prodiguée au grand roi ; le goût raffiné du 18* siècle, sa sensiblerie prétentieuse, ses mignardises de cour, et la métaphysique de ses salons précipitent l'art dans toutes les recherches et les faussetés de l'allégorie. La réforme de David n'a pas détruit le mal ; on trouve, dans le compte rendu du salon de 1810, par M. Guizot, une excellente critique d'un tableau de M. Meynier, qui représentait la Sagesse préservant Vadoleseenee des traits de Vamaur^ l'œuvre y est appréciée avec sévérité, mais avec justice; quant au genre, M. Guizot le repousse par quelques mots bien sentis : ■ Ce n'est, dit -il, qu'en empiétai|t sur les droits de la poésie que la peinture se permet l'allégorie, et cet empiétement est presque toujours malheureux. Pour comprendre un tableau, nous avons besoin, le plus souvent, qu'on nous en indique le sujet; que sera-ce si le sujet lui-même a besoin d'être expliqué? C'est le cas de TaUégorie : le poète, qui a du temps pour la développer, nous la fait concevoir sans peine : il réussit parfois à nous y intéresser en nous en faisant suivre

toutes les gfadftlioAs; le peMiire ne peut qve nous la mon^ irer» et cela ne suCfil lias. » On sait que Ptidhon n'a fm toujours saif i celte poéliq«t do bon sent, iésMim le CrtoMT aaioné defant la Jusiioe» l'faui^ceBce entrakiéc par T Amour, que le Plaisir pnécède et qae le ReoMvds sait. Les grandes qoaliiéa de œ aulire radièleiit rerreor de sob esprit. Je fendrais poufoir en dii^Attiant des peintres auxquels le sa- Ion doit des sujets ailégoriques; mais, hélss!

Mf Lépattlle a répété» sous le Utre d'/tid^râton, et à l'aide de trois ^g«res vulgaires, le combat de rhomme entre le vice <et la vertu; M* Abd de Pujol me parait s'être doublement trompé dans sa Fin du monde, figurée par un anour mort aux pieds du Temps. M. Debôn déctalre, dans le Imet, qu*il a voulu représenter la Sciettce et la Philosophie montrant la Religion comme la seule vérité ; rauriei^vous deviné? Entre deux fortes colonnes siège une femme coiffée d*aue tiare de pape, et veine d'une robe blanche; au-dessus d*elle vole on essaim d'anges formant une sorte d'ogive ; audessous, deux hommes à barbe grise, assis snr des tron-^ çoas de colonnes, a^^nt près d'e«x des livres fermés, et tournant le dos à la ReHgtoa, font au public des gestes dont Vun ressemblée un salut, Tantre à une demande d'aumône; sur le premier f^n, deax petib anges^ debout, déroulent une légende où on lit : Amate vot tnetesm. Ne cberchefe là ni la traduction de la pensée, ni la beauté des types, ni la* vérité des.expressions. Gontentez«>vous>i'mi coloris ferme et brillant, d'une lumineuse auréole d'anges bien groupés. Si vh>us vou* les phis, priei l'artiste de recomanencer et de foire autrement

M. Orner Charlet n'est pas beaucoup plus dair ; il a lu dans Horace deux petits versktins rendus parce grand vers français :

Qu'il est rapide, hélas ! le cours de nos années.

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Or ces années qui s'envolent si vite» ce soni des person* nages IraBqniUement ei soliâement asis, vieax et jeanes, filles et garçensi passant chacnn son temps comme il l*aime le mîenxy qui à foire Tamoar» qnl i chanter ou à médilery à lire ou à écrire^ un savant è étodiery un enfant à lancer des bulles de savon ; il est viai que, sur le devant du tableau, ii y a des fleurs et des feuilles qui flottent emportées par le OQurs d'un ruisseau; c*est peut- être là le mot de Ténigme, renouvelée de la.grtnée page qui a ieodé la réputation de Papely, de regrettable mémoire* La peinture de M« Omer Gharlct a de Téclat, trop ë*éclal, et des prétentions véni«t tiennes qui, en fatiguant ¥4M, empêchent de ganterie bonne exécution de quelques igures^

M. Lefamaan défimt ainsi son rêve : ii Las heures 4u cré^ pusGule portent sur la terre le. sommeil, suivi de rêves d'à-» moipr heureux, d*amour abandonné. • Pour nous qui sommes bien éveillés, nous ne-pouv«ns voir sur sa toîle qu'un agréable, asseml^ge de figurines disposées avec grâce,/ et dessi-» nées avec plus de sentimcot que de correction* . L'excenUricité de ToDuvre attire beaucoup de curieux davant la chose que M* Hamon a brièvement appelée to*Cam^ die huwMine. Il est possible qu'en commençant son tableau, M. Hamon ait eu ou cru avoir une pensée; le pinceau à la main, d'autres isniaiaies auront traversé son imagination; il les aura, doutées, et, de caprices en caprices, il en est venu à cette inintelligible et peu divertissante plaisanterie dont il aurait pu amuser ks loisirs de son atelier, mais dont il ne devait pas occuper le pubUc* Au milieu, un ihéàixe de ma^ riowietves antiques, d'une aidhitectufe délicieuse, portant follement le nom de Guiçwde, et où Ton voit l'Amour pendu et Minerve assommant Bacchus; la scène se passe aux

Cëtmpt-Blyfèat de Piris, dont les jolies bouqfnetières offreoly à droitoy des fleurs à des ombres des champs Elyeéei mythologiques^ parmi lesquelles on remarque Virgile^ le Dante, La Fontaine, Montaigne ; à gauche, une trtTiale ? ieille femme reçoit dans sa sébile une pièce d*or d'Alexandre, suivi de César et d*une longue file de guerriers ; do même côté se tiennent Diogène, appuyé sur son tonneau el tournant i» lanterne fers Icf théâtre ; puis Anacréou et deux autres personnages antiques d*un style charmant; an centre^ assis au pied de la baraque des marionnettes, Socrate fort attentif au spedacle, et une ligne de gentib marmots dan» toutes les poses et tous les^ costumes. L*^écution est au nifean du dévergondage de la eoncepition : à côté de figures d*nne élégance ravissante, des tètes et des corps ignobles; près de tons d'une suavkè eiquise, des rouges et des. bleus criards, et sur Tensemlile une sorte de nuage qui cache les yeux de tous les personnages, et donne an tout un aspect d*un gris ennuyeux, il n'y a rien à dire de la forme allongée de la composition ; c'est une frise qui doit, dit^on, faire partie d'un ouvrage de la manufacture nationale de Sèvres. Assurément, M. Hamon a du talent ; il possède surtout le sentiment très-délicat du goût antique ; mais que d'inégalités, que de lacunes! que d'obscurités! que d'incertitudes dans l'idée et dans la main ! défiiuts que l'on retrouve sur un joli d^sin fait par M. Hamon pour une pendule.

J'ai vu des hoinmes sérieux se ftcher de cette folle de la Comédie hmmainêf 11 fout plus dindulgence, è condition que r^rti^te ne se mettra plus^dans le cas d'en avoir autant besoin, et qu'il montrera son talent sous un costume plos raisonnable : il le doit, car il le peut.

— ai —

StjJETS BiBUQUES ST CHRfoENS. ilfjf, Lajsergêê , Gosêe, Charlei Lefèvre , Cabanel ^ Alfred ÀragOf Twlrnauche, Jeanron, Cibot, Tinibal, Lv gardon, Heue, Isamhert, Detgoffeêp Uoreau, Brémond, Beum, Seuirin, Chasséiau, Caminade, Henri Scheffer, Landelle, Jalabert, Gigaux, LecuriéuXf JacquandyBesard, Helbert, Sthoffer, Duval lecamus fiUt Bouterwecky Crauck, Richàud, Grevedon, jlf mes ^ Guixard et Caroline Thévenin.

On à dit sottveDty on répèle encore » pour espliqaer la décadence, trop certaine, de la peinture reli^penie en France, que nos artistes ne savent plos peindre les sujets sacrés parce qoMls n'ont plus la foi, qo'ilséchouentdans les tableaux d« sainteté parce qu'ils ne sont plus chrétiens. Cette banalité a cours même putni des gens iiAtruits, et, comme on dit aujourd'hui, elle est fort bien portée : eUe n'a pas moins contre elle le bon sens et Tbistoire. Pour représenter^ ainsi qu'elles doivent l'être, les seènes de l'Ancien et du Noi^teau^ Testament, il £aut, dites-vous, croire à la Bible et à l'Evangile! Soit; mais alors, pour reproduire av^c supériorité les scènes du paganiàme et de la mythologie, il 4iRut donc aussi être païen I Les maîtres qui ont excellé dans les deox ordres de peinture, avaient donc à la fois les deux croyances 1 A ce compte, vous allez trouver d'étranges exemi^es : je n'en veux citer que parmi les plus grands génies de l'art chrétien : Raphaël, le Poussin, Lesneur^ Assurément le peintre des vierges et des saintes funilles porte profondément l'empreinte du sentiment jchrétlen danssa plus touchante, sa plus pure expression* Raphaël est-il moins admirable quand il

dessine ou quHl peini les trois Grâces, Galatée, Thistoire de Psyché, les camées da Yaticao, le Triomphe de TAmoar et celui deBacchos, Vénus et TAmour, les attributs des divinités, etc. ? La religion chrétienne a-t-elle eu jamais dans Tàrt un plus noble, un plus digne interprète que Tau leur des SacremenU et du Ravissement de saint Paul ? Pourtant qu*y a-t-il de plus réellement, de plus voluptueusement antique que les Bacchanales, le Jupiter nourri par les nymphes, le Jupiter et Calisto» la Vénus et Adonis, l'Education de Bacchus, etc., du Poussin ? Et Lesueur, le peintre mystique de saint Bruno, avec quelle séduction il a reproduit la naissance et Tenùince de FArnoor, Diane et Aetéon, le sacrifice à ;fdpitef f etc.

Oui, san^doole, Ptiriistedolt avoir la loi, mais la foi dans ^n art ; son c«Nir et son esprit doivent être ouverts à taut ce q«i est grand, simple éL vrai ; il iiQt qu'il ait médité à fond scrr tés conditions dn beau, partout dli il se tronve, et qu'il étudie toujours les meilleurB mirfeBs de le réali»r. S'^ ne sent pas, ne sait pas, ne travaille pas esdnsivement daus ce btrt et dans ce sens ! s'il' se laisse aller aux aveugleiiients de Famo^r-^opre, aux «aiouls-de r'mté^t, aux caprices de la mode, aax enivrements du s»ecès , il n'a pas k foi : il pourra devenir un homme habile, maïs jamais un at tîste complet. Qu'on ne s'y trompe pas : le âétet de sentiment, de raisonnement, d^étude, qui empêche un peintre de faire un bon tableau religieux^ ne l'empêchera pas moins de foire un bon tableau historique ou de toht antre genre. L'art, dans sa pAénitnde, enâirasse tout^ applique à toat ses miracles, mais à la condition qu'il soit vraiment l'art, e'est-àdire im déiftHiementcjt non un jeu, une eonrîctioa et non un métier.

Si la peinUice feligieufift esA aujourd'hui en déctin, c'est qa*elle exige des qualitis séTères doiil la réunion devient rare; c'est aussi parce qu'elle trouve un plAeemeat difficile et moins d'encoara^nnents : elle n*babite» le plus souvent, que les églises ou les couvents: or les églises et les couvents ne sont pas riches^et trop souvent on s'y contente dé copies médiocres ou même de mauvais tab&aani : on y aime Tart au rabais. Le Gouvernement fait des commandes, mais le noiulbre en est limité. Quant aux gens du monde, il leur faut des peintures â la Louis XV : c'est joli, et c>sl moral ! . . •

La Bible a des trésors d'éternelle poésie ; l'art le^ exploite sans cesse et ne les épuise jamais. Les peintres de cette année se sont bien approchés de la source saorée; mais^ loin de s'y plonger, ils y ont à peine trempé le boui de leurs doigts. M. LazergjBS a montré un Adam et une Eve assea agréables, vêtus comme avant le péché, et ne cherchant à rien cacher ; ils paraissent plus étonnés «pie ravis du boa^ heur dont ils jouissent dans leur petit paradis terrestre ; les deux figures» un peu lourdes de complexion, sont étudiées avecsoHi et ne manquent pas de charme; on aimerait plus de légèreté dans la chevelure blonde d'Eve, quelque chose de plus poétisé dans k première félicité de nos premiers parents.

M. Gosse n'a pas voulu laisser Adam et Eve tout seuls da^s r£den ; il les ja entourés de toutes sortes d'animaux ei d'arbres ; mais il n'a &ût de ces deux personnages que le point de départ d'un résumé mystiqi^e de l'histoire et des destinées du monde ; le premier plan développe les consé-r ^(Oences ()e la (aute originelle, l'invasion des jept péchés ca^* pUaux, le deuîl» la douleuv» les larmes» puis enfin la ré*

demplioii anooDoée, et, lo fondy no chcBor d^anges aa milieu de la lamlère céleste. Gomme suite natarelley M. Gosse a peint voï^NatitUéf où 11 s'est plu à 6dre figurer Don -seule* ment les trois rois» mais des nations entières rendant hommage i TEnfant-DIeu. Dans ces deni toQeSy il y a quelque chose de la manière de Martins, Timmenslté de Tespace exprimée par le nombre et la petite dimension des figures. Je n*aime pas ce procédé; il me parait manquer de dignité, de vraie grandeur; mais je m*empresse de reconnaître rhaftleté d^exécution que Tartiste a su apporter dans la représentation de plusieurs figures et de la plupart des objets de nature morte.

M. Charles Lefèfre a demandé ses effets aux proportiom colossales de son ScOan fimdmyé. Alors même qu'il ne serait pas allé aussi loin qu'il s'était proposé, il faudrait lui savoir gré d'avoir mis le pied dans la sphère élerée de Part, celle où Ton n'apporte que des vues désintéressées. L'ange rebelle frappé par Dieu, et lançant, avant de tomber à tout jamais dans l'abîme, nb dernier regard de colère et d'orgueil, là est la pensée morale; M. Lefèvre l'a trop peu laquée : son Satan paratt moins occupé de maudire l'Etemel que d'entraîner ses compagnons avec lui ; il en tire un par les cheveux ; les autres se poussent et se retiennent comme ils peuvent; ils se pelotonnent de leur mieux, et ne laissent guère voir que la peur du gouffre où ils sont précipités; il est vrai qu'on serait effrayé è moins. La donnée ainsi comprise, et les conditions de la peinture, si différentes de celles de la poésie, ne permettaient pas de l'entendre autrement, a le malheur de rappeler le Jugement dernier de Michel- Ange, et l'avantage en même temps que le danger de fournir l'occasion de peindre le corps humain dans toutes les posi-

lions; il se pourrait que, dans cette bataille de membres et de mascks, M. Lefèrreeût aminci exorbitamment qndques torses, grossi outre mesure certaines cuisses^ allongé à Texcès fdusieurs jambes, imaginé des mouvements impossibles; mais enfin il a tenté courageusement un effort vers le grand; cela faut mieux que de se laisser glisser vers le petit et le commun.

La même louable tendance se manifeste dans la Mort de McUe* M. Cabanel aspire au style sévère et aux belles formes; il y parviendra, surtout s'il se dégage d*une imitation presque servile, s'il renonce à emprunter ses figures à Raphaël, à Michel-Ange et à d'autres maîtres : il dessine largement et arrange avec goût; sa couleur est conventionnelle plutôt que vraie, et on ne sait pourquoi, dans un sujet aussi grave, il a fait prédominer des tons viokcés et rosés, et flotter des draperies coquettement disposées. M. Cabanel, comme la plupart des jeunes artistes d'aujourd'hui, se préoccupe beaucoup plus des lignes et du coloris que de la pensée ; il prend le moyen pour le but, et il parait oublier (défaut trop commun) qu'une œuvra d'art est, avant tout, une (jtovre de raison. Vous voulez montrer Moïse mourant au désert : il y a cent manières de concevoir et de rendre ce moment solennel ; mafs quelle que soit celle que vous préfériez, il faut que votre Moïse soit la figure principale, qu'elle fixe l'attention, et que le reste n'arrive que comme accessoire. Dans le tableau de M. Cabanel, Moïse, étendu à droite en forme de ligne oblique; est entouré, surmonté, je dirais presque garni de grands anges de toutes les couleurs ; et, du côté opposé, s'élève majestueusement un Père éternel d'une ampleur colossale, escorté d'anges qui le relient aux autres fi* gures ; il écrase toute la scène et semble annuler le prophète :

H n*y a pat de combinaisona de lignes et de eoolevrs^ai ^faeenl de pareilieeftiatce. Je neaauraia trop eigager ks jewies peintres à a*appliqaer, avec une farianley le oenseil 4e Bel^ leaa :

Avant donc que de peindre ^ apprenez à penser.

M. Alfred Arago a donné à la figure d*Abratian» oontemplant àm haut d*an rocher Fineeudie de Sodome et Gomorrhey un caractère almple et noble. U longueur dei draperies, d'ailleurs très-natovdlement agencées» nuU i l^an^lenr du corps et en gène les poionvettents ; la kuniète dorée da soleil s^est ohangèe, sons le pîneean de M. Arago, en nne teinte orange monotoM et fooase. Ces erseors ponrmiit ètse éfiftées à Tayenir, et le jeune artiste doit èlre «noonragé à persévérer dans fta Yoie des MoBnes éludes qui déTcto|^ierent les qualités solides de son talent.

M. Tonlmottcbe est beanw^p moins sérienx. Sa manîèi^ a de la grèee» mais de kgrèioe mêlée d'afifélede; il ne cher^ cbe pas le caiBCtèee ni la oonlenr locale; sa Putiphar n*a rien d'onental, non ptas foe son Joseph* Ia pasaioi de la femme nes'eiprimequepaf leino«reflsent,d!aîHmirsbfteii<eDli, des Jolis bras qai retiennent le manteau ; Jose^ se saure e^se bouchant les oreilles oemme 8*il ne Tonlaît fuirqn'une femme qui chante mal ou qui erie trop fort. Pour comprendre tMnit ee qui manque à cette nmtore léebée et mignarde , il but se rappeler la petite r^ im ise è peii>e. indiquée , et.pfwalimt si oomplèle et si éaei>giqueiy 4e Prudhon.

M. Jeanson a ^bumé me ftanante d» plus^u enjet de fin* i«niie au Mm, Les deux i^ieiUaada y soi^ mais l'eau ii'y^t guère. Hommes, tenains , ariNrea, tout est exécuté dans un parti pris de eottlenrs aembrea, qui a pour but de coi

trar tonte la Htmière for le corps de la femme; ceUe-ei n'y gagne {laa^ betvcovp , car elle n'est ni jemie, ni trè84Mlle. BUe se aïontre fort peu effrayée; le mouvement de sa jambe droite a pent-ètre one intention pncK^ae, mats il aurait pu être rendu d*une manttre plus correcte. Nous relroinrerons ailleurs» et avec ptattsir, M. Jeanrcm.

M. Gibol a mis en piéamce Dani^ et Tun des vieillards q« «vaiei^ accusé Sùianne ; il tt% pas aaseï réfléclii sur la disposition et Texpnessiafi des âgures, il a trop négligé Tair et ta couleur pour qu'il s'éleone si je préftre parler de lui à Fof castoB des charmants paysages qu'il a exposés.

Les oapliCi de M* Tîmbal n'excitent pas d'émotîon ; ils sont ireiéi et prétentieux, ils posent. Quand on affecte le beau desMn, il fàvà dessiner juste; il est bon aussi de ne pas ajouter aux recb^ches de la ligne cdle des couleurs discordantes ; enfin, M. Tânbal parait aireir besoin qu'on lui rappelie que des ^fures juxtaposées ne font pas une con^iosition.

Quoiqu'il peigne moi», dèlicalement, je pvéf^e de beaucoup M. Lugaréen, malgré quelques sédnresses de contour et quelques pesanteurs de touche. H a représenté Rutfa glanant dans le champ n»isso»né : elle occupe fe milieu du premier plam; sa tète penchée est d'un beau caractère; elle semble un peu lourde, parce que la pose fait paraître le corps trop court , tr^ ramassé; la main qui prend lot épit est très-^heureusemenltrradiie : le» deux haa— as qui regardent k îeune ^neuse sont bien à leur place et à leur effot. Le tout est d'un bon seullmenit, d\uie Imoaière chaude et vraie, qualité qui manque au Denmrjour éPén conâmmé , autre loile, d'ailleurs estimable, de M. Lngardon.

La vie et la mort du Obriat ont très-difersement in^iré

nos artistes. M. Hesse a choisi le sermon sur k montagne t comme le «oblime y résulte des idées exprimées par la parôle, l'art peut diffidlemenl animer cette scène : Taction étant absente, il y Crat sappléer par la beauté des physionomies et le grandiose de ces populations pressées autour du mettre pour recevoir la doctrine sainte. Au milieu d'un paysage austère, des milliers d'auditeurs accumulés «d'une part, et de l'autre la belle et placide figure du Christ laissant tomber de sa bouche les plus admirables vérités qu'il ait été donné à l'iiomme d'entendre : voilà ce que j'aurais voulu. Ce n'-est pas précisément ce qu'a fait M. Hesse. Il a placé Jésus sur un rocher d'où il domine; près de lui qudques disciples, et la foule reléguée au loin à des distances où aucune voix ne saurait parvenir : c'est un groupe et rien de ^us. Lefeste et l'expression ne me paraissent pas répondre à la mansuétude, à l'élévation du discours. Le sermon a bien été prononcé au bord des chemins; mais ces chemins n'avaient pas, certainement, une déclivité pénible, presque impossible pour les auditeurs assis ou debout. Je me hâte de dire aussi que je ne puis accoutumer mon oeil au ton uniformément dair, sans contraste et sans ombre, que M. Hesse a cru devoir adopter, et je termiae en rendant justice à des figures bien étudiées, à un soin consciencieux, qui attestent ^un artiste réfléchi.

Quelques peintres paraissent avoir voulu abjurer toute^riginalité : M. Isambert a tracé sur un fond d'or un Christ entouré de petits enfants gris et laids qu'il ne regarde pas, et il n'a /ait ni du byiantin, ni du gothique, ni du moderne. M. Desgofles, en peignant, à la cire et à l'huile , Jém$ qui guérit Us aiveugles.de Jérieho, a été préoccupé du style et du paysage de Poussin : l'imitation ne lui réussit pas asseï bien,.

pour qu'il ne lâche pas de prendre tout simplement patfr modèle la nature. M. Morean, dans sa Pietàf s'est trop soa- ▼enu de Titien, et ne Ta pas asseï rappelé aux spectateurs ; un jour verdàtre, où se posent des tons bleus et des tons roux, ne signale pas un coloriste. La composition de M. Moreau est mal conçue r la Madeleine seule pense au Christ morty dont elle serre le bras ; tous les autres personnages l'oublient et se portent avec fiolence vers la sainte Vierge qui s'évanouit comme une petite maîtresse : c'est un étrange pèle-méle de figures confuses. Le dessin ne vaut guère mieux : la tète du Christ est d'une Tulgarité repoussante, les jambes sont hors de proportion ; la vierge Marie, si elle se redressait, aurait une taille de géant, et l'homme qui la soutient a un bras et une jambe qui n'iraient pas au plus grossier portefaix* Je suis sévère, parce que la peinture de M. Moreau indique des prétentions dont H faut qu'il descende s'il ne veut pas se perdre.

M. Brémond me paraît avoir manqué une belle pensée, la sainte Vierge, seule^ la nuit, au pied de la croix, avec le corps de son fils. Il a creusé un fossé; au fond,& gauche, il a assis le Christ, la tète appuyée sur le bord, et vue de bas en haut, de sorte qu'on ne découvre que le menton, le nez et un quart de joue ; la Vierge est assise sur l'autre bord, les jambes pendantes, dans une attitude gauche et sans dignité. Une lumière surnaturelle éclaire le Christ, sans se refléter sur aucun objet; malheureusement elle laisse voir des membres médiocrement dessinés.

M. Besson déclare, sous le numéro 103, l€$ angei au tombeau de la JUadeMne. C'est une grosse croix de bois trèsbasse; de chaque côté, deux gaines de soie, l'une jaune d'or, l'autre amarante mordorée , d'où sortent des tètes

dont on ne voit pas les visages, des formes qui sont probablement dea jambe» et dea pieds, et de grandes ailes blaa^ ches déployées, far&iiement pareillea; entre ces gptnea vides et très-pUsaées, il y a des taches lamineiises^ sur le devant, un bocal dont on n'aperçoit pas le contenu* La cri^ tique ne devrait pas s'arrêter devant de pareilles choses, si elles ne rencontraient pas des apologistes, et si elles ne ve* naient pu d'un homme de talent. Que M. Besson fosse des peintures grivoises, vivea et décolletées, mais qu'il renonce aux tableaux religieux : s'il veut absolument peindre k Madeleine, il la réussira peul-ètre en la prenant avant la pénitence.

Le sujet de Jésus chex Marthe et Marie est abordé deux fois. iM. Sewrin pose le Christ de profil sur un riche foutenil surmonté d'un grand rideau, et exhaussé de. deux marches comnie un trône (apparemment les maisons particulières possédaient cette espèce de mobilier) ; une femme en Uanc, maigre et blonde comme une vignette anglaise^ s'agenouille sur une des marches, en pliant une jambe gauche excessivement courte, tandis qu'une antre femme, debout et vue de face, les cheveux ondes comme une Parisienne, foit signe, en montrant une table dans la pièce voisine, que le dlœr est servi. M. Sewrin, on le croira sans peine, a foit mieux que cela. M. Chasseriau a compris la chose autrement, mais ne me parait pas l'avoir mieux foit comprendre. Il assied le Christ en dehors de fo maison; il le tourne de telle sorte qu'il ne parle à personne, et il lui prête un geste îusigM* fiant et gauche; une femme accroupie à quelque distance récoute religieusement;^ dans le fond, une autre femme, vêtue d'une robe rouge et portant un vase sur l'épaule, achève de descendre un escalier et arrive en prêtant l'ordlle à ce qui se

dit. Cette mise en scène eit aknpley mail d'un goût plutôt arabe iBoderoe que biUiqiie ; leg personnages ne sont pas reliés cotre enxde manière à former une action. J^ regrette de ne pouToIr louer les trois figures» qui pourtant offraient des motlb si beaux et si variés !

M. Gaminade a fait conferser bien froidement ensemble, au bord du puits, et au pied d^une montagne classique. Je sus et la Samaritaine* C'est de la peinture de tradition»

M. Henri Scbeffer a peint un homme à très-larges épaules, couvert d*une blouse gris-bleU| agenouillé , les bras ouverts et les mains baissées vers la terre. C*est peut-être un paysan qui foit sa prière; mais que ce soit là TÉtre divin qui disait : o Monèmeest triste jusqu'à la mort 1 » non, mille fois non.

La manière de M. LandeUe tombe dans Texcès opposé ; on pourrait rappeler du cbristinnisme de salon : un pas de plus, ce serait de révangile de boudoir. On exagère toujours, ses qualités» et on en a biantAt foit des défauts. M. Landelle a été loué de sa délicatesse de forme et de tons: il en est venu à des figures maigres, à des natures appauvries, à un coloris timide et faible jusqu'à l'évanouissement. Ses deux béatitudes : « Heureux ceux qui pleurent» heureux ceux 4ont le coeur est pur, > ont de la douceur, mais de la mollesse. Pour ménager l'espace, il a fallu entasser les personnages, les priver d'air^ fatiguer les attitudes. Les si^jets chrétiens veulent plus de simplicitéi plus de franchise; leur parfum n'est pas celui de nos salons mondains; c'est celui des fleurs qui croissent sur la montagne, ou de l'encens que l'autel envoie à Dieu.

M. Jabbert a donné à Sa figure de saint Luc, commandée poiur un vilxaU de Sèvres, une beUe tournure ; il l'a peinte avecferoieié et une sj^lendeur sévère. Les draperies d'un

corps au repos doifeot accuser peu les membres qu'elles re* couvrent, mats au moins elles en doif enl laisser supposer Teiistence ; M. Jalabert a négligé ce précepte ; 11 a liit passer le bout d*un pied, mais il est impossible de deviner la jambe qui s*y rattache; quelques retouches dans les plis feront disparaître ce défaut.

Le dessin correct et serré du saint Lue de M. Jalabert contraste avec le laisser-aller de la Madeleine de M* GigouK. On serait porté à croire que M. Gigoux n*a voalu qu'assembler et rapprocher des tons brillants ou harmonieux, et qu'il n'a eu iiul souci de la pensée ni de la forme. Madeleine est à genoux devant une croix de bois dans une grotte; d'où lui vient le jour ? ce n'est pas de l'entrée de la grotte, qui est derrière elle; ce ne peut pas être du fond de cette grotte, qui est essentiellement sombre ; il faut supposer Je ne sais quelle fenêtre fantastique, ou admettre que la scène se passe comme dans une ruelle entre deux rochers. Je ne dis rien du fond du tableau, formé de nuages et de montagnes qui se confondent dans des teintes inexplicables, ni des chairs charmantes de la sainte : elle en est sans doute aux premiers jours de sa pénitence. Mais une femme qui passe pour avoir été belle n'a jamais eu des bras aussi longs, un buste aussi court, un sein aussi massif, des cuisses et des jambes qui, étendues, auraient des proportions énormes. J'avoue que la draperie * composant l'unique vêtement est d'un beau bleu, et qu'il y a des délicatesses dans le ton d^s chairs.

Dans une donnée tout opposée, M. fieenrieux semble fuir la couleur, et couvre sa toile exclusivement de gris et de rouge. Sa composition du due d'ÂquHaine se comprend difficilement ; ce doit être un impie qui se débat contre les menaces de l'Eglise, et on dirait un saint homme qui se

prépare à recevoir la commanion. Prises isolément, plusieurs figures ont de belles qualités.

M. Jacquand donne an soin égal, trop égal, à toutes les parties de ses œuvres; sa touche est la même pour tous les objets qn*il peint. Comme de coutumey il a traité un sujet monastique. Il a, on ne sait trop pourquoi, agrandi ses dimensions. La scène qo*îl a choisie n*est pas sans intérêt. Saint Bonayenture a entrepris de réformer Tordre de Saint- François; il donne l'exemple de Thamilité, et c'est pendant qu'il lave la vaisselle du couvent qu'il reçoit les insignes du cardinalat. Entfë^ le moine occupé dans un coin à une œuvre si basse et les magnificences d'un cortège envoyé au nom du chef de l'Eglise, il y, avait une belle opposition ; M. Jacquand ne l'a pas comprise : il s'est contenté de mettre deux moines sur le premier plan, et il a rejeté dans le lointain toute la procession. Chose étrange! le moine, vêtu d'une lourde et riche chape, qui porte le chapeau sur un coussin, semble l'offrir à une personne qui serait hors du cadre, ou le déposer au^ pied du réchaud très-élégant, et très-élégamment peint, qui sert à saint Bonaventure. Céhiici ne lave pas la vaisselle depuis longtemps, car ses mains sont d'une blancheur et d'une délicatesse exquises; enfin,, une dernière conséquence de l'inconvénient de tout finir trop également, c'est la froide et monotone répartition de la lumière. Malgré ces critiques, il fout reconnaître à M. Jacquand des qualités distinguées, sages, plus convenables aux petits tableaux qu'aux sujets traités en grandi

Il y a un mérite analogpe, qpoique avec mekis d^harmonie de coloris et plus deroideurdeligne, dans le talent de M. Béiard. Cet artiste a- exécuté heureusement un tour de fioKceeo réunissant dana^un seul tableau, avec beaucoup de

a^^m là. *^

clarlé, les Sept Sacrements. Les groupes» divisés ea deu: grands compartiments, sur deux plant différents, se lient biei ensemble, présentent une physionomie sincèrement religieuse, et ont plusieurs ûgures d*un très*bon dessin.

M. HerbelsthofTer a mis beaucoup de fougue dans sa Tentatiùn; les deux belles femmes qui s^élèvent au-deaaas do moine, dans la grotte, ont de quoi séduire : tout en les repoussant, Tanachorète n'a aucune raison d'entrer dans un accès de fureur et d'enfoncer ses oncles duis le rocher. Sauf l'excès dn mouvement, il y a beaucoup à touer dans cet ouvrage.

De bonnes études recommandent les sotiU Corne et jainl Du mien soignant les malades ; mais où M. Duval-Lecamos fils a-t-il pris cette lumière bizarre qu'il étend comme par lames sur les surfaces? Pourquoi aussi uéglige-t-il le modelé, an point de donner à ses tètes, à ses membres, à ses draperies, respect d'objets en bois?

On ne peut pas soigner plus à fond toutes les parties d'an tableau que n'a lait M. Boutterweck : ayant à montrer Charlemagne qui donne à sa fille, abbesse d'Ârgenteuil, les reliques de la sainte tunique, il étudie minutieusement les costumes, les accessoires; il dessine bien ses tètes; il est exact en tout; mais il îdXi ses figures une à une, sans s'inquiéter de la lutte des couleurs ni de l'enchaînement des groupes ; de là un aspect à la fois criard et froid. A droite, sur le premier plan, une femme è genoux élève son enfant vers la sainte châsse comme pour le faire bénir ; son mouvement et celui de l'enfant sont d'une naf veté charmante et d'un effet tout nouveau.

M. Crauk a exposé un samt Lambert en exUue^ d'une expression fort exagérée, et d'une vulgarité malheureuse. Le saint Séboitien, de M. Richaud, est mal posé ; il a une (été trop

téù f.

petite sur ua corps trop loi^; mais il y a un bon travail dans les muscles du torse. La smiUe Affre,de M*»* de Guizart, exprime une douleur de femme du monde plutdl que de martyre. Le salon co|npt« deui saintes Cécile : Tune, qui semble* rait sortie d'un pinceau de femme, est due à M. Gre?edon, le célèbre lithographe, qui eonserre toute son élégance, son habileté d'arrangement, et y joint jine bonne entente de la couleur ; Taulre, qu*on dirait peinte par un homme, est l'ouvrage de W^' Caroline Thévenin : on y reconnaît l'étude des maîtres; on y chercherait en vain la trace de la moindre coquetterie féminine. La sainte, dont on ne voit que le buste, est vêtue d'une robe brune, harmonisée avec le ton d^ chairç par un voile qui entoure doucement le cou ; ses deux maina se posent et se croisent sur sa harpe *, ses yeux sont levés comme dans l'extase de la contemplation : il y a du ciel dans ce reg^ard-U. La sainte est belle, d'une beauté sérieuse et calme; trop jeune peut- être, et trop frêle de tète et de coq. Il est à regretter que M"« Thévenin n'ait peint qu'un buste» qu'elle n'ait pas complété, dans la figure entière, le mouvement du corps, qui ne peut être qu'indiqué, et qu'elle n'ait pas dégagé le personnage, un peu gêné dans son c^re. Par le sentiment, par la sobriété, la justesse et l'harmonie de l'exécttiion, la satnle Céeik de M"« Thévc nin est une des bonnes peintures religieuses du salon r

HiSTOiRB, MYTHOLOGIE. — MM. Qollait, Blaixe, Benouville, Tmêaerif Je^n, E&uryj HHkma^^er^ Thomas, Labouchère, Leray, Marteau, Deeaisne, Brune, Oigoux, Pieou.

Par un vieil abus de moCs^ abus que conservent fidèlement les traditions d'atelier, on appelle tableaux d'histoire

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des peintures qai n'ont son vent rien d'historique, et certains peintres croient se placer aussi haut dans l'estime du public que dans leur propre opinion en se donnant le titre de peintres d'histoire, n'eussent-ils jamais peint que des anges, des diables, des dieux ou des nymphes. Pour moi, docile, en cela comme en bien d'autres choses, aux leçons do vieux maître qui appelle un chat un chat, je donne tout simplement le nom de tableaux d'histoire à ceux qui représentent des sujets historiques, réservant d'ailleurs pour une autre catégorie ceux où une simple anecdote met en scène, dans une action familière, des personnages imposants ou célèbres. Il est bien entendu que le classement ne dépend pas de la dimension des cadres; le Meurtre du due de Ouise, par M. Delaroche, n'est pas moins un tableau d'histoire que les énormes machines de Lebrun.

Cette année, la vraie peinture historique n'est pas plus en progrès au salon que la peinture religieuse; ^t pourtant quelle précieuse mine à exploiter que les annales du monde i combien de trésors offrent à l'artiste les seuk souvenirs de notre France! Mais, si l'on veut avancer dau cette vote, il faut de longues et fortes études ; il faut s'initier aux moeurs^ aux coutumes intimes et extérieures, à toute là vie des na^ tions; il faut savoir à fond les hommes qu'on met .en vue, et joindre la science à la pensée qui conçoit et au talent qui exécute. On n'acquiert tout cela que par des sacrifices, des labeurs, du dévouement : nos artistes en sont capables, et cependant la plupart désertent Fart sérieux; ce n*est pas eux seuls qu'on en doit accuser; le public a sa part du reproche : si les gens riches ornaient leurs demeures de tableaux et de statues au lieu de les encombrer de colifichets; si les fortunes, grandes et moyennes, prenaient goût aux

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choses graves et belles, aa lieu de se borner aox porlraits, et aax futilités ou aax indécences peintes, l*art ne se ferait pas petit. Gomment Tarliste chercherait-il le beau, s'il sait d'avance qa*il ne sera ni compris ni soutenu? Après tout, ne faat'il pas ?iTre de son pinceau et de son ébauchoir P et si le nombre des artistes est trop grand, celui des Mécènes n'est-il pas, hélas 1 trop restreint?

Quoi qu'il en soit de l'avenir de la peinture historique, prenons-la pour ce qu'elle est aujourd'hui, et voyons ce qu^elle nous a donné. Une de ses œuvres les plus remarquables nous arrive de Belgique. Le bruit qui s'est fait au^ tour du tableau de M. Gallait atteste son importance^, on ne se passionne que pour ce qui a de la valeur. Sans partager ^enthousiasme exclusif du patriotisme belge, on ne peut, sous peine d'une flagrante injustice, méconnaître le mérite du peintre tournaisien. Son sujet serait beau par tous pays ; il l'étatt surtout pour des Belges, car il leur rappelait des martyrs de la patrie. Les comtes d'Egmont et de Rome viennent de pénr sur l'écbafaud; leurs cadavres ont été portés au couvent des Récollets à Bruxelles ; là ils sont exposés, et les membres du grand serment (compagnies bourgeoises). Composés d'arbalétriers, viennent contempler les deux héros tombés sous les coups de l'Espagne. La mort, la nationalité, la religion, la douleur d'une part, la vengeance de l'autre ; certes, il y a là les éléments d*une page émouvante. Pigurex-vous la voûte assombrie de la chapelle du couvent, et dans ta partie ta plus obscure, à peine éclairée par ta lueur des cierges funéraires, les deux corps déposés; auprès d*eux des moines en prière et des soldats espagnols gardant avec jalousie leurs victimes : puta les chefs du grand serment» tristes» et contenant, devant l'ennemi, leur chagrin

ei leur indignation i Ifous les Toyex chercher avkknie Ai k idonger burs regards dansTombre pour y déconTrir les deox corps, objets pour eux de cnriosiliy d*horrair et de regrels. ConuBe, dans cette distribotion, les sentiments de cbaq«e groupe se manifestent! comme les expressions se foiU r^sortir par le contraste! comme le lien de la scène ajoute à son caractère ! qael effet, à la fois moral et pittoresque, résulte de ropposiUon entre la lumière et la grande ombre qui semble dérober les cadavres aux yeux des spectateun, en même temps qu^elle atténue ce qu*il y a de froidement hideux dans la vue de deux tètes coupées !

Il y avait une autre manière de comprendre le s^îet ; la voici : les deux tètes, rajustées aux corps cachés sous un manteau, occupent, en pleine lumière, tout le bas du pre* mier plan ; la civière qui les porte forme une longue ligne horuontale; à gaudie, et au, fond, un moine allume des cierges sur un autel ; vers le centre*, et debout, deux Espagnols, un courtisan et un soldat, épient les Flamands, qui, à Tautre extrémité, se groupent en regardant les cadavres. Les figures remplissent tout le champ du tableau, et le fond n*y a aucune importance. Cette disposition est celle que M. Gallait a préférée* Peut-on s'étonner, dès lors, de la froideur de sa composition ? L*unité manque dans les lignes comme dans la pensée; il y a deux tableaux : ici des cadavres couchés horizontalement; là un groupe d*hoBunes debout; une égale et vive lumière frappe tout : point de mystères, point de contrastes. Ces deux tètea livides ne sont que repoussantes, si les objets qm les entourent ne leur donnent pas un sens moral : or, parmi les personnages qui regardent les cadavres, un seul, te chef, a une attitude méditative, intelligente : les autres sont des curiMix insignifiants ; si

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un d'eux pleure, les larmes tombent sur sa grosse face comme tomberaient des gouttes de sueur, sans aucune des contractions qui trahissent Teffort d'une douleur concentrée. Les seules figures expressives sont les deux Espagnols; mais ils doivent venir comme épisodes, et ne donnent pas le caractère essentiel.

On le voit, c'est à la pensée que s'adresse ma critique, et que je rapporte l'explication de l'indifCérence d'une partie du public. Quant à Thomme de métier, il est évidemment supérieur, et ce sont ses qualités d'exécution qui lui ont valu tant de suffrages. Je ne reprocherai pas à M. Gallait l'égale perfection qu'il donne à tout ce qu'il peint, l'excès de propreté qui rappelle ' trop les habitudes d'un intérieur flamand ; c'est un défaut qu'évitera facilement un homme aussi maître des procédés de son art, et qui saura, quand il le voudra, sacrifier certains objets pour en faire valoir d'autres. Je ne m'arrêterai pas à blâmer la vivacité des tons rouges qui attirent l'œil d'un côté, ni la surabondance des roux et des bruns ; je ne demanderai pas compte à M. Gallait de la direction parfois inexplicable de sa lumière, ni du manque d'espace d'où résulte l'impossibilité de comprendre l'ombre portée sur un coin de l'autel. J'aime mieux finir en rendant hommage à la fermeté de main^ au faire laiige et magistral qui assurent à M. Gallait un rang distingué parmi les peintres de notre temps.

De belles qualités aussi, mais d'une autre nature, se remarquent dans les Femmes gauloises de M. Glaise. L'histoire mentionne la résistance de nos aïeules à l'invasion des Romains : elle raconte que, plutôt que de se rendre, ces héroïnes, quand leurs maris, leurs pères, leurs frères avaient succombé dans la lutte» se donnaient la mort et tuaient les

enfants : Tennemi ne devait a?oir pour prisonniers que êtes cadiTres. L*art peut trouver dans ces souvenirs de grandes inspirations; M. Glaise s*est presque élevé au niveau de sujet. Dans son tableau, les guerriers qui combattaient poi leurs foyers et leurs familles sont renversés; ils tenteut <le frapper les derniers coups; leurs corps roulent sous les pieds des chevaux ; des femmes de tout ftge sont entassées sur un lourd chariot : à rapproche des Romains, les unes lancent des pierres, d'autres se poignardent ou se délivrent mutaellementde la vie; de vieilles mères plongent le couteau dans le sein de leurs filles; des femmes tiennent leurs petits enfants égorgés par elles-mêmes; les imprécations du désespoir s'échappent de leurs bouches ; leurs bras menacent encore, et au-dessus d'elles toutes, une jeune druidesse, brandissant la faucille sacrée, excite le courage par l'exaltation religieuse. Le mouvement général est beau, les groupes sont bien disposés, beaucoup de figures ofTrent une grande énergie et une grande vérité. Si pourtant le tableau ne produit pas toute l'impression qu'on en pouvait attendre, cela tient à plusieurs circonstances; je signale les principales : la couleur manque de vigu^r et d'oppositions ; les chairs, les vêtements, les bois du chariot, les terrains sont presque du même ton ; la plupart des femmes font d'affreuses grimaces ou restent dans l'apathie de l'indifférence, ce qui ne rend ni la colère ni la résignation; une de ces Gauloises parati enfoncer le couteau dans le cou de sa jeune fille avec une précaution de chirurgien ; une mère, grande et belle d'ailleurs de tournure et d'expression, porte à la main un petit enfant tué, comme elle y aurait un morceau de bois ou un sabre.

Enfin M. Glaise n*a pas osé tirer parti d'ion moyen qu'il

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indiqué; les Gauloises semblent toutes tourner les feux ers un objet qui redouble leur colère; en suivant la dlrecron de leurs regards, on Toit sur un plan asseï reculé un Bcadron de Romains dont un soldat élère une tète de femme oupée; ce lugubre trophée donnait un sens aux regards entammés des compagnes : tu k distance, il pouvait être asez accusé pour que Ton comprit bien sans exciter Tboreur que soulèverait un pareil objet placé au premier plan ^ II. Glaize a dessiné si faiblement, que la tète tranchée semble appartenir à un soldat plus grand que les autres, et que a chevelure flottante est prise pour la crinière d*un casque. )ans rexécutlon, M. Glaiie a eu le tort de négliger le desin des devants, qui réclament plus de correction que le 'este ; à gauche, une femme assise à terre semble un nain lifforme parce que sa pose n*est |nis claire et qu'elle embrasse des enfants debout ; à droite, un soldat monte un cheval dont aucune partie n*est d'accord avec les autres, un cheval impossible.

M. Benouville a emprunté à la Grèce antique un sujet l'un assez pauvre intérêt, le Départ de ProtùUas pour la guerre de Troie .* Protésilas est parti le premier, mats il a 6té suivi de bien d'autres qui ont laissé un phis grand nom que le sien. Le guerrier, la femme qu'il quitte, l'ami qui l'entraine, sont peints dans toutes les conditions du style académique : peinture de convention qui n'est pas relevée par le coloris, mais qui se recommande par une bonne entente de l'architeclure.

La Comimumon des première chrétiens rappelle trop l'admi* rable Massacre des InmcenSs de M. Léon Gogniet; malheureusement M. Tassaert ne ressemble au maître que par la disposiUoB : quelques-unes de ses figures de chrétiens priant

avec fervear sont bien dessinéesi mais, au premier pl^ aue femme a^aocroche aa mur arec oiLmoaveme&t de déM< poir faux moralement et mal réussi; on jeotte bom» épaté sur le terrain pour écouter en bas le brait qui Tie^ d*en haut, se présente sons an aspect presque ridioik quant é la lumière» on comprend difficilement qoe de lampes dont la flamme est rouge éclairent en blanc Tert le parois du souterrain.

Le Moêtaert de uânê Gàharà par les N e rm e m ds, à lia»teif par M. Jolin, est une grande page d*ane bomie cosleur, où l'on voudrait plus de mêlée et une plus franche barbarie.

M. Houry a donné un caractère sombre et juste à la scèst déjà souvent traitée de la Découverte du corps de Charles h Téméraire paît une bkmch4ueuse de Naney. L*habilude d« lier ensemble les figures d'une composition n'est pas ve« nue encore à M. Houry, On doit lui reprocher aussi, et surtout, d*aYoir à peine animé la physionomie de la femme qui est censée jeter un cri en reconnaissant le duc et Boorgogne.

C'est daqs les annales de la Normandie que M* Iiillemft> cher a puisé un si^et pMhétiqne» En 1418^ les Anglais assiégeaient Rouen; ib n'avaient point voulu laisMr passer douze mille femmes, enfonts, vieillards,^ qu'on avait renvoyé de la Tille; les malheareux étaient demeurés dans les fossés, où ils n'avaient que des beriMS sauvages pour se nourrir ; ils mouraient chaque jour par centaines ^ quand une femme accouchail, on montait son enfant dans un panier peur le baptiser dans la ville et on le deseendatt enraite, la ville ne veuiant pas le nourrir» Ce demi» épisode forme rintérèt dominant du tableau. Au pied de la mwayiey mM jeune

jk.

▼oit enlûTcr, Ûsns une corbeille, un tnhni nott?eaa* ; auprès d'elle, des jeunes filles prient et la consolent ; un ird soit ren£uit d'an regard attendri ; des pauvres se leni à peine; des jeunes filles malades cherchent, auprès m feu. de feuilles sèches, un dernier abri contre un froid li est celui de la mort. Toutes ces figures ont des expresius bien senties, des mouvements justes, des poses vraies ; elles perdent à ne pas avoir des proportions plus fortes, et à se trouver placées, sur un fond de mur plat et monotone, dans des relations qui isolent trop les unes des autres les tètes les plus importantes du groupe principal ; peutêtre aussi Texténuation ne se fait pas assez sentir sur les visages; Taffaissement des corps n*est pas asses marqué, et il reste sur les vêtements, à peine souillés par le bas, trop de fraîcheur et de bonne conservation : je voudrais hommes et choses encore plus désolés. Du reste, tout est bien peint ^axks cet ouvrage d'un artiste qui a déjà fait preuve de bonnes étwles.

Si le siyet de M. HiUemacher a le malheur d'être peu connu» celui de M. Thomas, Us EnfcmU d'Edouard^ a Le danger d'avoir été popularisé par les belles œuvres de la poésie et de la peinture; il y a quelque courage à se présen* ter après M. Delarbche; M. Thomas l'a osé; il a fait un travail de coloriste, d'un effet faux, et où quelques .objets bien imités ne rachètent pas l'absence de noblesse et de sentiment.

Le Colloque de Genève en 1649, par M. Laboucbère, peut être considéré comme une curieuse colliection de portnûts. il n*y faut pas chercher un grand intérêt d'action; il n'y en a guère dans une conversation. théologique soutenue par des docteurs calvinistes. Vêtements et accessoires sont d'une

6onne exécution. MaU pourquoi le (^rsonnafgè priacipal 1 gure-t-il a?ec deux doigts au-dessus de la table un ang^le aâg^ pourquoi les lionnnes assis au fond sont-ils dans des pn portions et dans une lumière qui les ramènent au niveau premier plan?

Je ne sais ce qu*a touIu M. Leray en représen Charles IX et «a cour vUitani les gibets de Montfaucofê y voir le corps de Vamiral récemment massacré. S*il a lement désiré peindre des courtisans de tout âge et de Co sexe, an moment d'une halte de promenade, il a passable ment réussi un bon nombre de petites figures. S'il a espère faire reconnaître, dans un groupe éloigné, amoindri, on roi avec sa puissance et ses passions ; s'il a eu l'idée de faire naître une sensation morale quelconque, de faire comprendre, à l'aide d'un gibet et de quelques pendus à peine entre- TUS, l'anecdote qu'il a rappelée dans le livret, il s'est complètement trompé.

La peinture historique n'exige pas absolument lés grandes toiles; mais elle s'accommode mal des figures trop réduites; M. Marbeau, en fatisant peti% a ôtè toute majesté, toute importance à son Raimond, comte de Toulouse, protecteur des Albigeois, agenouillé sur les marches de l'église de Saint-Gilles, devant le légat du pape. Les personnages microscopiques se perdent dans l'espace : le tableau peut représenter la magnifique façade de l'église ; à coup sûr, il ne représente pas une scène historique, car il est impossible de rien voir des passions diverses qui ont dû se refléter sur les visages des acteurs et des spectateurs.

M. Decaisne n'a pas, non plus, donné assez d'intérêt i son Davphin dans la prison du Temple^ ni à sa Jane Share mourant à la porte de son mari : le jeune prince n'est pas

pradépisé de manière à le faire disllngiier d*Qn prisonnier jm d*im malade ordinaire^ la jeune -femme a bien Texpres* lion de la ^ooleur «et de la laigoe, mais ce qui Tentoure pMoqae d?action et de ?ie. A sa manière èabitoelle, rose et peu solide, NL Decaisne a essayé de substituer des tons bmns it one tanche 4iu'il a risqoé de rendre loarde en croyant la rendre ferme.

U y a déjà longtemps ^Q*an grand orateur disait : « Les fois s*en Tont. ^ Il y a tout aussi Jongtemps, si ce 4i*est i^us, que s^en vont les dieux; on peut dire aujourd*bui : « Les dieux sont partis. » L'art a déserté J'Olympe. Si M. Picot n'avait pas fait son beau tableande 1* Amour et Psyché, je dirais peul-ètre que Prudhon est le dernier de nos peintres païens : celui4è» du moins, peut £Mre regretter que la mythologie grecque soit usée; sons son pinceau, la Êible avait toute sa grâce, toute sa firalcheur, el j'ajoute toute sa vérité.; car, entendue comme elle Ta été par .Prudhon et les hautes intelligences de tous les temps, la fiction n'est qu'un brillant manteau jeté sur la nature :.la nature.est au fond, se voit else retrouve toujours; aussi l^ belles œuvres mythologiques des maîtres resteront éternellement belles. Prenez, par exemple, les bacchantes : ce type de la- sensualité violente, éche?elée, de la femme, a inspiré les i^us granda artistes des écoles ies plus opposées, Raphaël, Rubeas, Poussin. M. Brune a pensé que ce sujet n*était pas épuisé : U aurait eu raison s'il a?ait fait comme les grands peintres, si, sous le nom de haechantes, il avait étudié la passion, l'ivresse véritables ; mais non, il n'a vu qu'une occasion d'arranger un certain nombre de femmes nues, de les grouper sous -des arbres avec quelques satyres. Ces femmes, toutes pareilles, d'une couleur qui permet de douter de leur sexe, n'ont ni l'énergie de l'enivrement, ni la

mollesse de la fetigiie; il D*y a point de sang soas leer pe» point d'os sons leurs muscles; leurs formes ne sont Di bdli ni correctes. Je louerai rolontlers rbarmonie de la lonière des demi-teintes henrenes, des draperies d*an joli effeCi mais Je regrette de ne pas trouver ces qualités ao aerrifl d*utte composition mieux disposée, d^uue panée micfl rendue.

-J*en dirai autant à M. Gigoux pour sa Oakiiée. Des to» de chair fins et brûlants, mis en rapport avec des draperki et un fond très-doux, ce sont des mérites de coloriste iacontestables; mais, je ne cesserai de le répéter, parce qv je Tois des gens du monde et des artistes qui Toubtieitt, des couleurs ne sont pas des tableaux. Voulies-vous, après Girodet, faire encore une Galatée : tous dariei, avant tout, réfléchir aux conditions de ce sujet; tous auriez, en y peiH sant, compris qu*ll exigeait TinterTentlon de deux personnages égalemoat essentiels, l'artiste et la statue; Girodet a eu la malencontreuse idée d'en poser un troisième, l'Amour, qu*il aurait mieux foit de placer dans le regard et dans le frissonnement du statuaire éperdu que dans un petit Cupidon minaudant. Au lieu de ce miracle de Tamour qui rayonne du cœur de l'artiste pour donner la rie au marbre, tous avez imaginé une figure isolée ; qui voulez-vous qui comprenne ce que cela veut dire ? H est vrai que, dans un coin, en bas, on croit voir une tète d'homme et un bras, asseï semblables, par la couleur verdàtre, à un dieu ou à os monstre marin ; le bras, armé d'un marteau, paiatt plulôt menacer que caresser : c'est Hi le Pygmalion créateur e( amoureux ! Et votre Galatée, vous deviez lui donner la pudeur des premières sensations, et vous lui attribues les grimaces de la coquetterie avec la crainte des denrîéres vio-

èfxts d'une passion bratale! Ohl œ n*esl pas là Gtlat^! ^oore si e*éUU une jolis femme 1 • . .

I fl se fenl parler des Erymniet^ c^t*à-dire des teries renda orime d'Oreste, que pour rqHrocher à M. PiooQ précipitation offensante envers le pnblicy et nue négtiindigne d'an talent qaUl serait denkNireaK de loppocmà à son déclin.

Portraits, étddks. ^ Iflf . Léom Cegtitel, Dubmffe fils^ Lan-

detiê, MuUm, Hébert, Couture, Biffer, LOmrnm, Pé^

rt^aoa, Chqdm, Court, lf"« (yCmneU, MM. Cour-

heê, Morûme, lécmis Boubmger, Àmawry DuwU, Sipiol,

Joèbé'DuviU, Faivre-Duffer , Ricard, Laugée, Vettet,

Veréier, Ange Tiêtier, Beuomville, Chartet Lefèbvre, R(h

éakowiki, Larivière, Henri Scheffer, Soeee, Deeaime, Fbn*

taine, Timbal, Huesenot, PUmehet, Antoine Faivre, m** Di-

mUr et Rosalie Thà)enin, M^* Hmutmaim, MM. Léman,

JolHeeê, Baumee, IMuffe, Boulanger, Antigna, Berthet,

Bo^ibonne, M »• Mudee de Quimard.

Bortont dans la peinture des portraits qu'il hui faire deox pai^ Men dislinetes, celle de Fart <et celle dd métier ; la seooAdei malbenreosement, est Wen plus large que la pf«mière« Le nombce des porirails s'aoovott en proportion de^r^isanee^générale^ 4« nombre des peintres; anbpefois to foîi^ tesi grands» les prélats», se biiaîent seuls pourtraire : il y » loiigtevops que It vanité, la fortaae» et anmi les beos sentinaentA ^ ta hmXid, de Fftmitié» de la fecooiaissance ont étend» le «erele ; aiijoaixl'lini les mlons beargeois, les appartenu»!» les ploa modestes sont meublés, je voudrais

' "^ *■! I I ^ - ■ ■ I .«^^^rr" — *-— — , , ■!■ iilma

pouvoir dire omet, de portrtiU. La marchandise est doi fort demandée; de même qu*il en faut pour tous les prix, y en a pour tous les goûts, et il n*est pas un genre de peîi ture qui impose plus de sacrifices à Tindépendance, ao ses timent intime de Tartiste ; il n'en est pas non plus qui ol fre de plus dangereuses tentations : comme le portrait foui nit le meilleur débouché pour la production artbtique, le peintres sont entraînés à chercher, avant tout, à plaire an gens qui les payent, et à se faire une manière engageante, i jouer envers le public un rôle de sirènes. Le talent court de grands risques dans la pratique du portrait ; on en peut joger par l'abondance des représentations médiocres, însigiiifiantes ou ridicules que renferme chaque salon, et aussi pit les bizarreries* de parti pris, les afTectations de toute nature, les procédés ûiux, travers généralement prémédités, auxquels on a recours pour se créer ou pour garder une clientèle. Les hommes supérieurs, qui méprisent la mode au lieu de la courtiser, qui imposent la loi au lieu de la recevoir de, personne, ont abordé avec une sorte de respect k peinture du portrait ; à leurs yeux, comme dans la pensée de quiconque aime et comprend l'art, rien n'est plus bete ni plus difficile que la reproduction de la figure humabe. Dans une scène historique ou anecdotique, l'imagination a une certaine, souvent une grande liberté ; le siyet cantriboe puissamment à l'effet, les accessoires y ajoutent beaucoup; tandis qu'un portrait doit trouver toute sa valeur en loimême, sans le secours des ornements étrangers, comme li musique instrumentale doit tout dire sans l'aide d'aucune parole. L'artiste n'a pas même le choix du costume ni de li pose ; s'il veut être vrai, il faut qu'il donne à ses modèles leur attitude habituelle, leurs vêtements ordinaires ou ceux

qui oonTlennent le mieux à leurs mœurs, à leur condition, à leur physionomie; comme c^est dans le visage et son expression que Tàme se reflète, c^est sur la tète que doit se porter le principal effort; et comme, dans un portrait, c'est une personne qu*on veut montrer, et non une toilette, ni un mobilier, ni un appartement, tous les accessoires doivent être subordonnés, servir tout au plus à caractériser une situation, un âge, des habitudes morales, sans jamais faire oublier qu'ils ne sont, après tout, que des accessoires. Ces rares conditions de la yérité, de rindividnalité, de la simplicité se trouvent dans les portraits qui figurent au rang dés chefs-d'œuvre : qui ne les a pas reconnues et admirées dans Léonard de Vinci, Raphaël, Titien, Vélasquez, Rubens, Van-Dyck, Rembrandt, Philippe de Gbampaigne, Latour, David ? Une autre qualité, non moins essentielle, et qui manque à d*éminents portraitistes, c*est la variété de la touche: enfants, vieillards, femmes, blonds, bruns, citadins, villageois, autant de modes de peinture différents, même dans la donnée générale que chaque artiste a reçue du ciel pour interpréter la nature.

Le portrait qui, cette année , réunit le mieux les qualités diverses de ce genre si élevé, c*est celui d'une dame âgée, par M. Léon Gogniet. Ici point d'artifice, point de ruse, aucun appel au goût superficiel, aucune recherche, aucune coquetterie de costume ni de pinceau. Une femme, au visage pâle et ridé, point belle, mais d'une figure intelligente, d'une physionomie vive et fière, est debout, vue de face, sur un fond uni et neutre ; une robe de soie brun-rouge monte jusqu'à son cou ; ses mains ramènent devant elle un manteau noir garni de fourrures : voilà tout. Il est difficile de rien imaginer de plus simple ; mais cette femme, droite

«t seule, a un grand air qui n'avait pas besoin d*armoiries pour trahir une origine aristocratique; sa figure vit, elle domine, et l'œil y revient sans cesse, bien que le peintre ne Vj ait fixé par aucun éclat de lumière; les mains, les Téritables mains de Vkge déjà un peu avancé, ont une aisance, un modelé, une réalité de pose et de plan qui accusent la peinture magistrale ; les chairs sont traitées d'une façon, les étoffes d'une autre, le tout avec un soin consciencieux qui, néanmoins, ne conduit jamais à la minutie ni au tourmenté. Toutes les parties sont graves et calmes : M. Cogniet s'est bien gardé de gâter son beau travail par des touches et des lumières à effet qui auraient pu impressionner la foule ou donner satisfaction à certaines tendances du moment, à certaines prétentions qui poussent à frapper fort plutôt qu'à faire vrai ; il a mieux aimé, et il a eu raison, courir le risque de paraître un peu froid à quelques-uns, que celui de perdre sa belle harmonie par des coups de brosse faciles et faux ; il a préféré le reproche d'avoir peu détaché la tète du fond à une exagération de relief qui aurait détruit l'unité de Tensemble.

On assure que, devant ce magnifique portrait, un jeune homme qui a un mérite avéré, mais encore pins de présomption que de talent, défaut commun à la jeunesse, disait : c On ne peint plus comme cela, c'est de la peinture vieillie ; mais c'est très-beau !... » Heureux les ouvrages dont on proclame la beauté, quel que soit le procédé employé pour les produire! Malheur à ceux qui placent leur valeur et leur espoir dans le faire matériel ! Sans sortir de notre siècle, nous avons vu le succès acquis à la peinture lisse, léchée de M. Kinson ; aux contours indécis et tremblotants de M. Champmarlin ; aux roses étemelles et monotones de

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la palette de M. Duboffe ; aux chairs transparentes, éclairées en dedans, de M. Winterballer ; aux sur&ces polies et cirées de M. Pérignon ; aujourd'hui les peaux rugueuses et maçonnées sont en quête de la vogue; toutes ces manières ont passé ou passeront, comme ont passé les prétentieuses aiïé> teries du 18* siècle. Qu'est-ce qui reste? ne sont-ce pas les portraits où le vrai l'emporte sur reffet, ceux où le travail matériel disparaît sous la splendeur de la pensée, où la brosse n*est pas le moyen d'un succès éphémère, mais rinstrument docile du génie ? Faites vrai et beau, si vous pouvez, et soyez sûrs qu'aucune critique sérieuse n'accuseia votre peinture de vieillir.

Classer tous nos portraitistes serait une tâche malaisée; ils marchent dans tant de voies différentes ! Je ne m'en plaindrais pas si tous étaient sincères, s'ils peignaient comme ils voient, et non comme ils désirent être vus. Mais combien d'entre eux s'élmgnent volontairement de la vérité, combien exagèrent à dessein leurs défauts et leurs qualités, combien vont jusqu'à renoncer à être eux-mêmes parce qu'ils veulent à tout prix attirer l'attention sur eux! N'est-ce pas pour plaire aux belles dames que M. Dubuffe fils, possesseur d'une très-réelle habileté, paratt disposé à déserter l'art sérieux? 11 réussira sans doute, il réussit déjà, non pas par ce que son dessin et sa couleur ont de bon, mais parce qu'il noie ses modèles dans des flots de soie, de mousseline ou de gaze; parce qu'il les ^toure de toutes les élégances d'un boudoir moderne, parce qu'il donne à toutes ces dames les yeux et la bouche qu'elles désireraient avoir, sans qu'elles se doutent des réflexions un peu lestes que provoque le genre uniforme de beauté que leur distribue leur peintre ordinaire.

Dans un portrait de femmey délicatement peint, loais duposé de manièpe à ce que le genou joae un grand rôle dans la pose, ce qai est fort à^ mode anjourd-huii M. Landelle sacrifie aossi la correction et le style à la gràee minaudière, et le Tisageanx étoffes.

M. Mnller a fait un portrait qui ne vise pas autant a« joli, mais qui est tout aussi prétentieux : le geste d*ane femme, en toilette de bal, qui met ses gants, n^a rien de gracieux; ce désavantage n'est pu racheté par Tagrémenl de Texécution : les chaira «ont d*un blanc blaiard et n'ont aucune transparence; le sourire grimace; le naturel est absent.

Ce n'est pas un tour de force que M. Hébert a exécuté, c'est une erreur qu'il a commise en exposant trois portraits peints de trois façons entièrement différentes ; en travaillant, il est bien évident que M. Hébert ne regardait pas ses modèles, mais le public, et qu'il lui disait : « Choisisses. » Le public s'est arrêté de préférence devant une de ces trois toiles, parce qu'on s'arrête toujoura derant ce qui est bisarre et extraordinaire; tous les visiteura du salon sta^ tionnaient en face de cette tête blonde à boucles épaisses, innombrables, soufflées, de ce visage jaune -pâle, caressé par de jolis jours frisants, de ces yeux d'une grandeur in^ vraisemblable et d'uncrcxpression douce et mélancolique, de ce cou d'une longueur .sans exemple, de ces épaules et de cette taille si minces qu'on. se prenait à douter de l'existence du corps, de ces doigts délicats tortillés comme s'ils n'a^ valent aucune phalange , de cette robe bleu-clair sur un fond verdàtre : c'était une vision, mais assurément ce n'é^ tait pas une créature humaine. M. Hébert, par un motif que j'ignore, Ta retirée; que les a^vertissements qu'il a reçus lui

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servent 1 II a laissé le portrait d*ane jeane femioie pâle et rèveuse, dessinée assez correctement, mais non simi^ement, et celui d*un homme qui ne semble pas foit de chair, mais de bronie. L'auteur de la Malaria était dans une excellente ▼oie; on peut craindre qu'il ait voulu en sortir; la tentative n'a pas assez bien réussi pour qu'il ne se hâte pas d'y revenir.

M. Couture s'inquiète peu de la nature et de la vérité ; il cherche avant tout à foire de l'effet ; il y parvient, mais je ne lui en fais pas un mérite : un fer brûlant sur les doigts, un coup de poing dans le dos, un coup d'épée dans la poitrine, un seau d'eau glacée sur la tête, une décharge de canon à deux pas de l'oreille, font certainement beaucoup d'effet; est-ce à dire que cet effet soit agréable? Certaines saveurs acres font grincer les dents; le» portraits de M.' Couture font grincer les yeux. Par quels moyens obtient-il cet éclat phosphorescent plaqué sur ses visages comme s'ils étaient frappés par l'éblouissant reflet da soleil dans une glace? Je laisse celte question aux peintres; c'est à eux de suivre sur la toile tes traces visibles d'une manipulation laborieuse ; moi, je déplore ce travail employé à produire le faux. C'est bien peu de chose que le sens commun ; j'ose à peine l'invoquer pour rappeler que, dans la nature, chaque objet, vu à la distance où l'œil peut distinguer les détails, se présente sous son aspect propre et avec des surfaces qui n'affectent pas la vue d'une même fsçon; la peinture répond à cette diversité de la nature en consacrant une touche spéciale à chaque espèce d'objet reproduit; c'était, du moins, autrefois ainsi ; mais nous avont éhangé t<mt cela : un artiste ayant trouvé, il y a quelques années, un procédé qui rend fort bien les aspérités des terrains et des murailles, voici que

M. Couture eo applique un seoiblable pour peindre nonseulement la peau unie et lisse, mais les d^Teux, le linge, les habits; grâce à cette découyerte, tout le monde a des boutons et la petite vérole : il n*y a plus que des cbevecx de laine et des habits troués; puis, pour achever TefTet, les fonds sont égratignés, sciQtillants, remuants» avancés jusqu'au niveau du plan des Ggures, au moins, et une sorte de losange lumineuse les coupe à la hauteur des visages. Ces audacieux mensonges sont exécutés avec une rare vigueur, et, on doit en convenir, pour se livrer à des jeux pareils, il faut avoir du talent. Quand il sera fatigué de ces exercices, M. Couture pourra faire de bons tableaux, comme il en a déjà feit.

Un inconvénient de la peinture qui vaut surtout par le procédé matériel, c'est qu'avec de la patience et de la dextérité tout le monde y parvient. Voyez , par exem{de, M. Hoffer, élève de M. Couture ; il approche beaucoup de son maître dans le portrait de M^^* Brohan : il lui est même supérieur dans quelques parties peintes raisonnablement et bien touchées.

M. Lebmann n'invente pas de nouvelles pratiques, mais il invaite des types; et surtout des yeux de femme comme il n'en existe pas , et des teints d'un gris noir comme il n'en existe guère, heureusement; la dame à laquelle il a prêté ces deux sortes de beautés a, de plus, une expression étrange, qu'on trouve peu dans le monde. M. Lehmann a voulu compenser l'excès du gris des chairs par la richesse des couleurs d'un superbe ch&le rouge ; c'est une belle étoffe, qui fait tor^ à ce qui l'entoure. Du reste, les mains sont d'un joli modelé et les draperies d'un bon rendu. M. Lehmann a aussi un portrait d'homme bien campé, mais traité d'une manière un peu

rude.

Comme M. Pérignon, dont les ouvrages de celte aimée sont tristement médiocres, à Tezception d'une jolie étude de femme, le livret dit de Paysanne bretoime, M. Chaplin semble menacé par ses succès précédents; en outrant les quali tés qui rayaient fait réussir, il les tourne en défaut ; il avait une touche large, il se feit une touche pesante ; il étale ses couleurs par plaques comme des écailles : il avait évité le brillante, il tombe dans le sale; il fuyait le maniéré, il arrive au commun» Son dessin n'est pas toujours soigné : ainsi les deux mains de l'homme debout, qui tient un livre fermé, n'appartiennent certainement pas à la même personne. Que M. Chaplin se recueille et s'observe ; il a un accent de vérité qui le sauvera s'il travaille sérieusement.

M. Court a une plus ancienne réputation à conserver; ^s poMFaits ont eu une grande vogue, quelquefois méritée; îson oeuvre capitale du salon actuel, il faut le dire franchement, ne le maintient pas à la hauteur de son ancienne renommée* Il avait un beau modèle dans la tète accentuée, expressive et bienveillante de Ms' l'archevêque de Paris; au lieu de demander l'eCTet à la beauté morale de la physionomie, il l'a cherché dans la pompe des accessoires : le prélat est d'ube taille peu élevée, et il l'a écrasé sons d'immenses draperies ; le sujet exigeait une couleur sévère, et il a couvert sa toile d'un énorme rideau vert cru, d'un fauteuil, d'un coussin, d'un tapis de table du même ton criard ; au delà d'un jardin (encore du vert) on entrevoit les tours de Notre-Dame, et, au milieu de tout cela, sous up riche costume, se perd, sans valeur de relief, um tète que l'artiste a eu le malheur de faire insignifiante.

Après avoir peint, sous prétexte de portraits, des énigmes à peu près indécbiffirablef, M*« (yConnell pastiche mainte*

nant Rnbeni; rimitation esl lurtout sensible danft soiî propre portrait; elle y emploie le costume du 17* siède et se donne un bras, une manche et une main littéral«ment copiés sur le grand maître. Le talent qui s'abdique, même de?ant le génie, fait fausse route, et sa senrilité, si elle n'est pas un jeu joué, Taura bientôt perdu.

M. Courbet a horriblement enfomé un de ses compatriotes; il n*y a rien à dire, sinon que M. Courbet a touIq se faire remarquer par un portrait mauvais, comme 11 s'était fait remarquer, il y a un an, par un très- bon portrait. Que de peine on se donne pour se foire du tort !

Il ne manque pas, heureusement, de peintres de bonne foi qui suivent naïvement leur propre sentiment, sans se préoccuper du bruit qu'ils pourront faire ou de la vogue quMls auront chance d'obtenir: les uns, par une prédisposition naturelle ou par une préférence réfléchie, s'attachent plus aux lignes, les autres ont plus de souci de la couleur. Les dessinateurs d*abord : dans leurs rangs se distingue M. Borione, à qui oti doit un portrait, de grandeur naturelle et à mi-jambe, du prince Président de la République. L'élève de M. Ingres a déployé dans cette œuvre les qualités de son école, le trait étudié, le caractère sérieux, l'élégance et la noblesse, le fini des détails; on regrette quelque sécheresse dans les chairs, et je ne sais quoi de saccadé dans les plans de la tète, ainsi qu'une pâleur morne qui n'est pas plus dans le modèle qu'elle ne se trouve, j'en suis certain, dans les figures de femmes et d'enfonts qui ont posé devant M. Louis Boulanger : cet artiste, incontestablement habile, a eu, cette année, le malheur de ne peindre que des malades, ou le tort d'enlever la santé aux personnes dont il attriste ainsi l'image; les contours sont bien étudiés, toi» les

objets bien peints; il ne manque que la vie. M. Amaory Do^l anime un peu plus, mais 11 reste froidy tam il laisse ▼oir le travail pénible, la recherche da fini, la crainte du mouvement, soit dans les teintes, soit dans l'emploi de la brosse. M. SIgnol a fait avec le même soin nn portrait de jeone fille, où Ton reconnaît un grand savoir, mais où la sagesse de la pensée a nni à la hardiesse de la main; le modelé y est à peine accoté; c*est ^act, et non pas vrai; car on ne voit pas la sève qni coule, la vie qui sourit dans les yeux et sur les lèvres ; de plus, M. Signol, ordinairement harmonieux, est sorti de sa réserve habituelle pour donner aux vêtements et aux accessoires des tons discordants qui TOUS irritent les nerii* Les deux femmes peintes par M. Jobbé Dnval ne se plaindront pas d'avoir été flattées; on pourrait, sans déroger à Tart sérieux, donner plus de charme au pinceau et choisir deS; attitudes moins anguleuses, plus simples et plus gracieuses. Sous ce rapport, on doit des éloges à M. Faivre Dufifer; ses deux dames sent d'une foctnre ai- Boable, sans prétention et de bon goût..

IfCS^ coloristes ont au salon de dignes représentants. M^ Rieard a une manière de fondre les nuances qui reproduit la . vie dans toutes ses variétés; il rend, avec une égale vérité, la fraîcheur de la jeune fille, la carnation vigoureuse de la femme, le teint travaillé de l'homme fiiit; toutes ses figures brillent d'une individualité saisissante f elles sont naturelles et pouvaient se passer de la singularilé des costumes par lesquels il a cru en relever la simplicités M. Langée a exposé un portrait de vieille femme, d'une vigueur et d'une harmonie de tons fort remarquables; il pourra et devra corriger ks mains, qui sont lourdes et noires; elles dépaxent un bon ouvrage. M. Yetter a. voulu prouver qp'il pos^

sédait la Idmière dorée ei la lumière blanche ; il a donc placé tons je ne sais ffinel joor factice» d*iin janne ardent, une vieille dame peinte très*francfaement dans cMe donnée fiiuasey et il a fiiit courir sont un seleil d'une blancheur Mafarde un jeune garçon nagni6(|ttement vêtu pour jouer au cerceau ; ce second portrait est moins bien réussi; je plains le modèle s'il a des yeux et une bouche aussi mal eneenuble que M. Vetter les a faits. M. Verdier a un portrait d'homne trèsoearrément et très-largement peint; senloment il fout se reculer pour ne pas voir sur cette toile les fSichenx résultats du procédé brutal qu'emploie M. Verdier. C'est aussi à h couleur^ mus non à la couleur sente, qu'est due rheurcnse impression des portraits de M* An^Tissier; ils ont du relief, de la vigueur, et rappeUent les Espagnols; ils seraleot vrais si l'artiste leur avait 6té complètement les traces de la pose, qiB donnent à la physionomie quelque chose d'apprêté, d'inaccoutumé, de grimaçant.

J'aime les peintres qui, sans parti pris, sans préoceupatioD exclusive de la ligne ou du coloris, se placent dans une région moyenne où souvent ils trouvent la vérité, parce qu'ils la poursuivent en toute consdeoce; ils n'ont ni les hardiesses qui créent des sectes, ni les défiiuts brillants ipii éblouissent la foule ; ils savent étudier avec soin et exécuter avec une sobriété qui satisùiit. A cette cluse d'hommes engagés dans une bonne voie appartient M« Benouville ; son portrait de femme plait par Tharmonie paisible, par la finesse et la vérité des tons, par une rare délicatesse dans la pratique du clair obscur , surtout au cou , à la naissance des cheveux, à la poitrine. Cette jolie figure est un peu serrée dans un cadre trop étroit. M. Cliarles Lefebvre, lui, a pris tout l'espace qu'il lui fallait pour son porU^ît en

pied de M. le baron Tftylor, et H l'a fort bien rempli : ta ressemblance est complète; ta tournure, la physionomie^ sont parfaitement saisies; des accessoires significatifs, assez rendus pour donner ie caractère, pas assez pour usurper une importance qu'il ne doivent jamais avoir, font aussitôt reconnaître le savant, l'artiste, l'administrateur. Ce bon portrait a un défaut, qui ne tient pas à Texécution, mais à la pensée. On lui trouve quelque chose de solennel, de théâtral. M. Taylor, dit-on, quand il est seul dans son cabinet, ne pose pas avec ce regard animé, avec la main sur son cœur, comme un acteur qcii répète son rôle; on aurait raison, si, au lieu d*un portrait en action, M. Lefebvre avait peint un portrait au repos; il est évident que si M. le baron Taylor parle et agit comme le peintre l'a représenté, il parle à quelqu'un, il agit devant quelqu'un ; le tort dt M. Lefebvre a été de supposer les auditeurs au Heu de les montrer. Dès qu'on met un personnage en action, il fkut, de to^e nécessité, foiré comprendre la scène. M. Rodatcowslci a satisfait à cette loi ; il a voulu teprésenter le général Dembinski un jour de bataille : il a indiqué des troupes dsns le lointain ^ et il ^ assis son modèle soUs une tente, méditant ses plans de stratégie. Le vient guerrier a une de ses mains qui soutient sa tète pensive, l'autre repose sur son sabre : quand il aura réfléchi et déddé, il ira se battre ; cela est clair, et immédiatement intelligible. Les chairs, les étoffes^ les broderies, tout est d'une exécution ferme et Juste ; ta tété seulement est trop lumineuse pour le t^an où elle se trouve, et la main portée sur le sabre est démesurément foi*te.

M. Larivière a bien rendu, quoique avec on faire un peu maigre, la figure fine de M. Btneau; on lui doit aussi le porirait^ressemblant, du vénérable maréchal Exelmans. M. Henri

Scheffer a bien prisU ressemblaneedeM. Billaull, mais il u*a pas reporté sur la loile le sourire gradeaxet malin, rexpreasion bienTeillanle et spirituelle de M. le président da corps légisktit

Après avoir mentionné, parmi les ouvrages estimables, les portraits dus à MM. Decaisne , Gosse , Fontaine, Timbal, Hussenot, Planchet, Antoine Faivre, M*^** Dimier et Rosalie Thévenin, je dirai à M*« Haussmann qu'elle a donné beaucoup de souplesse et de naturel au corps de son portrait de femme, qu'elle a bien composé, mais qu'elle devra porter tout reffort des bonnes qualités qu'elle parait posséder sur la représentation des tètes, afin que cette partie essentielle ne soit pas, dans ses œuvres , inférieure au reste. Je dirai à M. Léman que ses deux portraits d'bomme et de femme asnoncent de bonnes études, bien dirigées; il est dans le vrai, et, en continuant d'observer , il arrivera à débrouiller les plans de se$ figures, à balancer ses lignes, à placer et à costumer avantageusement ses modèles, en un mot, il acquerra ce que Texpérience donne.

J'aurais parlé depuis longtemps de M. Jollivet, et l'aurais placé, parmi les portraitistes, au rang qui lui appartient, s'il avait exposé un véritable portrait ; mais il nous a donné un portrait-étude, composition à part , moitié nature, moitié fantaisie. Ce mélange est autorisé par de nondireuz et illustres exemples; malgré de grandes autorités, je ne le crois pis bon. Si vous faites une élude, prenei un modèle quelconque : donnez-lui le sens qu'il vous plaira ; ce sera un type général, non une personne déterminée; si, au contraire, vous tracez un portrait, vous devez tout indivijualiser, ressemblance physique, caractère moral, altitude, costume : il faut que ce soit telle personne et non telle autre. Avec le portnitétude, et grâce aux caprices des jolies femmes, nous revien-

drions auK marquises en Diane, aox duchesset en Yénor. La dame que M. Jollivet a peinte n*a pas prétenda.an r6le de déesse comme sa beanté lui en aurait donné le droit ; elle s'est contentée de se faire représenter en simple mortelle à Tantique. Elle a rencontré Tartiste qu*il lui fallait, un savant qui connaît les anciens comme un membre de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres, et qui sait à fond tous les pro-^ cédés de son art; aussi a-t-elle pu bientôt voir ses beaux cheveux noirs s'orner d'une gracieuse couronne de lierre ; son corps se draper d'une étoffe souple et légère, son bras blanc montrer la pureté de ses formes, ses jolies mains tenir les tablettes et le stylet; elle s'est trouvée dans un riche apjpartement à l'architecture élégante ; elle a dû se plaire 4 cette transformation : le public a fait comme elle, et les connaisseurs comme le public. M. Jollivet a peint dans on parti pris de tons tranquilles qui n'excluent pas la vigueur ; tous ses détails sont d'un goût exquis et d'un excellent travail. Puisqu'il fiiut que la critique ait aussi la parole, je dirai que j'aime peu la ligne droite d'architecture qui, malgré Téloi^ gnement du plan, semble porter sur la tète de la personne, que le corps ne me parait pas s'accuser également partout sous les plis de la robe, et que la main et le bras gauches n*ont pas une entière pureté de dessin.

M. Baumes a donné comme étude un portrait de femme, peint de profil, d'un dessin serré, et traité avec une sorte de simplicité honnête qu'on aime à trouver et qu'on doit encourager. Ce n'est pas par la simplicité que se distingue une étude de jeune fille normande par M. Dubuffe père, qui, en représentant, à sa manière, celte belle et forte femme, a eu . du moins le talent de poétiser et de rendre coquet le vulgaire bonnet de coton.

SoQg le titre, peu justifié, de Démoeriie enfant, M. Boulanger a^ dit une sorte de petit pâtre nu, d'un aspect sinistre, d*ane couleur de brique , assis ou plutôt accroupi, et détaché sur un ciel du bleu le plus cru qui se puisse voir. Si M. Boulanger, au lieu de se singulariser ainsi, s*étail borné à étudier une créature humaine au vrai, on pourrait louer le dessin et le modelé de quelques parties de son travail.

Il y a un Joli sentiment dans les deux éludes de petites filles de M. Antigna : mais pourquoi ces types d'une trivialité repoussante?

M*^ Eudes de Guimart a donné le nom d'esclave chrétienne et d'esclave musulmane à deut études de femmes peintes d'une main ferme; on y voudrait un modelé plus marqué, et des intentions moins mélodramatiques dans le geste et l'expression.

Les études de corps de femmes servent souvent de prétexte à des nudités comme on en voit dans toutes les expositions; il y en a cette année quelques-unes qui sont plus ridicules encore qu'indécentes : je rends service à leurs auteurs en ne les signalant pas. J'excepte, parce que j'y vois une idée d'art et des preuves de talent, la Cléùpâtre de M. Berthet, petite figure d'un bon travail; si le dessin et le caractère n'en sont pas irréprochables, la couleur des chairs, le ton des draperies, le style des accessoires attestent beaucoup de goût et une vraie pensée d'artiste. Plus de prétention et moins de talent dans la grande figure vue de dos que M. Bôutibonne a nommée Béatriœ Ùonato; cette dame, asser joHè, mais maniérée, se retourne pour voir on ne sait quoi, se tient, on ne sait conuoent, sur une jambe sans aplomb, et, au sortir du bain, s'enveloppe d'une masse d'étoffes, allourdie encore par un énorme rideau, le tout imaginé pour pituite des

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effets vénitiens et flamancte. En vivant moins hant. M, Boutibonne aarait peut*ètre atteint le but; il y a du danger à se montrer trop pressé de faire comme les maîtres.

Sujets divers (anecdotiques , fantastiques, familiers, etc.)* MM. Ântigna, Martin^ Jobbé-Duval , Duveau, SchUtsemberger, Verdier, Meissonier, Plcusan, Fauvelet, Chavet, Lafon, BilloUe, Jalàbert^ Frère, Cabanel, ChassMau, Hédouifiy Roqueplan, PenguiUy, Luminais, TemarUe, Desjoherif Duvàl'Lecamui père, Bonvin, Vignon, Verlat, Ca^ raud, Léman, Schopin, Gendron, Brion, Adolphe Leleux.

Les artistes qui ont imaginé de s'intituler peintres d'histoire» se sont posés en gentilshommes de Tart ; ils ont, du haut de leur dédain, qualifié genre, sans doute parce qu'elle ne méritait pas un nom à part, toute peinture autre que la leur, comme jadis l'insolence nobiliaire traitait d*espèc€s les gens qui, n'étant pas nés, ne comptaient pas dans la société. Le mot n'est pas encore abandonné : il a cours dans le monde, on l'admet dans les catalogues et sur les livrets; on l'a même aggravé d'une épithète qui le rend un peu plus inintelligtble : on a inventé le genre historique , c'est-à-dire U genre qui est de l'histoire, l'histoire qui est du genre ! Laissons to«t cela. Chaque peinture appartient à an genre f«i sp déteriQine par la nature du sujet traité. Entre ces genres les rangs se marquent par la grandeur de l'idée, et , surtout, par le talent. La variété des sujets qui s^offrent aux peintres, en deliors des tableaux religieux ou hittoriques,^ des portraits el des paysages, u*est pas seulement un trésor

inépoitible poar rimagination qui crée , elle est une sdiiree de plaiiirs sans cesse renoordés pour la curiosité qai regarde et qai cherche* Sous des formes accommodées à ims morars et à nos habitalions, ce mode de peinture nous jette dans les rèTCS da monde imaginaire on nous intéresse aax représentations du monde réel, nous fait assister aux fêles de Topulence ou nous met en face des douleurs de la pan- Tretéi nous introduit dans les salons ou monte arec nom dans les mansardes, se promène dans les rues ou s*enfènBe au coin du feu, rit arec les belles dames Yètues de reloan et de soie, ou pleure arec les gens en haillons, raconte des histoires du temps passé ou montre des scènes da tmnps présent; c*est, en raccourci, le drame ou la comédie de la ▼le humaine. N*y a-t-il pas li de quoi peindre, de quoi intéresser ?

Quant au choix et i la manière de conceToir et de rea^ dre, liberté entière, dans les limites du Trai et de In^mf»nance; c^est ici surtout que le poêtè dirait avec raison :

Tous les genres sont bons, hors le genre ennuyeux;

J^ai parlé de convenance ; c^en est une de ne pas donner à la représentation de scènes familières des proporiioM grandioses : un sonnet tient dans une page ; un Taudeville parait ridiculement petit sur le théâtre de TOpéra ; il n'y aurait rien de plus absurde qu'une élégie en un yolome infolio. On n'oublie pas cela impunément. M. Antigna n*a pas gagné à peindre en grand un toit de chaume où se réfugient des paysans poursuiTis par l'inondation ; sob tableau est dix fois grand comme le Déluge de Poussin ; et cependant ! . . . Pour émouvoir arec une telle donnée, il hui animer et varier les typet des figures ; M. Antigna prête à

totti Mt penonnaget à peo prè« la même exprenloo, k loua les ot^eti la ratow tdnie, et il laisse irop voir la procédé ât aa brotte, qui couiite i opposer qaelqoes tons trè^-lnmi- Dcvs à nne masae de toQS bruos et laloa.

L'intuition qui a engagé M. Martin t peindra sur nne immenia toile It mort de M. Granet, son lllaslra maître, est dea |dns loaabtes : plus simple, l'horanuge eût été mienx accoeilli ; édairée d'une manière moins lantatjsque , U ■cine aurait été mieux comprise ; on ne se reconnaît pas i Iravera ces ténèbres Tolontaires, on ne distîngae pas i quelle époque et à qnel pays appartiennent les personnages, on ne se rend pas compte de l'eipresiion de leora traits. Autant qa'oa en peut juger i la luenr d'une lampe cachée par une tète et reOétée sur un rideaa rouge, la peinture de M. Martin ne manque pas de tignenr; elle en a même trop, ai on peat donner ce nom à nne accentoation mal réglée. D'autres •a*ngea nous prou*ero<it sans doute que l'élère mérite toute la con6ance dont l'honorait M. Granet.

une jeune Bile qoi mand*. ' : plus la donner au âancé , ^ , ■ ., i^'^^

e, se traduisait naturelleir..

dunencomme en a fait M.. .■' .. . ^, . 1"«" 0^1

! l'occasion d une grar |"*

a sé*ère et moins ti" « c. , '*• jeune homme appuie contra sa fiancée un tK . ' "9^ régulier; la jeune fllle lève lur sa mère un^ ' 'ti*e, et toDt maigre, et sa silhouette se projette . > <^'^' avec une précision prasqne comique : les '' ' ^*''* •>"• sont on minnttensement lufautés on P^'^l '' *'<='''»^ ^ nés; quant à la couleur, c'est un camatei' ^ alrement et s ^Bs vires que le foyer qui^ ^ l»! essaye aite; «près-

Las tons gris-jaune oni été préférés p«r M< Dayeaii ; ses PécKtwtê naufragée rapp^lent, au premier abord, les naufragés de la Méduse : des malheureui mourant de faim sur un plateau de rochers battus de tous côtés par la mer, ressemblent asseï à des malheureux mourant de foim sur un radeau. Le souYenîr de Géricaull est Ici Acheui; il fait trop comprendre les torts de la composition de M. DuTeaa. Les passagers de la Méduse sont serrés les uns contre les autres; ils n'ont qu'une pensée y qu'un espoir , le peu de Tie qui leur reste semble commun à tous ; sur les rochers bretons, au contraire, tout le- monde est dispersé; chacun souffre, attend ou meurt pour son compte : point d'intérêt générai, ety au lieu d'une composition une et liée, tous avez une collection d'études plus ou n^ins réussies. On loue le dessin de deux corps de femmes, Tune qui s'étend avec la roideur de la mort, l'autre qui se tord dans les convulsions du désespoir ; c'est, en effet, ce qu'il y a de mieux dans celte grande page ; ce n'est pas assez pour laire oublier les figures *' l'on reconnaît la vulgarité inintelligente du modèle d'ated'autres qui n'ont point de corps sons leurs habits, les

J^Aimeuses pierres qui cachent l'immensité de la mer, et à la re^pp cotonneuse des flots. M. DuTcau a trop de talent grandioses, q^ \^{ c||ge pas franchement qu'il n'a pas atteint parait ridicaQom.gQiYait : les choses terribles lui ont réussi aurait rien di. ^<^^^ y ^j temps pour lui d'abandonner les foUo. On n'oui,j|fér^, g'il aime les Bretons, qu'il continue gagné à peindr^^p ^^ scènes de mœurs : ils sont riches et fugient des pay^ig joi ont donné, cette année même, un bleau est dix foi«Qi ^m a porté bonheur, U Cùrge bédt. cependant ! . . . P^erche le corps d'un noyé, dit le livret, la animer et varier l^ mi ^i^ est apporté ; on y fixe un cierge

allumé» et oo rabandoone aux fagaes; le doigt de Dieu conâuira le pain au lieu même où gtt le cadavre du mort, et am. famillOy ainsi aTertie, pourra Tenserelir en t^re sainte. » Oeci est encore triste, mais ce n'est plus horrible; M. Duveao a mis parfaitement en action cette touchante superstition ; le fieillard qui allume le cierge a du recueillement ; l'enfant, à côté de lui, n*est presque rien que curieux ; les j eones femmes à genoux ou appuyées sur le rocher ont une douleur démonstrative et vraie : tout, sur cette petite toile, est sentiment et délicatesse; je ne lui reproche qu'une élégance trop peu paysanne, et l'emploi exagéré, inutile, de 1 ^étemel coup de vent que M. Duveau donne toiyours à ses cheveux de Bretons; on a remarqué que si le vent était assez fort pour soulever ainsi une chevelure, il aurait bien ▼ite éteint le cierge bénit. L'observation est menue, si on vent ; elle prouve seulement que les peintres doivent penser à tout.

Un jeune homme, nouveau venu, qui a débuté l'année dernière par une composition remarquée et récompensée, M. Sdintzemberger, s'est trop souvenu que son œuvre du précédent salon était taillée en grand, et il a jeté en grand aussi une scène qu'il aurait dû réserver à de petites dimen*^ sions, des Pécheurs sur 1$ Rhin. Du reste, tout y est bien oL. serve, bien rendu : dans sa vérité, le costume du paysan al | DEiand a de la grâce et de l'agrément ; le batelier de M. Scù zemberger rame avec un mouvement juste; l'enfant, a^i.. lieu du bateau, repose dans toute l'insouciance de sf>i , ' le pécheur qui lance le filet a un beau geste; mais^^^' . était difficile, et le bras en raccourci n'a pas s. ... difficulté : cette figure a un faux air d'un péchA

pold Robert ; toutefois le Rhénan n'est pas f'

^^ i^ qui essaye

''^▼re; exprès-

comme un Vénitien. Quoique Taspect brumeux soit hità celui des bords du RhiOi Tespèce de brouillard cpii aUénue les lointains et adoucit toutes les lignes n'aurait pas dû em pécher de donner plus de vigueur aux objets du premier plan.

Il n*y a presque que des éloges pour le Prin iemps é M. Schutiemberger; c*est un bouquet d*une fraîcheur délicieuse t du parfum le plus suave. Personne ne demande . qu'est-ce que cela? Il est impossible derne pas le reconnaître au premier coup d*œil : ces arbrisseaux à peine couverts des premières feuilles, ces fleurs blanches qui tremblent à Tair, ce g^xcn naissant, c'est le printemps de la nature ; cette jeune fille appuyée sur Tépaule d'un jeune garçon qui cneille des fleurs pour les joindre à celles qu'elle à déjà dans sa main, c'est le printemps de la vie ; ces deux printemps s'épanouissent ensemble^ La jeune filk a une robe rose d'un ton charmant, qui, ainsi que le tètement blanc qu'elle recouvre, reçoit do vent un mouvement caressant aussi pittoresque qoe poétique; à cette créature si gracieuse on voudrait un pied plus délicat et (dus bknc , une épaule moins fbrte , ob profil {Hus fin et d'un contour moins accusé. Le jeune à homme n'est pas aussi satisfaisant; le ton de sa taniqoe gril'est pas franc , son torse se dissimule. J'aime i répéter que parst ouvrage est d'un sentiment exquis, d'une naïveté sinaurale : puissent ces heureuses qualités se conserver! M. Schutfolio. fteiiger a aussi exposé l'Automne symbolisé par deui gagné aes, dont une malade, qui se promènent sous des arbres fugient dtf feuilles. Il y a moins de poésie et de charme dans bleau est di que dans l'autre ; mais l'harmonie en est douce et cependant ! .*9-hien traité, animer et Yntiagemeni de VartUte, par M. Yerdier, ne se corn-

>rend guère : un peintre tient sur ses genoux une femme )ea Tétoe et dont on ?olt les belles épaules découTertes; il [i*y a pas là de motif de se désoler. QueUe que soit le met le rénigme écrite en grands caractères^» le dos est très-beau, Tensemble d'une bonne et ferme couleur. M. Ycrdier a aussi an Départ de eonscriu, production merreilleusement lumineuse» mais insolemment ébauchée ; il s*y trouve des grossièretés de pinceau qu*en rérilé on se permet k peine dans le premier emportement de PimproTisation ; ces choses-là ne se doivent jamais montrer au pulilic.

Des trop grandes toiles on arrive tout naturellement, par

la pente des contrastes, aux petits bijoux de M. Meissonler.

Le talent de M. Meissonler est tout individuel; doué de

facultés éminentes du regard et de la main, il ne s'enseigne

pas, ne se transmet pas: il ne fera pas école, mais 11 a de

nombreux Imitateurs ; c'est le malheur du succès. Le maître,

du reste, dépiste ceux qui le suivent; car il n'a pas seulement

une manière, celle que l'on copie aujourd'hui plus ou moins

bien ; le voilà qui entre dans une nouvelle voie. Son petit

écolier, vêtu de noir, accommodé proprement à la Louis XY,

travaillant dans une chambre à vieilles tapisseries, entouré

de vieux livres, est une variation du mode si habilement

soutenu par M. Meissonler : même vérité de physionomie,

même perfection dans le détail, même touche à la fois large

et microscopique, et aussi mêmes défauts de perspective,

mêmes fonds trop accidentés et trop faits : c'est bon, c'est

excellent, mais c'est toujours la même chose. Les deux bra-

vis, ces brigands qui attendent de sang-froid leur victime à

la porte d'où elle va sortir, sont traités tout autrement et

n'en valent pas moins. Quant au gentilhomme qui essaye

Jine épèe, c*est de tous points un chef-d'œuvre; exprès-

— lésion de tète» tonrnare» barmonie de toDS, farlété de touche, imitatiou poussée jusqu'à rilkision, tout est là dans une shpériorité d'exécution qui défie les plus beaux hollandais, et Tenîers, dans ses meilleures œuvres, n'a peut-être rien de plus fort et de plus fin.

Quant aux imitateurs, c'est M. Plassan qui parait s'approcher le plus près du modèle ; M. Meissonier n'a pas hii beaucoup mieux que la dame i son déjeuner servie par sa femme de chambre, et surtout que la femme qui met son brodequin ; M. Fauvelet lâche son dessin et fait crier sa palette ; M. Chavet dispose i merveille ses petits personnages : il devrait les habiller d'étoffes moins lourdes, et leur épargner les tons gris- bleu; M. Lafon a de la gentillesse, mais il fait trop sec; comme ses confrères en jolies mignardises, M. Billotte vit dans les dentelleSi les velours, les soies et les pauiers du 18* siècle : il a raison pourtant de ne pas s'enfermer dans ce cercle tout conventionnel ; ce qu'il a de moins bien, c'est une scène de cette époque, qu'il intitule le Reproche; la roideur d'un mari géant et l'attitude disgracieuse d'un diminutif de femme produiraient une impression insupportable sans l'agrément du coloris; M. Billotte est plus naïf, plus correct, dans ses soldats attablés, et dans sa jeune femme qui travaille, assise dans un fauteuil ; j'aime cette figure d'une harmonie cahne, presque terne : quelques parties , les mains , par exemple , auraient besoin d'être éclaircies, et quelques étoffes blanches manquent de légèreté ; je jae fais ces observations que parce que je voudrais trouver irréprochable un travail qui me platt.

Maintenant, permettez-moi de parcourir au hasard les salons et les galeries du Palais-Royal, et de vous parler, sans ordre, de ce que j'y rencontrerai ; c'est un voyage comme

celai de la fie, farié, qoelqaefois gai, sooTent ennuyeux; on ne peut pas toujours choisir : il faut s'arranger de ce qu^on trouve, et se féliciter quand on trouTe du bon.

Je me sens d*abord attiré vers une charmante petite figure italienne; que son costume romain est pittoresque I comme sa t^te est belle, d'une beauté virginale ! Ses yeux baissés regardent ses mains qui tricotlent; la pensée ne suit pas le regard : quelque rêve la porte ailleurs. La belle fille a la peau noircie, mais le soleil a doré, sans l'altérer, son élégance naturelle. Et puis, la solitude de ce jardin où elle descend est si engageante I la vue s'étend sur des fabriques et des arbres si imprégnés d'air tout italien ! Le ciel est bleu et chaud, scintillant et reposé. M. Jalabert a fait de sa vUlanelUif une œuvre excellente de style et de facture : il lui reste seulement à mieux marquer, sous les plis de la robe, la direction de la jambe, à mieux accentuer le mouvement de la marche.

En quittant ce ciel splendide, ce type si pur, je tombe dans une cuisine, dans un atelier et dans une mansarde : les habitants n'en sont pas beaux, et cependant ils plaisent, parce que M. Frère les a faits tels qu'ils sont, parce qu'il y a dq charme dans les soins domestiques,, dans le travail exécuté de bon cœur, et surtout dans le culte de la famille. Pour sa cuisine et son tonnelier, M. Frère s'est peut-être inspiré d^ Chardin, dont il cherche le coloris tranquille, et dont il atteint le naturel; mais pour sa petite fille qui monte sur une chaise et attache une couronne à un crucifix placé aa-dessus de la cheminée d'une chambre entièrement nue, il ne s'est inspiré que de lui-même; aussi est-ce ce qu'il a fait de mieux. Ce morceau marquera dans son œuvre. Emu du spectacle des sentiments et des travaux popu-

lairasy je contemple atici froidement une Velleda de M. Cabanel ; elle a poartint une physionomie mélancoliqne ; sa l>eaaté sanfage, heureusement harmonisée avec un paysage sombre , foit impression. Je ne dirais rien du dessin douteui d^une jambe, si cela ne me conduisait à une remacxfuedontiieaucoupde peintres pourraient profiter. Quand on représente une femme habituée k marcher pieds nus k travers les sables et les rochers, pourquoi prendre des modèles habitués à s*enfermer les pieds dans des chaussures étroites? Il en résulte un désaccord Tisible, et qu'on pourrait aisément éviter.

«Puisque M. Eugène Delacroix n'a rien exposé, Toici deux tableaux qui ne peuvent être que de M. Chassériau; il n'y a que lui pour copier ainsi M. Delacroix. S'il ne croit pas à la 'Critique, que M. Chassériau n'écoute que son intérêt, et suive une bonne fois la pente réelle de son talent ; qu'après avoir imité deux maîtres tout opposés, il se cherche enfin luimême. Son rôle actuel d'imitateur ne lui porte pas bonheur; des deux choses qu'il emprunte à M. Delacroix, l'une est fiicile, l'autre mauvaise. En étudiant le procédé, on yient & bout de poser des tons, de glacer, de rompre, de fatiguer la p&te, comme tel ou tel peintre. Tout le monde sait que Teniers pastichait avec une merveilleuse facilité; est-ce là ce qui a fait sa gloire? Ensuite, un mal, un danger inaminent, c^est de se dispenser de dessiner, sous prétexte de lais* ser dans toute la franchise de son premier jet un mouve* ment trouvé ; 11 fout s'entendre : le mouvement est l'af&ire de l'esquisse, et, quelle que soit la prétention qu'on puisse avoir aujourd'hui à la spontanéité, je défie qu'on mette dans la première expression de sa pensée plus de fougue qu'on n'en admire dans les traits rapides que nous avons des Ita-

liens, de Ponssini de Gros, de Géricaali; ces grands artistes se croyaient-ils pour cela autorisés à la négligence? Autre chose est Tesquisse, autre chose le tableau. Le mouvement ne perd rien à être rendu correctement, et il ne saurait ja> mais excuser les attaches impossibles, les mains ou les pieds fantastiques, les membres monstrueux. Cela dit, je louerai bien volontiers dans les Arabes de M. Gbassériau, un beau caractère, une expression fière, une tournure puissante ; dans sa Desdemona un sentiment noble et tendre, une lumière douce et triste.

A quelques pas, je trouve un jeune coloriste inexpérimenté, M. Hédouin, qui peint chaudement une soirée en Afrique; le temps lui donnera Tassnrance de la main; il en a besoin» Un peu plus loin, un autre coloriste, M. Roqueplan, se montre, dans une vue des Pyrémées, animée par de très-heureuses figures, plus brillant et plus solide qu'il n*a été depuis longtemps; aurait-il répudié définitivement les afféteries, les fausses naïvetés, et aurait-il enlevé de ses brosses les tons bleuâtres et malpropres dont il frottait jadis les chairs les plus roses ?

A côté de lui, M. Penguilly fait remarquer l'originalité sincère de son talent. Il rêve avec son Breton dans les rui-^ nés d'une chapelle ; mais d'où peut venir ce gris général des terrains, des arbres, des pierres, de l'homme? M, Penguilly caractérise à merveille Calvin dans une petite toile étrange où une fenêtre carrée, occupant le centre du fond, éclaire à peine une chambre nue et un homme assis méditant à côté d'une table couverte d'un tapis ; tout est sombre, sec, anguleux dans ce réduit. M. Penguilly a volontairement péché contre les lois de l'optique; la table n'est point en perspective : son bord an^^ijeur pr^^nte jçine salUie impossible

«Q égard au point de Tae ; mais pour fkire juste, il aérait fallu sacrifier la rigidité d'une ligne utile i Peffet moral. Qulcon(iue a tu la mer la reconnaît dans V Approche d^une tempête à la marée montante ; cette eau noire, qui arrive poussant devant elle sa ligne d'écume blanche, c'est la nature même ; les masses de rochers brisés alourdbaent un peu le premier plan. M. Penguilly a donné un bien meilleur sentiment de l'immensité par les petites proportions du groupe qu'il a placé sur la plus haute des rodies : c*est une mère qui s'efforce de roir au loin et dont on dcTîne les angoisses; c'est un petit garçon qui grimpe sur la grosse pierre, et deux petites filles, l'une assise par terre, l'autre restée debout quoique frappée par le vent. Ces figures ont une telle exactitude de mouvement, que Ton comprend tout aussitôt leur sentiment et leur rôle.

Un autre Breton, M. Luminais, a mis beaucoup de naturd et de vigueur dans ses petits Chercheurs de hamardt. Je ne m'explique guère son berger dont le risage est entièrement caché par une énorme diev^lure rousse, tandis que son chien regarde le public en face.

Le Saltareiio de M. Tenante manque de solidité, et se produit sous je ne sais quel jour éteint qui ne ressemble guère au ciel dltalie ; mais là plupart des figures sont bien dessinées, et quelques-unes ont un joli caractère.

Avec plusieurs blocs de pierre jaunâtre, posés sur un terrain nu et sec, et avec mi ouvrier occupé à scier, M. Desjobert a Mi un *petH lableam qui attire et intéresse.

Gn reconnaît la justesse d'(^ervation, rhabileté d'amngement et ta finesse d'exécution de M. Duval Lecamus père dans la Vente de ta marée au reUmr âe la pèche.

M. Bonvin af^lionne les sdènes où figurent les religieu-

ses ; il redit cette année son motif d'un intérieur d'écoles de petites 611es : c*est une répétition diminuée et affaiblie ; sa Charité, c'est-à-dire une distribution de comestibles à la porte de la maison des sceurs, rappellerait de bons tableaux flamands, si les bistres y étaient plus ménagés, les touches plus légères, les ^gures plus achevées.

Vlntériewr et la Laveuse de vaUstUe, de M. Yignon, sont dans la manière de M. Granet. M. Yerlat, de l'école d'An- Ters, a suivi de bonnes traditions dans son Gérard Dow dans VcUelier de Rembrandt ; l'enfant observe bien ; le maître démontre bien ; tous deux sont dans une pose facile ; la lumière joue partout, et tout serait pour le mieux si le regard de rélève et le geste du maître suivaient la direction de l'objet sur lequel ils semblent se porter.

Combien de soleil sur les Vendanges de M. Caraud ! C'est gai, c'est vif, presque mythologique, avec des réminiscences de Prudhon. Le vendangeur principal est excellent. Même éclat dans V Intérieur mauresque .- le talent m'y parait moins franc, moins à l'aise qu'au grand air de la vigne. M* Léman aussi a voulu Toyager dans un climat chaud, et il s'est transporté dans l'antique; comme ses portraits, son intérieur de cour, où des danseuses et des musiciennes amusent les loisirs de quelques hommes de divers âges, a laissé voir son inexpérience de la composition, aggravée par d'étranges rapprochements de couleurs et par des ardeurs de tons incandescents ; mais, sous ces dêfouts, on trouve de l'étude sérieuse, du goût, du travail; cela fait bien augurer de l'avenir. J'aime à espérer que M. Léman ne suivra pas l'exemple de M. Schopin, et qu'il ne perdra pas, dans des coloriages tapageurs et sensuels comme U Bûcher de Sardanapde et le Taradis de Mahomet, ftibriqués pour la gravure commer-

ciale, un talent né sons les yenx de Gros, et qui paraissait appelé i de meillenres destinées.

Je me console devant M. Geodron : celni-ci a de la poésie au cœur, et il fait mieux que du métier. Qu'il y a de charme vaporeux dans les ombres de Francesca et Paolo postant aux enfers I Que d'abandon dans la jeune femme ! Quel remords pensif dans le jeune honmie qui la soutient ! CaroUi la barque^ les ombres n'ont rien -de vulgaire et de conventionnel; les fonds et tous les objets nagent dans une atmosphère sombre, où tout s'efiace ; ce n'est déjà plus le monde des vivants. Un détail nuit à l'impression vague et mélancolique du tableau : le linceul blanc qui enveloppe Francesca accuse trop les lignes extérieures du corps depuis le dos jusqu'aux pieds : c'est trop une femme, pas assez un ûintôme. Dans un autre tableau, M. Gendron a fait voltiger gracieusement des sylphes à travers les arbres de la forêt ; il aurait pu les rendre plus légers, plus aériens. Quant à son Tthère à Vile de C<i^ée, on ne peut lui tenir compte que de la pensée et d'une figure de femme blonde très-jolie ; le reste est sans vigueur, les premiers plans n'ont aucune des fortes ombres qu'ils appelaient; ils sont mous, ainsi que les person-: nages et les draperies; la tète de femme qui a le plus de valeur se trouve au troisième plan. Du reste, ce vieillard blasé, cherchant à oublier ses crimes dans. ses voluptés, était un bon motif de tableau ; M. Gendron ne l'a pas réussi.

M. Brion me ramène à la vie réelle : sa petite toile est vraiment amusante dans son originalité. Trois paysans, attelés à la corde d'un bateau, s'avancent, tète baissée, sur le chemin de halage d'un canal ; c'est le matin : tout nage dans la brume. Us font bien des efforts, les trois malheureux; on sent qu'ils ont lourd i tirer. Puisqu'ils se suivent de près,

à se marcher presque sur les Ulons, le premier ne doit pïs paraître beaucoup plus grand que le second et le troisième; M. Brion a TÎolé cette loi de la perspectiYe, et tout son petit {Miysage en a souffert.

Qu'est-ce, près de là, que ce long défilé d'hommes ?ètus de tous les costumes, qui marchent conduits, deux à deux, par des soldats et des gardes nationaux ? Cela s'appelle le 24 juin, et c'est d'une Térité saisissante ; passons Tite sur ces tristes souvenirs; M. Ldeux lui-même a craint de s'y arrêter, car son ébauche, d'une si bonne couleur, est loin d'être termiDée^ Son MarM de Dieppe a de l'animation ; msis l'œil s'y sent ûitigué des lumières piquetées sur les maisons i travers les arbres,^ et de la dissémination des figures ; que M. Leleux étudie le beau Marché hollandais qu'on admire dans la galerie du Louvre.

SuJBT» DIVERS (suite). -^ Jfjf* Elmerieh, Van Sehandel, Àuguiie DelacnnXf Uerle^ QuiUemn, LepoiUevin, Bairon^ HaffneTfOmpte-CaliXf Rœhn, HUlemacher, Biard^ Waitier, ie BeauUeUf Tony Johannolf Qérâme, liambertf Jollwett Lerayf Pili, Armand Leleu, M'** DetnoSf MM. Appert^ Raffetf DuwU Leeamui fUtf Comte, Porion, Servin, Van Severdonek, M^* Eudes de Guimart, M. HoUafel, Af"« de Bougemont, M^* Caroline Thévenin, MM. Louis Coulon, Trayer, PluyeUe.

Le besoin de tout voir et le désir de ne rien oublier obligent la critique consciencieuse à de véritables courses au clocher à travers les salles, les galeries, les couloirs, les cabinets de l'exposition. Je poursuis donc, plus vite que je ne

iroudraiSy une promenade qai a ses fatigues, mais aussi ses plaisirs: puissent les lecteurs n'être pas las avant moi!

M. Blmerich m'arrête derant une scène d'intérieur. Ce n'est pas sa couleur qui charme : elle est grise et froide; ce n'est pas l'importance de l'action : il s'agit tout simplement d'un braTC ouTrier, déjà d'un âge mûr, qui contemple sa femme allaitant leur enfant; mais ce qui se passe dans le cosur de ces honnêtes gens est si bien senti, qu'on ne saurait regarder sans être ému. C'est aux yeux tont seuls qu'en veut M. Van Scbandel, et il réussit toujours par les effets d'éclairage nocturne dont il s'est fait une spécialité. M. Auguste Delacroix a mieux aimé, et cela se comprend, le soleil d'Afrique; il n'est pas encore naturalisé là-bas : sauf les costumes et la forme des arbres et des maisons, il reste {dus Français qu'il ne dcYient Marocain ; tout le monde ne sent pas rOrient comme Marilhat.

Quel dommage que M. Merle ait gâté une bonne idée en Texagérantl On aurait en plaisir à suivre les ébats d'on groupe d'enfants sur l'herbe d'un ferger : quel intérêt youlez-Yous attacher à toute une fourmilière de petits garçons et de petites filles disséminés au soleil, sans lien d'aucune espèce? Cette énorme école des deux sexes s'amuse tonte seule, sans papa, sans maman, sans rar?eillants; l'artiste s'est ingénié à représenter tous les jeux de renfanoe, depuis les plus naïfs jusqu'aux plus raffinés, et il n'a pas oublié les coquettes de cinq ans, qui se mirent dans l'eau de la source. La plupart des figurines sont finement peintes, et il y a beaucoup de talent perdu dans l'intempérande des mouTements de ce Inrillant chaos de gamins fashionables.

Reposez-?ous du bruit et de la foule dans cette mansarde où une jeune ouvrière fait , en sifflant, et en mangeant un

morceau de pain, Védueatim de ton geai. M. Goillemia a eu poar modèle ua type vulgaire : c'est regrettable , car il a donné au corps de la femme Tattitode la plus naturelle ; il a rendu le sifflement arec une Térité parfaite, et il a peint l'oftsemUe très-franchement ; cela vaut mieux que son Sou- Venir d'cUdier, étemel prétexte à Texhibition d'une femme nue, dans des circonstances plus ou moins sentimentales.

Ab! Toilà M. Lepoittevin; on le reconnaît à ne pas s'y Iromper, alors même que, pour sortir de ses fermiers et de ses pèeheurs, et pour relever son style, il se cache sous la défroqne de Salvator Rosa. )1 a pris au maître italien ses rochers, ses ruines , ses soldats : ce qu'il ne lui a pas pris, je n*ai pas besoin de tous le dire.

M. Baron, non plus, n'a pas à se nommer : c'est lui, toujours lui qui refait à perpétuité ses élégants cavaliers, ses jolies dames du 16* siècle, livrés aux douceurs du far niente sous d'immenses arbres , étages sur les marches de vastes escaliers, insérés entre de gigantesques colonnes; il affile cela, cette année, scène d'été et scène éPautomne ; une autre fois, avec une étiquette différente, ce sera le même tableau, avec la même fantasmagorie d'architecture et la même invrai- Sembblnce de disposition; mais ce sera toujours la même fraîcheur, la même désinvolture, la même facilité ; cela plaira à ceux (et le nombre en est grand) qui aiment mieux le joli que le vrai. Peut-être M. Baron a voulu compléter les quatre saisons en réunissant dans un même cadre, intitulé les Pa- Hneurif l'hiver et le printemps; car si tous ses seigneurs et ses marquises glissent, se promènent ou tombent, avec beaucoup devérité, surlaglace des fossés de quelque parc royal, ils sont ûivorisésd'un magnifique soleil printanier, doré, comme on n'en voit en hiver que dans les pays où il ne gèle pas.

J*ti cherché, tTant d'oaTrir le li? rel, ce que pouvait signifier le n*" 602. Un fond de maisons à pea près allemandes, une fontaine massive surmontée d'un ours en pierre ; une grande femme, puissante, aux yeux noirs, au port imposant, au costume italien, à la démarche antique ; une jeune nUe penchée sur la fontaine, les pieds dans Teau qui en découle, les jambes nues et visibles jusqu'au-dessus du genou, la tèle retournée avec un regard provoquant ; une autre jeune fille les bras levés et se plaçant de manière à attirer tonte la lumière sur sa gorge plus qu'à demi découverte : je me suis cru en face d'une scène d'opéra- comique, peu scrupuleuse de costume et de convenance. Pas du tout, M« HafSher prétend que c'est une Fontaine à Obemay, Je m'inscris en fanx -, j'ai de bonnes raisons pour soutenir que les paysannes d'AKsace sont des Alsaciennes, et pour douter que leur tenue et leur physionomie, quand elles vont à la fontaine laver leur linge, leur donnent des airs de promeneuses du boulevard de Gand. Plus décent dans sa Récolte des pommei, M. Haffher ne s'y est pas montré peintre plus soigneux : il s'est permis des figures sans modelé, des arbres bleus maladroitement feuilles, un laisser aller général que ne compensent pas quelques jolies touches et de piquantes lumières. M. Haffher est jeune ; il a des flatteurs qui le gâtent, il lui faut des amis qui l'avertissent et le rappellent au travail ; à cette condition, il tiendra les promesses de quelques-uns de ses ouvrages.

M. Compte-Calix, lui aussi, a été très-loué ; la délicatesse de son pinceau et de son sentiment méritaient les éloges ; il tombe aujourd'hui dans un maniérisme désolant.

Enfin, en arrivant i M. Rœhn, je me sens en présence d'un artiste qui observe et qui travaille, qui sait et qui cherche. Gomme aux peintres sans cesse préoccupés de l'art,

tout lui devient thème à tableaux; rencontre-t-il, dans un Tîeox bâtiment, un escalier pittoresque, il s'y établit, et bientôt, grâce aux ressources qu'il en tire, tous y voyez, sous des jours différents, deux scènes de caractères opposés : le Bâton de meilleisef un vieillard qui descend solitaire, appuyé sur répaule de son petit-fils; le Joyeux voiein, un gros bon vivant, à lace rebondie, assis sur le palier, à l'entrée de son petit logement, rassemblant, par ses chansons qu'il accompagne, Dieu sait comme, sur le violon, les servantes de la maison. Comme il dit à pleine voix ses drôleries ! comme ces jeunes filles rieuses l'écoutent» et comme elles oublient, pour ce concert égrillard, les devoirs du balai, les progrès du pot-aihfeU| les soins de la toilette I A ces compositions de sa manière ordinaire, M. Rœhn en & igouté une d'un faire plus large, d'une disposition plus savante. Vous et moi aurions passé cent fois devant cette pauvre maison de paysan, sans nous douter qu'il y eût là quelque chose à peindre. M. Rœhn s'est arrêté devant la porte, il a jeté un coup d'œil, et son tableau était fait. Une chambre qui a pour tout ornement une vieille table de bois, quelques vases de terre, un lit à baldaquin de serge verte, et une vaste cheminée de bois, reçoit le jour par une fenêtre ouverte sur le jardinet et par une porte entre-bàillée. Une vieille femme, au coin du feu, s'endort sur un livre destiné affaire dire la leçon à une petite fille qui s'est endormie au pied du lit : c'est VEnseignemerU mutuel. La. marche des trois lumières venues de la porte, de la fenêtre et du foyer s'accomplit de façon à faire le plus, grand honneur à M. Rœhn, qui a su donner à tous les objets leur, valeur, à tous les détails un fini réparti dans la plus sage mesure. Cette toile a obtenu un grand et légitime succès.

M. Uillemacher a élé également heureux dans sa Séance de quatuor. Vous êtes dans un riche et grave-salon de proyinoe, orné du buste de Haydn; les grands parents dorment; la maman impose le silence à sa petite Elle; les quatre ama«teurs occupent le centre de la pièce ; le premier violon^ majestueusement écarté du pupitre, exécute un passage qui parait fort difficile, et se montre pénétré de Fimportance du rôle quUl remplit ; le second violon compte ses poses avec une attention profonde; un gros abbé s'applique de tout son savoir à ne pas manquer son trait ; Talto est caché derrière les cahiers de musique^ Tous ces personnages sont bien à leur place, tous ont Texpression convenable. M. Hillemacber s'est tenu fort habilement sur la limite qui sépare la gaité de la caricature ; il a fait un tableau amusant, qui reste une ceuvre d^art. Pour lui foire produire tout son effet, il aurait dû Texécuter dans un ton plus vif.

M. Biard est tombé dans recueil que M. Hillemacber à si bien évité : sa Scèn» dans une église est, à tous égiprds, une mauvaise charge ; ses deux autres compositions sont trop faibles pour que J*aiffle à en parler.

M. WatUer peut tirer d'excellentes choses de son propre fonds. Pourquoi donc, dans son Dtner sur Vherbè, se berne* t-il à copier Watleau?

Pourquoi aussi M. de Beanlieu s*expose-t-il à ce que MM. Decamps et Delacroix tirent le coup de chapeau de Piron devant son esquisse d'une maison algérienne ?

Si quelqu'un reste fidèle à soi*mème, c'est M. Tony Jo^ hannot ; il s'est créé un style de vignette élégant, et il s'y tient. Son genre se retrouve comme d'habitude dans sa Scène de pillage en 1526, et dans les Plaisirs de Vûutomne.

M. Gérôme a-l-il voulu peindre le temple de PcdStum

avec accompagnemeDt de buffles, oa un troupeau de hni&ei avec accompaguemeat de temple? La question peut paraître indécise. Quoi qu'il en soit» les buffles sont bien groupés et bien rendus> le temple dessiné et coloré avec goût.

Les vases grecs de M. Isambert sont peut-être irréprochables de style : il y a joint une femme peintre plus gaie qu'il ne voudrait, car, si elle ne rit pas, elle prête à rire. M. Isambert n*a qu'à prendra leçon de M. JoUivet pour Tarrangement, la lumière, l'ameublement, la décoration d'un appart^aent antique; il trouvera dans les Femmes grecques à leter iùileUe un exemple du savoir uni à l'babileté; je n'ai qu'un reproche à faire à la petite toile de Mé Jollivet : elle manque de défauts.

Encore un Mazeppa ! 11 n'est pas sans mérite. L'aspect sombre convient ; les terrains sont d'une nature sauvage ; l'homme attaché à son cheval est vu d'une manière hardie et présente un raccourci dont M. Leray s'est tiré à son avantage.

M. Pils a traité deux sujets, Fun antique, l'autre contemporain. Un mot à leur occasion me semble venir à propos < Quand M. Guizot, dans ses réflexions sur le salon de 1810^ conaeillaît aux peintres français d'exploiter le domaine mo* derne, il ne pensait qu'à l'histoire proprement dite; il disait avec raison que, quoi qu'on fosse^ quelque versé qu'on soit dans la connaissance du passée on ne peut pas s'identifler complètement avec des mœurs, des habitudes perdues depuis longtemps i on ne se peut foire entièrement Grec ou Romain ; il est plus aisé et plus sûr d'être Français, même de {^sieurs siècles en arrière. Gela est pins vrai encore de ta Tîe intime d'un peuple que de sa vie publique : tant de choses échappent à la tradition f faut de traditions sont des

erreurs ! Un artiste qai prétend noos reporter aui temps aiH ciens et lie pas commettre d'anachronisme s'eiposci à rem* placer Pinspiration par la recherche de Tarchafsme et à &ire de rémdition plutôt que de Fart; il y a tonjoars là da conventionnel, et quelque chose Tient s'interposer entre la pensée et la forme qu'on y donne. Il n'en est plus de même s'il s'agit de faits contemporains : l'art les saisit sur le vif, et les reproduit avec sûreté dans leur véritable caractère.

Voyei M, Pils. Ses Àihénieni à Syracwe sont empruntés au Voyage du jeune Ànaehar$is , où il est raconté que ceux des prisonniers qui récitaient i leurs maîtres les pièces d'Boripide recevaient leur liberté; que fait l'artiste? Il dispose, dans une salle antique, un inaitre et sa femme, de jeunes filles qui écoutent, deux esdaves qui chantent ou récitent, d'autres qui remplissent des amphores; on voit aisément la peine que le peintre s'est donnée pour chercher des types, des costumes, et ce travail nuit beaucoup au sentimeni comme i l'exécution ; sauf deux ou trois figures de feamieft, les personnages sont froids, guindés, d'ivoire plutôt que de chair. M. Pils représente-t-il une DiitHbuiûm de pain aum indigents de Parié par le 14* de ligne , il devient d'une vérité, d'une aisance, d'un entrain tout i fiiit remarquables. La bonhomie du soldat dans ses actes de bienfaisance n'a jamais été mieux exprimée; l'homme du peuple condamné à recourir à l'aumône du soldat n'a jamais mieux manifesté ses diverses impressions; l'enfant gourmand, la petite fille exténuée, le brutal qui repousse les autres malheureux, la femme hargneuse, le pauvre honteux, Thonnète ouvrier sans ouvrage, l'homme abruti par la misère, tous se reconnaissent i leur physionomie, i leur geste : c'est parlant. Les groupes se lient sans effort; les figures sont bien des-

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ées, les fonds d'accord avec le si^et. Il n'y a rien à resndre à la lamière; le ton seulement me semble trop oge, surtout aux visages, ce qui n'empêche pas que cet ▼rage soit un des meilleurs du salon.

A la différence de plusieurs autres jeunes gens qui se négenty M. Armand Leleux s'est maintenu à son rang. Dans t Forgerons, il a trouvé le reflet juste et ardent du fer âge sur le visage penché des hommes qui manient le marau ; les ombres, en opposition au feu de la foige, pourient être plus vigoureuses. Le Guide du Saini^Qothard fait aisir à voir, quoiqu'on le connaisse depuis longtemps : i. Leleux lui a âiit fumer tant de pipes et boire tant de mettes de bière devant le public des expositions ! Il a tou- ^rs sa tournure conquérante, son costume pittoresque, et m peintre le traite avec des touches hardies qu'une main loins expérimentée aurait peine à accommoder à une gure aussi petite. L'intérieur de la Poeada resplendit d'une imière chaude qui dore et caresse tout, hommes et meules, tètes et fruits; ces Espagnols chantent ou écoutent, langent ou fument à vous foire envie; on voudrait s'asseoir ▼ec ces beaux voyageurs, avec ces jolies voyageuses, mordre lans ces fraîches oranges, vider ces carafes d'eau glacée. Remercions M. Leleux des instants qu'il nous fait passer dans m endroit aussi agréable.

Mais je m'aperçois que l'espace fuit sous ma plume ; il faut ibréger. Je ne puis plus que mentionner : le Tintorei en- 'ont, par M"* Desnos ; le Délateur vénUien, par M. Ap- )ert, composition bizarre, coupée en deux comme certaines lécorations de théâtre, et dont ce défaut de goût ne doit pas faire oublier le dessin, qui est de bonne école; le paysage,. m peu trop propre et trop éclatant, où M. Duval-Lecamos

a très-gracieusement groupé sa famille ; la Batterie de Um Umr» (armée d'Italie en 1796), par M. Raffet; Jeaume iTJiiJ ches le parfumeur où elle achète les gants qui Tont empd sonnée, si on veut en croire la chronique, par M. Gomtc le Oifofio et la Oitema, de M. Porion, figures à effet, brtûk par une lumière Tiolente et posées sur des fonds noirs ; u intérieur éPakhimiete, par M. Serrin; V Enfance deCoM par M. Van-Sererdonck; laSiBur aînée, étude naïve et 9» gnée de M*^* Eudes de Guimart ; VOrpheline^ où M. HoliÉe a exprimé la firayeur qu'éprouve un jeune enfont en sentai le froid de la main de sa mère qui Tétreint en mourasi; la Balladey de M»« de Rougemont ; le Preebytère , de WP* €1 roline Tbévenin, qui a donné à la méditation solitaire curé de campagne un charmant caractère de rèyerie ; Sterne et le Chant d'Àntonia, où M. Louis Coulon indi des tendances à un faire pur et distingué; le Létmari Vinci au milieu de ees élèves, par M. Trayer ; les Boh chassés d^Bcosse, très-bonne page de M. Pluyette.

Nos peintres, on le roit^ traitent toute espèce de sojeto; la variété de leurs talents suffit à la carrière sans bornes ils s'engagent; ils se font remarquer surtout par Tesprit par l'adresse; il ne faut pas leur demander la profondeur l'élévation ; mais leur pensée, généralement, est claire, 1 exécution agréable, dégagée, indépendante; de la gaité, la finesse, du sentiment naïf, ces qualités dominent apjonr d'hui dans un très-grand nombre de tableaux dits de genm elles justifient les suffrages du public et l'empressement dfl amateurs.

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vsAGES. -—MU. Paul Flandrin, Desgoffes, Vûdlet-Le- ^e, Gaspard Lacraix, BeUel, Huet, Rousseau, Couti^e, Corot, Français, Dauibigny, Càbat, Jules Dupré, Pron, »f««« Eugénie Pesmes, Mai. Ciboi, Lavieille, Fiers, Léon Wleury, LapUo, Holstein, WUd, ÂUgny, ThuilHer, BaudU^ Jeanniot, Eugène Cieeri, Bairiat, Boguet, Brissot , AugusU Bmhewr, Nazon, LasMnet, Hédoum, Desèrosses, Teinturier, Courdouan, Fontenay, Chevandier, Leroy, Laine, SaM-Mwreel, Segé, Jules Noèl, Bâhm, Karl Girardet. Vigne, Jules André,

Quelque opinion que l'on ait sur l'état de la peinture en 'ance, on ne peut sérieusement nier que le paysage y oc-^ ipe une place éminente^ et que nos paysagistes marchent L tête du mouTement de Fart europé^. Assurément le» -atiques actuelles ne sont pas toutes bonnes : mais la pluyrt viennent d'une idée juste» et les déviations momenta- ^ seront bientôt corrigées par le bon sens, plus puissant l'on ne croit en peinture comme en toute chose. Je n'ai is l'intuition de foire ici l'histoire du paysage : je ne re-* lonterai même pas jusqu'au 18* siècle, à cette époque de tux goût où un peintre célèbre pouvait dire : « Je n'aime is la nature ; elle est trop verte et mal éclairée. » Je m'ar- ^rai un instant seulement à la plus récente transformaon que nous avons vue s'opérer* Sous l'infiuenoe des grandes "aditioDS de Poussin, altérée par le temps, comme s'est Itérée la tradition de la tragédie classique, et bien d'autres, î paysage était considéré soit comme un accessoire d'une omposition historique, soit eomme un sujet que chaque

artiste entendait et composait d*après certaines dona confenoes; il y avait une nature que Ton arrangeait é son cabinet, que Ton enseignait dans son atelier ; on ne 7 ▼ait vue nulle part ; c'était une nature rêvée, idéale, autre et plus belle, selon ses inventeurs, que celle rencontre dans les champs, dans les bois, au sommet montagnes, aux bords des rivières. L'exemple des E dais, les souvenirs de quelques Français, le goût des vo ont enfin appris, ou plutôt rappelé que la nature créée Dieu vaut bien celle composée par les hommes. On s'est à rétudier pour elle-même; on s'est pénétré de ses bet on s'est efforcé de la reproduire ; dès lors la véritable du paysage a été ouverte ; elle conduit à l'infini, elle a tit à des merveilles inépuisables. Chacun, selon son chant, selon son organisation, est plus vivement affec^ telle beauté, plus apte à la faire sentir aux autres : cdoi excelle dans les ciels; celui-là rend mieux les terrains; a l'éclat du jour, l'autre la lueur du crépuscule ou de Vi rore; la pureté des eaux, la transparence de l'air, la cheur des ombres, Tépaisseur des feuillages, l'agitation plantes, la grâce des fleurs, la solennité ou la tristesse dj lignes, la grandeur des montagnes, que sais-je? tous M miracles de la création se reflètent dans l'àme dt l'artiA observateur et ému, et trouvent dans son pinceau l'instn ment plus ou moins fidèle des impressions qu'il cherche transmettre. Eh bien, la nature sincèrement étudiée, tn duite selon le sentiment de chacun, voilà tout le secret i la variété, de la vérité, du charme de nos principaux pi| sagistes.

Dans cette heureuse évolution, iln écueil était à éviter; ne l'a pas toujours été : quelle réaction s'accomplit sai

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Koès ? On fuyait le paysage composé, on avait horreur de arrangement conventionnel ; on s*est jeté dans la simple opie des objets quelconques, sans choix, sans recherche ; on

paru croire, et ce n*est pas la première fois dans Thistoire le Tart, que pourvu qu'on représentât exactement, on Pliait beau, comme si un caillou était aussi beau qu'une rose, m crapaud qu'un papillon, un trou marneux qu'un vallon erdoyant, un tas de pierres qu'une croupe de colline. Sous a préoccupation de la même erreur, de la même indiffé- -ence, on n'a eu nul souci du grandiose des aspects, de l'agrément du point de vue : on s'est posé devant quoi que ce ioit, dans la première direction venue, et on s'est imaginé |ae des lignes biiarres, des plans sans perspective, étaient :oDJoars du beau. Ainsi entendu, le naturalisme n'est plus le l'art ; il n'honore pas la nature, et fait descendre la pein^ lure au niveau d'un métier vulgaire.

Les idées que je viens d'émettre voudraient être dévelop-* ;>ée8 ; la place me manque. Ce que j'ai dit était nécessaire [K>ur justifier les rapides indications de quelques oeuvres du talon, qui en renferme beaucoup de bonnes.

Le paysage composé, appelé aussi de style, a gardé peu le fidèles : parmi eux se trouvent des hommes de talent, M. Flandrin, par exemple; ses Montagnei de la Sabine ont de la grandeur, de la noblesse; les arbres sont beaux, les fed>riques d'un bon goût, les personnages d'un dessin pur ; mais tout cela est factice, et je préférerais une vraie montagne avec ses vrais arbres et son village, à ce superbe mont orné de temples grecs. M. Flandrin n'a pas le don de la perspective aérienne; ses plans ne reculent pas par la dégradation de la couleur. Ses verts au soleil ont aussi une crudité qui blesse l'œil. Mais prenez chaque arbre, chaque

terrain à part, et surtout les figures, qui sont répmdd avec discrétion, et mises chacune à une bonne plaee : tM est d*une exécution accomplie.

M. Desgofifes n*a pas la même excuse : il a posé un raaa vais moine sur un mauvais entassement de roches mal » rangées.

Il y a de IHdéal autant que du réel dans les souvenirs de la villa Borghèse, de M. Yioliet-Leduc; mais c'est él^ssot, chaud et bien peint.

M. Gaspard Lacroix dispose d'une £aiçon heureose; stf ciels sont transparents, sa lumière est pénétrante; poorquei sème-t-il, dans son principal paysage, ses campagnes d'affreux petits personnages mythologiques ?

Une transaction semble avoir été cherchée par M. Bdld; son tableau, du berger d'après Virgile contient de«^ parties prises sur nature, d'autres imitées de Poussin ou travaillée! dans sa manière; l'effort de la conciliation est visiUe. M. Bellel exécute avec un soin peut-être trop égal : ceU vaut mieux toutefois que le défaut contraire; son talent est sincère, plein de bon vouloir et de sagesse : c'est dire asseï qu'il a de l'avenir.

Des trois paysages de M. Huet, le moins bon est le plus

' fantastique; il représente une forêt pendant un soir d'orage;

les deux autres, des intérieurs de forêts, ont beaucoup de

fraîcheur; Teffet général en est plus satisfaisant que les

détails.

Les peintres qui ont préféré la nature aux traditions et exprimé naïvement ce qu'ils voyaient et ce qu'ils sentaieai ont eu le malheur de tous les jeunes gens qui, en amtiiorant, s'imaginent être des créateurs, et pensent révolutioBner l'art parce qu'ils sont rentrés dans une de ses bomies

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oa ; il» exagèrent, outre mesure, leur donnée» et Us trouift des i^iorantSy des adulateurs ou des compUces qui éri- U leurs excès en qualités, au risque de iaire avorter les iS h^ireuses dispositions. Les talents forts résbtent seuls «tte épreuve. Un énergique retour sur eux-mêmes leur nécessaire pour rester ou pour revenir dans le vrai, pour pas substituer la manière i la coavention. Cet honorable vaily M. Théodore Rousseau Topèreen ce momenit; du radoxe il revient au sens commun, du réalisme brut il nonte à la nature choisie. Il paraissait se complûre dans i fouillis inexiricables, dans le chaos des lignes» dans Tabace de toute perspective, dans les arbres secs et mal plas; il copiait avec vérité les effets les {dus variés, quelqueis les plus étranges \ cela lui suffisait, et de sottes louanges raient pu le confirmer dans son erreur. Une étude plus •profondie n'a pas tardé à lui foire comprendre que l'art îmapde davantage. Cette année, sans perdre ses qualités exécution, il a fait, du c6té de la pensée, de grands proes; son Effet de soUU est délicieux; Tair y est saturé une chaleur humide; tout brille et vit; Phorizonest d'une lesse admirable. On ne regrette que la pesanteur et la cousion des toudies dans les broussailles des premiers plans ) droite. Le Grmipe de éhéneê dont la Uxnde est vigoureuse* lent attaqué et d'une excellente con^ur ; les terrains prétntent encore la trace de la mauvaise habitude d'aligner s premiers plans horixontalement, jusqu'à une grande hauor, dans toute la largeur de la toile. Comme M. Rousseau, M. Courbet se modifie, et il s'en t>uve bien. Tout le monde a parlé d^ M. Courbet, les uns rec engouement, les autres avec colère, personne avec intfférence : c'était un symptôme. Le temps et la réflexion

Aidant, la vérité se (ait jour ; on comniraoie à toir d peat dire maintenant (l'année dernière il aurait falla dm rage pour s'exprimer ainsi) qae M. Goarbet n*est ni grand génie ni nn barboaillear : on le mesure et on le cfa On a pn sMndigner de la brutalité de ce montagnard a tois» s'étonner de l'audace de son invasion ; on a pa rite ses maladresses, s'amuser de son orgueil, plaisanter de mauvais goût, se plaindre des complaisances excessÎTe l'accueil fût à cette espèce d'étranger* Mais sous les vii ces, sincères ou affectées, sous le ridicule et les gauc plus ou moins volontaires, il était impossible de m tre une rare aptitude à saisir et à rendre' la nature, jourd'hui l'expérience se complète; le principal tableio M. Courbet, représentant le fond d'une vallée terminée des rocbers, est d'une fermeté de ton, d'une franchise lumière, d'une vérité locale que l'on pousserait diffid à un plus haut degré. Dira-t-on que ce paysage n'est gracieux ? Soit ; prétendra-t-on que les figures de demoi et de petite mendiante qui l'animent sont plutét pkqii que posées et qu'elles ont un type vulgaire et laid ? je ne nie pas. Gela prouve que M. Courbet manque de goût ( choisit mal ses modèles, qu'il ne sait pas encore grouper i qu'il lui faut apprendre à combiner ses figures avec ses pif sages. Ces défauts sautent aux yeux : les qualités ne sontn moins évidentes, et,- si on veut regarder attentivement eti bonne foi, on ne méconnaîtra ni les délicatesses da piiiceii même sur ces vilaines figures, ni le sentiment de la coi dans les draperies et les vêtements, ni surtout cette sion de la réalité, qui faisait dire à un grand artiste ce tableau : « Tout autour de cela je vois de la peini ici je vois la nature. » On a accusé M. Courbet de ne pas si*

* la perspectÎTe, parce qu'il a fait petites des vaches qui ftissent très-rapprochées ; Tignorance ou l'inattention t aa compte des accusateurs; les vaches dont on a ri sont sur plan et d'une juste grandeur ; le tort de M. Courbet de n'avoir pas marqué sufOsamment la séparation entre [M-emier plan et celui qui porte les animaux contestés. Il foat pas qu'un détail facile i corriger serve de prétexte X injustices de la critique.

Sur la liste des paysagistes qu'on a qualifiés réformateurs place M. Corot ; sa manière indécise convient on ne peut eux à certaines heures du jour, à certains états de l'at- >8plière; ses tableaux, vus à distance, caressent l'œil; apocbex : vous ne trouvez plus de corps aux arbres ni aux rrains, toutes les lignes tremblent, les figures sont man* lées. Le Soleil couckant et le Repot sont traités ainsi. U fout I regarder de près pour que le charme disparaisse. M. Fran* is garde la belle position qu'il a surprendre; Soui U» uUê est un molif auquel il revient souvent, et qu'il réust ordinairement : la lumière m'y parait cette fois un peu >aqae par places. Une Co/upt de bois vous installe au misa d'une forêt jaunie par l'automne : ce soleil tiède, ces ailles qui vont tomber, ces grands arbres qu'on déracine, iS aatres qui gisent i terre, forment un de ces spectacles ni jett^t un intérêt mélancolique sur les promenades a i'arrière-^ison* Le Soir resfdendit des derniers feux d'un >leil méridional; l'astre se couche derrière un temple en line et projette une lumière d'or à travers les colonnes; le remier [dan est dans l'ombre et dessine le penchant d'un )teatt ; une femme drapée en blanc monte sur le revers op« oeé; une vapeur violette colore les vallées et les montaoe» du fond j; cette scène est fort belle. Deux observations

seulement : les parties les plas brilUntes du ciel ont subi empâtement qui menace, par Teffet du temps , .de leur perdre leur éclat. Pour aroir trop crûment arrêté le du terrain sur le deTant, la femme parait non pas ma sur un chemin, mais sortir de Peau, ou bien on ne d*où, comme une apparition. An groupe des néoappartient eneore M. Daubignj. Je ne sais personne qâ un sentiment plus intime de la nature et qui la fiisse nûi sentir; mais pourquoi ne tracer que des ébauches gobbn MÊ(n$s(m et la Vue pri$e sur les h&rds 4e la Seine? Cette nière surtout est ravissante. M. Daubigny craindrait-il gâter en se terminant? Ce serait un aveu dMmpuissaaice ; meilleure opinion de son talent , et je suis convaincu homme qui commence si bien ne peut pas achever mal.

Il y a du maître, du^rand paysagiste dans M. Ca^t. ^ ses masses d'arbres soient un peu phites, qu'elles ne seûri pas en rapport avec Texiguïté des terrains, c'est possibkf mais, dans Bon Sfj/hr ê^emêmme^ quel rîoke lond ée cni) quelles éMouissantes échappées de lumière ! quefles îo^ menses et majestueuses nappes d^eaux 1

M. Jules Dupré est revenu au salon, après une Imigiie^iH sence. Le meilleur de ses trois ouvrages exposés est un ^ leil couo^nl, largement peint; une touche loostle et gn* nue semble avoir affecté la manière de M. Dupié étOAm deux afutres toiles : c*est le défaut d^ne qualité, le résolM d'un irvrail consciencieux jusque la minutie.

Des noms nouveaux sont insivits sor des «anifres qui mit rHent d'être signalées. M. Pron a trois paysages : le nMi' leur (et il est «oelient), c'est U FwH êe FùnMmblêm^ décemère. Après les premiers plan», un peu mous et pIMii le regard s'enfonce dans une vallée tei^inée par un rkkM

i collines éclairées d'an jour faiblement coloré ; sur Pane elles frappe rifemeni un coup de soleil ; les forêts sont on bien Tiolet, mè!é de rert et de bmn ; les arbres du demi portent leurs dernières feuilles ; le Tent pousse des nages précurseurs de ThiTcr. M. Pron a bien étudié cette lison et en a fidèlement conserré Fimpression. J'ignorais ossi le nom de M*** Eugénie Pesmes ; et si le tableau qu'elle ^ envoyé sous le titre à' Un convoi [est son début, il faut ^en féliciter. Au milieu d*une vaste plaine s'élève une ligne :*aif]Tes bauts et minces ; un affreux orage va se déchatler : les nuages, d'un gris noir, descendent surchargés Le la pluie qui s'abattra tout à l'heure ; l'ouragan fait plier es cimes feuillées, courbe les haies, couche les buissons ; à luelque distance, des villageois suivent à pied, luttant con* re le vent , un chariot qui porte une bierre : le deuil de la [idmiiUe avec le deuil de la nature. Cette scène, simplement composée est simplement rendue ; on n'y aperçoit pas vestige des partis pris d'école, pas même la trace d'un enseignement awire que celui de la nature : les masses et le détail sont partout dans une proportion harmonieuse, et cet ouvrage de M"» Eugénie Pesmes foit vivement désirer qu'elle persiste dans sa précieuse indiTidualité ; l'habitude relèTera les parties faibles de son travail.

^ M. Gibot n'est, pour personne, un nouTcau venu dans la peinture, il est, pour le public, un débutant dans l'art du paysage. J'sfi tort d'employer ici le mot art; M. Cibot est allé à h campagne, jouir de l'air et du soleil ; il s'est assis an pied des hêtres et des chênes; il s'est couché sur le gazon; il a laissé errer son œil dans les espaces du firmament; il a regardé les fieurs s'épanouir et les insectes voler ; puis il s'est souvenu qu^il était peintre, et l'envie lui a pris de

prolonger sar la toile ses joaissances de promeneor. De h ces deux paysages si rrais, si intimement sentis, ces alléei où la lumière s*insinue et se tamise si finement, ces feoUles si légères, ces arbres si élégants, ces gazons si frais, cette atmosphère si pénétrée de soleil, da soleil de nos étés, comme nous le connaissons tons, non quand nous examinons des tableaux, mais quand le chemin de fer nous emporte à quelques lienes de Paris. La nature a eu pour M. Cibot tant d'attraits qu'elle lui a laissé peu d'attention pour les êtres Tivants qui partageaient ou troublaient ses excursions ; aussi ne s'est-il pas occupé des formes et de la plact de ses personnages.

L'inépnisable forêt de Fontainebleau a inspiré à M. Lavieille une des peintures les plus chaudes, les plus lumineuses, les plus Tives que l'on puisse voir. Si le ciel répondait au reste, il fiaudrait classer ce paysage au rang des ch^d'œuvre.

Le, public revoit avec plaisir au salon les artistes qui soutiennent d'une manière brillante, et depuis si longtemps l'honneur de nos écol^ de paysage. C'est M. Fiers, toujours frais, et qui s'est établi cette année dans la riante vallée de la Bresle ; M. Léon Fleury, l'heureux peintre des gras pâturages normands ; M. Lapito, qui s'enferme dans les montagnes et en retrace dignement les grandeurs ; M. Hpstein, qui aime et fait aimer les beaux sites français, la Vendée et les bords de la Loire ; M. Wyld, qui, en changeant de climat, ne change pas assez de touche, et marque trop peu la différence ûes caractères, au risque de faire prendre la Hollande pour un pays chaud, l'Italie pour un pays froid ; il peint, du reste, toujours avec finesse ; son meilleur travail au salon est un petit paysage breton, tout épais de verdure, tont

sédaisant de solitade. Dans la Vue de Vile de Capri, on retroore, avec ses traTers, le talent sérieax et systématique de M. Aiigny ; q«*il me soit permis de ne rien dire de ses deax antres productions. M. Thaillier a bien réussi deux rues imposantes de la Bretagne et du royaume de Naples.

Deux très-bonnes rues du mont Blanc et des Alpes sont dues à MM. Bandit et Jeanniot, élèTCS de MM. Diday et Calame; elles soutiennent, autant qu'il est possible, la lutte désespérante que Fart est obligé de livrer pour reproduire ces sujets immenses dans en petit, espace.

Des jeunes gens, pleins d*ardeur et d'espérances, promettent un bel arenir; quelques-uns ont déjà fait leurs preuves, et l'on est fier de voir tant de talents nouveaux préparer de brillants successeurs aux talents en renom. M. Eugène Giceri, digne du nom qu'il porte, et doué d'une rare facilité, a exposé une vue très-heureusement prise au bord du Loing : c'est fin, mais peut-être froid; M. Giceri a, en général, à se garantir d'un excès de tons gris. L'effet du matin aux bords de la Seine, par M. Barriat, a d'excellentes qualités, des terrains fermes, des lignes agréables, un coloris doux, des plans bien agencés. Le Moulin de M. Hoguet, d'un aspect gHsfttre, a une lumière franche, et je ne sais quelle crànerie de disposition qui étonne. JM. BriSsot a peint hardiment et avec justesse de belles portions de la forêt de Gompiègne. De bons exemples et les précieuses leçons qu'il reçoit ont profité à M. Auguste Bonheur ; son Pâturage du Canial, quoique d'uti vert trop cru, annonce un vif sentiment de la campagne; les animaux qui s'y reposent en s'enfonçant dans l'herbe épaisse sont bien dessinés, peut-être trop également propres et trop symétriquement rangés. M. Bonheur a traité, avec infiniment d'adresse , un effet

qnila obsenrédans la forêt dePootaioflUtaii) ilaûtlt pénétrer li ktinière à UuYers ks grands 'arbras^-et attachèpovr ainsi dire an grain de ciel à chaque feUtte : cela peal être rrai ; mais TomI soafTre da papillotage de ce toor 4e main li»bilement exéonté. Une jolie él)aacbe de M. Naion ne svffit pas pour le foire juger , nuds elle suffit fiouf prott¥er<du goût y des formes distinguéesy un coloria harmonieux. M. Lanbinet pose Ibrtement ses ierraiuSy fiiit agréablement les-aaîmanxi et possède un asseï grand caractère é'ie&aauhle. M. Bédouin a une petite clairière charmante , du sentiment le pkis exquis. Je louerais Tolontiers MM. Desbrosaea et Teinturier, si je n'avais à leur conseiller de se défendre d'imiter de trop prèS'k manière de M. Corot.

L'excès d'vne couleur que nous devons croire locale gîte la ViUa-pnnmçak deM.Courdouan, et le Pmsfsage corse de M. Pontenay, qui a montré plus de sagesse, et une bonne entente de la ligne et de la lumière dans son Mniérie$tf dfwu tarfièrê Mis ieB?irons< de Paris.

Parmi les paysagistes qui ont droit, au moins, à june mention que je t vegreHe de Aèr pouvoir motivec , jîaime à citer MUi. Ghevandier, Leroy, Laine y Saint-Marcd» Segé^ Jules Noél» Bôhm^ Karl Oirardet, Vigne, Jules André.. J'en passi encore; quevoule^vous? Au milieu de tant de ricbessea, lU inventaire^ bâlif doit laisser des lacunes.

Vues %ET makibibs. ^ MM* Justin Ouwri4f BippolytêBarn$r€y, Mozi», Houlon, Poir<a, Mathieu^ Ziem^, Guiiih MeifiTy Jeanrcn^ Goimfrayj Morel Fa^io^ Franda^ Hinis.

Les(etie«*ee rapproehenty.maia eedistiaguentiiurfufiage,

Dvis ce genre excelle loiyours M. Justin OiivHé* Le peintre

consciencieax de tant de châteaux, de tant^de monuments

français, rend maintenant i TAngleterre le service d'aller

peindre ses palais et ses villes, fille y gagne et nens aussi :

elle, parce que ses beautés se popularisent;^ nous, parce que,

grkce à un pinceau fidèle, nous savons à quoi nous en tenir.

JLa vue prise à Londres et celle du cbAteau de Windsor sont,

eous ce double r^pportyil'un grand intMt ; la capitale noas

montre son plus beau palaôs, Sommerset<-House, et sa plus

beUe église, Saint-Paul; son fleuve, tqui lui i^pporte les tri-

iMits du monde entier, .se développe .devant nous, couvert de

jNileauxi vapeur et,desJ)àUmentsqtti peuvent .pénétrer au

cceurde la cité. .Windsor, avec ses arbres gigantesques, ses

ver^' prairies, son vîeiu château, c'est la nature cultivée,

r^^pulencêdu pi^nt, et la puissance séculaire de la royauté.

Tels sont les spectacles, que nQus4evoBs àJM. JustiaOuvrié.

11 Êiui admettre comme vérité loc^e le ton gris. et Ikoid de

ce pays, où le soleil vif et pur est une exo^tion; sans y

4treallé» on. se dit : cela 4eit étre.aûui. J?ai. entendu des

artistes reprocher i. la ppinliure de M. taslià Onvriédeman-

q^rt de < solidité, de iropi «es^mbler à de yiMiuerdle; ceci

imporie peu. L^aspect est-»il juste ? le rendu est^l atteint P

▼oilà la question pour le public. Si j<*av«îs un rqurocho à

dire à M. Ouvrié, ce serait d'avoir pris soncpoint4e vue de

leUe fiiçon que tout un côté de son tâblean^de Londres est

o<;eupér jusqu'à une . gnmde- hauteur,, par une . construction i

ligne droite, et fortement accusée; cela produit une sorte

de perspective boiteuse, et,afftiblit nécessairement les édi-

4oes des^ autres; plans. Canaletto ne procédait pes ainsi.

M. Hippolyte Gamereyciéosail tui^mn la» fonillis de imîsons.gotbiqiiea«l de masweaiée toile. espèce; c'est dans

sa donnée habltoellei entachée de quelqne exagération, qaMl a traité les Rmm$$ d'un* vieux dktieau et une Vue prise à SaHii-Lâ.

Il y a da moufement, de la coolenr, dans la Vue dTUireehtf de M. Moiin : on y seni rfaomme habitué à composer et à peindre.

MM. Bouton et Poirot ont foit de bonnes vues intérienres d'églises on de cloîtres. Les meilleures sortent de la main de M. Mathieu. Initié, par ses voyages, aux secrets de Tait allemand, notre compatriote nous fait comprendre la richesse, le mystère des églises de Nuremberg et d'Ulm : on ne se peut rien figurer de plus splendide dans' rarchitectare du moyen ftge que Saint-Laurent de Nuremberg, avec ses magnifiques fitraux, ses riches ornements, ses écnssons féodaux, et les délicieuses dentelles sculptées de ce travail immortalisé sous le nom de Maison mystique d'Adam Kraft. M. Mathieu a si bien choisi sa place que vous pouvez, d*un coup d'œil, embrasser toutes ces merveilles; vous voyes bien, car il a fait pénétrer la lumière partout, peut-être même trop sur les premiers plans. Dans la crainte de dépoétiser le grandiose du monument par l*apparition de nos disgracieux costumes contemporains, il a introduit des personnages du temps de Louis XIII, un baptême de noble famille avec son cortège obligé de gentilshommes, de femmes et de domestiques. Le passé ne pouvant nous arriver qu'à travers la mort, il a quelque chose de recueilli qui sied à la peinture des églises ; l'artifice employé par M. Mathieu se justifie donc et ajoute son intérêt à la haute valeur pittoresque du tableau.

Il est difficile de classer M. Ziem. Sa Vue de Venise fait de lui surtout un peintre de nurtne, taudis que le Soir au b(^d de VAmsiel et la Chaumière hoUandaise le rangent parmi

-^loties paysagistes. Quelque nom qo*oii lai donne, on lui doit une place d'honneur; ses eaux Yénitiennes ont un brillant, un scintillement mouTementé, une transparence, upc puissance de réflexion d'une qualité magistrale : rien de plus ferme, de plus chaud, de plus juste de forme et de ton que la belle barque aTec ses voiles dorées par le soleil couchant, afec ses passagers vêtus et groupés de la manière la plus naturelle et la plus piquante ; les fabriques et les lointains n'ont pas la même perfection. L'effet du soleil couché derrière les moulins d'Amsterdam, et qui projette de grandes ombres sur le devant, est d'une vigueur aussi remarquable que la simplicité des moyens qui le produisent. J'aime moins la chaumière, parce que le travail en est plus cherché, parce que le système d'exécution y est confus, parce que tous les^ premiers plans se perdent dans des masses d'ombres qui ne s'expliquent pas facilement.

M. Gudin a sa gloire faUe depuis longtemps; on a pu craindre qu'elle ne devint pour lui un fardeau : il a voulu constater cette année qu'il la porte encore avec aisance et qu'il la continue. S'il a foit choix de deux sites à fracas, s'il y a du mélodrame maritime dans ces masses et ces pointes de roches découpées^, au pied desquelles la mer vient se bri.ser en innombrables parcelles blanches et en poudre éblouissante; s'il y en a plus encore dans ce disque rouge de sang qui plonge à l'horizon sous une épaisse couche de nuages noirs, et reflète ses dernières ardeurs sur la surface des eaux et les arcades des rochers du bord, on reconnaît toujours la main qui donne si bien aux vagues toute la réalité de leur transparence et de leur fluidité.

Ces marines à grand spectacle ont pour opposé la mer toute simple, le ciel du nord, comme les observe et les

— ioa —

peint M. Meyer; On ne ssnrtHmleot rendre la coMisdauiëe de reavy les inomvnieols'^Ten que ses sdalèvemetile pâ« missent donne», selon ks dtotanees, aux birqtiet^liaax trais» seaoT, la Inmière qui gllsse'stir la crétè on se prolonge dan» renfiladeéesTagnes. C'isst de la bonne école hoUandabe, celle de ces artistes qui ont yécu sur la plage [^qs que dans les ateliers^ et fréquenté lés barques lie pécheurs pluff q«e les palais el les salons. Gomme >obsemiteur sérieux, il faut si* gnaler aussI'Mi Jeanron, surtout pour son MoltM, nH>BMnfe où la mer se courre d'tae' blaivcèmlr de lait naerée^qu'ti a saisie au Trai, ainsi que les inftlttutions et les Qaques^'eau que la mer laisse en se retirant. L'autre marine de Ms Jeank ron a lin ciel el'Une ligne de marée trèa^bien rendus.? les sables du ptemîer plan remontent trop haut, prennent tre|^ d'espace' et semblent tomber en atant, défiiuk* de perspee* ttve très-fréquent dans toute espèce de tableaaxw

M. Gameray n% pas déserté la lice où il a obtenu de nombreux succès; M. Moi^- Palio a ItHté de son mieux eon^ tre les difficuHés d'un siqnl comme la fisite oflficielie du chef de rBtat'à une flotte réunie dans la rade de Gfaerbôuig a . De bonnes traditions' se remarquent' dans les outrage' de M^ Frauda. Mé Hints metila brooîilard dansises trc^qua^^ rines : je ne l'en blftme^pas^ puisqu'il s'agit de trois 'porls de yiHes d'Anglelerfé; je M reproche de faire sec,^ maigte^ et de miroita quelquefois, comme s'il avait' travalUè au da^^ guerréc^ype.'

AmiiAi»^, lUTURi wa&TKi FLivas ET FiuaTs^ — MM* Jlflw#- ««on^ Jps^ftltU^.iemwum, &r(m$p IhvUle^ KiMoe, Jaiin, Stmfçùr Bvfnkff^ pèr^f Coi^marây Loubon, PfMzxn, W^* Juliette Bf^nheur, MM> Bérangfir, Dumareseq^ SaintrJfan, Remliieuà, M^^'^ Wagner ^ MM. Mmiat^ Pomi^ if*^ Jpoil, Jjf , Estachw^

A tout seigneur, toyt honneiir,! En tète de nos, peintres d'animaui^ M. Philippe Roosseaul Las poules, le coq, le chat de sa basse-cour, sont la nature même*, quelques poules ne se 4étacbent, pas assez du tenain^ et i'importance donmie aux. bâtiments de la ferme en 6te à ses charmants petits hùifi$. Quant à la fable dtt Bat retiré 4u motiiie, c^est, pour la gent trotte-menu, ce. que sont les Meissonnier pour Tespèee humainCf M« Kousseau a exposé .une. Cuûtsedont une table supporte tous les comestibles destinés à un splendide et succulent,. rqias4 l'imitation de tous les objets est parfaite *, la perspectbre. laisse à. désirer. Les coqs de MM« Laf&tte et Lemmensont de la, tournure, de ^ couleur, de la finesse : ils. appartiennent de loin à la Emilie de ceux de M. Rousseau* Celte filiation est plus directe et moins affichée que celle des chefaux de M* Giroux avec les chevaui^ de Géricault V mais ce n'est pas, seulement par des louches hardies .que le maître se manifestait; il ne se contentait pas d'indiquer des, mouTements,., de donner. des à peu près; il connaissait iXopd le cheval, et il enseignei^ses successeurs comment il faut serrer, le dessin, et, subordonner la hardiesse A la régularité, et à l'harmonie.; ,M« Giroux devra méditer ces exemples-là.

Comme M. RousMao, M* DeTille a fait an emprunt heureui à Lafontaine ; ayant à peindre des pigeons, il a mis en action la fable que tout le monde sait, et il Ta fait avec beaucoup de grâce. Il a enfermé dans une sage mesure l'expression des sentiments qui animent les deux gentils oiseaux. La réserve n*est pas la même chez M. Kiôrboe ; cet artiste, d*un talent d'ailleurs très-distingué, fait au sérieux ce que Grandville faisait en riant; il communique aux bétes toute la physionomie de Thomme : son beau chien de Terre-Neuve, c*est un riche propriétaire, installé carrément au centre de ses domaines, jetant un coup d*œil fier sur tout ce qui Tentoure ; son renard, guettant des lapins, a le regard oblique, luxurieux et goguenard d'un vieux mauvais sujet qui aurait surpris une fillette. L'exagération cesse, et la vérité prend le dessus dans le Renard avec sa proie : l'assassin, les yeux fermés pour mieux jouir de «on bonheur, savoure goutte à goutte le sang qu'il tire de la pauvre poale qu'il vient d'égorger ; ceci, du moins, n'est que vrai, et rien de pins.

La salle à manger d'un château serait magnifiquement ornée par le Cerf aux abois de M. Jadin ; les chasseurs, au retour, retrouveraient sur la toile l'agitation de la meute, ses élans, ses colères; ils y chercheraient, peut-être sans succès, la lassitude et les pleurs du cerf, les jambes fines, les élégantes proportions du chien ; Te faire est lâché, l'anatomie par trop négligée; c'est surtout sensible dans le louvard et le terrier de M. Jadin. Les chiens qui ont fait le plus de sensation au salon sont les quatre malheureux attelés â une lourde charrette chargée de sable ; on voit qu'ils n'ont pas pu continuer ; ils se sont affaissés, haletants, au pied d'un mur, au coin d'une borne ; ils font, en effet, comme le dit le calembourg du livret, un métier de chien. Ce triste métier aurait

pu se i^conter d^on ton moins solennel, sous un plus pelit format. Les pauvres animaux auraient sans doute paru moins lourds; on aurait moins remarqué quie deux d'entre eux sont couverts de laine plutôt que de poils, et on aurait rendu autant de justice à la bonne couleur, au style naturel, quoique un peu rude, de M. Stevens.

M. DubufTe père, jadis peintre des belles dames, fait son début dans les taureaux et dans les vaches ; en changeant de modèles, il n*a pas changé de manière : une propreté co> qnette brille sur ses animaux et sur ses paysages.

€e sont de vrais taureaux, de véritables bœufs qu*a exposés M. Goignard; il les a, on le voit, étudiés avec amour, qu'ils fussent en mouvement ou au repos ; dans la Rencontre à Ventrée éPun bois, et dans le Matin, le paysage a une grande valeur; ce dernier tableau a toute la fraîcheur des premières heures du jour; on sent la rosée dansTherbe, on voit ces belles vaches respirer à pleins poumons Tair pur et fortifiant. J*aimerais qu'il y eût moins de fleurs sur le gazon du devant, plus de mollesse dans le cours du ruisseau, plus de fluidité dans les eaux, plus de fini dans quelques arbres, et enfin plus de sobriété dans l'emploi du jaune qui donne le ton général.

Les personnes qui ont vu les campagnes sèches de la Provence disent qu'il est impossible d'en mieux saisir le caractère que n'a fait M. Loubon. H ya de l'originalité dans le parti pris de ces troupeaux vus de fitce, au départ et au retour ; la poussière qui s'élève sous leurs pas, les ombres plombées qui se dessinent Iranchément sur un terrain sans verdure, accusent bien l'aridité du pays et l'ardeur du climat.

A la place des beaux moutons de Brascassat ou de M<^* Rosa Bonheur, nous avons les béliers de M. Palûezi ; ils ne sont

pas «MOI TiTanU poar Mr% oublier lei «bsenis. Dans une baiae-cottri éevast la aaiMMi d« feraiieri leaattisiaat aont raaaembléa. s«r Tlierbe ; . an» • dialeur Uèd» pénètre r?»r % ce sont lea brisea. mollea dm printemps^ Le printempa^ c^eatla saiaoB de Vamear^idîaeBt lea poêtea : M. Palîut eai de «et avia; aea poulea et son coq, aon ànoa et son àneaae, sadièvre et son bouCy. sa brebis et son béUer subissent rinfloence amoufeuae. Cetle piatite èglegne de bétea. eat ^iriturilenient écrite ; l'artiste a vonla. y aasocier notre espèce s : lojpt^^luM, au delà de la haie, à rentrée de la pfairieyle^groaèaiser q«e le bouvier donne, des lèf res et dea-bras^ à la> vachère qui ne parait pas s7en défendre. Poésie i pa^t, M. PaUssi devra donner plus de corps à- ses anioaanx,. et les poser plus solidement sur le terrain*

f^ nature morte a été finement toucbée par. plusieurs peintres; le nom de Bonheur figure encore-ici^ guidée par sa sœur, M^^* Juliette. réussira sans nul. doute adonner à chacun des objets^ qu'elle imite déjà bien, sea justes proportions relatives. Je ne fois pas au livret- le nom de M* Beranger, quoique j'aie le souvenir de deux petiteatoilearde lui précieusement travailléea. Même silence p^^M4<I>amare8cq, dont une nature morte, objets d'art entassés sur une table^ et un ensemble de fruits avec une cruche, dtaocienne poterie, m'ont frappé par la force sobre delà couleuc^et^ par une extrême largeur de touche^

Les fleurs rappellent tout de suite le nom de M. Saint- Jean. Je voudrais pouvoir admirer sans restrictions j^ n'y parviens pas. Qpelqfie bien représentés ^e soient des fruits, je ne puis m'habituer, à les voir éparpîilés parterre, non par un désordre de la nature, mais par une recherche de l'arl; mes yeux ne peuvent pas se> faire à ces jaunes écla-

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unts qui jaillissent de tous les points : melon, pèches, raisin, feuillesi toujours du jaune. D*un autre côté, je Pavoue, un bouqpet trempé dans un simple pot de grès me platt plus que les . fleurs orgueilleuseSi q^i s'étalent dans de superi>es ▼ases^ sur des tables sculptées, à Tabri de riches tentu|«s. On comprendra pourquoi je préfère, des. trois tableaux de M. Saint- Jean, son bouquet dans une grotte : là tout est fraîcheur et simplicité; Teau et la roche grise ont des tons neutres qui laissent aux fleurs tout leur éclat ; l'ceil et la pensée se reposent également.

Le 'fini poussé jusqu'à la sécheresse gèle le Bcmquet dan$ ttfn^rulvtnrf dè<M. ReB(»Uièux>v M<** Wagner pose les siens âtt bord^des précipices^ ou les suspend dans des endroits où Ton •auraUipe«r'4^ler*lee chercher si, comme cela est profaabley «n selaissati séduive par leur charme. On s'approchenity a?eo> f^us^de^séeurké et de plalsir> de la Sûuree de M; Maisittli: qQdkfuéB modestes ^fleurs croissent paisiblement au bwd d^omeau' limpide; leur solitude est une grâce, leor'liberléuft aurait: rexéoutiou^ par sa simplicité, répond 'à l»pensè6 d&M* Maiaiàt.-Mt Pascal a posé sur un f(md^Dn#imiJ(oaqttet4e>roseSf variées et naturelles; Les fruits dè^M^^'^Apeilsont^^funeoeulettr riche, d'un velouté paTfeit, d^ne' fiieture magistrale, plus harmonieux que ceux de MK Edtàohon, qui méritent cependant d'être signalés par réneigie du travail et*de hi couleur.

Pastels, aquarbllbs, dessins, mimiatuiibs. ^ MM. Ciraud^ TtmmeuXy YwmfM"^^ Bianchiet Coeffier; MM. Bênouville, Verhas^ Biâa, Grenier, Buttura^ Jf^* Paravey, M^* Herbelin, MM. de Pommeyrae, Maxime David, Piusoi, If"* Laparie, AT*** Durieu, Deharme, Marie Douliôi, M. Pichon.

Si on ne peut pu dire <|iie le pastel soit abandoniié, il faut reconnaître qu*il n'a plus, je ne <Urai pas son ancienne vogue, mais la Civeur qu'on a essayé de lui rendre : ses avantages le (bot vivre,^ ses tnconvénients Tempédient de prospérer. Quoi qu'il en soit, nous avons des artistoe qui savent tirer un grand parti de ce genre de peinture ; à Imxr lète reste M. Giraud; on lui doit un beau portrait, vigoureux, fier,, vivant, de M. le comte de Nieuwerkerfce, directeur généra) des musées; on ne saurait nûeui poser une tournnie, mieux accentuer un visage. On peut r^retter dans ce portrait qu'une des mains ne soit pas aussi correcte que l'antre, et que les colonnes placées i droite s'avancent dans un ton trop accusé. Ce sont les mains qui forment les parties faibles des deux portraits de jeunes filles exposées par M"* Bienchi ; les têtes ont beaucoup d'harmonie et d'expression. Il y a plus de fermeté dans le PoriraU de jeune dame, par M"»* Goeffier. M. Tourneux, dans Une halte de bohémiens, a essayé de lutter de solidité avec la peioture ft l'huile ; il a obtenu des tons vifs et chauds; mais il a forcé TefTet, et il est arrivé à des bruns qui assombrissent outre mesure toute la scène. M. Yvon a complètement réussi, au moins comme

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aVHMW"i«^*'<«l««««aMV^«P«MMiB«<MMf«H««MMll^PMPii«aM

Lessiiiy comme disposition et comme eipression, le dessin lo pastel qu'il a intitulé Une parHe de damet.

Plasienrs bons dessins on^quardles méritent d'être si'- Snalés ; d'abord la belle esquisse des martyrs chrétiens conduits au supplice dans un cirque romain ; il faut espérer que M. BenouTille en fera un tableau dans toutes les conditions de la grande peinture. M. Verhas, dans son légitime patriotisme, s'est si bien familiarisé arec les ruines imposantes du cbàteau de Heidelberg, qu'il les a représentées» Tues de nuit, par un clair de lune, sous un aspect tQUt à fait Trai, sans avoir recours à un aucun moyen fantastique, comme il pourait en être tenté. Les voyages en Orient profitent à M. Bida; ils lui ont fourni le motif d'un intéressant dessin colorié d'une femme et d'une petite fille du Caire, et d'un dessin noir fort remarquable , la bastonnade. M. BIda, dans ce dernier ouvrsge, a employé un procédé qui a toute la finesse d'une bonne gravure, mais dont l'uniformité enlève quelque chose à l'énergie des figures et des mouvements. Deux aquarelles, franches et vives, de M. Grenier, CM soleil eùwM et Un ioir, auraient droit k des éloges si on n'était p» fondé à demander à l'auteur des travaux plus importants. M. Buttura, récemment enlevé par une mort prématurée, a laissé deux petits portraits à la mine de plomb, charmants bijoux de patience, de dextérité, de travail réussi. L'aquarelle se prête merveilleusement à la peinture des fleurs; mieux qu'aucun autre exposant, M'^* Paravey a su en employer toutes les ressources ; la vérité et la variété de la nature brillent dans ses fleurs de magnolia, ses fleurs de saxifrage et son bouquet de liseron; le talent de si bien peindre suppose une intelligente et sympathique habitude d'étudier. Le petit domaine de la niiniature est toujours cultivé avec

Mîo ; il: coftVMBi aiii' dnnt, j qiii«n pneMieiiA oae IMrt, et y obtiennent 4e geêodssocoàs. M** Herhdia «foir hérité des compHiaenti que leciielUait «itrefrâ» Ji^ MirM'; ellelee mérite pour Tédat^Ja riviictté de s» oo» lenr^ pour k sûreté de son exécollon; mais il ùml lui dii% dans Tintérét même de sa glotrei qi^elle a^dès Baninlensak à se défendre contre là négligence ei centre :lft!raaDlèi«t; A donne à^ees jolies femmeedet» doigts, ridiaikmenâ elWsfd péniUeBttnl; désossés; eMe a imaginéi de fàoÊ^jmeiùwtmé nei pincé etretfonssé dent elle parait fiiireiisage:pottr 48111 le.noode^ Ce sont les mêmes yenx qne M. de Pomnieync disiribnntà aes^portratts; il a^ dn reste, Téléganee et la^di^ tinetioni à un lurut degré.

M. MaiimeDavid snii les bonnesêradition»de M"^ de Mirbd; il derr a aeraf^ler qne dans Je<^iamp resserré d'âne mûriatart totti exige dn .amn» et quHl lanl ^éviter- k pesaitteiv el kiraidenrdans les ajQsteoMnts. M. Passot tott^tocjastesseelpeiat avec sofariélév ses portraits de: MM. Baroche^et Droeiyn^ds- Ltinys en fontiiDî.iM*^ BosiBeeDnsaorefpartiauUèieaieniaei portraits d'enfontS' : elk transporte, snr.' l'ivoire -tonte k naïveté et k bonnei fratehenr. de> ses pelils modèks^ JereUe* lai encore f M^* Herminie Mntei,. finrioi . et Dehanae^. d M^ LapotePy .sortont pour aon vieil oifteien invaU^ Un nst à part doUèlre réservé peur M^ Marie Detriiot: cette aitiiU estsanadMite fort.jenne:; sesiraarauxjnontrenti unosgrande inexpérieneei desganehertes, d«rincorreetionaii^.maî8;€«»délaots^ qne TÂge et lléteide ponrront effiuecf .laissmlcentiseroir d!heurenses dispositions: M^^ Ooalîot.sait d^à, d'une feçoi natorelk et rive, Mta sonriie ks bonobes) brilkvilee. fta^ parier les fbyafiênoiBÉest; eU6«<:ceiqniiestJteasence delM: qn'eUe marcbe^onc «veoioonrage verssomavenir*

tt^

UiM:iBiiHatafie4 l'Mk, fine 6l lumiliettsey a été ecpoié» inMv Pkhon» à qui le salon doit aoisi m -Ublcatt de» %9nie$ femmii au tombeau.

JO^clausfp Jm9tf JHm, fUmiêe^. Buf amm i^ lêf mm ^ ËÊé" fyomi Jktmawm$t ^U^mUtr Stmkm§0rmmierf M o u Hlertm ^ Lkm NoH^, Baffei^ Bu§èm\ Lmui^ CWamt^z Manlii» «I Hamgard Uau§é.

Malpé les procédés.expédiii& 4e la MUM)§aapbie, la Fiwce

oe déserte, pas rarl difficile et gtorie^x de latgrawre au btt-r

rin : elle a encore^ elle aura toujours des artistes, dévoués

et des éditetirsrcoiiraseiii. On peut se rassurer quand on

Toii une.plaueliecfttt8sii graade^.avsst beUe que les Naeeê 4$

Cauttf rimaiortel.chef'd'QMifre de Pâul Vérouèsey grafés

par* M« Ërévost^ publiée par bi' naisoD Goupil, et eompa^

gnie : je parlerai aâUenrs de oelte reste eospesititD* Nous

dotons à M«, Martinet une bonne reproduction des demiers

moaieots du. comte d*£giuont^ diaprés AL. GaUait, tableau

correotf. jsfntlmeutal.et ftoiii On. aime àroif au salenv

coBuae^ on les roit.dé^ cbei. beaucoup ic^amaieurstt trois

b^tes gravures de M. Pelée, et une de M. Lévy.> toutes ap*

parteoanlAlaeollectioiides vierges de Raphaël^ que M« Per»

rotin» continue actiTemeut* On peut ranger au nombre 4es

reproductions estimables celle de rassâssinat*^ du< duc de

Gnise^:d.*Htfès.M.tPanl.IHlasocbe, parM* Di6Solau9&; on y

▼ondraUfplttSHl'^alr entre les figurer des, gentîlsbMUAes qui

.seirapproehentidu roi après areir tennûiè^leBr besogne. Lss

geavtareai ItaqnaAinte 'det^Mir^atetTsentr tonieui» babitomeiit

eiécQtées : rime d*elkt reprodoit d*ane manière Irès-fldai le portrait du prince Préiident de la RépnbUqoe, par M. H» race Yemet.

Bien de pins intéressant ponr les artistes que les excellents fae'timilê grarés snr les dessins de maîtres qne possède la magniAqne collection du LooTre; la chalcographie de nebe grand musée national Htre ainsi à TéCade les IraTwir ki pins précieux. M. Dien a gravé cette année lefae^êimUe d*iii dessin de Raphaël; M. Rosette , celui d*un dessin de Poei' sin ; M. Leftnan, celui d*un deisin d* Andréa del Sarto; M. Butarand^ celui d'une Psyché de Raphaël.

Parmi les eaux-forteS| je citerai celles que M. Mérjon consacre, dans le goût du 17* siècle, aux anciens monum^iB de Paris.

Nos lithographes se distinguent comme toujours. M. Déniaisons a reproduit, tout à fait dans le goût du dessinateur, une de ces femmes charmantes et impossibles que prodigue le crayon de M. Vidal ; M. Lassalle a rappelé les belles qi»* lités de la Gléop&tre de M. Gigoux ; M. Soulange Teissler i mis infiniment d*esprit dans Vintériêwr d'aJUlier où M. De camp a si plaisamment installé un singe le pinceau à b main ; le Cofii dêjardên de M. Karl Bodmer a trouTé, sou la main de M. Mouilleron, toute sa grâce, toute sa fratchser, tout son soleil. Les portraits de M. Léon Noël ont l*effel que cet habile artiste sait donner à ses productions; k même éloge est dû aux lithographies de MMw Raffet, Eugène Leroux etCalame.

La chromolithographie a aussi ses spécimens au salon; ^e reproduit un ritrail, en style du 16* siècle, composé ptr M. Didron, dessiné par M. Ledoux, lithographie pir M. Moulin et imprimé par'M. Hangard Maugé. Le ▼itrall loi-

T i ' J M n I mmÊmmmimmmmmmmmmimm^mmtmm^mmmmmÊmHmm^

nème est exposé à ane des fenêtres du Paitis^Royai ; . il a mur sujet rincarnation daSaotear; rexécotion de tontes es parties qoi le composent est très-soignée, et répond par* aitement à la pensée religiense qni Ta inspiré. On est heu« reux de constater les efforts intelligents destinés à rendre ion éclat à la peinture sar verre, qui semble inséparable des grandes œuvres de Tarchitecture chrétienne.

ÀRCBrrEcniaE. — jMW. Danjay, Dêfiuette, Nieolle, Troehu,

Herardf Laisné, Revml,

L'espace et le temps m'échappent. Je le regrette vivement; il y aurait bien des choses à dire sur les dessins d'architecture, et je puis à peine indiquer les plus importants. Les uns sont des projets de monuments à élever^ les antres des représentations graphiques ou des restaurations de monuments existants. La première classe ne renferme, je le dis franchement, rien de très-satisfaisant, rien de nouveau, rien qui indique de l'originalité ou du progrès, soit dans l'appropriation intérieure, soit dans la décoration extérieure; les projets d*églises, de théâtres, de mairies, de bains publics, etc., sont jetés à peu près dans le moulé ordinaire de ces sortes de constructions. Je ne dirai rien non plus de plusieurs projets de réunion du Louvre et des Tuileries : la plupart sont mal conçus, et d'ailleurs ils n'ont plus désormais d'utilité, le Gouvernement ayant arrêté ses plans.

M. Danjoy fait connaître dans tous ses détails la restauration de la cathédrale de Metz; le système de peinture murale des églises gothiques est fort contesté, soit sous le rapport historique, soit au point de vue de l'art, tel qu'il était

compris dtBi Je lemfM â» la eonstraolion rt je ne pak. ter Ici celle Ihèse» el je deîti ne bovneri Ai. louer. U> 6xéeiiiiQD4o4esMii« Les mêmes (éloges AODfc diisii.il* naeUe poar les* beaax dessins de la déeoraiioa dsi de réalise de SaîDt-PaoW de Nimes» eommeiiGée^M I83&i^ tenmnéeteii 184A.: M. Qaestoly «vebkeeta^ eut expOfM J» plaos, coupes» élévalions^ détails el vue perspective. Odi Toula se renfermer strictement dans le style roman : ks . i>esoins des temps modernes entraînent cependant toQjovn des déflations* En admeltantla ppspiiiilité. dUme copp&4e ce genre, on aurait encore é lui reprochée d^avoir transporlé dans le midi de la France le roman des bords du Rhio, et de ne l'avoir pas soutenu dans. toute. la^rigueur (^ironologique; les pastiches, soni to^jouis dangereux.

Comme représentations» on remarque des dessins de pciatures architecturales antiques,, par M.NicoUe.; on palais de Versailles^, de M« Trochu ; des plans, coupe et élévation di pont. du Gasdy excellent. travatt «.dû à la collaboralîoitde MM^ QuesteLetLaîsné.

Les études, sur des édifices anciens el^ruinés tirent» surteot leur iatérètdachoix.dei.sojets«CeUes>qiieM. Hénund 4 faites sur rabbaye de Vaux, de Ceri^y (Seiner^t-Oise),,sont.tDèir détaillées étirés -consciencieuses, «et Tauteur les a commentées p^ un écrit archéologique qui contient xies.détaiVi.ciirieux. .M. Laisné a relevé ce qui reste ^s dépendanoes-de Tandenne abbaye d'Ourscamp : il a. donné, de j[4us,,si^ dessins du plus grand intérêt sur réglisad'ËtampeSy si. intér ressente par le mur crénelé qui la défend,^.par saAècbe élégant,, par. Firrégularitè de son, ^p^n^, par le grand, style de son portail, latéral», p^r les. diversités bi:usque^,queJe temps a marquées i son intérieur. Des dessins.trèa-bien

ite» de M. Rttoily les. plu». reminiuableB) à ioos égtids, MMl»eeiuifd^iiiie«hftp6lUrdH.i2« alkley à$a*Bi-G«brîeltPi!èA. iMMCiOpyce pelit smcUiaire» d'^me nmplleîté et d*i»e ilé-r paoi ■■lignes ttcoaterré detitaeesde la btlle arcbttectarei romaine, et mérite la ptas sérienso aUe^yoïide la pari des i nhUti tes^ iconitruMept dea édifices

flifrtdk, lnquêtm^ CoMrUt, OUin^Movwa^ Hkh$lPa$ealf Ifiicaméi ^tgumâHf Frùont Uèwnfdf Ckambard, JoUy, MUim^me^ FiMroehm^f Etew^ Gayrord^ Auguste Bmrrê, «•• Ié$fèm^Bmmieri MM. Cavelifr, NanUuO, Dantm aindi.J)mUên J0un9y Famm, Gra$$, Blavier, Gruyère, Ja- Uyt. TmimhTboma$i Gayrard fUt^ PolUt, Oliva, Daprez, Ltmm^ Barye, B^tit.

La scolptore est-elle plus andenne que la peintiu^? Wiidœlaïaiiii dit ow, Raphaël Meogs dit non» La. sculpture est^eile supérieure à.k peintiue ? Les sculpteurs du moy^ âge .prétondfiientque oui : les peintres, bien entendu , «oute* oamtle^coBtniire^ et Vasari rapporte compendieusement les raisons ppur. et contre. Survieunent les architectes, %^\ arrangent raCtaîre en se mettant eux-mêmes aurdessus de tout le monde ; leur prétention a trouvé, de nos jours, d'éloquent* «vocats;' parmi les plus, habiles, les plus instruits etlte phi» décidés» j^ citerai M^fortoul, aujourd'hui ministrttd^ri&struclion puUiqne. « On peut, dit-il (de VArt en itt^Mgiw» 1. 1«'), assfirer.en toute.yérité que nbn -seulement l'archiieclure est le seul art qui existe p^r lai-mème, mais euQoreiqu'eUe.estrart tout entier. » Je descends à regret de

ces hauteurs de la théorie ; j'aimerais à m^y arrêter et à quer mon mot sur les questions qu'on y discute. Mais rheoi de la clôture du salon Ta sonner; ToBUvre de nos sculpteoil me réclame» et il me reste à peine assez de temps pour â' gnaler leurs plus intéressants traf aui.

La première condition du beau pour la sculpture como» pour Tart de peindre, c'est l'étude constante de la nt* ture. On recommande» avec raison, aux statuaires l'étude des OBUTres grecques : mais il ne ûiut pas s'y méprendre; on donnerait aux travaux et aux méditations la plus famast direction si on proposait pour modèle l'art grec comme possédant par lui-même le type et le secret du beau. L'éternelle ^oire des artistes de la Grèce est d'avoir rendo, avec une suprême perfection, les formes que leur offrait li nature, et d'avoir su choisir, de ces formes, les plus bdles, les plus nobles, les plus pures. Ce qu'il faut admirer et faire admirer chex les Grecs, ce n'est donc pas la Grèce , mais li nature, profondément et admirablement comprise. Entendez-vous les choses autrement , vous tombez dans le pastiche. Vous ne faites pas plus vrai avec des Vénus ou des Hercule de convention, que, sous prétexte d'art chrétien, vous ne faites vrai en copiant les longues et roides figures de saintes, de vierges et d*anges du 12* ou du 13* siècle.

Ces réflexions fondamentales s'appliquent à tous les sujets, anciens ou modernes, sacrés ou profanes; du reste, sous la réserve de ce qui fait l'essence de la représentation sculpturale de la nature humaine, l'artiste doit aiodifier son style et le varier selon les caractères accidentels de tète on de corps, de costumes ou d'habitudes qui distinguent les époques et les pays. On sera peut-être tenté de voir dei lieux communs dans de telles observations; on ne le pensen

las après aVoîr parconra Texposition ; rien ne Ciil mieux eniir la yalenr des principes que les ourrages où iis ne ont pas respectés.

On ne peut parler de la statuaire en France, sans être itteint par un souvenir douloureux : la mort de Pradier est m deuil pour Tart ; elle laisse un grand vide. Il est tombé lans tout l*éclat de sa gloire, dans toute la force de son talent. Le dernier de ses nombreux ouvrages, celui que le salon possède comme un legs du génie, brille de toutes les qualités du maître. L*élégance, la grâce, la souplesse du beau corps de Sapho, le goût exquis de ses vêtements et de sa coiffure, le moelleux des draperies qui suivent harmonieusement les mouvements du torse et des jambes, le choix de Tattitude, qui hii valoir toutes les lignes et ménage les jours et Tair avec un art charmant, tout cela séduit, attire, retient. Mais on doit la vérité, même aux morts ; je dirai donc que je ne me rends pas compte de certains plis, brisés, et, ce qui est bien autrement grave, que si j*admire dans Tœuvre de Pradier une belle rêveuse, je n'y trouve point Sapho ; la mélancolie au regard profond, mais calme, ce n*est pas Sapho , ce type des ardeurs sensuelles et des transports jaloux. Le ciseau qui a si habilement sculpté ses traits n'est point allé jusqu'à son cœur ; la pensée, il faut le dire, reste au-dessous de la main, le sentiment au-dessous de Texécution.

Le reproché que je viens de faire à la statue de Pradier, je l'adresse aussi à M. Rude : non, ce n'est pas une vraie Jeanne d'Arc qu'il nous a donnée, ce n'est pas surtout celle du temps qu'il a lui-même choisi. «( Au moment de sa transformation, elle écoute encore les voix du del qui lui transmettent les ordres du Seigneur » ; ainsi parle le livret. Or

qii*était Jeanne Ion de sa trtmiformatUmP (M. Aude appei sans doute ainsi l'instant où die obtint la permissioB 4| liartir pour aller délivrer la France des Anglais). Use pÊf^ sanne jeune, sage, recueillie^ douce et bonne. Se» hablto* des paisibles, sa simplicité religieuse ne raraie&t pas qviUli depuis qu'elle entendait ses veix et qu'elle se aentait app^ lée à sauver son pays ; ces cinq années de communicattatt mystérieuses et de luttes contre sa famille, racontées née tant de charme par M. Jules Quicfaerat, n'avaient aùétées rien son caractère. Tout cela, le trouvez*vous, le de«HMivous dans l'œuvre de M. Rude ? Je vois un corps geâic^ presque maladif, qui supporte une tète démesurément forte, grave, mais anguleuse et sans beauté; je vois une femaïf qui, pour-entendre ce qu'on lui dit, écarte ses cheveux, comme si les voix qui parlent en dedans arrivaient au cœtir par l'oreille ! Au Heu du costume ^mple de la paysanne, c'est<<^à-dire le jupon court, la longue chevelure tombant librement sur les épaules, la jambe et' les pieds nus, Jeanne a une ample jupe, relevée disgraoieusement par une corde, et drapant avec ampleur du côté opposé; ses pieds sont enfermés dans une longue chaussure pointue, ses ^ciieveux coupés en rond, et le dessus de sa tète couvert dlnn petit bonnet plat ; une armure sert d'appui et indique la guer* rlère. Toamei autour de cette statue ainsi comprise vaes fignes contrarient Tœil, à l'exception d'un seul côté, cdui de la jambe étendue par derrière. La sàreté d'une mata exercée, rbabileté visiUeau maniement du inarbre,>ne< me-pacaiasmt pas ^suffisanteapour racheter lesdéfants de laconc^tion.

Bassé^je > être accusé d^un «usés de sévérité, jereprocheni à Mr GlésÎDger d'avoir. traité la Ttagéàie avec le fiiax geèt de l'époque de Louis XY, de* l'avoir éotaaée te draperies

^tpiiiini'iin etifesantes^ deJ^feir wpçnfèe sur on petit mrwv^rMieûi stc, KiUimr idomé^aux épanles on noMiTment ^^iiiblei''d'eB amnliaassè et^bMtibé les 4igi»fl^ d'awoirpué* rilcnMnt affecté de man|iier l»iÉîifféreDce des f étoffes* par le traTail 4a eîseau. Par .dessus, tout, je : demande i compte i Mv-Oésinger dnchmi^de^son modèle : M^V Racbel est une eMceUeale^tvag^eDoe, 'CUe n^t pastk tragédie^ entre le umHRfu e* iBMDobiie ^éç la Melpomène antique et lerisage mrexcité de ractricemodeniey.il y aTaità cbecdier m type <l«i réalisât, sans froidenr et sans flatterie, sans roidenr et ssn» manière,^ Tèire idéal. De jolis madrigaux pevrent per~ s^wnifier la tragédie dans M^* Clairon, la comète dans M^Mars; la statuaire reutides pensées plus graves: les Gom{dimenls ne sont pas à saièauteur.

. .Je kiss&à d^autres le soin d'exalter,: comme le comble de Tart, des plis .bien lonîllés, fussent-ils mal posés, des che* veux -bien rendus, fussent-ils ajustés et nattés avec prétention, un mouvement prononcé, fût-41.exi^ré,iine expression vive, KHt^eUe igrimaçante* Four moi, jfaime* mieux, contrcimon habitude, ^ai^yer ki sur les défauts. AL Qlesinges. a surtout besoin. d'être averti; il a trop d*amis qui ne savent que. le flatter* Son talent d'exécution est réel; mais iMe eoi»acre à nn natinralisme sensuel qui i^abaisse. U a été :su^ât par ,1a. camaradene,.gàté par la louange. Puis- :sent les conseys^désintéressés et bienveillants de la critique amverjusqulàitoi et le faire : réfléchir !

• lÛD a demandé sila sculptiu'e/se prèteâ l-Mtion, on si dte ne doit pas,>pour satisfaire aux meilleures .conditions de sa sature, représenter des personnes isolées et an repos. Gomme disait Bossnet^poor la question des théâtres : Uy a de grmds exemples- ponr^ et jde* grandes autorités contre. lI>es^^rtistes Mie^nof jongS4 ont^essayé^^det ué se nd re le iwoblème par 4eurs

— lao —

œnfrat • Ils ont mis en praliqaey dans tonte son étesdBfl^ j'allais dire dans tons ses excès, la théorie du mouTement M. Préanlty qni n*a rien exposé cette année, a marché ea tète des essais de scnlptnre dramatique et pittoresque. M. Maindron suit, depuis longtemps, mais plus sagement, h même voie : sa Geneviève de Bràbant est dans ce système, avec des tempéraments qui le rendent acceptable pour la plus exigeants. Il a donné à Generiève une expression wrût, un geste d*effiroi maternel qui ne nuit pas à la beauté dm lignes ; son mouvement ne détruit pas Tharmonie; rensemble est puissant et très-bien étudié; le bas du groupe ot heureusement composé avec la biche et ren£aint qu'elle allaite ; mais M* Maindron, pour balancer les lignes, selon k langage des sculpteurs, et pour mettre de Faction partout, i eu le tort de faire lécher par la biche les pieds de la fenmie. Il eût été facile d'éviter ce détail cherché. Je n*ai rien à dire du bas-relief exposé par le même artiste : c'est une erreur que l'on aime à oublier.

M. Poitevin a voulu aussi composer une scène : il a prit Judith au moment où elle vient de faire ce qu'on sait ; l'épée à la main, elle regarde en Tair d'une façon théâtrale; elle a au-dessous d'elle une esclave à genoux, qui tient par terre la tète de la victime. L'exagération gâte ce groupe, dont l'auteur a voulu surtout marquer sur les figures le type juif et le type égyptien ; contre son intention, la seule belle tèU est celle d'Holopherne, réduite, pour le moment, au rôk que chacun connaît. L'exagération du mouvement est poussée à son apogée dans le GuUlaume TeU de M. EUmerich; sous ces contorsions paternelles, il n'y a plus ni formes ni style. M. Lequesne n'en est pas là : il pourrait y venir. Le Ctéê^tum mordu par un eerpent peut être considéré comme une étude d'atelier; les muscles sont à leur place et bien

9e9sinés : mais quelles lignes désagréables ! quel défaut d'é* qmHîbre I Le Faune daruarU, exécuté en bronze, d'après un plaire d'une précédente exposition, s'arrête à la limite que le Ctésiphon a malheureusement dépassée. La Cenlauresse de M. Courtet présente, sous le bronse, les qualités qu'on avait remarquées lors du premier trarail ; le corps et la tète de la centauresse ont une grâce tout à fait antique z la tète du faune s'y allie très- bien par la pose et par r<expression, mais le torse et surtout les membres manquent de distinction ei Tattitude est impossible; à moins de supposer un miracle de l'amour, je déGe le plus intrépide équilibriste de se tenir ainsi deux minutes, fût-ce pour embrasser la plus jolie ëcuyère du monde. M. Ottin a fort habilement disposé le Polyphème surprenant Àcii et Galatée, qui doit remplir la niche principale de la belle fontaine du jardin du Luxem • bourg ; le cydope, aux formes rudes, a«i regard sauvage, posté au haut du rocher, contraste avec les deux amants amoureusement enlacés ; le contraste est même trop tranché : Acts et Galatée ont l'air de deux petits enfants. M. Ottin a caressé les lignes de ces jolis corps ; il aurait dû donner à leurs visages des traits plus fins et plus gracieux. La Fée aux fleursj groupe en plâtre de M. Moreau, s'enlève aisément et avec une certaine hardiesse. Le Maître à tous, de M. Dubray, c'est-à-dire l'amour vainqueur des êtres les plus grossiers, est un groupe d'un goût antique ; le petit amour a un air conquérant et satisfait, et le satyre renversé, qu'il tient par la barbe, a une expression moitié douleur, moitié galté, très-réjouissante. Il y a une bonne étude de la nature enfantine dans les Trois enfants portant des mgnes, groupe en bronze de M. Michel Pascal.

Les sujets antiques ne sont souvent que des prétextes

— la —

qui prêtent admirablement aui dé?eloppemeiit8 de . la statuaire : combien d^Arianes ont serri aux travaux de bm sculpteurs! Celle de M. Lescomé me parait un peu lourde et tingulièrement disposée : tout le poids de son corps porte sur un bras; il ne lui serait pas possible de rester an quart d*heure dans cette attitude. M. Huguenin a été mieax inspiré : sa Psyché évatumie est parfaitement posée. Si on peut désirer quelque chose de plus délicat dans les formes, on ne saurait demander un trafail plus consciencieux, plus de vérité, un faire plus sérieux. J'aurais voulu seulement que M. Huguenin n*eût pas poussé le scrupule de TimitatioD jusqu'à marquer les cils des yeux fermés; il iaut laisser oelaaa moulage, et la grande statuaire ignore les procédés de la miniature. Je citerai comme empreint d'un bon sentiment le Baigneur à la coquille ^ de M. Frison, et le Mercure inventaiÊt le caducée, de M. Ménard. En essayant Salmads, M. Ghambard a tenté Timpossible : la peine n*a pas manqué à sa faute : il n'a pas réussi. Sous le nom de Souvenir de Pampet, M. Jaley a fait une statuette d'un caractère élégant, un peu mollement traitée, surtout aux mains, mais d'un grand charme. La statuette de rHistrim, par M. Mélingue, sort d'une main et d'une intdligence exercées; malheureusement, quelques parties, par exemple la cuisse gauche, n'ont ni modelé ni correction.

M. Farochon a fourni à la statuaire monumentale une figure destinée à orner le péristyle d'un tribunal : c'est la Fermeté, sous les traits d'une femme appuyée sur les tables de la loi, et portant un flambeau pour éclairer 'la jiistiee et faire parvenir sa lumière dans les détours de la ruse ou dn crime. La pensée de cette espèce d'allégorie est aussi clairement rendue qu'elle pouvait l'être : la tête, les draperies^

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rieii0emble> présentent noe belle séférité de style, appropriée à la destination. Le Saint Jean-BaptUte anrumçant to venue du Chriet se iait remarquer aussi par la simplicité d«8 grands plis de son eostnme et par la franchise animée de son geste ; la tète n*a pas les mêmes mérites : dans les cheveux hérissés^ les yeux hagards, la bouche colère, on ne devinerait pas le précurseur qui prêche, on soupçonnerait plutôt le fanatique qui menace. M. Farochon a péché par excès d'expression : M. Etex a péché par excès contraire : sa froide composition de la VUle de ParU implorant Dieu pour les vie- Urnes du choléra n^inspire aucune émotion ; elle se comprend peu ; les figures, lourdes et languissantes, ne rappellent pas wie maladie violente, une sorte de poison foudroyant. M. Gayrard a tiré tout le parti possible d'un sujet officiel, la statue de la France déposant son vote dans Vume,

Les bustes figurent en grand nombre au salon, et beaucoup méritent des éloges. Le Prince Président a posé devant deux artistes^ et son buste» représenté en marbre par tous deux, prouve à quel point on peut faire ressemblant, en faisant différemment. M. Auguste Barre a taillé un buste à Tantique, carré par la base, fortement accentué; M»* Lefèvre Deumier a exécuté un portrait moderne, terminé en ovale, et porté sur un pied élégant ; M. Barre a procédé par masses^ en indiquant largement les lignes de tous les plans i M^ Lefèvre Deumier a étudié en détail» elle a rendu les moindres méplats, les plus fines délicatesses de la peau. S*il follatt caractériser ces deux bustes, tous deux d*une exécution remarquable, je dirais que Tun est plus gracieux, Tautre plus sévère; queTunest un portrait, Tautreun monument; que r«n appartient au présent, et que l'autre semble ré^ serve à l'histoire.

Parmi les meilleurs bustes, je dois mentionner ceux de M. Massin, par M. Cavelier; de M. le baron Desnoyers, grtreur, par M. Nanteuil; de M"* de Mirbel, par Dan tan aine ; de Spontini et de Maijolin, par Dantan jeane ; de CaJlot, par M. Pamin; de M. Coze, doyen de la focalté de médecine de Strasbourg, par M. Grass; de M. ToùmachoB, par M. Blafier; de M. Richomme, graveur de Tlnstitut, par M. Gruyère; de M. Maqoet, par M. Jaley; de Jacquemont, par M. Taluet; de M. Aube, par M. Thomas; de M«* Ceritto, par M. Gayrard (ils. Je citerai, à part, un délideox buste de femme, e&écuté avec une rare délicatesse par M. Follet, et celui de la mère Javonhey, fondatrice et sapérieure générale de Tordre de. Saint- Joseph de Cluny, par M. diva, qui travaille le marbre et Tassouplit à toutes les formes, dans la manière de Germain Pilon, talent dont il a abusé dans uo buste accidenté de Rembrandt*

Quelques statues en pied ont droit à une mention, bieo qu'elles me paraissent manquer de caractère, telles que celles de Jacques Desbrosses, par M. Desprei, et de Montaigne, * par M. Lanno.

La sculpture d'animaux, cultivée avec esprit et succès par MM. Mène, Fratin, Fremiet et quelques autres, a son mahre dans M. Barye. Cet éminent artiste comprend et exécute en grand ; il s'occupe peu du détail : il ne songe ni au poil ni à la plume ; il accuse juste les parties qui donnent le mouvement et l'aspect. Aussi ses cx)mpositions, comme Un jaguar déwrant un lièvrCf montrent une vigueur extraordinaire, et sont surtout appréciées par les personnes qui cal un vif sentiment de la nature et de l'art.

Je voudrais pouvoir m'arrèter aux médaiUons, aux basreliefs, dont plusieurs ont de bonnes qualités. Je voudrais

pouvoir dire uq mot des absents que leurs travaux ont éiofgnés de l'exposition, comme M. Petit, qui termine, sous la direction de M. Simard, un excellent bas-relief destiné au tombeau de Tempereur Napoléon; mais Tespace me trahit.. Je dois m*arrèter et conclure.

Ma conclusion, la Voici en deux mots : Tart, jugé d'après Texposition actuelle, n'est pas en décadence ; il ne s'abaisse ni ne monte ; il tend seulement à se faire petit, et il se transforme plutôt qu'il ne se corrompt. La peinture religieuse est la partie de l'art qui souffre le plus. L'histoire se fond dans ce qu'on appelle le genre, et où l'on trouve une immense variété de talents ; le portrait se produit sous les aspects les plus divers ; le paysage est en progrès, et il semble s'épanouir comme s'épanouissent chaque matin au soleil des fleurs nouvelles. Le naturalisme s'épure en même temps que l'i* déalisme se réalise : on peut entrevoir une transaction et l'avènement du vrai complet. Les jeunes artistes doivent être avertis : ils courent le risque d'isoler le procédé de la pensée, et de sacrifier le beau éternel au caprice d'un jour. Mais ils ont de l'ardeur, de l'imagination, de la sensibilité. Un peu moins de confiance dans la valeur qu'ils s'attribuent, et plus de sévérité dans l'élude; à ces conditions, notre jeune école ira loin, et elle sera digne des générations d'artistes qu'elle côtoie, en attendant qu'elle les remplace.

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