‹ Salons, 1844, 1845, 1846, 1847, 1848;Chapitre 17 sur 36 · XXXVI NOUVELLES TENDANCES DE L ART · texte numérisé non relu

XXXVI NOUVELLES TENDANCES DE L ART

Le Romantisme était si bien une forme indifférente au fond, qu'on pouvait être romantique et cependant se ranger dans les différentes cases des partis : catholique, protestant, philosophe, absolutiste, libéral, républicain.

Les peintres contemporains, en général, n'ont donc guère fait que ce qu'avaient fait ceux de la Renaissance ; bien moins encore assurément : je veux dire qu'ils ont changé de creux, mais pour y couler toujours les mêmes sujets et la même idée. Il serait facile de le prouver en analysant le catalogue de l'Exposition universelle ou les catalogues des expositions plus récentes. Feuilletez-y Tceuvre des artistes les plus célèbres : mi-partie symboles catholiques, mi-partie symboles païens • le reste, allégories, apothéoses, souvenirs ou portraits de princes ; ici une Vierge, là une Madeleine ; un Sphinx ou une Sibylle ; une Odalisque ou une Vénus. Parfois, quelque reine dont le bourreau va trancher la tête, ou de petits princes condamnés à mort, la majesté de la race étant là condition première de l'intérêt et de l'attendrissement; ou bien, des images empruntées à la haute poésie et qui exigent une éducation de raffiné.

C'est impitoyablement la double langue hiéroglyphique, déjà signalée dans les œuvres des anciens maîtres depuis la Renaissance.

Combien compterait-on de peintres contemporains qui fassent exception ? peut-être le peintre du Massacre de Scio et des Femmes d Alger ? peut-être le peintre des Braconniers qui s'en vont à Paffût, des Turcs qui fument à l'ombre, des Enfants qui jouent au soleil? S'ils ont encore des adhérences au pur romantisme, à « Tart pour l'art, » et non pas précisément à « l'art pour l'homme, »

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