‹ Salons, 1844, 1845, 1846, 1847, 1848;Chapitre 28 sur 36 · A GEORGE SAND · texte numérisé non relu

A GEORGE SAND

un certain parfum qu'elle exhale, plus encore qu'à sa forme : il n'y a que votre sentiment qui fleurisse ainsi. Le coloris de cette fleur poétique resplendit, comme la peinture d'Eugène Delacroix, par la lumière dans laquelle se fondent les nuances variées et harmonieuses. Vous avez, comme Eugène Delacroix, le ton très-haut, mais sans discord, grâce à votre instinct des demi-teintes et du clair-obscur. Vous possédez le mineur^ comme Beethoven dans sa musique. Jamais de noir ni de blanc, jamais déteintes plates : près d'un ton éclatant, des dégradations riches, mais insensibles à cause de leur abondance; une gamme infinie, comme dans la création naturelle, illuminée par le soleil.

Vous êtes peintre autant que les plus grands peintres^ et vous avez les deux qualités qui nous passionnent dans l'art, nous autres raffinés de la peinture. Vous avez l'originalité de la couleur et de l'image^ en même temps que la signification de la pensée, a L'art n'est pas, comme vous le dites à merveille, une étude de la réalité positive, mais une libre recherche de la vérité idéale. »

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