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n’a rien (lui élonne ilaiis uim' religion de couvents el de moines, mais elle choquera singidièrement notre démocratie, pour qui le travail est la plus sainte des fonctions. , •
Une certaine recherche d’anecdotes curieuses, un ragoût de couleur, un dessin ronllaiit, tout cela ne suffira pas à ressusciter un art qui agonise, ha peinture religieuse ne répond plus à l'ien dans notre temps : que î’htat, suivant l’exemple de la ville de Paris, lui retire sa main puissante, qu’il cesse d’acheter ses produits, el rannéc [»rochaine le Salon sera (h’d»arrassé de toutes ces non-voleui's.
Il y a des qualiti's dans le Sulnt-Jérôiiie de M. Ernest tiarteron, et plus encore dans la Déposition de la croix de .M. Poncet. Celte dernière toile même est remarquable. La composition y devient expressive j>arsa trèsgi'andc simplicité. Le peintre nous monti-e la \ ierge coiilemplanl, angoissée et sanglante, le Christ couché à ten-e <ur un linceul blanc. M. Poucet est élève d’Ilippolyte Elandrin et s’applique à le.conlinuer. L’élè\ c, on peut le dire, a ressaisi un peu du sentiment chrétien qui animait le maître. Le phénomène est trop rare pour n’élre pas noté; d’autant plus que, cette année, les meilleurs tal)leaux de religion sont précisément ceux d’oii l’esprit religieux a été le plus sévèrement banin. .Te veux parler, du Jésus au ionibeau, de M. llennei’, et du SainI (évthbcrt, de M. Duez.
J^e Jésus au tombeau ne représente autre chose qu’un de ces torses, de pâleur ivoirine, que M. llenner excelle à enlever sur un fond noyé d’ombre. Le inodelé,'comme toujours, est admirable, malgré- un défaut assez saillant
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à riiuménis gauche. [La lonalilé générale, par son harmonie délicate et fine, sollicite si donceinent le regard (|u’on a quelque peine à s’en d(''lacher. l'ourtar.t rceuvre n’ol)tient pas auprès du public le succès que son mérite semblerait lui valoir-. .l’en ai cherché la raison et il m’a paru qu’elle pourrait bien être dans le manque de partipris do l’auteur. M. Ilenner est sorti de la réalité, sans entrer dans l’idéal religieux. 11 s’est tenu à égale distance des deux éléments et n’a, par consérjucnt le bénélico d’aucun d’eux. Ou dii-ait <jue sa préoccupation* unique a été, accouplant des idées inassociables, de fair<‘ un cadavre gracieux, conçu en dehoi'S du temps et dr l’espace, non daté ni (jualilié, n’appartenant à aucune catégorie sociale ou céleste, un cadavre anonyme et gém'i-alisé, aimable d'ailleurs, bon voisin, plein de séductions et de caresses, n’éveillant point l’idée de la mort, i-'esl-à-dire de la décomposition et de la pourriture, un cadavre charmant, amical, fraternel, avec lequel on pourj-ait vivre s’il consentait toutefois à rouvrir les yeux et à se i-habiller. C’est comme qui dirait une variation sur la forme humaine. Musi(|ue? Pcinlure ? Nul ne sait. Mais si l’allen lion est attachée, le comr n’est pas ému. L’œuvre est le produit du dilettantisme pur. C’est de l’art pouil’art.
Le .Saiu/-Çn///bcc/ de M. Puez nous ramène vivement à la réalité. Rien n’est moins religieux, mais en revanche rien n’est plus vrai. M. Due?, a eu le bénéfice de sa décision d’esprit; sou succès a été très franc. On pourrait dire d’ailleurs îi sa déchai-ge que cette façon do traiter les tableaux de sainteté est aiitorisée par d’indiscutables précédents. C’est ainsi que les conqironaicnt les premiers et les [)lus grands des lu-imilifs. Chez eux, nulle recherche de scntimonlalilé spéciale; la vie extérieure, le monde vrai fournissaient à la fois les personnages et le lieu de la scène. M. Huez a trouvé celle poétique suffisante. On me dirait qu’avant de mettre la main à son triptyque, il a fait une excursion dans les Flandres cl longlemi>s regardé les Van Fyck. je n’en serais nullement
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surpris. Or, quand on a pour soi de telles aulorilés, on peut bien négliger Tart mystique ou piélistc des Perin,. <Ies Orsel, des l'iandrin. Mais à quoi bon |)laider les circonstances atténuantes pour un artiste de cette valeur?' J'imagine bien que M. Duezne va pas s’attarder longtemps dans les épisodes pieux. 11 a l’esprit trop moderne et l'œil trop ouvert pour des sujets de cette sorte. Une fois en jiassant, pour essayer sa force, c’était acceptable ; un retour ne se comprendi'ait pas. Grâce à son SLiint-Culhberl, voilà l’artiste monté aux régions supérieures de l’art; lo meilleur moyen d’y rester, c’est de renverser son échelle.
La peinture décorative est noblement représentée au Salon jiar le Paris de M. Ehrmann : Paris, sous les auspices de la République, convie les nations aux luttes pacificines des arts et de U industrie. L’ceuvre respire le jdus pur patriotisme et l'exécution est fort distinguée. On sait avec quelle correction M. Ehrmann dessine les figures. Il a mis tout son savoir dans celle de Paris debout et de la République sous le dais. Quant au génie qui vole en déveloi)iiant le drapeau tricolore, il est aussi charmant (pi'oriirinal.
Le nom d’artiste alsacien m’en amène un autre à l’esprit. M. Gustave Doré a exposé, comme il le fait tous les ans. une de ces immenses toiles dont le vide et la nullité égaieid les indilTérents, en même temps qu’ils aflligent les amis de l’artiste. Comment, en effet, quand on se sou- \ient de tant d’ojuvres d'autrefois, charmantes, spiriluelles ou pathétiques, ne pas se sentir ému de compassion, en voyant un homme s’obstiner à ces compositions folles qui sont l’objet d’une universelle risée ? Celui dont la main imimissante retrace aujourd’hui l’incroyable Mort d'Orphée, a illustré autrefois les Contes drolaliqnes de Balzac, le Pantarjruel de Rabelais, qui sont deux chefs-d’œuvre; il a exécuté, lors de la guerre de Crimée, pour le Musée anglo-français, des dessins de bataille qui sont des pages d’histoire. Comment ne l’a-t-on pas arrêté sur la pente où il roule depuis si longtemps? Hélas! le malheur a voulu qu’il fût décoré et qu’on le
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considérât connue exempt du jury d’admission. Mais est-il exempt? Notez qu’il n’a jamais eu, au Salon, ni mention, ni médaille, ni récompense d’aucune sorte. S’il a la croix de la Légion d’honneur, ce n’est pas sur la proposition du jury qu’elle lui a été donnée. Les règles de la hiérarchie artistique n’ont pas été suivies. C’est l’empereur qui, de son chef, en vertu de sa toute-puissance et parce que tel était son bon plaisir, l’a décoré, un jour do 15 aovU. Est-ce qu’une croix tombée de ce ciel ou venue par ce chemin peut rendre exempt? Je no le pense pas; ou alors il faudrait admettre que le peintre non récomj)onsé, qui aura la bonne fortune d’être décoré comme garde national sous Louis-Philippe ou sous la seconde République, est exempt ; il faudrait admettre que le militaire décoré qui rentre dans la vie privée, que dis-je, le militaire? que tous les citoyens décorés, à quelque titre que ce soit, pourront chaque année exposer leur petite toile à la barbe des artistes et du jury également stupéfaits, C’est absurde, n’est-ce pas? Il faut donc conclure do là que M. Gustave Doré n’est pas exempt. Et alors pourquoi le laisser entrer au Salon sans l’examiner? Quel service on lui rendrait parfois en le laissant deliors !
Les peintres considèrent volontiers l’histoire comme un domaine à eux. Les uns s’y installent à résidence fixe, d’autres y entreprennent des explorations lointaines; ceux-là y pratiquent des fouilles à toutes profondeurs. Quand, à force de lectures et de recherches, ils ont mis la main sur un sujet qui leur parait à peu pi'ès neuf, ou qui, étant déjà connu, leur semble comporter une expression nouvelle, ils n’hésitent pas à le prendre pour
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thème et à y découper le motif de quelque composition dramatique ou pittoresque.
Nulle époque, plus que la nôtre, n’était propre à pousser les artistes dans cette voie. On a dit du xix® siècle qu’il était le siècle de l’histoire. La proposition sera vraie même en art. Notre goût se détermine de plus en plus dans ce sens, et les événements s’arrangent, dirait-on, pour donner au mouvement une impulsion nouvelle. Il y a un an environ, une circulaire de M. Bardoux, ministre des beaux-arts, demandait aux préfets de faire dresser, dans chaque département, la nomenclature des édifices, palais, mairies, facultés, chambres de commerce, qui sont susceptibles de recevoir une décoration murale. En ce moment même, l’IIôtel de Ville de Paris se hâte vers un achèvement rapide avec l’intention annoncée de faire a[)pel au savoir de nos meilleurs artistes. L’histoire fournira naturellement la matière des décorations projetées.
Assurément, qu’on se place au point de vue de l’intérêt ou au point de vue de la convenance, il n’y a rien de plus légitime que cette direction particulière de notre goût national. Il est certain tout d’abord que la représentation de faits historiques où notre nationalité a été mêlée agit sur nos esprits d’une façon plus effective que les fantaisies de la fable ou les idéalités de la religion. Nous sommes plus toucliés par une peinture qui nous montre Etienne Marcel faisant massacrer aux pieds du roi les ennemis du peuple, que par une peinture qui représente Vénus sortant de l’onde, ou Persée coupant la tête de Méduse. Ensuite, la décoration étant en quelque sorte le commentaire imagé du monument, rien de plus naturel que de lui en faire raconter riiistoire. Si l’Hôtel de Ville de Paris, par exemple, ne devait pas résumer, sur quelques-unes de ses façades intérieures, les principaux traits de notre vie municipale, ou même les faits de notre vio naiionale qui ont eu là leur aboutissement suprême et leur consécration, la population éprouverait une décep tion profonde.
Cependant, il faut bien le dire aux peintres, au risque
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ilo troubler leur quiétude : il y a dans la [»eiiiture liistnri(|iie, quand elle s’ap[)li(iue aux cvèneuients d’un passé déjà lointain, nue eontradielion, une antinomie, eût dit un p(déniisle célèbre, dont les deux termes sont irréductibles ct(jui, presque toujours, tiendra en échec le taleid des peintres les mieux doués.
.te veux dire (jue, préoccu[»és d’être à la lois historien (exact et artiste élocpieid, ils ne [»arviendront à être l’un (|u’au détriment de l’autre. La sciemm archéologique et l'entente du tableau sont, on etrot, deux choses qui ne vont |ias ensemble, et 'cependant la sûreté dans' l’information est devenue pour nos cs[irils une telle nécessité (pie lions ne saurions nous en passer, même eu peinture.l’n taldeaii d’histoire <pii n’aurait [las la vérité du cosliime, do l’ameublement, de la scène, no serait pas de l'histoire pour nous ; et s’il est exact dans tons ces détails, il y a gros à parier ([ii’à l’instant même il c'ess(d’ôtr-e une œuvre d’art.
Tel est le sphinx qui a dévoré et (jui dévorera éteinellemcnt les peintres qui fonl de l’iiistoire rétrospective, au lieu d’en faire sur le vif des événements contemporains. Un dilemme les domine et les écrase ; fidèles à la \érité, ils ne sont jras artistes; artistes, ils ne reproduisent pas la vérité.
Kiitre peintre et savant, il faut choisir.
M. Lucien Mélingue a sacrifié l’érudition, mais mollement, sans netteté, sans décision, et son taldeau rest(^ (Micore tout embarrassé d'archéologie. Cette espèce de lit, qui n’est ni frani^aisni du temps, mais qui semblerait plulijt italien du xvo sièch', tient une place énorme. La tenture de lampas rouge (pii coupe la scène en deux n a pas de raison d’être. Les bourgeois armés qui suivent Ktiennc Marcel sont trop corrects dans leur altitude com- [lasséc. Tout cela rend l’ensemble froid, immobile. M le tumulte ni la terreur, qui devaient se dégager de 1 horrible scène, ne sont suffisamment exqu'imés. L'interprétation morale du fait bistorique n’est môme pas bien (‘xa(de. On 'dirait qu’enposant d’un gesteaussiemphatiqm'
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10 cliaperuii royal sur sa Iric. Etieiiiu' .Marcel savoure an- Icrieurcmenl l'espoir de je ue sais <|uel l’ève ambitieux. Ee n’est pas là l’esprit de l’épisode. Klieimc Marcel i)i'olége le I)au[)hin en le couvraid desabujuc aux couleurs bleue el rouge, voilà tout. Indiquer qu’il ait pu aspirer à la royauté, c’est dénaturer les caractères et fausser l’iiisloire. En somme, la leutalive était noble et l’univre est <;onsciencieusc ; il u’y manque ipi’uue chose, mais capitale, c’est le feu, le mouvement, la passion, la vie ! l.c jictit roi, pâle cl rrissouuant, est encore la mcillcui'c ligure.
.M. .lcan-l*aul-Eaiireus ne se laisse pas eml.)arrasscr paile détail arcbé()logi([ue. mais il glisse dans nu autre <léfaul : la l•echcrcbc du sujet l'are. de réj)isodc curieux.
11 en résulte (jue. pour savoir (m qu’il a voulu peindre, il faut i-ecourir au livret el prcs([ue totijours lii-c un long récit. Lisez; moi, pendant ce Icmps, je vais regarder le lal.)leau. La composition a uti certain aspect : beau dessin, bonne couleur, ensemble grandiose. I’’st-cc ce|icudaul un Laurens très éclalani, un Laui'cns de jn'cmier ordre s Non. La vie est absente, le mouvement l’ait défanl. (ic n’est pas ainsi qu’on déimdil un mur. Il fallait aller voir comincut les maçons s’y preniicnl. Los ouvriers d(‘ -M. Laurens sont de faux ouvriers; ils ne travaillent pas <'L ue [)ourraient pas travaillei' dans la situation ipi ils <»ccu|)cul. 11 y a ensuite cette bizarrerie ipic les piincipales ligui'es sont ])résenl(''cs de ilos. Enlin rélément essentiel et impoi t lut do la composition a ét(' ouldié. Eugène Delacroix disait en jiarlant du cclèlu'c bas-relief de Dnayè/zc, par Puget : il lui mampie le j)rinci[)al p(‘rsonnage, celui (pii cxqdiijiic la scène et ipii la molivc, le rayon de soleil. On ]teut dire de mémo devant le tableau de M. Jean-Paul Laurens : il y mampic le principal [lersonnage, celui pour lequel tout ce monde est i-éuni. qui justilie toutes ces expressions et timtcs ces attitmb's; c’est l’ommnré, ou les emmurés, mais un seul en la circonstance suflit. C’est lui, remmiiré, ipii est le tableau, c'est lui (jucjcveiix voir. C|iie me font ceux (|ui l’allen-
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flciil ? Ils sont s[io<ialcurs conmie moi. Ils m’iiiléfcssoroiiL peul-èti'e loiil à l'iieiii'c, ([luim! I(3iir i>h vsioiiomie |■e|l|•0(luil•a ce qu’ils auront ressenti à la vue de leur A ietime, mais jns(ine-là j(' n’ai (jne faire d’enx. .l’attends l’eirimnré. Kst-il moi t ? Est-il vivant ? S’il J)ondissait tout à • ■ou[j des dôcombi'es et de la ponssiè're et apparaissait d(‘vanl ces magistrats, devant ce pon|)le, liave, un, décliarm-, avec une longue barbe blanche, quelle émotion soud.aine et indescriplilde ! (lomnie on oublierait vite et bernard Deücienx et le magistrat, et tous les antres ! t.e (pii pi'on\e l)i('ii (ju’il était le seul |iersonnage. utile, i ad is]icnsable. M. haiircns est jiass<‘ pri'^s du succès sans le voir.
(.e n est pas être tro[i familier (jue de dire des anciens lîomains ipi'ils sont nos grands-pères. Nous avons été élevés sur leurs genoux et nous avons a|q.ris à jienser <lans leurs livres. Leur esprit a ])énétré le nôtre, au point que notre langue est pres([ue tout entière faite de leurs mots. Une aussi étroite parenté expliipie bien des choses. v‘l pourtant, sans la politique, elle serait impuissante à juslitier I engouement des choses romaines qui nous prit, d y aune centaine d’annces, et qui tient encore aujourd’hui SI tort nos académies et nos écoles. En etîel, il est arrivé on Jour (]uc les scidimcnis de la Itévolution framjaiseonl It Olive dans la vie et l’histoire de Home des formules lontes prêtes et admirablement éloquentes. On eût dit que I âme de ces temps grandioses, après {dus ile v ingt- ' im( siècles econlés, revi' ait parmi nous et animait nos lier.s pali'iotes De là, I immense jiopularité de Louis David et I action [u’olongéc de son école. Aiijourd’hui. la politi(.{ue et la imssion sont également [larties, ne laissant aptès elles (]ue I érudition Iroide. Aoti'e enthousiasme
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|iour ranli(iiic est évaporé : la Uome républicaine ne lait plus battre nos cœurs. Ce qui n’empêche pas qu’a l’I'.cole (les beaux-arts, entre tant de nombreux autels qui y suut dressés, il en est un sur lequel l’encens fume toujours en l’honneur des héros et des dieux du Capitole. Les vestales ipii entretiennent ce fen sacré parlent entre elles de llomulus et de Itemus, de Caton et de César, de Néron et de Locuste, comme si cela s’était passé hier. Il en résulte, au Salon, des peintres qui prennent govit à retracer ces * vieilleries, des amateurs qui se reprocheraient de passer sans les l’cgaialer. Cette année, M. Blasbfield, un Américain, élève de Bonnat, représente /es clames romaines prenant une leron à l'école des gladiateurs. On dirait le tonds de magasin ayant ajqiartemi autrefois à M. Cérôme. Comment .M. Blashlield a-t-il fait pour seprocurei' <a> vieux stock d’archéologie, et (pii le prend de rouvrir, longtemps après que M. Cértmie a fermé houticpie ? Le tableau de ,M. lœrnand Pelez, la Mort de l'eynpereur (’ornrnode. a plus d’ampleur que la leçon des dames romaines. On connait le sujet : Marcia, lemme de Commode, avertie que ce dernier avait résolu sa mort, le prévint en le faisant étrangler dans son bain par un athlète. Cette composition renferme des qualités sérieuses, attestant htravail et l’élude. .Mais jiourquoi les avoir perdues dans un tel sujet? One nous importe, à la distance oii nous sommes. Commode et sa femme, et son bain, et l’athlète étrangleur de tyrans?
L ne scène non moins alivjcc, mais Irailée avec un plus juste sentiment du pittoresque et une meilleure entente dn tableau, c’est la Mort de Chramn, par M. Luminais. <Juel était ce Chramn? Lu des lilsde Clotaire P’'', d’après le livret. Il s’était révolté plusieurs fois contre son père, f’ait prisonnier, il fut lié sur un banc, étranglé, puis brûlé avec sa femme et ses biles dans la maison oîi on les avait enfermés. Le tableau montre l’incendie qui commence. Le cadavi’e de Chramn est étendu garollé sur un banc. La femme attachée à nn poteau, sent venir le feu ù elh\ et a des soubresauts terribles. Tout à
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l’heure orienfcndra les éclats du bois et le grcsillemeiit de la chair. L’ensemble est dramatique et d’un bel elTct. M. Luminais, ou le sait, est voué aux Gaulois et aux l'Yancs. Dans un autre tableau, où il expose le Départ pour la chasse dans les Gaules, ï on voit un superbe groupe de cavaliers, de chevaux et de chiens : tout cela du temps de la reine Brunehaut. Bonne peinture d’ailleurs, franche, vigoureuse et d’une harmonie agréable à l’œil. Mais pourquoi toujours ces siècles reculés? Les Mérovingiens nous ennuient à la longue avec leurs cheveux roux. M. Luminais croit, sérieusement, sur la foi de la chronologie, qu’il est plus moderne de peindre les Barbares, parce que les Barbares sont venus apres les Bomains. Erreur. Les dates n’ont ici rien à faire. Antérieurs ou postérieurs aux Romains, les Barbares sont mille fois plus loin de nous et mille fois moins intéressants. Il n’en faut plus.
M. Ponsan, qui travaille dans la matière religieuse, se rapproche : Saint Louis et les croisades, c’est la Franco du moyen âge, la France féodale, comme qui dirait le commencement de la France. Le sujet est horrible. Un jour saint Louis et son escorte rencontrèrent un cerlain nombre de cadavres en putréfaction. C’était des guerriers qu’on avait abandonnés là à la rapacité des corbeaux. Le pieux roi commande à ses gentilshommes de rendre à ces morts l’honneur de la sépulture, et comme chacun reculait de dégoût à l’idée de celte besogne nauséabonde, il descendit de cheval, prit bravement dans ses bras un des cadavres et donna l’exemple. Il faut que nos peintres aient bien peu le sens de la réalité pour se permettre des sujets pareils. Voyez-vous un artiste peignant, au vrai et pour tout de bon, un cadavre en pourriture? Ce que ce serait! M. Ponsan ne s’en doute môme pas. Il peint d’une façon molle et terne des cadavres pleins de distinction : il ne faut pas choquer les belles dévotes qui s’agenouilleront devant le tableau à la cathédrale de la Rochelle.
Avec M. François Flameng, fils de l’éminent graveur.
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nous entrons en plein dans notre histoire nationale \oici la France de la Révolution, c’est-à-dire la vraie l'rance. L audacieux artiste n’a pas craintde représenter les Girondins interrompus dans leur banquet funèbre par 1 appel des geôliers, le matin du 30 octobre 1793. (/était une tentative à faire reculer plus d’un brave. Mais i: y a des grâces d état pour la jeunesse. M. François Flamong s est mis à la tâche et il s’en est tiré à son honneur. Assuiément 1 œuvre a des défauts. La composition est mal équilibrée, la couleur n’est pas bonne. Mais il y a du tempérament, de l’énergie, toutes sortes d’intéressantes promesses pour l’avenir.
Le jury a décerné à M. François Fiameng le prix du Salon. Il a bien fait. Mais qui a fait mieu.x encore, c’est M. Turquct, l’intelligent sous-secrétaire d’Etat au ministère des beaux-arts : il a modifié l’article du règlement qui règle les conditions imposées au lauréat, et de cet article férocement académique, il a fait une prescription libérale et rationnelle. Primitivement le lauréat du Salon était astreint à un séjour de trois ans en Italie. C’était ^ ouloir faiie de ce pi'ix la doublure même du prix do Rome. On avait bientôt senti les inconvénients de cette presci iption, et on avait abaissé à deu.x ans l’obligation du séjour en Italie. M. Turquet vient de l’abaisser encore et de le fixer à un an. C’est la réalisation même delà |)enséede Géricault; « L Italie estadmirabie à connaître, écrivait ce grand artiste à un de ses amis, mais il ne laut pas y passer tant de temps qu’on veut le dire. Une année bien employée me paraît suffisante, et les cinq années qu’on accorde aux pensionnaires leur sont plus nuisibles qu’utiles en ce qu’ils pi'olongent leurs études dans un temps où il serait plus convenable de faire des ouvrages. Ils s’accoutument ainsi à vivre de l’argent du gouvernement et passent dans le repos et la sécurité les plus belles années de leur vie. Ils sortent de là ayant perdu leur énergie et ne sachant pas faire d’efforts. Ils terminent comme des hommes ordinaires une existence dont le commencement avait fait espérer beaucoup.
C'est eiilcrrer les ails an lieu d’aidei- à leur accroissement et, dans le principe, l’institution do l’école do Home lia pu êlro ce qu’elle est aujourd’hui, \ussi lieaueoup y vont, peu eu reviennent. Les vrais eucoural^ementsqui conviendraient à tous ces jeunes gens haoles seraient des tableaux à faire pour leur pays des Iresques, des monuments à orner, des couronnes c’t des recompenses pécuniaires, mais non pas une cuisine bourgeoise pendant cinq années, qui engraisse leur corps et anéantit leur âme. » ^
Voilà soixante-trois ans que ces lignes sont écrites Que de fois n ont-elles pas été justifiées ! Que de prix de Home ont terminé, comme des hommes ordinaires une existence dont le commencement avait fait esnérer beaucoup ! Il faut en finir avec ce félichisme de l’Italie. On doit aller étudier l’art là où l’activité artistique est la plus grande, là où luttent les idées et les théories la ou se produisent les œuvres. C’est Paris qui, depuis’ on siècle, est le grand foyer créateur en matière d’art et tout le monde cherche à nous imiter ; c’est donc à Paris qn il laut^façonner son cerveau et sa main. En réduisant a un an l’obligation du séjour en Italie, M. Turquet a indiqué clairement que, l’année prochaine, l’obliaation pourrait disparaître. Le lauréat libre de ses déplacomenis comme de ses séjours, visitant en voyageur attentif l’Itahe, 1 Espagne et les Flandres, mais gardant son atelier a 1 ans y revenant chaque fois, y passant en un mot les quatre cinquièmes de son existence, voilà le but a atteindre. Encore un peu et nous y serons. L’art c’est la vie, et la vie ne s’apprend pas chez les morts : ell^e s apprend chez les vivants.
Nous avmns dit que la poussée vers le moderne est formidable et qu’elle s’allie très généralement à une recherche des Ions clairs. C’est là la caractéristique du
Salon de 1879. Aucun n’a jamais été plus expressif, aucun n’a jamais dit plus nettement ce qui s’en va et ce qui vient. Ce qui s’en va, c’est le poncif, le rabattu, les banalités mythologiqnes ou religieuses, les Hébreux, les Grecs, les Romains; ce qui vient c’est la société contem- ]ioraine, la réalité vivante, ce qui est, en un mot, ce que ehacim a sous les yeux et peut vérifier à tout instant. Ouant à l’histoire, elle reste ; mais il semble qu’elle aussi éprouve le besoin de se rapprocher : la Révolution entre en scène, le moyen âge recule oi/va reculer.
M. Henri Gervex pousse la modernité jusqu’à l’excès, certains diront jusqu’à la folie. Il est parti, comme tout le monde, de la convention. Si l’on cherchait bien, on trouverait quelques Bacchantes ou quelques Nymphes signées de son nom au musée du Luxembourg. Ce sont là'omvres d’écolo, péchés de jeunesse. Les humanistes faisaient des tragédies ; les élèves des Beaux-Arts font des Satyres tourmentant des Bacchantes, ou des Nymphes enlevées par des Fleuves. Comme intérêt, les deux choses se valent, sauf cependant que l’avantage de la fraîcheur reste encore à la tragédie. L’erreur do M. Gervex n’a pas duré longtemps. Son IIôtel-Dieu, avec le cadavre étendu et les internes en tablier de travail, marque la rupture entre l’école et lui. Depuis cette épof|ue, chacun de ses tableaux, les Communiantes, Rolla, n’a fait que confirmer le divorce et élargir le fossé. Aujourd hui M. Gervex nage en pleine actualité parisienne. Le Retour du bal est une scène de mœurs qui a pu se passer hier et chez vous-meme. Monsieur est rentré de mauvaise humeur. Pourquoi? On ne sait, mais il est visible que, tout en se dégantant, il a fait quelque reproche à Madame. Madame s’est jetée sur le divan capitonné, le visage dans les mains, et elle pleure; c’est la pluie après l’orage. L’anecdote est de trop, à mon avis. La peinture n’a pas besoin de s’alimenter dans les faits di'.ers des journaux, ou dans les pages d’un roman ; elle se suffit à elle-même par la simple représentation des êtres et des choses. Mais, ce point mis à part, le tableau est char-
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nianl. H osl bien composé, l»ieii dessiné, et peint dans cette gamine blonde et claire qui semble faite pour le plaisir des yeux. Le Portrait de Mlle V... était plus diflicile ; il esi plus réussi encore. C’est une jeune et svelte personne, — trop svelte peut-être, — en toilette de villégiature, ri'présentéc debout dans un jardin Vêtue d’un eostume lilas, un chapeau blanc la coilfe, et sa tête se détaché en clair sur le fond lileu do l’ombrelle qui la protège contre le soleil. Touti's les diflicultés de l’arl iHaicnt réunies dans cette omvre. M. Cervex s’en est tiré a merveille. L'air, le véritable air du dehors, transparent el léger, circule et imprègne toutes choses, .l'ignoi-e si le jmblic. a récompensé l’arliste en appréciant la nature de lels elhu-ls,mais très certainement ils n’ont point échappé aux artistes, et ceux-ci n’oublieront de longtemps le portrait de la darne à l’ombrelle.
A cette blonde aux cheveux ardents, qui fait crier sous son |)ied le saldc de l’allée, les deux charmantes tilles, que M. Fanlin-Latour a réunies dans le tableau qu’il inlilule Portraits, s’opposent dii’ectement. Ici c’est une scène intime, el non-seulement l’atmosphère extéiâeui’e, celle (jui envelopire les personnages, est changée, mais l’atmosphêi-e morale est tout autre. M. Gei'vex peint la vie mondaine et les toilettes papillonnantes. Après nou> avoir montré les communiantes à la Trinité, il ne craini pas de nous mener voir le lit défait de Maiion. Au conli'aire, un sentiment chaste et pur, quelque chose de, virginal el de discret, le charme profond de la vie de lamille , je ne sais quel parfum d’intimité honnête, candide et loyale, monte des toiles de M. Fantin- Latour. Seul, entre les hommes de son temps, cet artiste qiâginal possède le don de moi'aliser sans prêcher. Sa peinture est vertueuse, et, en outre, excellente. Le dessin et la coideur s’y marient dans la proportion juste oii il faut de Tun et de Tautre. Vous connaissez le sujet? Il représente deux jeunes filles, deux artistes, qui travaillent. L’une debout, dessine d’après un modèle qu’on ne voit pas ; l’autre assise, la tête un peu penchée, copie un
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[)làlrc place sur ia laljlc? Ôuel joli morceau dVxécutioiu ce |)làlre, el aussi le vase de fleurs place à C(Mé. Je ii’aime pas beaucoup le type de la brune restée debout, mais la ligure assise, n’est-elle pas un morceau délicieux, un chef-d’œuvre dans un chef-d’œuvre?
M. Baslien-Lepage donne dans la Saison d'oclolirv une réplique à son tableau des Foins de l’an passé. C’est le même cadre el la même disposition do terrain montant, avec un horizon finement découj)é et une bande do ciel par-dessus. Comme dans les Foins, il va deux personnages. Une femme, celle-là même que nous avons vue autrefois assise pi’ês de son homme endormi, verse dans un sac les pommes do terre qu'elle vient do ramasser. La pose n’est pas gracieuse et l’occupation est vulgaire, ce qui déplaît à certaines personnes. Ramasser des j)onames de terre, quoi déplus trivial? Nous pourtant, qui ne sommes pas do celte école et qui trouvons noble tout Iravail utile, nous déclarons la pose d’une étonnante justesse. Klle est telle que la nature la donne, el cela suffit, quand il s’y joint l’cnergio du modelé. Or, le modelé, chez M. Bastion Lepage, est toujours i)uissant : la tête, les mains de l’humble i)aysannc s’enlèvent sur le fond avec une vigueur qu’on ne peut dépasser. Le paysage, ([ui baigne dans la lumière, est traité tout à la fois avec ampleur et finesse. Je n’aurais pas hésité à donner à un pareil tableau la médaille d’honneur de peinture. Certes le portrait de M. Carolus l)uran est beau étirés beau. C’est une omvre hors ligne, un chef-d’œuvre, si l’on veut. -Mais d’abord il est le premier ouvi-agc d’exceptionnel mérite <[ui sorte des mains de l’auteur, et ensuite les qualités qui y sont dé[doyées, presque cntiêremeni d’exécution, ne sauraient balancoi- les qualités d’observalion et de style que renferme un tableau comme la Saison cVoctohre.
Les Tricoteuses de 'SI. Feyen-Perriu nous emportenl en pleine mer. dans la région des vents et des tempêtes. Les maris sont partis jvoiir la pêche, voici de longs jours déjà, el, à la ciMe du villaize nalif, les femmes atlendenl.
ANNÉK 187!»
1i i(;olanl el «levisaiil . One l’onl nos hommes à colle heure? Le temps les a-l-il favorisés? La pèche a-t-elle été bonne? Se son^^eiit-ils pas à revenir bientôt? Ainsi les langues vont, tandis (pie l’aiguille noue la maille et chasse la laine. ■Les scèiK'S de la vie maritime, ont un piltorcs(]iie si varié, une saveur si pénétrante, ipie le grand public y a pris goût. Aussi le nombre do ceux ipii s’en font une spécialité henrense s est-il beaucoup accru dans ces dernières années. M. J^’even-Porrin, (pii a ouvert la voie, est resté maître du genre, ce (]ui lient à ce (pi’il est un peintre complet et (ju'il excelle aussi bien dans l’histoire el le purtrait que dans le paysage de mer.
Dans le même oi'dre d’idées nous reecontrons deux jolies toiles do MM. Pierre Pillet et Ldysse Dulin. Pu groupe dojeuiie lille s’est allongé sur la falaise eu alleiidanl ([lie la marée descende; c’est ce l’Cjios préparateur ■du travail (pie M. Pierre Billet apiielle Avant la pêche. La mer est douce et le groui)e paisible; reusemble est <les plus gracieux. 11 y a plus d’auimalion et de drame dans la Femme da marin, de M. Ulysse Butin. La barque est chargée et le veut souflle de bout; il faut lutter pour avancer. Aussi la brave femme godille-t-elle avec énergie, .fai coniîance dans la solidité de son biceps : elle arrivera. M. Ulysse Bulin est un peiulre qu’il faut louer hautemoul. Je le vois marcher de[uiis [ilusieurs années : il est en iirogrès constant sur lui-même. Chaque Salon maiapie pour lui un pas fait en avant, et, ce dont je le félicile, c’est qu’il agi-audit ses ligures à mesure (pie le succès lui vient. Celte année, il a atteint à la dimension de nature, et le voilà tout à fait en situalion de tenler quelque grande composition. Pouiapioi ne l’essaierait-il pas? 11 a la bonne volonté, le courage, et il est maiiileiiaid. maître de son métier.
M. Manet nous ramène aux élégances de la vie mondaine et aux exercices du sport parisien. De ses deux tableaux. En baleau, Dans la sei‘re, le dernier est le meilleur et absolument séduisant. Sur un banc de jardin, (pi’abi-ilcnt des palmiers et des i)lautes exotiques, une
lÿALONS
jeune fcniine e^t assise, sua oiubrello à la main. Aecoiuï»’' au dossier du banc et se jumchant pour lui [larler. un homme d’un âge mûr. qui a la ressemldaueo du peinire. cause avec la jeuiie femme, bien n’esl plus simple que la eomposiüon, ni plus nalurel rpie les altitudes, rue chose cependant mérite d’iMre louée d’avantage, c’est la fraîcheur des tons et l’harmonie de la coloration générale. Mais quoi? Les ligures cl les maitis sont plus (lessiuccs que d'habiiude: M. Manet forait-il des concessions aux bourgeois ?
Au premioi’ l'ang de ceux que tourmente l'esprit nouveau et (|ui cherchent dans la vie environnante la matière d’un art original, sans imitation ni ressouvenir, il faut placer M. lienoir. Nul n’a moins d’attaches visibles. D’oîi sort-il? Aucune école, aucun système, aucune tradition ne peut le. revendiquer comme sien. Ce n’est pas un spécialiste, s’adonnant à un genre exclusif, paysage ou nature morte; c’est un peintre complet, peignant l'histoire ou les mœurs qui seront do l'histoire dans uit quart de siècle), et sulmrdonnaut les choses à l’être, la scène à l’acteur. On l’a vu parfois mêlé aux impressionnistes, ce qui a contribué à jeter quelque équivoque sur sa manière; mais il ne s’y attarde point, et c’est au Salon, concurremment avec le gros des artistes, qu’il vient rh*mander sa part do publicité. La critique ne peut manquer de lui être favorable. Son Portrail de Madaiiir ( 'harpenlier et de ses enfants esl uneœuvredesplusintéressantes. Peut-être les ligures sont-elles un peu courtes, un peu ramassées dans leurs proportions; mais la palette est d’une richesse extrême. Une brosse agile et spirituelle a couru sur tous les objets qui composent cette intérieur charmant ; sous ses touches rapides, ils se sont disposés et modeléTsavoc cette grâce vive et souiianle ffui fait l’enchantement de la couleur. Pas la plus petite trace •de convention, ni dans l’arrangement ni dans le faire. L’obsoi'valion est aussi nette que l’exécution est libre et spontanée. Il y a là les éléments d’un art \ ivace, dont nous attendons avec conliance les développements nitérieurs.
Le tableau do M. Lahaye, Sous îos olhuers, appartient au même ordre d’idées. C’est une scène à deux personnages empruntés à la vie courante. Ici encore la convention brille par son absence. Malheureusement le modelé manque de force et l’aspect général est inconsistant. M. Laliajc, dont je rencontre pour la jiremière fuis le nom sous ma plume, est-il un débutant ? Je l'ignore; mais il doit serrer son exécution et la monter en vigueur. Plus tard, quand il possédera son métier à fond, il aura le droit do se relâcher, ou pour mieux dire de chercher un, faire plus libre, à l’exemple de M. do Nittis, qui a commencé par un dessin très arrêté et qui peu â pou s’achemine vers l’impressionnisme pur. Mais M. de iSittis est un maître, et dans la donnée pittoresque où il se développe, il en est pou qui procèdent avec la môme sûreté que luL Sa pauvresse anglaise, ayant la Tamise pour fond et l’arche d’un pont pour abzi, est un morceau des plus expressifs grâce surtout à la facture large et rapide.
Avez-vous remarqué cette singulière invention de triptyques : le Saint-Cuthbort, de M. Duez, l’Origine du pouvoir, do M. Sergent, les Trois âges, de M. Delanco? Qu est-ce que cela veut dire? iNos peintres s’imaginent-ils' que le triptyque soit une disposition que rien ne règle et que chacun peut employer à sa fantaisie? L’erreur serait grossière. Le triptyque est un legs de l’histoire. lia eu sa I aison d être, â une époque de violence comme moyen de préservation. Deux volets se refermant sur un troisième, on avait une boîte et la peinture placée â l’intérieur se trouvait protégée. On pouvait déplacer cette boîte, la joindre à ses bagages, 1 emporter avec soi au camp ou à la guerre : on était sûr (juaud on l’ouvrait, le soir, il’y retrouver intacte 1 image qu’on y avait fait tracer avant le départ. Tel était l’usage ancien, et il explique la forme donnée à 1 objet; mais aujourd’hui à quoi bon des triptyques ? Nos peintres se trompent fort, d’ailleurs, en croyant qu^ils en font. Le Snint-CuUibert de M. Duez n’en est un qu’approximativement ; les tablettes latérales ne pour-
SALONS
raient pas en se reformant couvrir le tableau du milieu. De mémo chez MM. Sergent et Delance. Ces jeunes artistes ont mis trois tableaux dans le même cadre : ont-ils fait un triptyque? Nullement. Alors, quel a été leur but? Donner un croc-en-jambe au règlement qui ne permet d’envoyer que deux tableaux? Ce serait un grand enfantillage. Un jury quelque peu à cheval sur les'textes pourrait bien s’en fâcher, et, coupant un aileron à ces irréguliers, ramener, l’année prochaine, le triptyque de contrebande au diptyque constitutionnel.
Ceci dit pour la sauvegarde des principes, je ne fais nulle ditliculté de reconnaître qu’il y a de grandes qualités dans les trois tableaux de M. Delance. Iis sont bien composés, peints dans une gamme agréable et rendus avec lorce. M. Sergent, que j’ai nommé tout à l’heure, est loin d avoir l'éussi au même de:^ré. Il est vrai que son entreprise n était pas sans (|uelque témérité. Pour représenter en peinture, au moyen d’allégories bien faites et facilementintelligibles, les trois origines du pouvoir en France, la Force, le Droit divin, le Svffnvje universel, il faut beaucoup de substance grise sous le crâne et au bout des doigts une exécution qui ne doive rien à personne. L’œuvre de M. Sergent montre qu’il a encore à faire pour en arriver là.
Je ne sais depuis combien de temps M. Buland expose ; mais l’Offrnnde m’a frappé par son sentiment exquis. Les personnages, dessinés avec soin, s’enlèvent sur un fond où joue la pleine lumière. Les poses sont justes, les expressions touchantes, et il règne dans l’ensemble une ccidaine naïveté qui n’est pas sans charme. Si c’est un début, c’est un excellent début.
Tandis que la caravane artistique est ainsi poussée en avant et s’achemine un pou tumultueusement peut-être vers le monde nouveau qu’elle doit conquérir, lequel n’est autre que la représentation de la vie conlemj)0raine, certains artistes s’arrêtent comme incertains du chemin a prendre et du but à poursuivre. M. Jacquet tourne sur lui-même, abandonnant Jules Breton après
aveir abandonné lîongucrcan, et sa Première arrivée regarde du cùlé de Wattean pour voir si le succès ne serait pas par là. M. Emile Renard néglige les conseils de sa GrancVmèrc pour aller ramasser une Epave sur les grèves académiques. M. Roll enfin, qui avait si lestement gravi les hauteurs modernes, abandonne le tenvain solide des événements contemporains, pour se précipiter, la tête baissée, en pleine mythologie grecque. A l’Inondation de Toulouse faire succéder presque immédiatement la Féie de Silène, qui eût imaginé jamais un tel écart? J’avoue, pour ma part, que je n’y étais point préparé, et que j’en suis encore frappé de stupeur. J’ajoute que le mode d’intei’prétation choisi par Tartiste n’est pas lait pour me rassurer. Carpeaux, en exécutant son fameux groupe de la Danse, avait pris du Rubens pour le traduire en marbre; M. Roll reprend à son tour le marbre de Carpeaux pour le reproduire en chairs de Rubens; mais il a bien soin d’exagérer tout à la fois el Rubens et Carpeaux. De la cette ronde de viandes secouées et d appas titubants. Dans quelle boucherie, à quel étal a-t-on décroché ces énormes quartiers de victuailles? Oi’i il a-t-oji les reporter quand cette sarabande avinée aura pris fin? Du talent! sans doute il y eu a, et beaucoup. Ce n’est ni Tenlrain, ni le mouvement, ni les vaillants coups de biosse, ni les fortes parties de couleur qui manquent. Ce qui manque, c’est la mesure, c’est le goût, et c’est surtout la cause, la raison d’être. Pourquoi cette fête de Silène? à quoi rime-t-elle? Quel rapport y a-t-il entre les mœurs qu’elle révèle et les nôtres? Qu’a voulu M. Roll en caressant de son pinceau les rondeurs débordantes de toutes ces callipyges? Aspirait-il en secret au prix du Salon? Serait-il piqué, lui aussi, de la tarentule des trois ans de voyages à l’étranger? A-t-il simplement Noulu prouver qu il comprend mieux la mvthologie que MM. Bouguereau el Lefebvre, qu’il a au mohis le don do donner la vie à ses personnages? Je ne saurais répondre à ces questions; mais ce que je puis assurer, c’est qu’on ce qui touche la démonstration vis-à-vis de MM. Lefebvre
SALONS
et Bougucreau, elle était superflue ; et qu’en ce qui louche le prix du Salon, M. Roll n’en a pas besoin. C’est à Paris que les artistes de sa trempe poursuivent leurs études et les achèvent.
Fl.V DU TOME DEUXIÈME
IN DKX
Ahboma (Louise) 183, 2i2.
Adau 183.
Allieim (d’) Cl, C3, GG, G7, 121, 2G8.
Allongé 121, *127.
Allüiiard 2G2.
Alma Tadema 11, 18, 22, 7U, 81, I07, Ili j:i8. André 87.
Appian 7G, 121, 127, 271.
Arlin Gl, G!».
■ .Arlaii 259.
Asiruc (Z) 12G, 201.
Aublet (A) 50, 51, 5i, 123, 18>, 210, 221, 348. Aiigiiin 29, 75, 99, 119, 175, 251, 259, 314, 355.
bail ^J-A) 272.
Üarillot 122, 271.
banias (E-L,J 41, 9G, bairias (Félix) 149,313.
baslien-Lepage 125, IGG, 230. :’.I2, 324, 311, 301, 301, 382. bartholdi 41, 131, 195.
baud-bovy 184, 210, 352.
baudouiu (E) 354.
bandrv (P) 225, 231.
baujauU 94, 194, 270.
bayard 35, 37, 127.
beaumont (de) 79.
bcauvais 15, 501, 75, 185.
becker (E) 135, 142, 210, 342.
bccq de Fouqnicres (Mme) 127.
bocquet (J) 285.
VALONS
lîcllcl du l’oizal 77.
licuassil 01, 70.
l'.éiaud(J) 182, 2iJ, 2Co, :)li, :(.".o. lîcrgorcl 18G, 278, 272, :!üi.
Hcnie-Bellecour 80, U'.). 1.77. 272.
lîornicr 70, 77, 99, 120, 207, 71 i-, .77 i.
Ber tau K 97, 270.
Bcilhclon 209. 311, 77 7.
Besnard 288, 701.
Beylc 83, li3, .7j1, 7-)2.
Biard 11, 19.
Biiia 127, 200.
Billet 77, 120, 207, 7:;2, .787.
Biri 20.
Blanc (.J) 92, 97, 210, 221.
Blashlield 370.
Bœtzel Cl, 70, 127, 202. 203. 271-.
Botinal 82,98,103,124, 137, 143,103.22.7.
B>onnegràce 70, 41, 12.7.
Bon\in 82, 98, 99, 107. 103, 311, 7-72. Bord (.1. de) 122.
B.ost (Mlle) 127.
Boudin 70, 77, 121, 170 2.'i'.i.
Bouguercau 31, 92, 99, 1.71, 227, 272, 711 Boulanger (G) 78, 1 70.
Bomier (A) -J79.
Breton (E) 70, 7.7, 119, 101.
Breton (.Ji 20, 70. 71, 00, 09 107, lio. 10 B.riclinaim 18"i.
B>rigot 271.
Bii )U 179.
Bruce-Joy 197.
Buland (J-Et 371, 701, 780.
BuUu 187, 207., 319, 701, 7S3.
Cabanel 22, 90, 117, 117., l>27., 270. .711. Caljat i'i.
Cabet 197, 281.
Caillebotle 200.
Caillou
Rallias II. de' 21.
(uirubos 131.
('.a|idevielle 200.
Cai-pcaux 37, 3S, 42, 132, 11)7, 11),'!. Ciiri'iei'-BcUeiise V2.
(laiicroii 308.
(iai'lior 201).
(’-astaii 270.
Castres 30, 7 4, 123.
Catlielincau.x 122.
Clialtry (L.) II!).
(.;hai)u 11)2, 282, 28.';.
Clia|i[iuv 41, 1)0, i;!2, 3.41).
Ciiariiay 13, 200.
Cliatollier 01, 08.
Clialrousso 130, 270, 27N.
Clu'iiillon 11)0, 11)8.
Chenu 7 4.
Chiiiireuil 28, :io, 31), 74, 1)8, 1)1). loo, Christophe 202.
Clairin 120, 242, 33 4.
Claude .30, 77, 122 12j, 272, 27 4.
Claudel {W.} 31, 42, D3, 1.32.
Clays 122, 171, 271.
Clrre 42.
Cle.sin^uar
Cock C.
de) .30, 7 4, 70.
<ioC(|uerel (de) 238.
Colin (G.)
Colin (P)
• ’.oinerre
• lonstant
Cordonnier 18D, 20 i.
Cornio n
Cornu (.1 .
Cornu (S
Corot 2:
G 30, 31), 98, 1)1), loi, 1
Col 1)2,
Cougny
( lourant
( lourhet
Couialouan 201.
Courtal
salons
Coiirtry (Joui an 2(H .
(Jouture 6, 11, LL IL, IT.
Crauck 27(1.
Cugnot 13.‘1, 19i.
. Curzon (de) 9.9. >
I)ali[ihard 73, 12. L lld, 2ii(L Daraé 188.
Oaraoye 18.'1.
Danlan 1U7, ILl.
Darru 23, 30, :;7, (19, 77, 122, 170.
Daubigny 27, 31, 50, :;i, 39, (13, 73, oo, lu7.
Daubigny (K) 12U, 173. 2.5(i, 20(1, 3ol, 3ti, 333. .
Debrie 131, 193.
Defaux. 7(1, 173, 200.
üega,s. 20(1.
Degeorge . 187.
Degrave. 2(10, 33o.
Dchodencq. 91.
üelacroi.v. 20-i, 2(10.
Delancc. 383.
Delaplandie. 132, 283, 19 1, 27 3,
Delaunay. 130, 223, 233.
Delhoinme. 190, 339.
Dclobbe. 170.
Dclort. 183.
Dclpy. 173, 2(19, 27n.
Denduyls. 2(17.
Denneulin. (il, 03, 07, 09, 18;;.
•Besbois. 189. • •
Desbouliii. 183, 2o.3 312.
Desbrosses. 18i, 239, 333.
Desgoiïes. 22, 23, 107, 113.
Désigné. 198.
üestrem. 273, 338.
Détaillé. 33, 30, 37, .32, 99, KL, III, 1.38, 2ol , 22;i, 313, .3 Dcully. 272. . . .
Diéterlc. 269.
Didier (J). 149.
Donzcl. 01. 09.