‹ Salons (1857-1870) (volume 2)Chapitre 16 sur 23 · PAT.OX · texte numérisé non relu

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nattes, dont j ignorais 1 existence historir|iie, m’ont remis en mémoire le prix du Salon de l’an dernier, M. Henri Peinte, qui, lui aussi, avait donné des cheveux de femme a un guerrier. J’ai cherché son œuvre pour voir ({uels j)i ogrès il avait faits ; M. Henri Peinte n’a e.xposé que le bronze de son Sa.rpédon, c’est-à-dire rien de nouveau.

Le goût et la distinction sont affaire à M. Jules Franceschi. Son portrait de Mme C..., statue destinée à figurer sur un tombeau, est une des meilleures œuvres du Salon. Aux mérites de l’exécution se joint celui d’une idée ingénieuse qui montre comment, avec de l’imagination et le sentiment de la vérité, on peut échapper aux banalités de l’allégorie.

^ Les deux figures de Crocé-Spinelli et de Théodore aSÛ'g/, destinées au tombeau qu’on leur élève au Père- Lachaise, ont produit dans le public une vive sensation. On oublie si vite à Paris que le souvenir de la terrible catastrophe était presque effacé. La vue de ces deux jeunes gens, étendus côte à côte dans la fraternité de la mort, 1 a fait soudain revivre. Le parti adopté par l’artiste a heureusement traduit le sentiment commun. La disposition des figures, le réalisme de leur exécution aident encore à l’émolion produite. M. Dumilàtre, qui n avait jamais eu de médaille, a obtenu du coup une première classe : 1 opinion ratifie cette récomjiensc.

M. Albert Lefeuvre a envoyé un groupe qu’il intitule Après le travail. Je dis groupe pour me conformer aux indications du livret; mais, en réalité, il n’y a pas groupe. Les deux figures sont placées l’une à côté de l’autre, et lien ne les relie entre elles que le besoin simultané do la soif. Sous celte réserve, l’œuvre, naïve de oonce|ilioii et bien exécutée, est des plus intéressantes.

Je n’aime point le Ganymède de M. Turcan, ni aucun Ganymède, d’ailleurs. La convention est trop violente ici pour que mon esprit l’accepte. Quand on me parle d’un enfant enlevé par un aigle, je ne puis le voir autrement que si c était un mouton, et alors le groupe n’a rien de

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sculptural. Une belle ligure, bien composée, bien modelée, c est le de M. Delhomme, œuvre (|ui aurait certainement dû rapporter une médaille à son autour. Le Persée, de M. de Vauréal,estaussi une idéeheureuse. 11 y a de la nouveauté dans la pose du héros et dans le geste ([u’il l'ait do rejeter loin do lui la tète do Méduse. Le Général Foij, de M. lliolle, a grand aspect. Le Pierre ('orneille de M. Falguière, semble un peu trop afliné comme exécution. Le Moïse de M. Victor Chappuy est extrêmement gracieux; exécutée dans un beau marbre, cette statue serait charmante.

Un mot à l’administration pour Unir. Parmi les bustes exposés ligure un corlaii? Portrait du 'prince L... N..., avec la plaque de la Légion d’honneur au côté, et le manteau aux abeilles sur l’épaule. En 1874, sous le régime du 24 mai, nous avons dû subir au Salon le Portrait duprince impérial, de M. .Tules Lefebvre. Mais aujourd’hui que les hommes du 24 mai ne sont plus là, et (pie la République existe, radministration ferait sagement de j)roliter dos remaniements qu’elle annonce pour éliminer un buste séditieux qui n’a que trop longtemps scandalisé le public.

Tous les ans, on discute sur la valeur du Salon. Est-il égal, inférieur ou supérieur à celui de Tannée précédente? La question se pose le jour de l’ouverture et le plus souvent le Salon se ferme avant qu’on ait pu faire la réponse.

Nous négligerons cet ordre de comparaisons, nous contentant de dire que, à quelque point de vue qu’on l’envisage, le Salon de 1879 mérite d’être étudié.

D’abord, c’est le premier Salon du gouvernement répu- !»licain, et à ce titre il nous serait déjà cher. Mais il est traversé en outre par des courants de jeunesse qui indi- (| lient le renouveau et donnent Tespoir de moissons prochaines. C’est plus qu’il n’est besoin pour mériter notre sollicitude.

On lui reproche de contenir trop de toiles. Labelle misère ! Je voudrais qu’il en eût davantage encore. La lîé- [luhlique ne doit-elle pas à tous les artistes part égale de lumière etd’espace ? Puisque Ton s’est mis d’accord sur le principe d’un Salon triennal extrêmement restreint, * quel mal y a-t-il à faire une exposition annuelle extrêmement ouverte ? Mille tableaux, deux mille tableaux de

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plus, qu’est cela ? Les critiques feront la grimace, mais le public s’y retrouvera toujours.

On reproche encore au Salon de ne point compter, parmi tant d’œuvres exposées, un seul clief-d œuvre. Qu’en sait-on? Est-ce à nous, est-ce aux hommes du temps présent, qu’il appartient de faire le départ entre ce qui est chef-d’œuvre et ce qui ne l’est pas ? Nullement. Tout le monde sait bien qu’en cette matière la décision appartient à l’avenir. Si les contemporains proposent, c’est la postérité qui dispose. Or est-il sûr que dans cinquante ans, cent ans, tel tableau que nous avons là sous les yeux ne sera pas considéré comme un chef-d’œuvre ? Qui empoche, par exemple, que le portrait de Mlle Sarah Bernhardt, par M. Bastien Lepage, ou celui de Mlle V..., parM. Gervex, ne restent pour nos successeurs ce qu’ils sont déjà pour nous, des œuvres extraordinaires, commandant, imposant l’admiration universelle? Rien, bien évidemment.

On reproche enfin au Salon de manquer de noms relentissants. Hélas ! Il est trop vrai. Les grands chênesde la foret ont été abattus. Eugène Delacroix, Théodore Rousseau, Millet, Corot, Daubigny, Courbet, sont tombés l’un sur l’autre. Ceux qui viennent après, plus jeunes, n’ont pas l’autorité dont leurs anciens jouissaient quand la mort est venue les prendre. Mais laissons faire le temps, c’est lui qui lustre et qui délustre. Dans chaque catégorie de l’art, pour un chef disparu, j’en vois dix qui se montrent, également impatients de saisir le commandement. Patience ! dans quelques années, l’état-major d* nos maîtres sera reconstitué.

Je ne trouve aucun défaut au Salon de 18/9, et au co i traire, je relève en lui une qualité sans égale . sa sign i fication est nette et précise. L’évolution qu’accomplit l’art français, ou, pour particulariser, — car les arts plastiques n’obéissent pas tous aux mêmes formules — l’évolution qu’accomplit la peinture française s y lit, comme si elle était écrite dans un livre. Les choses n’élaient pas arrivées encore à ce degré d’évidence. Chacun

voit clairement ce qui s’en va et non moins clairement ce qui vient. Ce qui s’en va, c’est l’école académique, la convention dans le dessin et la couleur, les sujets empruntés aux vieux thèmes des mythologies païenne ou chrétienne; ce qui vient, c’est l’école naturaliste, c’cst-ùdire la modernité dans le sujet, l’exactitude dans le dessin, l’harmonie dans la couleur, la vérité en tout, dans le fond et dans la forme Le spectacle est curieux : sans apparence de combat, il y a substitution d’une chose à une autre : la vie prend la place de la mort.

On a parlé récemment de littérature naturaliste. Je n’entends pas bien ce terme. La littérature n’a aucune raison d’être naturaliste plutôt qu’idéaliste. Elle n’a pas pour moyen nécessaire, obligé, la reproduction des choses visibles. Dégagée du monde objectif, libre comme la pensée même, elle accepte tous les modes, revêt tout les caractères. L’imagination lui est aussi nécessaire que l’observation. Dante, Shakespeare, Byron, Victor Hugo ont autant de droits à ses yeux que Balzac ou Champfleury. La prétention de celui qui voudrait limiter la littérature, sous prétexte de la définir, soulèverait un rire énorme. C’est du reste le succès qu’a obtenu l’écrivain auquel je fais allusion, le jour où il a voulu ériger sa pratique personnelle en théorie générale.

Dans le domaine des arts plastiques, au contraire, le mot naturalisme a son application, on peut dire toute naturelle. Le peintre ne peut exprimer sa pensée qu’au moyen des formes et des couleurs. Il demeure donc, quoi qu’il fasse et quoi qu’il rêve, enchaîné aux réalités du monde visible. Ces réalités sont le livre qu’il a constamment sous les yeux, le langage dont il doit s’approprier les expressions et les tours. Ainsi le peintre est naturaliste par destination. Tout le problème pour lui conbiste à se demander s’il doit chercher à ses risques et périls une source de poésie neuve dans l’interprétation des réalités que la vie lui apporte, ou s’il n’est pas plus sage, s’en tenant aux conceptions anciennes, de faire tourner le robinet connu des vieilles poésies my-

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thologiques cl religieuses, olVaire de Icmpéranienl !

L’école naliiralisle d’ailleurs ii’est ])oinl née d’hier. Dans le déveloi^pemenl des arts modernes, elle est même antérieure à l’école académique. Celle-ci se rencontre à la décadence des genres, l’autre à leur plus vigoureux essor.

Les primitifs chez tous les peuples ont été naturalistes, et il est des pays, comme la Hollande, qui n’ont jamais connu d’autre art.

Pour m’en tenir à la France coidcm[)oraine, — car, dans ce préambule déjà long, je ne veux [)as rcmontei' au temps des Clouet, le naturalisme chez nous date au moins d’un demi-siècle C’est sous la Hestanration, dans le paysage, qu’il a dél)uté, alors que Paul Huet, Théodore Rousseau s'insurgèrent contre les fabriques cl \o, feuille du xvin'’ siècle. Ils prétendaient arrivera faire vivant, à donner la sensation de l’aihre qui tressaille sous la brise, du nuage qui vole dans le ciel. C’était comme s’ils avaient voulu créer une nouvelle nature, tant leur idéal dilVérait de celui qu’ils voulaient reuqdaccr. Ils y réussirent pourtant si merveilleusement que jamais il n’y eut, tlepuis, retour olfensif de l’ancien système. La terre française ainsi conquise. Millet vint, qui lit sortir du sillon son terrible travailleur, VlIuiiDue à la houe: Troyonpromena dans tous les sens ses bu.'ufs de labour; Courbet plus prudent et mieux doué, après avoir point la simplicité villageoise et la corruption des villes, ouvrit aux regards ces immenses forêts de sapins où, au bord des eaux murmurantes, combattent les ceifs amoureux et s’ébattent les chevreuils légers. Tout un monde frémissant de vie prit ainsi naissance sous la baguetlc magique de quelques hommes.

Alors la bataille s’élargit. Le naturalisme devint à la fois une façon de comprendre l’art et un moyen de le réaliser. Du paysage, il s’étendit aux fleurs, aux fruits, à la marine, renouvelant chaque genre à mesure qu’il y touchait. Le voici aujourd’hui entré en plein dans l’Iûstoirc, opjtosaut le nouveau à l’ancien, la réalité ambiante

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à la fable li-aiisntise, pcrfcctioimanl les procédés de l;i peinture en niéine leinps qu’il en inodilie l’cspril;. débarrassant la pratique de mille petites coiivenlions inutiles, asj)irant à la vérité dans l’exécution comme à la vélité dans le sujet, poussant enfin l’art tout entier vers la ^imfilicité, la franchise, la lumière.

Telle est le sens de la formidable poussée <)ue nous avons sous les yeiixetoii marchent pêle-mêle, confondus dans la colonne d’assaut, MM. Hastien-Lepage, Due/. Gervex, Renoir, Vayson, Manet, Rutin, Roland et d’autres, dont les noms inconnus aujourd’hui seront célèbres demain.

Si l’on continue de ce train, la bataille ne sera pas longue. Sur tous les points <lu camp les troupes de l’ennemi semblent ébranlées. t)n cherche ce que sontdevunus nos prix du Salon. A l’exception de M. Lehoux, qui, 'Ous [tretexte de baj)tiser un Saint-.lcan, fait baigner des hercules forains dans une mare, on ne trouve [)lus ]iersonne. M. Cormon, le lin coloriste, et M. Sylvestre, le puissant dessinateur, sont également abse'nts. Ouant à nos récents prix de Rome, ils s’agitent dans l’incohérence et le vide. La grande bataille gauloisede M.Morot accuse sans doute l’énergie et la vigueur, mais quel invi-ai'semblable fouillis ! M. (domerre, dans son Lion urnourou.w, n’est guère plus intelligible. M. Besnard et M. Schornmer se bornent à envoyer des portraits et M. rdiartran n’envoie rien.

Seuls, MM. Rouguereau et .Jules Lefebvre soutienneni la retraite avec vaillance. M. .Jules J^efebvre a donné son [)lus grand elfort dans sa Diane surprise] M. Bougucreau lui-mêmes’estsurjiassé dans \a, N aissance de Vénus. C’est par de tels maîtres que cet art, tout d’arrangemeid et de convention, pourrait vivre, s’il n’était anémique de naissance et fatalement condamné.

AN,N'i';i-; iKT'.t

Oiuind on cnlrc dans la salle. <]ui l'id aulrcfuis le salon d’honiiciir et (jii’oii regarde devant soi, on a sons lesyenx ime grande toile rcpréseidani la Fnuiille et destinée à la mairie dn Xlll" arrondissement, (.'/est nne. composition de M. Lematte , pri.v de Home. 1/œnvre n'a l'ien d’attrayant. Le sujet est fait de banalités allégori(jnes mal consues entre elles, bes poses sont des réminiscences de maîtres antérieurs; pour n’en citer qn’iin exemple, le jeune labonrenr qui s’ajipnie aux «'ornes de sa eharrne semhlr nii grandissement de Léo|)Old llobert. Le paysage, qui aurait pu tout racheter par quelques accents vrais, manque, de force et .de réalité. Kntin la couleur est terne et l’aspect général attristant, (le tableau est donc bien loin d’ètre nn «•bef-d’œu vre. Si médiocre (]n’il soit cependant et si jianvi'e en qualités, il a à nos yenx un avantage iuai)pn'‘- .eiable : il ténioigm; de la l'évobdiou qui vient de s’ac- (onnplir.

(Juelle?

La sécularisation delà peinture.

Ivt en elfet, sous l’ordre moral, comme sous l’empire que l’ordre moral continuait, un pareil tableau n’eùt pas été l'ait. La prélecture de la Seine aurait commandé à Lematte nne Sainte Famille quelconque, et le tableau achevé se l'iit engoulïré dans une église, (jui ne s*e souvient de ce temps? La mairie, le collège, l’école, tous les grands édillces par oii saflirme la vie nationale, étaient sus|)0Cts, déshérités des choses d’art ; leurs murs devaient rester blancs. Seule l’Kglisé avait qualité pour se vêtir de couleurs. L’art religieux tenait le premier rang dans la hiérarchie artistique. Les i)ouvoirs publics se tenaient à sa dévotion ; les ci'itiques n’âuraient pas osé commencer leur compte rendu annuel .sans lui avoir rendu préalablement hommage. En vain quelques fâcheux annonçaient sa

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lin prochaine, inévitable résnllal, disaienl-ils, du inonveinenl des idées en )''rance, on se riait de leurs pronostics, on en faisait voir l’inanité en montrant la |)einture religieuse attablée jusqu’au cou au double budget de l’Etat et de la ville de Paris. Pendant plus de trente ans, de 18 iO à 187Ü, rinsatiable se gorgea ainsi de commandes et do travaux. .laniais ou n’avait reslauré autant do cathédrales, jamais on n’en avait autant enluminé, l’our faire face à la besogne, il fallut réquisitionner tous les bras. Ees jdus illustres de nos artistes furen’ embauchés au service de la ^'ierge et des saints. Eugène Delacroix, Ehassei'iau, Perin, Orsel, Elandrin, Delaroclie, Gigoux. .leanron, Léon Cogniet, Lehmann, Couture, Jean-Paul haurens, Donnât, Lenepveu, eurent leur chapelle à faire dans les é lises de Paris. On utilisa meme les paysagistes : Corot, Daubignv, f'rancais, ont signé quelque part dos murailles où montent les verdures et oii hniissent les eaux courantes. J’ai iiarlé de réquisitionner les bras, on réquisitionna même les peintres qui n’en avaient pas : Ducornet, le célèbre Ducornet,eut son morceau à illustrer tlans un coin de Saint-Louis-cn-l’lle.

Gn’est-il sorti de ce vaste eml/rigadcmcnt de forces ? Deaucoup de Iravail réalisé, peu d’œuvres sérieuses. On cite, à Notre-Dame-de-Lorette, les décorations de MM. Peiin et (ti'sel, exécutées avec un sentiment archaïque qui n’est point sans saveur ; à Saint-Vincent-de-Paul et à Saint-Germain-des-Pi'és, celles de M. ilippolyte Flandrin, qui rêvait je ne sais quel amalgame des |uimitifs et de lîaidiaèl ; enlin, à Saint-Sulpice, celles d’Eugène Delacroix, qui, maître là comme ailleurs, rayonne en tous lieux d’originalité et de génie. Et après ? Pden, ni personne. Deux ou trois compositions intéressantes i)ourdes kilomètres d’ennui, tel est le bilan de la peinture religieuse à notre époque. Est-il donc étonnant que l’opinion s’en soit si complètement détournée ?

Ajoutez que, de tous les édifices connus, les églises sont certainement les itlus mal disposées pour recevoir de la peinture, ha lumière y est détestable. En outre, dans

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riminidilé nieurlrièi'C des ncl's, le tableau luoisil, la toile mai'oullée se décolle. Le jiassant renonc.e bien vite à s’intéresser à des OMivi'es qu’il lui faut suivre dans des hauteurs inaccessibles et (|ui sont éclairées presque toujours au rebours de l’ell'et.

(.lu a crié quand le conseil uuiriicipat de l’atis a déclaré close la période d’orueuieutalioii des églises, llfaut rccoiinaitre aujourd’hui qu’il a fait acte de boiiue adiuiiiislralion L’opiuiou publi(pie est avec lui, et ce u’estpas l’état de laqeiuture religieuse au Salon qui lui fera regrclter sa mesure.

Lieu eu elfet, u’est plus [)éiiible à voii-. La [leiuture religieuse se débat contre un eiiueuii qui rie iiardouue pas, la ba;.alité. Lu vain, elle fait appel à la jeunesse. Ce u’est pas certaiuemeut .M. ^^'eucker avec sa peinture lisse ni M. Toudouze avee ses auges ridicules qui parvieudroul à lui donner queUpie verdeur. Eu vain M. Lecoule du iNuuv ajipelle Eustacbe Lestieur à son secours, Eustache Lesueur était de sou teuips, et le tableau de M. Lecoutellu Nouy est du noire, sec, dur, désagréable et plat. Le Christ cunsühilcur, de M. Albert Maiguaii, se présente à l’esprit comme une charade d’ordre composite. Le Jacob chez LnbiDt. de M. Iteury Lerolle, a des qualités d'barmouie ilaus la noie grise, mais la toile est hors de proportion avec le sujet.

(Juelques artistes se défendent eontre la banalité avec des moyens particuliers. M. Lehou.v, nous l’avons vu, a recours à la musculature; il fait de saint .lean un Ci’est et de Jésus-Christ un Uabasson. M. Iteury Lévy demande à la couleur son charme et n’aboulit ([u’à de médiocres imitations de Delacroix. (Juaiit à M. Olivier Merson, il se défend par l’archaïsme de l’exécution et le raflinement de l’idée. Le Cepos en K<jypte est une conception ingénieuse, poétique même par certains cotés; le souvenir de Beuozzo Gozzoli Hotte sur Cnint-Isidore et semble le protéger. Mais qui ne voit la fausse application morale? Un laboureur priant pendant que son auge gardien conduit la charrue, c’est une prime donnée à la paresse. Elle

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