‹ Salons (1857-1870) (volume 3)Chapitre 1 sur 17 · Salons (1857-1870) · texte numérisé non relu

Salons (1857-1870)

L’art français avant la guerre. — Prépondérance de la France au dehors ; évolution artistique au dedans, qu’en reste-t-il? — Le ministre, le directeur, le jury. — Deux systèmes : protection, liberté. — Le Salon de 1872 n’exprime pas la pensée française. — Portrait de M. T hiers, par Mlle Nélie Jacquemart.

Ouvrant comme il ouvre, après une interruption de deux ans et au lendemain des calamités qui ont mis notre faiblesse à nu, le salon de 1872 devait, être une enquête, rien de moins, rien de plus. Il s’agissait bien d’épurer, de composer à coups d’arbitraire et de violence un choix plus ou moins digne d’être placé sous les yeux d’un public difficile ! Ce qu’il fallait, c’était être exact, sincère et complet. L’opinion ne demandait pas davantage, mais elle demandait tout cela. Car il est une chose qui importe plus que l’agrément des visiteurs ou la gloriole de M. Charles Blanc, c’est que la France sache si sa puissance intellectuelle et morale a été atteinte.

Avant la guerre, nous avions une vie artistique très brillante et très féconde.

D’abord, nous étions les premiers en Europe, ce qui est toujours flatteur. Les peuples nous regardaient et nous enviaient. Etrangers au mouvement d’idées qui nous

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