‹ Salons (1857-1870) (volume 3)Chapitre 3 sur 17 · AN>'ÉE · texte numérisé non relu

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poids de l’or, donnent raison à ses paroles. Quand, après dix scrutins qui ont mis en mouvement les trois quarts ■du pays, on n’accepte pas que la République soit le vœu de la nation, comment accepterait-on, après quarante années de production paysagiste, que le paysage soit l’expression artistique de la France? Le naturalisme, c’est encore de la démagogie; et, la démagogie, tout le monde sait bien qu’il la faut écraser.

La direction de Al. Charles Blanc achète des Constable : ironie!

Le gouvernement de combat ne sera vaincu sur le terrain de l’art que le jour même où il aura été vaincu sur le terrain de la politique.

Les peintres de genre. — Trois groupes : les fantaisistes, es archéologues, les réalistes. — L'école Aleissonier.

Les peintres de genre peuvent se partager en trois groupes : — les réalistes, qui empruntent leurs sujets à l’époque contemporaine ; — tes archéologues, qui remontent aune date quelconque dans le passé; — les fantaisistes, qui s’inspirent du seul caprice de leur imagination.

Les fantaisistes sont les moins intéressants. L’imagination, quand elle n’est ni soutenue par une instruction sérieuse, ni contrôlée par un jugement sûr, ne peut aboutir qu’à des résultats médiocres. M. de Beaumont juche deux amoureux au sommet des tours de Notre- Dame et les cache aux trois quarts derrière une gargouille : Yoilà-t-il pas un bel effort de pensée!

Les archéologues tendent à diminuer. Il n’y a plus guère que M. Alma-Tadema qui tienne bon. A l’époque où Gérôme emportait tous les succès avec des intérieurs pompéiens ou étrusques, ce farouche élève de Leys arriva

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sans crier gare, et nous plant.i devant les yeux, savezvous quoi? l’Egypte sous la 19" dynastie. C’était nous reporter plusieurs milliers d’années en arrière. Personne ne s’attendait à un tel coup, pas même Gérôme, qui y perdit net la moitié de ses admirateurs. Un peintre plus savant que lui, plus antiquaire que lui, se révélait. Qu’était le monde de l’empire romain, comparativement à celui de l’Egypte ancienne? Presque une actualité. Le prestige était évanoui; il allait falloir changer de sujet. Justement, sur ces entrefaites, Gérôme perdit un auxiliaire dévoué, dont la science archéologique lui avait été, dit-on, une aide plus qu’utile. Comment hésiter? L’auteur des Deux augures secoua la poussière de ses pieds, et, lâchant le monde romain, courut en Orient demander à d’autres peuples ot à d’autres cieux des nouveautés non encore éventées. Resté vainqueur, M. Alma-Tadema ne s’endormit pas sur ses lauriers. Après quelques incursions chez les barbares, d’où il rapporta je ne sais quelle Brunehaut ou quelle Frédégonde, il envahit à son tour l’empire romain, et prit, en conquérant victorieux, possession du territoire abandonné par son adversaire. L’an passé, c’était une Mort de Claude, passablement énigmatique; cette année, c’est la cérémonie des Vendanges romaines sous les empereurs. Ceux qui croient que le peintre a qualité pour ressusciter des époques éloignées sur lesquelles il ne peut avoir que des renseignements de dictionnaire, ceux qui n’admettent pas que la seule façon pour le peintre de travailler à la matière historique soit précisément de représenter les hommes et les choses de son temps, — comme le firent llolbein, Velâzquez, Titien, Rembrandt, et tant d’autres qu’il serait trop long de nommer, — ceux-là, dis-je, prendront grand plaisir à détailler la composition de M. Alma-Tadema. Elle a deux défauts : l’architecture écrase les personnages et l’unité du tableau disparaît sous la multiplicité des accessoires. Mais ce sont là les défauts du genre. On ne ]ieut pas être à la fois pittoresque selon les conditions de l’art, et archéologi()ue scion les cou ’iîions de la

science, puisque l’archéologue doit rechercher ayant tout la précision des détails, tandis que le peintre ne peut obtenir son effet qu’en subordonnant les détails à l’ensemble. Cette contradiction suffirait, à défaut de tout antre raison logique, pour faire condamner le genre. Il paraît qu’elle n’est pas sensible à tout le monde, puisque le bric-à-brac antique a encore ses idolâtres. Signalons-leur qu’ils pourront admirer en outre, chez M. Alma- Tadema, une douceur de coloris et une vérité de rendu que n’eut jamais M. Gérôme. Il y a dans ce tableau de vendanges des marbres, des bronzes, et surtout des poteries, qui feront le désespoir du peintre des gladiateurs.

Les réalistes ne demandent leurs sujets ni à la fantaisie ni à l’érudition. Les particularités curieuses de l’histoire leur sont en mépris aussi bien que les dévergondages de l’imagination. Ils pensent des tableaux ce que Montesquieu pensait des lois : on ne crée pas les lois, on les découvre; on n’invente pas les tableaux, on les constate. La vie en est pleine; il est impossible d’entrer, de sortir, de faire un pas, sans se heurtera eux. Un homme, qui marche dans une ville comme Paris, en voit plusieurs milliers en un jour. La question est de les saisir au passage et de les fixer. Pour cela, il faut avoir l’œil clair et la main sûre. Qualités rares. Combien de peintres ne savent pas voir en peintres ! Combien ne comprennent pas les beautés de la nature! Combien s’ennuient au sein de la l'éalité! Combien se sont. élancés vers l'Orient, trouvant le paysage des campagnes de France vulgaire et sans charme ! Combien remontent dans la mythologie ou dans l’histoire pour fuir la société présente, déclarant les caractères rabaissés, les originalités effacées, les costumes ridicules, les habitudes triviales ! Ils ont sous les yeux le champ le plus vaste, la société contemporaine avec ses diversités infinies, avec tout ce qu’elle embrasse, les classes, les professions, les caractères, les mœurs, les sentiments, les idées, les combinaisons éternellement mouvantes formées par les intérêts ou les passions, et ils se prétendent à l’étroit ! Au lieu de se pencher, d’exami-

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ner, de décrire, ils rêvent à ce qu’ils pourront bien tirer de leur cervelle. Vous les appelez des âmes nobles, poétiques; moi, je prétends qu’ils ont le cristallin malade et l’esprit racorni. Le dédain qu’ils affichent pour les spectacles familiers n’est qu’une incapacité de voir et une impuissance de rendre. Quand on ne peut serrer la nature d’assez près pour en e.xprimer la vie, on n’a rien de mieux à faire que de se réfugier dans l’idéal, c’est-à-dire le néant.

Qu’est-ce en somme que la poésie, sinon la fleur même de la réalité? Le domaine du peintre de genre est le même que celui du romancier, que celui du dramaturge. Pourquoi n’y trouverait-il pas, comme ils font de leur côté, les beautés immortelles conformes au génie de son art? Mais, pour saisir dans l'immense tourbillonnement des faits et des choses les éléments spéciaux à la peinture, ceux qui constituent proprement le pittoresque, pour leur imprimer ce caractère d’élévation et de force qui fait d’un produit de la main une œuvre d’art et qui le rend durable, il faut être particulièrement doué. Tous ne le sont pas; mais, au nombre de ceux qui le sont le plus, il est juste de citer Bonvin.

Bonvin est un des peintres dont notre école s’honore; il a au plus haut degré la conception du tableau. Rien d’inutile dans ses compositions, où pas un détail n’entre qui ne contribue à l’elTet. Dessin, couleur, distribution savante de la lumière, interprétation intelligente de la vie, observation attentive des caractères, traduction fidèle des sentiments, tout s’y trouve. Peut-être y a-t-il (jLielque sécheresse çà et là dans \e Réfectoire, msiis le Laborcitoire est tout simplement parfait.

M. Bonnat réussit mieux dans le genre que dans la grande peinture. Son exposition de cette année en est la preuve. Ce Scherzo, même avec son thème banal, est trop franchement peint pour ne pas enlever les suffrages ; et, quant au Barbier turc, si juste de pose, si naturel de mouvement, je ne crois pas qu'il soulève aucune objection.

M. Beyle semble vouloir renoncer aux saltimbanques

et grandir un peu le cadre de ses scènes, double tentative dont il faut le louer. Son Marchand de bibelots faisant jouer un poignard dans sa gaine est d’une excellente facture. Mais pourquoi l’avoir fait nègre? Est-ce qu’un marchand parisien, placé dans une boutique et se livrant à la même opération, présenterait moins d’intérêt? Personne n’oserait le prétendre, à moins de faire consister l’art dans la matérialité d’un costume ou d’une couleur de peau. Mais non, il y a là une fausse conception de la poésie, que je ne blâme pas chez les peintres d’àge comme M. Bonnat, puisqu’elle a été contemporaine de leurs débuts, mais dont les jeunes gens devraient à la fin se débarrasser. Non seulement il faut être de son temps, mais il n’est pas mauvais d’être de sa nation. Si l’art français ne se propose pas pour but la glorification de la France, quelle prise aura-t-il jamais sur les masses?

M. Détaillé a balancé un instant le succès de M. de Neuville, mais je crois que cette méprise du public n’a pas duré. On s’est aperçu vite qu’à regarder les Dernièi-es cartouches l’émotion croissait, tandis qu’elle baissait à regarder la Reti'aite. Voilà qui établit nettement la différence des deux œuvres. Le tableau de M. Détaillé est froid, en somme. L’officier à cheval, l’attelage du caisson désemparé, sont les meilleurs morceaux. Ils sont traités avec une habileté consommée ; mais cette habileté est trop apparente pour ne pas nuire à l’impression. Quant au paysage, le soleil n’est pas à son plan, et la forêt n’a pas la vigueur de nature. C’est à cette partie de son art que M. Détaillé devrait surtout veiller. Il sort d’une école où le paysage a toujours été sacrifié; le jour où il saurait le traiter comme la figure, il serait maître.

Un nouveau venu qui s’annonce avec des qualités sérieuses, c’est M. Léonce Petit, illustrateur, je crois, d’un de nos journaux populaires. Sa Rue d’une petite ville est d’une exécution franche et solide. Ce sont des vielleux arrêtés dans un carrefour : les gamins arrivent, les commères paraissent aux fenêtres, le quartier est en mouvement. Le tableau s’arrange de lui-même, sans effort.

Tout est bien vu et bien rendu. Voilà qui annonce un peintre.

M. Luminais ferait peut-être bien de licencier son armée de Gaulois. Certes, le Gaulois a du bon, mais toujours des Gaulois, toujours la même figure avec le même casque, toujours le même bras nu avec le même muscle, c’est trop. On se lasse des choses les meilleures, et quand on se lasse, on s’aigrit, et quand on s’aigrit, on cherche les défauts. On remarque, par exemple, que les Gaulois qui portent le sanglier ne marchent pas comme des hommes qui ont un poids sur Tépaule; ou remarque... Que M. Luminais renvoie ses Gaulois dans leurs foyers, se reposer un an ou deux.

M. tîlmann a peint un curieux épisode de la vie espagnole, El Ochavito del jiieves ^le denier. du jeudi . La scène se passe dans la rue, à Burgos; hommes et femmes, assis ou debout, attendent la distribution que fait une espèce de prêtre revêtu du chapeau traditionnel. Dans le fond, par une trouée lumineuse du meilleur effet, on aperçoit d’autres figurines qui se perdent dans réloignement. Les personnages du premier plan sont étonnants de vie et de naturel. Attitudes, expressions, costumes, tout est pris sur le vif; et quoique renscmble soit peut-être un peu éparpillé, l’impression est excellente.

M. FirminGirard a voulu faire uneexcur.sion au Japon. Fantaisie d’un naturaliste qui aime à proposer des problèmes à son pinceau ! il en est résulté la Toilelte japonaise, qui est une des œuvres les plus réussies du Salon. Il y a notamment une fenêtre ouverte, par où l’on voit un ciel, une plage et uii bout de mer: c’est délicieux de finesse et de vérité. Je m’arrête à cette petite toile, parce qu’elle est le caprice d’un homme de talent, qui, j’en suis sûr, ne s’attardera j)as à ces sujets exotiques et qui reviendra bien vite en France, où il a mieux à faire.

M. Muukacsy est un jeune Hongrois qui s’acquit une célébrité, il y a quelques années, par la belle toile du Condamné à mort. Il reparaît parmi nous avec une œuvre conçue dans le même sentiment moral et le même

système de coloration noire. C’est un épisode de la guerre de Hongrie : des femmes, assises autour d’une table, écoutent le récit d’un blessé en faisant de la charpie. Le récit doit être émouvant, car l’attention, différente chez chaque personnage suivant le sexe et l'âge, est profonde et en quelque sorte religieuse. Il y a là des types vrais, une idée noble et élevée. J’incline à croire cependant que M. Munkacsy avait touché plus près du but avec le Condamné à mort.

A l’égale distance des fantaisistes, des archéologues et des réalistes, plus haut dans la faveur publique, mais plus bas dans l’échelle des arts, se place l’école des infiniment petits, autour de laquelle se fait aujourd’hui tant de bruit et de poussière. Cette école, qui commence à M. Meissonier pour finir à M. Jazet, la dernière recrue entrée en ligne, se distingue par la petitesse du cadre, l’ingéniosité du sujet, la minutie de l’exécution. Elle tient des fantaisistes, l’amour de l’anecdote piquante ; des archéologues, le goût du costume historique ; des réalistes, l’habitude du modèle vivant. Ce dernier point est à son actif. Si une certaine bourgeoisie ne s’était engouée d’elle jusqu’à l’extravagance, si ses produits microscopiques n’étaient pas les plus haut cotés par la spéculation, on pourrait lui faire un titre de la justesse de ses poses et du naturel de ses attitudes. Mais l’accueil qui lui est fait est telleiuent disproportionné avec son mérite, le danger qu’elle fait courir au goùc public est tellement visible, qu’on est obligé de se montrer sévère et d’accuser un charlatanisme qui force la curiosité, de la même façon que d’autres forcent une carte. 11 y a dans cette détestable école une apparence de savoir faire, mais peu d’art. Elle attire la foule par l’imprévu du sujet, elle la retient par l’étrangeté du costume. Grâce à ce subterfuge, grâce aussi à certaine vérité d’allures et de gestes, elle fait oublier l’infirmité de l’idée, l’incohérence de la composition, les lacunes du dessin, l’acidité de la couleur, c’est-à-dire les qualités primordiales et nécessaires, sans lesquelles on ne peut pas dire qu’il y ait œuvre d’art.

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M. Berne-Bellecour, par exemple, s’imagine qu'on compose un tableau comme on ordonne une scène de théâtre. S’ous verriez le Jour des fermages représenté à la Comédie-Française, il ne serait pas autrement disposé sur les planches que sur la toile. A gauche, le propriétaire, goutteux et la jambe empaquetée, premier centre d’action; à droite, l’intendant en train de recevoir et de donner quittance, deuxième centre d’action; au milieu, troisième centre d’action, le groupe de la jeune fille qui n’ose avancer et que la matrone encourage. Et non seulement la scène est distribuée par un régisseur et non par un peintre, mais tous les personnages jouent un rôle et posent. Ainsi la composition est artificielle et Faction est triple ; d’où, ni impression ni elTet. Quant à l’idée, s’il n’y a pas quelque polissonnerie au fond, c’est un pur enfantillage. Que reste-t-il ?

M. Vibert est moins heureux encore. Il était si désireux d’appeler l’attention, qu’il a mis dans son Départ des mariés quatre tableaux: tableau des commissionnaires qui emportent les malles; tableau des mariés et de leurs amis buvant le coup de l’étrier ; tableau des femmes assises et regardant le départ ; tableau des buveurs attablés. Que dis-je quatre tableaux? Tout fait tableau dans sa toile, et tableau séparé ; les corniches, les pigeons, les guirlandes de Heurs, les étoffes, les figures même. Rien ne se tient, rien ne se lie, rien ne se fond. Chaque objet est traité en soi, séparément, avec la même valeur que son voisin ; c’est l’antipode même de la peinture.

M. Worms a de plus que ses deux confrères le sentiment du tableau : il sait voir un ensemble, comme le prouve la Tante à succession. M. Louis Leloir a encore quelque chose de plus, c’est un coloris presque agréable: son Baptême est de beaucoup le meilleur tableau de la série. Mais qu’adviendrait il, grands dieux ! si, au lieu d’être habillés à la moyen âge, ces figurines l’étaient à la moderne?

Ce sont là les célébrités actuelles de l’école lillipu-

tienne. Elles ont fait pâlir l’ancienne renommée des Fichel, des Chavet. Mais déjà une queue terrible s’agite derrière elles. M. Melida paraît vouloir opposer la véritable Espagne à l’Espagne conventionnelle adoptée par M. Vibert. M. André jette le cri de Vice le roij ! et appelle les bons principes à la rescousse de sa peinture. M. Gués agite des combats de coqs, qu’il ne daterait pas de Louis XII s’il n’y avait quelque allusion aux d’Orléans. Qui sait si demain, la politique aidant, le gouvernement de combat ne se mettra pas dans l’affaire?

C’est le lion Meissonnier quia engendré ces lionceauxlà, Meissonier ! voilà longtemps que son art funeste pèse sur la conscience publique. Aujourd’hui ce n’est plus seulement par lui-même et par ses œuvres qu’il dégrade le goût français, c’est par la génération d’élèves qu’il a formés à son image. Il est impossible de condamner l’œuvre des élèves sans toucher quelques mots de celle du maître. M. Meissonier n’a jamais su faire un paysage, établir un terrain, peindre un ciel, exprimer l’atmosphère du grand jour et du plein air. Dans la cervelle de cet illustre peintre, il ne manque que le ciel, la terre, la mer , le soleil , les étoiles, toutes les poésies de la nature et de la vie. Et comme si ce n’était pas assez de cette dérision, le sort en a enlevé à l’artiste le concept de la femme. M. Meissonier n’a jamais pu, ni su, ni voulu peindre de femmes. L’être par excellence, celui (jui résume toutes les sensations charnelles, qui fait le charme et la volupté des yeux, n’existe pas pour lui. Il n’est pas de peintre, pas d’artiste, qui ne se soit fait un idéal de la femme, qui n’ait tenu à suprême honneur de la rendre sous quelques-uns de ses aspects. Nue ou drapée, mère ou courtisane, c’est elle qui domine dans l’admiration des peuples, et l’art universel n’est qu’un long hommage rendu à sa beauté. Eh bien ! M. Meissonier ne la connaît pas, il ne l’a jamais vue, il ne lui a jamais fait place dans ses tableaux ! Mutilé, amoindri, borné de la sorte, au moins M. Meissonier sait-il animer et faire vivre le triste coin du monde où son esprit est

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muré, sans horizon ni lumières? Pas même. Pour rendre intéressantes ses petites photographies coloriées, il est obligé d’avoir chez lui un magasin de bric à brac et d’habiller ses modèles en marquis ou en valets Louis XV. Supprimez par la pensée ces costumes et remplacez-les par des vêtements actuels, à l’instant tout l’intérêt s’en va.

Grand Meissonier, dit la réclame : petit, très petit Meissonier, dira l’histoire.

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