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brises aimées, pour y suivre de lœil le pli des terrains et la fuite des arbres, ou pour y rêver en écoutant la sourde germination de la vie latente, nous emporterons avec nous, et mêlerons à notre propre sentiment, quelque chose de votre émotion même, une vibration de votre être.
Le portrait, lui, est l'expression de l'individualité humaine. C'est celte individualité manifestée, extériorée, rendue en quelque sorte palpable et visible; — non pas envisagée sous un point de vue transitoire et partiel, non pas prise dans tel ou tel moment passager de son existence, Joie ou douleur, rire ou méditation, veille ou travail, mais traitée d’une manière définitive et sommaire, saisie et fixée . à cel instant de pure raison qui la résume sous toutes ses faces, l'élève rapidement à son maximum de vie, etla dévoile tout entière, d’un seul coup, dans l'intensité et la diversité de ses puissances.
Autant done la nature répugne à une systématisation quelconque des existences qui posent ou se meuvent sur son sein; autant l'homme, pour être compris et exprimé, exige impérativement l'unification étroite etsévère de son être et de ses virtualités.
L'unité, c'est la loi du portrait.
Je viens de dire que le portrait est l'expression de l’individualité. Cette définition porte en elle des conséquences graves : il ne faut pas craindre de les aborder.
Commençons par rappeler d'abord une chose connue ; c'est que, de toutes les formes de l'être, homme est celle qui réunit les caractères d'individualité les plus accusés, je veux dire la délimitation et autonomie. Nulle, ou à peu près, aux premiers échelons de la vie, l’individualité croit ‘et s'affirme à mesure que l’on s'élève. Les minéraux, même sous la forme eristalhisée, paraissent en être dépourvus; vous pouvez en effet les désunir, les diviser, les fragmenter à l’infini, il semble que vous ne faites que désaggréger des molécules unies par des forces mattrielles. L'individualité commence véritablement àla série végétale, mais elle y reste vague et confuse encore. Du végétal lié
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au sol, se reproduisant par la bouture et la greffe, à l’animal qui se déplace etse meut librement, elle grandit tout à coup. La délimitation physique est faite, l'autonomie va venir. L'homme apporte avec lui. L'individualité éclate en effet, et définitivement, chez l’homme dont elle est le sceau, la marque suprême. Et chez lui, elle n’est pas seulement formelle etspécifique, comme chez les végétaux et les animaux; elle est tout à la fois et concurremment formelle et idéelle : de telle sorte qu'elle ne différencie pas seulement l’homme des espèces et des règnes inférieurs, elle le différencie encore et surtout de lui-même.
Cette remarque est capitale, puisque c’est cette différenciation même qui permet le portrait, et qui en est la raison d'être. L'homme se distinguant physiquement et intellectuellement de son semblable, son portrait est possible.
Mais ce serait une erreur de croire que le portrait est le bénéfice exclusif de l’homme. Le portrait, expression de l'individualité dans la créature, suit cette individualité pas à pas dans sa progression ascendante, se réglant sur elle, apparaissant ou disparaissant selon qu’elle se dégage ou s’éclipse. Ainsi, il existe ou n’existe pas, selon que la forme à pourtraire fait partie de telle ou telle série; il se précise ou s'efface, selon que cette forme est plus ou moins expressive, c’est-à-dire pourvue d’individualité. Les végétaux, par exemple,n'ont pas de portrait etsont condamnés à s’en passer toute leur vie. Parmiles animaux, les infimes n'en sauraient avoir un ; les plus élevés dans l’échelle, au contraire, ceux chez lesquels l'individualité est déjà plus discernable, y prétendent et avec quelque titre ;le chien commande depuis longtemps sa ressemblance à l'artiste ; le cheval suit son exemple; il en viendra d’autres.
Les hommes ont seuls un droit incontestable au portrait. Mais ici encore des restrictions sont à faire. L’extrème enfance, (masse informe et fluide »,n’a pas de portrait. L’adolescence en à à peine; et, quant aux hommes mürs, le développement tardif du grand nombre me force présentement à les ranger. comme les animaux, en deux
ANNÉE 1857 31 ll IE classes: ceux qui ont un portrait, et ceux qui n’en ont : |
pas encore et n en auront de longtemps. Je reviendrai làdessus ; je ne voudrais pas qu'on me reprochàtl d’immoler sans phrases les cinq sixièmes de mes semblables. ; Je reprends. L'individualité humaine et le portraitsont ‘. liés l'un à l'autre, comme l’idée l’est au mot qui l’exprime. Mais le plus haut degré de | individualité dans Fhomme est celui où il y a épanouissement harmonique de ses facultés morales, el simultanémentconnexion intime el serrée, correspondance mystérieuse entre son êlre intérieur, intelligence, volonté, passion, et son.être plastique, ligne, attitude, couleur. L’honneur de l'artiste qui aborde lindividualité humaine, sera donc d’avoir saisi Ce rapport imperçu du vulgaire, et sa tâche, de l'exprimer. IL devra, appliquant au portrait la fameuse définition « l'homme est une intelligence servie par des organes, » s’efforcer de figurer cette intelligence, le moi humain, dans les lignes du visage et l'allure du corps; en d’autres termes, de réaliser Pidéel dans le formel, et de manifester plastiquemeut l'unilé qui relie dans un même être, dans l'individu-homme, les virtualités multiples dont le portrait est la synthèse.
Ne coneluez pas de là que le portrait répugne à l'idée de beauté et qu’il Pécarte systématiquement; ce serait illogique. Ce que l’on doit dire, c'est qu'il s'empare de ce concept souverain dans les arts pour le plier à son objet spécial, le particulariser, et qu'il en rend par là même l'importance plus sensible. Seulement, ce n'est pas sous ses formes les plus générales, je veux dire la noblesse du type, la purelé des lignes, la grâce et l'harmonie du mouvement, que la beauté se présente dans le portrait : elle consiste entièrement dans la puissance d'expression, c’est-à-dire dans l'accord intime de la forme avec l'être moral.
Mais il ne suffit pas d’avoir mis l’idée dans la matière, d'avoir exprimé par les lignes fixes les aptitudes intellectuelles,les tendances passionnelles par les lignes molies, le tempérament par les tons, les habitudes par le mourve-
ment général. Ce n’est pas encore là tout le portrait : il faut creuser plus profondément.
L'individu, même lorsqu'il a acquis son développement complet, ne se ressemble pas à tous les moments de son existence. Chacun de ses actes est déterminé par une situation d'esprit particulière, qui commande les lignes de son visage, et en modifie l'expression. Indépendamment de la joie et de ladouleur, du rire et des larmes, côtés fugitifs que le portrait n’a pas à aborder, il y a en l’homme mille aspects, mille lui-même que les chocs de la vie mettent en relief et font vivre successivement. I] y a d'abord en lui l’homme de tous les jours, l’homme de la vie vulgaire et des occupations banales, l’homme qui boit, mange et dort, vaque à ses affaires, s'amuse ou s'ennuie; puis il y à l'être intelligent, curieux d’art, de littérature. de science ; il y a l'être passionné qui s’émeut, qui s’anime en parlant d'amour à une femme, de politique à un nomme; il y a... Pénumération serait trop longue. Eh bien, ne conçoit-on pas qu’à chacun de ces aspects correspond une physionomie spéciale et distincte ? Laquelle est l’homme ?Ilest bien évident que chacune d'elles l’est en parte, mais qu'aucune ne l’est tout entier. Devronsnous dont, pour posséder notre vraie image, en multiplier à infini les exemplaires et nous faire représenter à chaque heure de notre vie? Ce serait contradictoire, et le daguerréotype alors suffirait à l'art : double absurdité. L'homme doit être exprimé en une seule fois et d’une manière définitive : le portrait est une synthèse, nous l'avons dit. Il faut done, si l’artiste ne veut pas se borner à faire un masque sans vie ou à n’exprimer qu’une face de la physionomie, il faut qu’il pénètre résolument dans l’âme même de son modèle, qu'il compulse attentivement les registres de son intelligence, qu’il calcule la portée de ses passions, qu'il aborde courageusement le sphinx de sa conscience pour en tirer le secret de sa valeur morale ; et puis, groupantet synthétisant ces éléments divers, il doit faire arriver jusqu’à la surface de so homme tout ce qu'il aura trouvé au fond, grandeur ou faiblesse, géné-
rosité où infamie, haine-ou bonté, pour que cela reste, auréole ou stigmate, incrusté et fondu dans les plans et les lignes de ce visage humain. Arrivé à cette hauteur. le portrait, surtout le portrait d'histoire, est plus qu'une uvre d'art : c'est un jugement.
Le portrait ainsi compris, combien peu de modèles humains sont dignes du pinceau de Partiste ! Au-dessus du niveau des foules s’élèveun petit nombred’hommes d'élite, que les inquiétudes de la pensée ou les agitations du cœur ont marqués comme d’un signe. Ce sont des penseurs, des poètes, des savants, des magiciens, des prophètes. Ils n’ont rien de lAntinoüs, La vie qu'ils vivent ou qu'ils ont vécue, à amaigri leurs muscles, ridé leur peau, jauni leur front. Mais lélincelle mystérieuse qui allume leur œil flamboie prestigieusement; la pensée calme et haute habite les voûtes de leur crâne. La vieillesse les prend de bonne heure; une fois abattue sur eux, elle ne les lâche plus et les mène vite. Acharnée, elle poursuit sans s'arrêter son lent travail d’émaciation, elle les décharne, elle les édente, elle les déforme. Mais, à mesure que le corps se rétrécit, il semble que la pensée prenne toutes ses proportions : avec le temps, l’idée &tla chair se fondent et arrivent à ne faire qu'un ; on dirait que la première ne eut retenir de la seconde que tout juste ce qu'il lui faut pour se manifester. Ces têtes de vieillard sont éminemment propres au portrait, en ce qu’elles présentent au plus haut degré l'identification de la forme avec l’esprit. Aussi les vieux maitres les recherchaient précieusement; et Rembrandt, cet artiste immense, a aimé en enfermer quelques-unes dans ses ovales d’or.
A côté de ceux-là, il y en a d’autres qui sont, il est vrai, désintéressés des luttes de la pensée, mais auxquels les périls de la vie civile ou les audaces de la vie aventurière ont formé des physionomies fortement accentuées et d'un effet plastique singulier. Ces tètes-là, quoique presque toutes de superficie, sont encore matière à portrait.
La vie vécue seule a donc le privilège de façonner une tête, et, en l’harmonisant avec l'être intérieur qu'elle est
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appelée à rendre, de lui créer sa physionomie véritable. Il est logique en effet, qu’à force de remuer et de s’agiter en nous, les orages du cœur et les tumultes de la pensée arrivent jusqu'à notre surface, s’en emparent, la modilient; et, durcissant les lignes, solidifiant les plans, se moulent dans tous les plis de notre face, et nous impriment le masque définitif et vrai de nos passions. Aussi est-ce seulement à la quarantaine, et ce cap doublé, que l’homme relève du portrait et en devient justiciable. A vingt ans, la ligne est fluide et les traits mobiles ; à quarante ans, ils sont fixes.
Pour résumer et pour conclure, tous ceux, parmi les hommes, qui sont dépourvus d’individualité, et dont, par conséquent, l'expression est nulle; tous ceux dont lindividualité est à l’état embryonnaire, et dont, par conséquent, l'expression n’a pas acquis son relief définitif, tous ceux-là forment ce qu'on pourrait appeler, dans les objets de l'art, la foule, la multitude, ils n’ont pas de portrait. Qu'ils aillent demander asile au paysage, au tableau de genre, là où l’être n’existe esthétiquement que comme élément du groupe, n’a de valeur qu’au point de vue extérieur de la couleur et de la ligne; mais qu'ils cessent dès aujourd’hui d’encombrer les ateliers de nos portraitistes, et de troubler de leur vanité bourgeoise la paix de nos salons !
Paysans durs et noueux que la terre dompte et attelle à son rude travail, prolétaires vaillants qui vendent pour un peu de pain leur âme à une machine, bourgeois ankylosés dans la matière, jeunes gens sans jeunesse voués à la pâle débauche et aux passions mesquines, être nuls ou avilis, figures indécises, types avortés, combien déjà délagués du monde des modèles! et je n’en ai pas encore fini avec les exécutions sommaires! J’allais oublier la femme.
La voici venir, celle devant qui les théories les plus rigides se troublent'et hésitent, les faits les mieux groupés prennent la fuite et se dispersent. Elle vient dans sa beauté, sa grâce, sa coquetterie, et me dit de sa voix
douce : — « Et moi, quel sort me réserves-tu ? Je suis ce qu'il y a de meilleur dans l'homme. Je m'appelle beauté, amour, charité, dévouement. Tout ce qui s’est fait de grand et de bon sur la terre a été préparé, réalisé et conservé par moi. J'ai pris ma part de vos luttes etde vos combats; j'ai brillé à l’égal de vous dans les spéculations de l'esprit; j'ai été poète avec Sapho, philosophe avec Hypathie, politique avec Médicis : m’excluerais-tu du portrait? » — Femme charmante, je vous en exclus. Artistes, j'en appelle à vous! Quand vous rencontrez un homme, votre premier mouvement, n'est-il pas de Jui regarder au front? Vous vous inquiétez peu des lignes et du mouvement de son corps; vous allez droit à Pintelligence, au Cœur; vous voulez savoir ce qu'il vaut comme esprit, comme volonté, comme passion. C’est la mesure de son individualité, c’est le portrait que vous cherchez en lui. — Quand vous rencontrez une femme, au contraire, quelle est votre première pensée? Celui qui concevrait ici quelque idée obscène n’a jamais compris l’art ; il est déshérité de toute esthélique. La tête, n’est-ce pas, quelque belle qu’elle soit, vous attache peu; vous vous hâtez de découvrir mentalement les voiles dont le corps s’enveloppe; et votre esprit se met à construire, en partant des plans que votre œil a vus, ceux que le vêtement vous dérobe : il a hâte et besoin de retrouver la forme entière. C’est que ce n’est pas l’individualité de la femme, ce n’est pas le portrait que vous cherchez en elle: c’est la statue. La femme, en effet, être infixe, d’une individualité molle et flottante, ne réunit aucune des conditions exigées pour le portrait ; elle à toutes celles que demande la staluaire. Sa beauté purement plastique,la mollesse de ses contours, la pureté de ses lignes, l’heureuse harmonie ‘de tout son corps si bien équilibré, relèvent éminemment du ciseau et du marbre. Le ciseau peut seul transmettre, et le marbre immaculé seul recevoir les mystiques confidences que l’homme se fait à lui-même, dans les régions élevées de l’art, sur la femme, cet être de toute pureté, cette idole aimée à la fois comme mère, comme sœur, comme
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épouse, comme fille, et dont la statuaire est véritable: ment le culte. Amour! dit la forme; admiration! dit l'harmonie; piété! reprend le marbre. La peinture passionnée et avide de mouvement s’accommoderait mal de cette tranquille extase qui va si bien à la chair blanche de la statue. C’est que la toile est chaude, tandis que le marbre est froid ; c’est que le pinceau est brutal, violent, charnel, tandis que lé ciseau est caressant, discret, chaste.
Femmes de France, femmes du pays où mürit la vigne et où l’homme s’enflamme comme la paille, vous, les premières de la terre pour la grâce et l'esprit, quittez done l'atelier des Dubufe, des Perignon, des Ricard, et allez frapper à la porte de leur voisin le sculpteur. Deux choses inespérées vous y attendent : peut-être une régénération de la statuaire, et à coup sûr une résurrection du grand amour. Voulez-vous savoir, en effet, vous, les plus dignes d'aimer toujours et de toujours être aimées, pourquoi vos passions et celles que vous inspirez sont pour la plupart passagères et s'émiettent en caprices? C’est parce qu'entre l’homme et vous, vous avez placé le portrait. Le portrait n'exprime que vos grâces voluptueuses, la coquetterie de votre toilette, la fraicheur de votre épiderme. Il s'adresse exclusivement aux sens et ne sait rendre que les côtés superficiels et fugitifs de votre être. Au contraire, confiez à la statue le soin de vous exprimer, chargez-la de parler de vous à l’homme, et vous verrez l'amour s'élever et redevenir vivace; Car la statue s’adresse à l'intelligence, et lPimpression qu'elle y produit, pure de toute sensualité, demeure inaltérable.
J'ai dit le petit nombre des modèles; il me reste à dire le petit nombre des portraitistes.
Le Salon de cette année n’en atteste ni n'en révèle aucun.
Si, pénétré des idées que je viens d'émettre, vous parcourez la galerie des portraits exposés, vous rencontrerez partout l’ignorance des conditions premières de cet art, et vous vous convaincrez facilement que les peintres de ce temps sont loin d’être des Rembrandt et des Van Dyck.
Non-seulement ils n’ont pas en eux-mêmes, l'intuition rapide qui dispensait les vieux maîtres de science et de physiologie; non-seulement ils ignorent l’art de dégager par la forme les virtualités morales, d'élever l'être par la synthèse à son maximum de puissance, de faire que le portrait contienne l'homme tout entier avec ses manifestalions possibles; mais encore ils ne savent pas même discerner parmi leurs modèles, et ils envoient au Salon des personnages que la théorie du portrait écarte d’une manière rigoureuse et absolue. Ils péchent à la fois par euxmêmes et par le modèle. C'est trop. Je n'insisterai donc pas sur l’inanité de nos artistes. Tant qu'il ne s'agit que d’ attaquer un velours, une dentelle, un fauteuil, un accessoire quelconque, de le rendre avec une réalité à faire pâmer d'aise la foule, ils sont passés maitres, ils en remontreraient aux plus vieux; mais quand il faut aborder la tête, mettre un homme dans son masque, rendre saisissables, par la forme, des mœurs et des passions, faire transluire une âme à travers un visage, — qu'on me permette celte expression, — ils sont tous manchots. Toutefois, disons-le à leur excuse, le portrait, œuvre de philosophie et de méditation, est la partie la moins accessible de l’art pictural. Aussi est-il la véritable pierre de touche du génie et le but le plus élevé que le peintre puisse se proposer. Les grands portraitistes ont toujours élé rares, et ce siècle, brülé d'activité, n’en à guère vu qu'un seul, — je veux parler de M. Ingres. Ce bonhomme, qui n'a jamais eu ni invention ni style, qui a dû sa célébrité à de mauvaisestoiles et l'a conservée par de mauvais plafonds,qui s’est fourvoyé toute sa vie,et qui aujourd'hui, à bout de moyens, fait de la peinture enfantine ; ce bonhomme, dis-je, à été admirable toutes les fois qu'il a touché au portrait. La patience obstinée, le vouloir indomptable lui ont tenu lieu de génie. Il a eu la fermeté, l'ampieur, l'élévation, l'intensité d'idée des anciens maitres. Toute sa peinture sèche, maigre, étriquée, passera ; ses portraits demeureront. Ce sera son seul bagage pour pavenir. L'Apothéose d'Homère, leV œu de Louis XITT,
le Martyre de saint Symphorien iront à l'oubli; les portraits de MM. Bertin, Molé, et de quelques autres, resteront comme des chefs-d'œuvre et feront vivre le nom dé Ingres.