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Dangers cle l'usage des poêles en fonte. — Les poêles en

fonte sont encore plus insalubres que ceux en faïence, par suite de la haute et irrégulière élévation de température de leurs parois. Leur construction ordinaire est tellement défectueuse qu'ils devraient être proscrits des lieux habités.

D'après des expériences récentes1, directes et précises, exécutées en 1867 par MM. H. Deville et Troost, la fonte chauffée au rouge est très-perméable aux gaz et en particulier à l'hydrogène et à l'oxyde de carbone, ce qui explique le malaise et même les effets toxiques parfois très-graves qu'occasionne l'usage des poêles en fonte dans l'intérieur des appartements d'habitation. C'est tout au plus si l'on peut les admettre pour le' chauffage des dépendances et des parties extérieures des appartements fréquemment ouvertes, où l'air peut être facilement renouvelé.

Les poêles en faïence ou en tôle de fer sont de beaucoup préférables et ne présentent pas les mêmes inconvénients, mais ils n'assurent pas davantage le renouvellement de l'air.

Il convient de dire cependant que, depuis quelques années déjà, les fondeurs ont cherché à modifier les poêles en fonte, dont les inconvénients, moins bien connus, n'étaient cependant pas ignorés. On les dispose souvent aujourd'hui de manière que, le feu étant une fois allumé, l'ouverture de portes mobiles ou l'enlèvement de mantelets amovibles les transforme en véritables cheminées isolées des murs et pouvant, quand on leur donne des tuyaux de fumée assez larges, produire une ventilation analogue à celle des cheminées ordinaires. En joignant à ces dispositions, dont on trouve dans les fonderies beaucoup de modèles différents, l'usage d'établir dans le foyer même une chemise en briques, facile à renouveler, l'on éviterait l'élévation excessive et brusque de la température de la fonte ainsi que la destruction rapide du métal, et l'on atténuerait beaucoup les inconvénients si graves des appareils de chauffage en fonte.

1. Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, 13 janvier 1868.

Des dispositions analogues pourraient être aussi introduites dans les foyers des petits fourneaux de ménage servant à la fois pour le chauffage et pour la cuisson des aliments et dans la construction des calorifères à air chaud.

IQ. Poêles à circulation d'air. — Lorsque l'air qui circule dans les conduits et qui sort par les bouches de chaleur est pris dans la salle chauffée, les inconvénients précédents subsistent, et de plus l'air fourni par ces bouches étant à une température souvent supérieure à 100°, il incommode les personnes placées dans leur voisinage et est insalubre.

Si les bouches de chaleur et la circulation sont alimentées par une prise d'air extérieur froid , une partie de la chaleur développée par le combustible étant employée à échauffer cet air, le rendement calorifique de l'appareil peut être un peu augmenté parce que la fumée qui s'échapperait serait moins chaude, mais il ne devient guère moins insalubre, parce que l'air échauffé qu'il fournit est toujours à une température trop élevée.

L'évacuation de l'air vicié de l'appartement est d'ailleurs plutôt diminuée qu'accrue, puisque la température de la fumée est moindre.

19. Poêle à circulation cV air du modèle de feuRené Duvoir et de la Compagnie générale d'éclairage au gaz. — Ces poêles, dont un certain nombre d'écoles de la ville de Paris sont pourvues, et qui sont proposés au public par la Compagnie générale d'éclairage au gaz pour la combustion du coke, utilisent 0,67 de la chaleur développée par le combustible employé.

La fumée qui s'en échappe a souvent, à 4 mètres de distance du foyer, une température de 400° et plus.

L'air échauffé qu'ils versent à l'intérieur atteint celle de 200° et son volume n'est que de 50 mètres cubes par kilogramme de houille brûlée, parce que les orifices de passage qui lui sont réservés sont beaucoup trop petits.

Dans les proportions ordinaires ils ne déterminent qu'une

évacuation d'air vicié d'environ 60 mètres cubes par heure ou de 22 mètres cubes par kiL de combustible.

Ils sont donc d'un usage peu salubre et ne méritent nullement le nom de poêles ventilateurs que certains constructeurs leur donnent.

Dans la plupart des poêles de ce genre, dont on cherche à rendre la construction économique, la surface de chauffe atteint à peine vingt fois celle de la grille, tandis qu'elle devrait être au moins 1 e triple ou le quadruple . L'aire de pas sage de l'air introduit ou échauffé est à peine égale "à celle de la grille. Elle devrait être aussi trois ou quatre fois plus grande pour augmenter le volume d'air introduit et diminuer sa température.

Le tuyau de fumée n'a qu'une section égale à 0,18 de celle de la grille. Il serait convenable de la doubler pour permettre au moins l'évacuation d'un plus grand volume d'air. Mais alors le rendement calorifique de l'appareil serait notablement diminué.

20. Poêles calorifères de M. Chaussenot et autres analogues (pi. I, fig. 13). — Ce constructeur fait établir pour les grands locaux et pour les dépendances des bâtiments des poêles à circulation d'air qui sont de vrais calorifères, parce qu'avant de s'échapper dans l'air, la fumée y circule dans de nombreux conduits , et qu'ils peuvent introduire des volumes assez considérables d'air chaud , pris au besoin à l'extérieur.

Leur rendement calorifique atteint 0,93 de la chaleur développée par le combustible.

Ils peuvent introduire dans les lieux échauffés un volume d'air d'environ 160 mètres cubes par kilogramme de charbon brûlé, mais la température de cet air atteint et surpasse souvent 130°, ce qui indique que les passages ne sont pas suffisamment larges.

Dans leurs proportions actuelles, ils ne déterminent que l'évacuation de 5mc,82 d'air vicié par kilogramme de charbon brûlé. Ils ne sont donc pas d'un usage salubre et ne

conviennent que pour le chauffage des dépendances des bâtiments, telles que les vestibules, les cages d'escalier, où l'air extérieur afflue et se mêle facilement avec celui qu'ils ont échauffé.

Dans un poêle de ce genre essayé au Conservatoire, la surface de chauffe est égale à plus de cent fois celle de la grille, ce qui est une bonne et large proportion.

L'aire de passage de l'air introduit ou échauffé est égale à trois fois la surface de la grille, ce qui n'est pas tout à fait suffisant.

Le tuyau de fumée a une section égale à 0,47 de celle de la grille, ce qui convient pour le tirage, mais ne peut assurer une évacuation suffisante d'air vicié.

21. Améliorations à introduire dans la construction des poêles. — Les défauts principaux de tous les poêles, sans exception, sont :

1° De ne déterminer qu'une évacuation d'air vicié insignifiante au point de vue de la salubrité ;

2° De communiquer à l'air qui circule dans leurs conduits une température trop élevée.

Les moyens d'atténuer ces défauts consistent :

1° À disposer des conduits spéciaux d'évacuation de l'air vicié, chauffés directement par le poêle et par le tuyau de fumée ;

2° A agrandir aussi les conduits de passage de l'air qui doit circuler dans le poêle pour s'y échauffer et prendre, toutes les fois que cela ne sera pas impossible, cet air à l'extérieur, afin d'éviter son introduction par les portes et par les fenêtres ;

3° A munir les poêles de portes qui, pouvant s'ouvrir après l'allumage, les transformeraient à peu près en cheminées, et permettraient l'introduction et l'appel d'un grand volume d'air par le tuyau de fumée, dont on pourrait augmenter les dimensions sans crainte d'accroître outre mesure la dépense de combustible.

Les poêles allemands et ceux de quelques constructeurs

français offrent une disposition de ce genre, mais encore incomplète.

22. Des cheminées et des poêles à flamme renversée. — Dans certains cas, l'absence de tuyau de cheminée existant directement au-dessus du foyer, oblige à faire descendre la fumée vers un conduit inférieur horizontal, qui la dirige au bas d'une cheminée verticale placée aune certaine distance. Pour assurer, en pareil cas, le tirage aux premiers moments de l'allumage , l'on est généralement obligé d'établir dans la cave, que traverse le conduit, et au bas du tuyau vertical de fumée, un petit foyer d'appel, qui y détermine un tirage momentané, et dont on doit fermer la prise d'air dès qu'il est allumé, afin que, n'étant plus alimenté que par le conduit horizontal, il s'y produise un appel qui se transmette à la cheminée ou au poêle.

Mais cette disposition est souvent insuffisante, à moins que l'on n'entretienne le foyer d'appel, ce qui est une sujétion assez grande.

Dans les maisons éclairées au gaz, il est préférable d'introduire dans le tuyau vertical de la cheminée, à l'étage même qui est habité, et non à hauteur du conduit horizontal inférieur, des becs de gaz entourés d'une petite cheminée métallique de 0m,25 à 0n,,30 de hauteur, avec une prise d'air séparée pour éviter que la fumée ne les éteigne. Trois à quatre becs, brûlant chacun 0mc,100 par heure, suffisent ordinairement.

La chaleur développée par la combustion du gaz détermine dans le tuyau de fumée une élévation de température qui assure le tirage du poêle ou de la cheminée. Une fois que le feu est bien allumé, l'on peut éteindre les becs de gaz.

Une disposition de ce genre, appliquée au Conservatoire, pour un poêle qu'un foyer d'appel ordinaire ne suffisait pas à faire tirer régulièrement et qui était dans de trèsmauvaises conditions, a bien réussi, même par des vents violents.

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