CALORIFÈRES A AIR CHAUD
passages libres, peut déterminer une élévation de température capable d'occasionner des incendies.
Ces calorifères ont à l'inverse le défaut de donner lieu à un chauffage assez inégal, par suite de négligence dans la conduite et l'entretien du feu.
Les calorifères à air chaud ne produisant directement aucune évacuation d'air vicié , ils n'assurent nullement par eux-mêmes la ventilation et la salubrité des lieux qu'ils sont destinés à chauffer. Quand des dispositions analogues à celles qu'on indiquera plus loin ont été prises pour l'évacuation de l'air vicié , il ne faut pas compter uniquement , pour en activer l'appel, sur la chaleur que peut laisser passer leur tuyau de fumée. Elle est presque toujours trop faible pour pouvoir suffire à déterminer un appel convenable.
Dans tous les cas, où l'usage de ces calorifères n'est pas combiné avec une ventilation active, leur emploi comme moyen de chauffage des lieux habités est donc insalubre. Il doit alors être limité aux dépendances des édifices, tels que vestibules, escaliers, antichambres de passage, etc.
Mais, à l'aide d'un foyer auxiliaire qu'on peut souvent établir au bas d'une cheminée traversée par leur tuyau de fumée, il est facile de combiner leur action avec celle de la ventilation.
Les tuyaux de fumée des calorifères à air chaud ou au moins ceux qui sont exposés à rougir devraient toujours être en tôle de fer épaisse de 6 à 8 millimètres, afin d'éviter les inconvénients signalés au n° 17. Lorsqu'ils sont en tôle plus mince ils se détruisent rapidement, même pendant l'été, par la circulation de l'air. Quelques constructeurs préservent les tuyaux de fumée du contact des gaz les plus chauds par une enveloppe en briques ou en terre réfractaire. C'est une précaution à recommander.
La prise d'air du foyer doit être indépendante et aussi séparée que possible de celle de l'air qui circule dans les tuyaux, afin d'éviter que celui-ci n'entraîne de la poussière ou de la fumée. Mais quand le calorifère est uniquement
destiné au chauffage, cette prise d'air doit être placée près de la partie inférieure, et au-dessous des locaux à chauffer les plus bas ; si elle était plus élevée il pourrait arriver que ces locaux , au lieu de recevoir de l'air chaud , fournissent au contraire de l'air au calorifère, qui ne servirait alors que pour les étages supérieurs.
Il en est autrement quand il s'agit de bâtiments ventilés par appel. On peut alors prendre l'air que le calorifère doit chauffer, à telle hauteur qu'on le juge nécessaire pour l'avoir plus pur, pourvu que l'appel soit assez énergique.
Les calorifères à air chaud ne peuvent en général conduire l'air qu'ils fournissent qu'à une distance horizontale de 12 à 14 mètres à droite et à gauche. C'est un inconvénient grave qui oblige à les multiplier beaucoup, quand il s'agit de chauffer de grands édifices.
On peut faire disparaître cet inconvénient en les combinant avec certains appareils de circulation d'eau chaude, dont on parlera plus loin. Les parties d'un édifice voisines du calorifère sont alors chauffées à l'air chaud, tandis que les plus éloignées le sont par circulation d'eau chaude.