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SÉCHOIRS A LINGE

78. La disposition de ces appareils (fig. 25 et 26, pi. II), accessoires très-utiles des établissements de blanchissage de quelque importance, a été très-bien étudiée par MM. Bouillon, Muller et Cie. Le linge passé à l'essoreuse, qui le débarrasse d'une grande partie de l'eau qu'il contient après avoir été lavé, en conserve encore 0,33 de son poids total, quand il arrive au séchoir. Lorsqu'il est étendu verticalement, cette eau s'accumule en plus grande proportion vers les parties inférieures, qui sont ainsi les plus difficiles à sécher. D'une autre part, lorsque l'air arrive par un seul orifice vers les parties supérieures de l'étuve, les obstacles que présente à la circulation le linge, qui pend en bandes ver-

ticales et l'énergie de l'appel, qui attire en partie directement l'air vers les orifices d'évacuation empêchent la dessiccation de se faire uniformément, surtout dans les grandes étuves. L'observation de ces effets irréguliers a conduit MM. Bouillon, Muller et Gie à adopter pour leurs séchoirs à linge les plus récents les dispositions suivantes.

Les chambres, dont se compose un séchoir (pi, II, lîg. 25 et 26), sont petites et ont au maximum 3m,20 de longueur, lm,30 de largeur, lm,40 de hauteur, soit une capacité de 5rac,824.

Le sol est composé de deux feuilles de tôle courbes formant en même temps le plafond de la chambre à air chaud du calorifère placé au-dessous. Ces deux feuilles de tôle laissent entre elles une fente 0, qui règne sur toute la longueur du séchoir et par laquelle s'introduit l'air chaud, lequel, après avoir séché les parties inférieures les plus humides, s'élève, avec la vapeur qu'il a formée, vers le plafond et redescend vers les orifices d'évacuation disposés près du sol, dans toute la longueur des deux parois verticales, qui sont creuses et servent de conduits dirigés vers la cheminée, laquelle reçoit aussi les tuyaux de fumée, comme on peut le voir dans les figures.

Le linge est chargé en dehors du séchoir sur des tubes en cuivre, glissant sur des fils de fer occupant toute la longueur de la chambre. Ces fils et les tubes qu'ils soutiennent correspondent au milieu d'une porte étroite et de la même hauteur que le séchoir, laquelle ne s'ouvre que lorsqu'on introduit le linge mouillé, ou qu'on retire le linge sec.

Chaque chambre renferme huit tringles. Elle reçoit en deux charges 48 kilogrammes de linge humide, contenant encore 16 kilogr. d'eau après l'essorage.

L'évaporation de ces 16 kilogrammes d'eau s'effectue en une heure, en brûlant environ 5 kilogrammes de charbon, tout venant, en marche ordinaire et courante.

La température de la chambre est maintenue à 70° et le

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volume d'air passant dans la chambre varie de 1000 à 1200 mètres cubes par heure.

Quatre chambres, avec leurs 32 tringles, occupent une femme pour le chargement et le déchargement.

D'après les données précédentes les 16 kilogrammes d'eau vaporisés exigeant 16 x 650 = 10200 calories ou unités de chaleur, et les 5 kilogrammes de charbon en développant 40 000 le rendement, calorifique de l'appareil est égal à 10200 40000 ~ ' '

C'est ce qui résulte aussi d'expériences continuées pendant sept jours à la Salpêtrière, et dans lesquelles, avec une consommation de 2910 kilogrammes de charbon, on a évaporé 8591 kilogrammes d'eau contenue dans 1760 kilogrammes de linge humide. Le rendement calorifique dans ces expériences a, été de 0,24.

SÉCHERIES DES POUDRES.

79. Lorsqu'il s'agit de matières grenues étendues sur une certaine épaisseur, l'on, est souvent obligé de recourir à l'emploi de ventilateurs insufflants, qui refoulent de l'air sous une table close de tous côtés, et dont la partie supérieure est formée par une toile métallique, sur laquelle les matières à sécher sont placées.

Ainsi, dans les poudreries, l'air refoulé sous la toile a ordinairement une pression mesurée par une colonne d'eau de 5 à 6 millimètres, etune température de 50 à 60°. L'épaisseur des couches de poudre varie de 0m,0l5 à 0m,080, selon leur nature.

Un jeu de tuyaux chauffés par circulation d'eau ou de vapeur sert à donner à l'air la température convenable.

Quoique, dans des cas pareils, l'emploi des ventilateurs soit généralement en usage, l'on peut bien souvent obtenir les mêmes résultats par la seule action d'un appel bien réglé. A la poudrerie de Saint-Chamas, une sécherie chauffée

par circulation d'eau chaude, au moyen d'un jeu de tuyaux placés sous la table , et munie d'une cheminée contenant un récipient d'eau chaude pour déterminer l'appel, a trèsbien fonctionné, même pour des poudres de mine contenant 8 à 9 pour 100 d'eau.

CASISÏÏSS.

80. Le volume d'air à évacuer et à introduire par homme et par heure devant être de 30 mètres cubes pendant le jour, et de 40 à 50 pendant la nuit, on appliquera, pour les proportions et la disposition des orifices, les règles données précédemment.

Mais c'est surtout, et Ton peut même dire seulement, la nuit que la ventilation des chambres de casernes est nécessaire, attendu que, pendant le jour, les hommes sont presque toujours dehors.

Le chauffage de jour de ces chambres n'a pour objet que de permettre aux hommes, qui rentrent de service après avoir été mouillés , de sécher leurs vêtements ou leurs chaussures, et à cet effet la cheminée ventilatrice est bien préférable aux poêles de fonte, parce qu'outre le chauffage direct et par rayonnement qu'elle fournit, elle a, dans ce cas, l'avantage de déterminer l'évacuation de l'humidité qui provient du séchage des vêtements, et qui rend alors le séjour des chambres si insalubre et si désagréable. Dans tous les cas, ce chauffage n'est que de peu de durée, et il n'y a pas lieu de compter sur ses effets pour assurer d'une manière régulière le renouvellement de l'air.

Si l'on se contente de la ventilation naturelle, il faut, d'après les observations faites par MM. les officiers du génie militaire à la caserne Bonaparte, à Paris, que les orifices d'évacuation et d'admission soient proportionnés ainsi

qu'il suit :

Évacuation. Admission,

Surface des orifices et des conduits pour l'été, par lit 0rati,02 0m»,04

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