ÉGLISES
96. La grande capacité des églises, l'ouverture incessante des portes, l'étendue des fenêtres en vitraux, toujours assez mal closes, les ouvertures pratiquées dans les voûtes pour la suspension des lustres ou des draperies, pour le mouvement des cloches, paraissent, en général, rendre superflue l'adoption de dispositions spéciales pour l'admission et l'évacuation de l'air, et réduire pour l'hiver la question à celle du chauffage.
Pour les églises des grandes villes fréquentées à plusieurs heures de la journée, il paraît économique de maintenir le chauffage en activité avec continuité de jour et de nuit.
L'on peut y employer les calorifères à air chaud avec chambre de mélange d'air froid, ou les calorifères à circulation d'eau chaude. Les premiers conviennent plus particulièrement aux petites églises, où un seul, convenablement placé vers le milieu de leur longueur, suffirait. Les seconds, qui conduisent la chaleur et l'air chaud à de grandes distances, et donnent d'ailleurs un chauffage plus stable, doivent être préférés pour les grandes églises. Ils ont de plus l'avantage de se combiner facilement avec la ventilation de certaines dépendances, telles que les salles de catéchisme où l'air est si habituellement vicié, par la présence de nombreux enfants.
Ce qu'il importe le plus de chauffer dans les églises, c'est
le sol lui-même. A cet effet, il serait convenable de ramifier beaucoup les conduits de circulation de l'air chaud sous ce sol, en limitant le nombre des orifices d'introduction. Cette disposition est analogue à celle dont on retrouve des traces dans les constructions romaines.
Les prises pour l'air que les calorifères doivent échauffer le puiseront à l'extérieur. Des galeries longitudinales en nombre suffisant, disposées dans les allées et dans les passages, répartiront l'air chaud par des orifices nombreux et débouchant dans les parois verticales des rnurs ou de la base des piliers, un peu au-dessus du sol, et non à fleur de ce sol comme on le fait, à tort, le plus souvent.
Pendant la saison d'été, l'intérieur des églises fortement échauffé le jour par l'action du soleil sur les voûtes, et à travers de larges baies vitrées, est souvent d'un séjour pénible, surtout dans la matinée. Il serait facile d'éviter cet inconvénient en disposant un grand nombre de fenêtres que l'on ouvrirait la nuit, pour laisser pénétrer l'air frais, et que l'on fermerait le matin. L'intérieur ainsi rafraîchi pendant la nuit, s'échaufferait moins le jour.
Ces précautions fort négligées en France, où la chaleur n'est incommode que rarement en été, sont prises avec régularité à Rome, où elle dure longtemps. Un règlement de service prescrit aux gardiens de l'église Saint-Pierre d'ouvrir tous les soirs d'été et de fermer tous les matins les fenêtres des galeries supérieures.
Ce qui précède ne se rapporte qu'aux églises ordinaires, mais quand il s'agit de chapelles ou d'églises souterraines dont la hauteur intérieure est assez limitée, et qui sont souvent occupées par une foule nombreuse de fidèles et abondamment éclairées, il devient nécessaire d'y assurer le renouvellement de l'air et l'évacuation des gaz chauds produits par les appareils d'éclairage. On imitera alors les dispositions indiquées au n° 64, pour les écoles de dessin ouvertes le soir, en déterminant le renouvellement de l'air au moins cinq à six fois par heure.