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Appareils accessoires. — Les machines élévatoh-es doive

§ 0. — MACIIINKS ELEVATOIRES 2Û5

être munies, dans la plupart des cas, de certains appareils destinés à en faciliter la surveillance et le contrôle.

Le plus important est le manomètre, qui fait connaître la pression de l'eau dans la conduite de refoulement, fournit des indications sur la hauteur atteinte, les pertes de charge, le travail effectué, révèle les fuites, etc. Ce manomètre est généralement métallique: dans les grandes usines, il y en a plusieurs; on dispose souvent, en outre, un manomètre à mercure à air libre qui sert à vérifier le réglage de temps à autre.

On complète utilement les indications du manomètre placé sur le refoulement par l'addition d'un indicateur de niveau donnant, à chaque instant, la position du plan d'eau à l'aspiration. Un indicateur de fuites, avec signal d'alarme, peut rendre, en cas d'accident, des services signalés, en provoquant l'arrêt immédiat des machines.

Le mécanicien doit s'assurer constamment de l'état du réservoir d'air de refoulement, s'il veut éviter des perturbations dans la marche des pompes ; à cet effet, on le munit d'un niveau d'eau à tube de verre semblable à celui des chaudières à vapeur. Presque toujours on y adapte aussi un jeu de trois robinets qui donnent d'utiles indications en cas de rupture du tube de verre (fig. 204). 3;

Un compteur de tours est indispensable pour constater le nombre de coups de piston de la pompe dans un temps donné, le travail effectué par la machine, le volume d'eau ~ 2^,^ élevé, etc.

Il est fort utile aussi de disposer d'un indicateur pour le relevé des diagrammes tant sur la pompe que sur le cylindre moteur, afin de s'assurer quelquefois de la bonne marche de la machine, d'en reconnaître les irrégularités, d'en démêler les causes, et de comparer le travail indiqué au travail uLile.

238. Rédaction des programmes. — L'ingénieur chai"gé des travaux de distribution d'eau n'est généralement pas mécanicien; il doit donc s'abstenir de faire choix à priori d'un type déterminé de machine, car il risquerait de ne pas donner la préférence à celui qui convient le mieux aux circonstances spéciales dans lesquelles il se trouve, ou de ne pas tenir compte des progrès de la mécanique qu'il lui est permis d'ignorer. Le meilleur mode de procéder consiste à rédiger un programme définissant très exactement le travail à effectuer, et laissant d'ailleurs au construcîi'ui'-mécanicien, au spécialiste, le soin de recliei-cher, en toute liberté, quels sont les moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir, sauf à lui imposer les conditions particulières commandées par des considérations d'emplacement et autres dispositions locales, à préciser la durée des travaux * , à fixer les limites de responsabilité et les garanties de

1. Voir le programme du concours ouvert on 1884 par la Ville de Paris, pour les machines de l'usine de Maillot. (Annexes. — IV.)

26G ClllAPlTRE X. — ÉLÉVATION MÉCANIQUE DE L'EAU

consommation, ù les sanctionner par dos pénalités appropriées, etc.

Le nombre des constructeurs ayant ([uelque expérience des machines élévatoires n'est pas très considérable; ils sont connus dans chacjue région, de sorte ([ue très souvent on se contente de s'adresser à l'un d'eux en lui demandant un projet. S'il s'agit d'une aiïaire de quelque importance, il vaut mieux procéder par voie de concours public ou restreint : le concours excite l'émulation, stimule la concurrence, fait par- Ibis surgir des idées nouvelles, et donne presque toujours un résultat avantao-eux au point de vue de la dépense. Mais il faut se garder de l'adjudication proprement dite, où le prix seul l'emporte sur toutes les autres considérations : car c'est souvent la machine la plus chère qui se trouve être en même temps la plus économique, si l'on tient compte des frais d'entretien et d'exploitation; et l'on s'exposerait à bien des regrets si renonçant à la faculté de choisir, on courait le risque de tout sacrifier hune réduction irréfléchie des dépenses d'installation, sans faire entrer dans le calcul l'importance variable des bâtiments et des massifs de fondation et celle de la consommation d'eau ou de vapeur, sans se réserver d'apprécier les avantages techniques de tel ou tel type, les garanties • plus ou moins sérieuses offertes par les divers soumissionnaires.

239 Travail des machines. — Le travail d'une machine élévatoire est o-énéralement défini en eau montée. On entend par là le travad réellement utile, ou, en d'autres termes, le produit de la quantité d eau élevée par la hauteur totale d'élévation. Souvent, c'est la hauteur maiwmétrique que l'on considère et non la hauteur réelle, afin de temrcoinpte non seulement de l'élévation absolue de l'eau, mais aussi c e l.efTort employé à vaincre le frottement dans la conduite ascensionnelle, et ([m constitue évidemment un travail utile quand il s'agit de refouler 1 eau a distance. On obtient pratiquement la hauteur manometrique en ajoutan au chiffre fourni par la lecture du manomètre placé sur le refoulement celui qui représente la hauteur de l'appareil au-dessus du niveau d aspiration! ce qui revient à négliger la perte de charge d'aillem-s peu importante due au passao-e de l'eau dans la pompe.

Le travail en eau montée est nécessairement inférieur au travad mesuré frein de Prony sur l'arbre du volant, ou .au travail indique par s dLgrlmes relevés à l'appareil de Watt, car il laisse en dehors les résistances que la force motrice rencontre dans les transmissions et dans le jeu des pompes, et qui absorbent dans les meilleures installations 20 à 30 pour 100 de la puissance des machmes. La considération du tiavail en eau montée est incontestablement préférable à toute autre dans le cas particulier des machines élévatoires, parce que, d mie part, ce travail est bien celui qui est réellement utile, et, d'autre part, il se mesure Irès aisément : il suffit en effet de jauger l'eau au reservou-, dont on connard'ameurs l'altitude par rapport à celle de l'aspiration, et de faire une lecture au manomètre, tandis que les expériences au frein de Prony

et les relevés de diagrammes sont des opérations délicates, qui exigent une certaine habileté de main et des connaissances théoriques plus étendues. Il n'est pas toujours facile de jauger l'eau dans le réservoir, mais on arrive au résultat en déterminant une fois pour toutes le rendement de la pompe en volume, sauf à vérifier de temps à autre s'il se maintient sans modification, et en relevant le nombre des coups de piston de la machine, ce qui revient à utiliser l'appareil élévatoire lui-même comme un véritable compteur d'eau.

Pour les machines à vapeur la consommation garantie est le plus souvent évaluée en charbon d'une nature déterminée, et on la vérifie par des pesées. Mais lorsqu'on s'adresse à deux fournisseurs différents pour la livraison des machines et celle des chaudières, c'est en consommation de vapeur que la garantie est exprimée ; et les constatations, plus délicates, comportent le mesurage de l'eau d'alimentation, au moyen de compteurs ou de bâches tarées et en tenant compte des pertes par les purges, des retours d'eau aux générateurs, etc. Pour les grandes machines de 150 chevaux en eau montée et au-dessus, les meilleurs constructeurs peuvent actuellement obtenir une consommation réduite à 1100 gr. de charbon tout venant de bonne qualité, ou de 9 kilog. de vapeur par heure et j^ar force de cheval de 75 kilogrammètres mesurée en eau montée ; pour les moyennes 1300 à 1400 grammes de charbon ; pour les petites, au-dessous de 30 chevaux, 1600 à 2000.

Pour les machines hydrauliques, on comi^are le travail utile en eau montée à la puissance brute delà chute utilisée, le rapport ainsi obtenu est le rendement du système. Ce rendement n'atteint que très difficilement et dans les machines les plus perfectionnées 65 pour 100. Il est prudent de ne pas compter, en général, sur plus de 55 à 60 pour 100.

Très souvent, pour la réception des machines, on se contente d'un rssai de quelques heures ou de quelques jours : cette pratique a l'inconvénient de donner un résultat incomplet, car avec ua personnel d'élite et spécialement dressé, on obtient aisément des rendements exception . nels, tandis que l'on masque sans peine des défauts que l'exploitation viendra révéler plus tard. Il est bien préférable, quand on le peut, de stipuler une longue garantie applicable à un délai d'un an par exemple.

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