MODE DE CONSTRUCTION
hauteur de la tranche d'eau qu'il devait supporter. Cette proportion est exagérée ; et, surtout avec les excellentes maçonneries qu'on peut faire aujourd'hui en employant la chaux éminemment hydraulique et le ciment, il convient de se tenir notablement au-dessous et de ne jamais dépasser le tiers de cette hauteur. Au reste, la forme du profil influe beaucoup sur la stabilité du mur ; il est avantageux à ce point de vue de lui donner un fruit prononcé vers l'extérieur ; et, lorsqu'il y a plusieurs étages d eau, on se trouve conduit à établir le mur supérieur en surplomb vers l'intérieur par rapport au mur de l'étage bas {fig. 224).
Les murs de séparation ou de refend doivent être établis de telle sorte qu'ils puissent également bien résister dans un sens ou dans l'autre selon celui des compartiments contigus qui est plein ou vide : leur profil doit
Murs de refend.
Fig. 225. — Réservoir de Gentilly.
Fig. 226. — Réservoir de Belleville.
donc être symétrique, et, par suite, on est amené à lem* donner le plus souvent un double fruit, une même inclinaison sur les deux faces. Comme les murs de pourtour, ils se raccordent presque toujours avec le radier par une sorte de congé ou soUn de 0'",50 à 2^,00 de rayon. On protège quelquefois les murs en élévation par un revêtement en
Fig. 227. — Réservoir de Montrouge.
terre formant talus gazonné : c'est une précaution excellente, quand elle est apphcable, et un moyen très efficace de défense contre les variations
de température, dont les effets se traduisent, pour les murs découverts, ])ar la production à peu près inévitable de fissures dans les maçonneries. Il faut disposer pour ce genre de revêtement d'une étendue sul'lisante de terrain, car il en résulte une augmentation de la superficie de l'ouvrage d'autant plus considérable que la hauteur est plus grande. Une application en a été faite au réservoir de Montrouge à Paris où il .s'agissait de conserver à l'eau de la Vanne qui s'y emmagasine la fi-aîcheur si ap- • préciée des consommateurs.
262. Moyens employés pour obtenir l'étanchéité. — Quelle que soit la composition des maçonneries emi)loyées pour la construction des murs de réservoir, elles ne sauraient par elles-mêmes former une enceinte étanche. Toutes les maçonneries, en effet, même celles où les vides du saisie sont entièrement remplis par la chaux, finissent par se laisser pénétrer par l'eau qui les délave et s'y fraie peu à peu un passage ; et, quant à celles qui sont hourdées avec un mortier maigre de ciment, elles sont essentiellement poreuses et constituent une sorte de crible que l'eau traverserait sans peine. Il est donc indispensable, pour obtenir l'étanchéité
des bassins, d'avoir recours à l'interposition d'une couche de matière imperméable.
En Angleterre on fait souvent enqiloi d'argile à cet effet ; on en forme une sorte de corroi dont on recouvre entièrement les parois de la fouille, et qui se trouve ainsi placé entre le terrain et la maçonnerie (fig. 228) : ce procédé, d'ailleurs assez peu satisfaisant, n'est évidemment applicable qu'aux réservoirs complètement enveloppés de terre. En France le moyen employé d'une manière absolument générale consiste dans l'application d'un enduit de mortier de ciment (1 de sable fin pour 1 de ciment) sur la face des maçonneries qui doit être mise en contact avec l'eau ; cet enduit reçoit une épaisseur qui varie de 0^,01 à 0",04.
Dans les grands réservoirs les effets de contraction ou de dilatation, qui résultent des variations de température de l'air ambiant ou de l'eau emmagasinée, ne tardent pas à produire des tissures soit dans les enduits seuls, soit même dans les maçonneries des murs et des radiers. Il faut donc avoir soin de procéder de temps à autre, et surtout aux changements de saison, au printemps et à l'automne, à des visites minutieuses, puis à des réparations, qui constituent la partie délicate c e 1 entretien des réservoirs. Quand ces fissures sont limitées à l'enduit, il suffit de le dégrader sur une certaine étendue et de le refaire partiellement;^ mais si elles s'étendent cà la maçonnerie, une réparation ainsi laite n aurait aucune chance de durée, et l'enduit neuf serait presque immédiatement dans le même état que l'ancien : il faut donc alors renoncer a fermer la fissure et s'attacher seulement à empêcher leau d y pénétrer. On em-
Fig. 228.