MODE DE CONSTRUCTION
Les tours d'eau ne sont généralement employées que dans des localités où toute amenée d'eau par la gravité est impossible, et où il faut nécessairement recourir à des machines élévatoires. Les variations de débit s'obtiennent dès lors par l'arrêt ou la mise en marche d'une partie des pompes ou simplement par des changements de vitesse du système : le petit approvisionnement d'eau contenu dans le réservoir n'a d'autre rôle que d'empêcher les changements brusques de pression et de donner le temps nécessaire pour les manœuvres ; il n'en est pas moins appelé à rendre de précieux services, car, sans cet intermédiaire, la distribution, déjà difficile dans de pareilles conditions, deviendrait absolument précaire.
En Angleterre, en Allemagne, en Hollande, les tours d'eau sont assez répandues : elles ne sont guère usitées en France que dans des cas tout à fait exceptionnels. Tantôt la cuve proj^rement dite est portée sur une construction en maçonnerie, qui se prête à des dispositions plus ou moins architecturales et reçoit une décoration en rapport avec l'emplacement qu'elle occupe, et où, à côté de l'escalier d'accès les conduites ascendante et descendante trouvent aisément place. D'autres fois, le support est formé d'une charpente à claire-voie en bois ou en fer : à l'étabhssement d'Haarlem (eaux d'Amsterdam), les montants de ce suj^port sont constitués par les conduites elles-mêmes, ce qui est une disposition à la fois rationnelle et économique.
FiG. 22-2.
MODE DE CONSTRUCTIOiN DES RÉSERVOIRS.
a. — Réservoirs en maçonnerie.
260. Radier. — Dans les réservoirs en maçonnerie étabHs directement sur. le sol naturel, le radier n'est qu'un simple revêtement destiné à protéger le sol contre les infiltrations, cà en empêcher le délavage, et à faciliter les nettoyages périodiques : une couche de béton ou de maçonnerie de 0™,20 à 0'",40 d'épaisseur recouverte d'un enduit suffit dans la plupart des cas.
Dans les réservoirs en élévation, où le radier est placé à une certaine hauteur au-dessus du sol, il est porté par des voûtes, ou mieux formé par ces voûtes mêmes, dont on remplit les reins pour avoir une surface plane qu'on recouvre d'un enduit.
Une pente doit être donnée au radier de manière que l'eau n'y puisse séjourner quand on procède ù la vidancje du réservoir ou au nettoyag*: du fond ; au point le plus bas est placé Vorifice de décharcje. Parfois, au lieu d'une pente générale, toujours un peu difficile à obtenir sans bosses ni Haches et dont rétablissement exige un certain soin, on dispose une série de caniveaux qui remplissant le même office et al)f)utissent également à la décharge.
261. Murs d'enceinte. — L'enceinte s'exécute .soit en maçonnerie proprement dite soit en béton. Vers 1810 le béton a été a.ssez souvent employé en France; plusieurs des réservoirs de Paris, qui remontent à cette époque et ont été construits sous la direction de Mary, ont été exécutés en béton. Depuis on est revenu à la maçonnerie, dont la composition est toujours mieux connue, et qui, sans atteindre un prixsensil)lement plus élevé, est sûrement moins exposée aux malfaçons. En Allemagne on a présenté dans ces dernières années comme une innovation l'emploi du béton : on a construit tout récemment de grands réservoirs en béton à Wiesbaden, à Munich, etc.
Si Venceinte est appuyée sur le sol naturel on lui donne une épaisseur variable suivant les circonstances : elle peut constituer un simple revêtement et n'offrir aucune résistance par elle-même, ou au contraire, venir ajouter un appoint plus ou moins important à la résistance propre du terrain. Quand elle est en élévation, l'épaisseur du mur doit être calculée de manière qu'il puisse résister efficacement à la poussée de l'eau : le calcul ne présente d'ailleurs aucune difficulté ; il est analogue à celui des murs de soutènement, mais la substitution de la poussée de l'eau qui est parfaitement déterminée comme intensité, comme direction, comme point d'application, à la poussée des terres qui varie au contraire d'un cas à l'autre, le rend beaucoup plus simple et plus sûr *. Une
FiG. 2-23. — Réservoir de Villojuif. Fig. 224. — Réservoir de Passy.
règle empirique donnée par Dupuit a été appliquée parfois : elle consistait à donner au mur une épaisseur moyenne égale à la moitié de la
1. Voir cinns l'Encyclopédie des Travaux publics : Flxhast. Résistance des matériaux, p. 08.