ENTRETIEN DES CANALISATIONS D'EAU
310. Influences diverses auxquelles sont exposées les canalisations d'eau. — Les canalisations d'eau sont exposées à certaines détériorations qui ont pour causes soit les pressions qu'elles supportent, sr)it les variations de température qu'elles éprouvent, soit les actions i himiques et mécaniques résultant de l'écoulement de l'eau d'une part, i t d'autre part, du contact de l'air ou de la terre humide.
Les grandes pressions fatiguent évidemment les conduites, et il ne faut pas en conséquence les accroître inutilement, ni déliasser les limites ordinaires sans prendre de i^récautions spéciales, d'autant qu'il y a toujours à compter avec les effets de surpression, conséquences des manoeuvres intempestives ou brutales ou de la présence de l'air, et qu'on confond sous la dénomination de coups de bélier. Elles ont pour résultat de
CHAPITRE XII. - DISTRIBUTION GÉNÉRALE provoquer des fuites soit par les joints qui se déboîtent, soit par K-. tuyaux mômes, ([uï se fissurent et arrivent parfois à se rompre après une longue durée par suite de l'allongement continu de fentes d'abord insigniliantes.
Les changements de température, provenant soit du sol, qui n'en cm pas toujours absolument exempt à la profondeur relativement faible on l'on pose les tuyaux, soit de l'eau même, ([ni peut être distriJjuée tantr.t froide tantôt chaude, sont extrêmement nuisibles à la conservation (!(conduites. Les mouvements qui en résultent doivent autant que possibli' ne pas être contrariés, sans quoi ils donnent lieu à des ruptures : au reste, même lorsqu'ils s'effectuent librement, il arrive souvent que des fuites en sont la conséquence. On ne doit donc pas s'étonner de la fréquence toute particulière des fuites et des ruptures de tuyaux aux changements de saisons, soit au printemps, soit à l'automne. L'effet le plus redoutable des clrangenfients de température est la congélation, qui, en raison de la propriété de l'eau d'augmenter de volume en se solidifiant, amène infailliblement des ruptures : aussi ne saurait-on prendre ti-op de précautions pour mettre les canalisations dans toutes leurs parties à l'abiù de la gelée.
Le sol, suivant son degré d'humidité et sa composition même, l'air confiné des égouts, saturé d'eau et chargé de principes divers, ne tardent généralement pas à produire sur la surface externe des tuyaux en fonte ou en fer une action plus ou moins oxydante, qui détermine la production d'une couche de rouille. Tant que la rouille forme seulement une croûte superficielle sans épaisseur, elle n'a point d'inconvénient; mais quelque-, fois elle gagne de proche en proche, en arrive à réduire sensiblement l'épaisseur du métal sain et résistant, et finit par détruire les pièces ou par les faire mettre au rebut. Ces effets seraient accélérés dans les égouts, qui recevraient des eaux chaudes ou acides.
Les racines des plantes qui courent dans le sol à la recherche des parties humides parviennent quelquefois à pénétrer dans les conduites en poterie ou en ciment ; elles y prennent alors un développement exceptionnel au point de les obstruer complètement dans certains cas.
A l'intérieur des conduites, suivant la composition de l'eau qu'elles reçoivent, la paroi se recouvre de dépôts j^lus ou moins abondants et de nature variée ; d'autres fois elle est attaquée et rongée par l'eau ; ou il se pi'oduit des végétations, etc., d'où peuvent résulter soit l'obstruction plus ou moins rapide, soit la destruction des conduites, en même temps que des changements fâcheux dans la composition ou les qualités de l'eau.
311. Effets du passage de l'eau dans les conduites. — Les dépôts sont l'effet le plus ordinaire du passage de l'eau dans les conduites. Quand elle contient des matières en suspension, de la vase ou du sable par exemple, les particules, entraînées partout où il y a de la vitesse,