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CHAPITRE XIII

Fio. m.

SERVICE PUDLIC

sprte qirils présentent \m point haut et un point l^as, et de placoi- au point l)as une bouche d'égout, au point haut un appareil de lavaçe. Au moyen d'un petit Ijarragc, formé par un tas de sable ou un morceau de toile, le cantonnier dirige l'écoulement de l'eau fournie par l'appareil, soit d'un côté, soit de l'autre, et il suit le courant, armé de son balai, poui'

délayer la boue, pousser devant lui les ordures, le sable, etc., jusqu'à ce qu'il parvienne à la bouche d'égout : changeant ensuite le barrage de place, il recommenc<sur l'autre versant. L'espacement des appareils n'est donc pas déterminé : il dépend des dispositions des îlots de maisons. Au reste le même appareil peut laver un caniveau de grande longueur sans aucun inconvénient, si 1< fond de ce caniveau est imperméable de telle sorte, que l'eau ne s'y perde pas en route. Il convient cependant de ne pas mettre les appareils de lavage à des intervalles trop éloignés, dans les villes où ils sont appelés en même temps à fournir l'eau nécessaire aux pompes en ca> d'incendie.

A Paris on a longtemps utilisé pour le lavage des caniveaux la bornefontaine ordinaire, qu'on ouvrait à cet effet à des heures déterminées, et dont l'eau s'écoulait par la gargouille ; mais, comme le puisage au seau s'y effectuait en même temps, il pouvait arriver et il arrivait souvent que, les ménagères y faisant queue et les seaux se succédant sans interruption, le caniveau ne fût que peu ou point lavé. Il y a donc avantage à spécialiser les appareils et à rendre le lavage de la voie publique indépendant des bornes-fontaines. Aujourd'hui d'ailleurs, les bornesfontaines ne débitant plus que de l'eau de source, tandis que les caniveaux sont lavés à l'eau de rivière, il est devenu tout à fait nécessaire d'avoir pour les deux usages des appareils absolument distincts, et le lavage s'effectue d'une manière générale au moyen de bouches de lavage disposées dans des boîtes noyées dans les trottoirs,-et souvent désignées, à cause de la position qu'elles occupent, du nom de bouches sous trottoirs.

Ces mêmes appareils sont à peu près seuls répandus . dans toutes les villes françaises qui ont organisé un service public. En Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis d'Amérique, le même rôle est attribué à ceux qui sont dénommés hydrants ou hydranten et qui reçoivent des dispositions très variées, tantôt analogues à celle adoptée en France et tantôt très différentes.

328. Bouches de lavage. — Les bouches de lavage sont presque toujours placées entre deux bouts d'une même bordure de trottoir, avec

laquelle la boîte de l'appareil vient s'aligner, de sorte que l'eau semble s'échapper de la bordure même dans le caniveau.

A l'intérieur de la boîte en fonte se trouve une soupape on bronze, qui se manœuvre^ de l'extérieur au moyen d'une clé. Dès que la soupape est ouverte, l'eau débouche sous une petite cloche, qui brise le jet et détruit complètement l'effet de la pression, puis gagne l'ouverture généralement double par laquelle elle se déverse dans le caniveau. Le rebord de roriTice est fdeté, et peut recevoir soit un raccord, pour servir à l'arroou à l'alimentation d'une pompe d'incendie, soit un col de cygne

sage

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pour le puisage : il faut, dans ce cas, lever le couvercle de la boîte, qui entraîne dans son mouvement la cloche masquant l'orifice.

L'appareil est muni d'un robinet de barrage qui peut être placé sous bouche à clé à une distance variable, ou rapproché de la bouche de lavao-e de manière à être renfermé dans le même coffre, comme dans le type actuel de Paris {fig. 417).

Le débit 'd'une bouche de lavage est souvent réglé à raison de 100 litres par minute ou 1'" , 67 par seconde.

On retrouve à l'étranger des types analogues, mais le plus souvent la soupape est remplacée par une boule en caoutchouc ou en bpis, ou par

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Fig. 418.

un clapet à ressort ; au-dessus vient se placer directement une colonne hxe ou mobile, contenant une tige filetée pour la manœuvre, et portant le raccord, destiné ù recevoir le boyau servant au lavage^ à l'arrosage et

à l'alimentation des pompes d'incendie. La soupape à lîoule est économique mais ne donne pas une fermeture aussi sûre que la soupape ordinaire ; la colonne fixe a l'inconvénient de faire saillie au-dessus du sol et de gêner la circulation, mais par compensation elle est facile à trouver la nuit quand on veut l'utiliser pour l'extinction d'un incendie. Souvent l'hydrant est pourvu de deux raccords de part et d'autre (fiQ. 418. )

329. Lavage des urinoirs et des latrines publiques. — 11 convient évidemment de ranger sous la même rubrique les appareils ([ui assurent le lavage continu des urinoirs disposés sur la voie publi([ue. Ce sont d'ordinaire de simples tuyaux de cuivre percés de trous, placés liorizontalement le long et au-dessus des tablettes en ardoise, en pierre ou en lave émaillée, qui constituent la partie essentielle de la plupart des urinoirs, et servent à y répandre l'eau en nappe mince et continue. Le tuyau doit être précédé d'un robinet de barrage, et autant que possible muni d'une jauge, destinée à en régler le débit, à raison, de 4 mètres cubes en moyenne par 24 heures et par mètre linéaire.

Les latrines j^ubliques, peu nombreuses en général dans les villes, manquent d'eau trop souvent : il serait bien nécessaire cependant de les l)Ourvoir d'appareils de lavage. Peut-être est-il plus difficile, il est vrai, de trouver un système efficace pour en assurer convenablement le nettoyage. Il semble cependant que les appareils récemment proposés pour foui'iiir des chasses d'eau à intervalles réguliers soient appelés à rendre de bons services en pareil cas, surtout si, comme on doit le supposer, le fonctionnement automatique peut en être rendu suffisamment sûr pour ne pas entraîner de déperdition d'eau inutile.

DejDuis quelques années une société privée a installé à Paris des chalets de nécessité, élégamment construits et tenus avec une propreté parfaite, qui contiennent des water-closets très bien lavés et des cabinets de toilette convenablement aménagés. La prospérité de cette société montre que des établissements de ce genre répondent à un besoin réel et peuvent rendre souvent des services fort appréciables.

330. Chasses dans les égouts. — L'eau de la distribution peut être encore utilisée au lavage des égouts au moyen de chasses. C'est là sans aucun doute un emploi excei^tionnel et qu'il faut considérer en général comme un luxe ; car le curage des égouts doit se faire en principe à l'aide des eaux mêmes qu'ils reçoivent, eaux i^luviales ou eaux usées, c'est-à-dire ayant déjà servi soit dans les maisons soit sur la voie publique. Mais il peut être indispensable d'y recourir dans certains cas où l'eau, relativement peu abondante dans les égouts, ne suffirait pas à l'entraînement des dépôts, et en i^articulier quand on y projette les matières de vidange par application du système du tout à l'égout.

Depuis peu on installe à Paris pour cet usage, à l'extrémité amont des égouts en impasses ou aux points hauts de ceux à double pente, des réservoirs de chasse de 10 mètres cubes de capacité, destinés à être

§ L — APPAREILS D'ARROBAGE 395 \-iclés soit automatiquement par le jeu d'appareils spéciaux de divers tvpeS) S'^it ''^ volonté au moyen d'une vanne manoeuvrée à la main par l'ouvrier chargé du curage. L'alimentation de ces réservoirs est faite par un simple robinet de jauge, réglé pour les remplir une fois par jour.

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331. "Arrosage des chaussées au tonneau. — Suivant les cas, l'arrosage des chaussées s'effectue par deux procédés différents, au tonneau ou à la lance.

Pour l'arrosage au tonneau il est fait usage de tonneaux en bois ou en métal, montés sur roues et traînés soit par un homme, soit par un cheval : ils ont dans le premier cas une capacité de 200 à 300 litres, et de 1 .000 à 1 .500 Htres dans le second. Ces tonneaux, après avoir été remplis d'eau par l'intermédiaire d'un appareil spécial branché sur la distribution, sont conduits dans la voie qu'il y a lieu d'arroser, et y répandent l'eau soit en pluie fine par les trous percés en grand noiiabre dans uri'^tube en cuivre recourbé, soit en une nappe extrêmement mince et développée en éventail, qui s'obtient par la projection de l'eau sm- un disque plan faisant office de soupape.

Le remplissage des tonnaux se faisait autrefois au moyen de poteaux d'arrosement en fonte, portant un orifice à la hauteur convenable pour queleboyau de raccord vînt aboutir à la bonde presque horizontalement. Des marches en fonte, faisant corps avec le poteau, permettaient à t'agent chargé de la manoeuvre de se tenir assez haut pour atteindre la clé du robinet placé au sommet de l'appareil. La capacité intérieure jouait le rôle de réservoir d'air pour amortir les coups de bélier.

On a renoncé maintenant d'une ma- ■ nière à peu près générale à ces appareils encombrants : c'est à peine s'il en reste quelques-uns à Paris. Ils sont remplacés avec avantage par des

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bouches de remplissage, de forme analogue aux Jjouches d'arrosage dont il sera question tout à l'heure, disposées aussi dans des coffres en fonte arasés au niveau des trottoirs, mais d'un diamètre plus fort, afin de débiter en un temps suffisannnent court (2 ù 3 minutes par exemple) les 1000 à 1500 litres nécessaires pour emplir un tonneau traîné par un cheval.

332. Arrosage à la lance. — L'arrosage au tonneau est, on le conçoit fort dispendieux : il comporte un matériel important, dont l'acquisition et l'entretien coûtent cher, et le transport de l'eau à distance soit à bras soit au moyen du cheval représente aussi une dépense relativement élevée. L'arrosage à la lance, beaucoup plus économique, doit être en conséquence préféré quand les circonstances s'y prêtent ; mais il ne peut être employé que sur des voies canalisées et suiïisamment larges.

Il suppose l'installation de bouches d'eau, rondes ou carrées, assez analogues aux bouches de lavage, noyées aussi dans le trottoir mais

sans débouché vers le caniveau. En levant le couvercle du coffre en fonte on découvre un raccord fileté sur lequel vient se fixer un tuyau

llexible armé à son extrémité de la lance de projection, tube conique en cuivre pourvu d'un petit robinet {fig. 426). Un homme tient la lance à la main et en dirige aisément le jet avec le doigt. Pour diminuer l'usure du tube flexible, très rapide quand on le laisse traîner à terre ctqu'jl est en cuir, en toile ou en caoutchouc, on le compose ù Paris d'une série

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de bouts de tuyau en métal, raccordés entre eux par des tuyaux en cuir de faible longueur et portés par de petits chariots à roulettes. Avec ce système d'arrosage l'eau peut être mieux répartie là oii elle

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est nécessaire, aussi bien sur les trottoirs que sur la chaussée ; les passants ont moins à redouter les projections d'eau, dont ils se garent assez mal quelquefois pendant l'arrosage au tonneau ; l'opération s'effectue en un mot d'une manière très satisfaisante.

L'inconvénient qu'on peut lui reprocher c'est la multiplicité des bouches, qui doivent être nécessairement assez rapprochées les unes des autres pour que la lance puisse atteindre successivement tous les points de la voie publique. Pour augmenter l'espacement et réduire la

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dépense de premier, établissement, il faut donner le plus de longueur possible au tuyau flexible : celui du type en usage à Paris reste encore léger et maniable, et replié occupe peu de place, tant qu'on ne dépasse pas 15 à 20 mètres, d'où il résulte que les bouches peuvent être espacées de 30 à 60 mètres environ. A Vienne (Autriche), on a augmenté plus encore l'écartement, grâce à l'emploi de dévidoirs, analogues à ceux dont se servent les pompiers , c'est-à-dire de grands tambours sur lesquels s'enroule le tuyau flexible: mais ce système, assez peu commode

d'ailleurs dans les voies fréquentées, comporte sûrement et plus de maind'œuvre et plus d'entretien que celui de Paris.

333. Arrosage des plantations et des pelouses. — L'eau bien employée peut contribuer puissamment ù embellir les promenades publiques, car elle permet d'y abattre la poussière, d'y assurer la pousse du i.'azon, d'v entretenir des plantes délicates, etc. ; et c'est, on peut le dire, tri-âcc h l'introduction de l'arrosage, qu'il a été possible d'obtenir en ce genre à Paris, et ailleurs à l'imitation de Paris, de si merveilleux résultats.

L'emploi de la lance convient parfaitement à ce nouvel usage: on peut s'en servir pour l'arrosage des allées, des plantations, des pelouses, soil en conservant le tuyau flexible à clïariot, soit en le remplaçant par un tuyau analogue, composé aussi de bouts droits en métal raccordés par des bouts jdIus courts en cuir, mais sans roulettes, puisqu'il n'y a pas en général à se préoccuper autant de la circulation dans les jardins que sur les voies publiques.

Parfois on substitue à la lance, pour l'arrosage des pelouses, des appareils automatiques à réaction, qui pulvérisent l'eau pour ainsi dire et la font tomber en pluie fme sur luie vaste étendue de gazon sans l'intervention d'aucun ouvrier. Un effet analogue peut être obtenu au moyen de tuyaux pliants, où les bouts métalliques ont été percés de petits trous, d'où l'eau s'échappe en nombreux et minces filets.

La bouche d'arrosage à coffre rond, qui se place partout indifféremment, convient bien dans les jardins anglais où il n'y a pas de lignes régulières, tandis que sur les voies publiques on préférera souvent la forme carrée, qui s'adapte mieux contre les bordures de trottoirs.

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