L'EAU SUR LA VOIE PUBLIQUE ET DANS LES PROMENADES
SOMMAIRE
!; 1". Généralités. — 310. Usages publics de l'eau. — 320. Emplacements et dispositions générales des appareils publics. — 321. Dépense d'eau. — 322. Entrelien des appareils. — 323. Précautions contre la gelée.
S 2. Appareils de puisage. — 324. Puisage de l'eau destinée à tous les usages. — 325. Puisage de l'eau réservée à la boisson. — 326. Puisages temporaires ou spéciaux.
!^ 3. Appareils de lavage. — 327. Lavage des caniveaux. — 328. Bouches de lavage. —
329. Lavage des urinoirs et des latrines publiques. — 330. Chasses dans les égouts. § 4. Appareils d'arrosage. — 331. Arrosage des chaussées au tonneau. — 332. Arrosag -
à la lance. — 333. Arrosage des plantations et des pelouses. Î5 5. Appareils de secours d'incendie. — 334. Raccords d'incendie. — 335. Bouches
d'incendie pour pompes à vapeur. — 336. Organisation assurant la permanence des
secours.
^ 6. Fontaines décoratives el pièces d'eau. — 337. Fontaines de puisage ornées ou monumentales. — 338. Fontaines décoratives. — 339. Jets d'eau. Gerbes. — 340. Cascades et rivières artiQcielles. — 341. Grandes pièces d'eau.
GÉNÉRALITÉS
319. Usages publics de l'eau. — L'eau distribuée par un réseau do conduites dans les diverses parties d'une ville trouve d'abord son utilisation sur la voie publique.
Un certain nombre d'orifices y sont disposés pour le jmisage et destinés à fournir aux habitants de l'eau pour la boisson et les usages domesti- <[ues; même dans les villes où l'eau est répartie jusque dans les maisons et où les abonnements sont nombreux, il est d'usage d'établir dans les rues des appareils, où le pauvre puisse venir puiser l'eau nécessaire à ses besoins, le passant se désaltérer. D'autres ont pour olijet le lavage des caniveaux, l'arrosage des rues et des promenades, l'entraînement rai)idc
§ 1. — GÉNÉRALITÉS 383
des immondices, le nettoyage des égouts, et concourent efficacement à la salubrité publique. Viennent ensuite ceux qui servent à l'extinction des incendies, et dont la multiplication permet de renoncer dans la plupart des cas à ces longues chaînes vivantes auxquelles il fallait recourir auparavant pour l'amenée de l'eau nécessaire au jeu des pompes. Quelquesims enfin projettent l'eau dans l'atmosphère pour rafraîchir l'air et réjouir la vue tout à la fois, contribuant ainsi à l'embellissement général.
A ces divers emplois de l'eau sur la voie publique peuvent se rattacher encore les fournitures d'eau, pour la confection des maçonneries nécessaires à la construction des égouts ou autres travaux analogues, ou pour certains services spéciaux comme les lavoii^s ou les bains publics, les marchés, les stationnements de voitures, etc.
Sans nous arrêter à ces derniers usages d'un caractère un peu exceptionnel qui rentrent assez souvent dans les attributions de certaines entreprises, particulières, nous nous boinierons à passer en revue les appareils servant au puisage, au lavage et à Varrosage, aux secours d'incendie, et à Vornement des places ou des promenades publiques, c'està-dii-e ceux que l'on rencontre à peu près partout et qui constituent les organes essentiels du service iniblic.
Au reste nous n'entreprendrons même pas la description détaillée des formes et des dispositions extrêmement variées que peuvent i-ecevoir ces appareils ; il suffira de donner quelques notions générales qui aideront dans chaque cas à faire parmi les combinaisons proposées un choix éclaii'é et judicieux.
320. Emplacements et dispositions générales des appareils publics. — Les appareils publics doivent être placés de manière que l'usage en soit commode et qu'il n'en résulte pas de gêne pour le voisinage; le maniement doit en être facile, la construction simple et robuste, et la résistance aussi grande que possible, car ils sont très exposés et aux intemiDéries et aux injures des passants.
Les emi^lacements choisis pour les recevoir doivent être bien en vue et facilement accessibles ; dans les petites localités les fontaines de puisage sont disposées fréquemment aux carrefours ou sur de petites places ; dans les grandes villes, où la circulation des voitures est considérable, on les établit de préférence sur les trottoirs, mais en évitant de gêner le passage des piétons et de porter l'humidité dans les maisons riveraines.
Tantôt ils sont enfermés dans des boîtes enfoncées dans le sol et dont le couvercle se trouve exactement au niveau du trottoir ; tantôt ils font saillie et s'élèvent au contraire à quelque hauteur au-dessus du niveau du sol. De ces deux systèmes, le premier, moins commode pour l'emploi des appareils mais aussi moins gênant pour la circulation, convient particulièrement dans le cas où il s'agit d'orifices mis à la disposition des agents des services pulîlics, qui peuvent être toujours munis des clés et autres engins nécessaires ; tandis que le second s'impose pour
ceux qui sont destinés au public, et qu'il faut mettre mieux en évidence et plus à la portée de la main. Les boîtes arasées au niveau du sol doivent être pourvues de couvercles très solides, parfaitement assujettis, point glissants, n'oscillant pas sous le pied, et capables de résister aux tentatives inspirées par la malveillance; les appareils en saillie doivent tenu- aussi peu de place que possible, sauf le cas où, appelés à concourir à l'ornementation, ils reçoivent au contraire des dimensions exceptionnelles et même parfois un aspect monumental.
Des dispositions spéciales sont nécessaires à l'effet d'éviter les projections désagréables pour les passants, et d'assurer l'écoulement de l'eau répandue sur le sol, qui en se congelant l'hiver deviendrait la cause d'accidents fréquents.
Toute complication doit être écartée : les manœuvres seront simples, faciles à comprendre et à effectuer; les pièces, aisément démontables, se prêteront sans peine aux nettoyages et aux réparations. L'emploi du bronze est à recommander souvent, parce qu'il se travaille aisément et résiste bien à l'influence de l'air humide ; mais sa valeur tente souvent la cupidité et il faut quand on l'emploie se mettre en garde contre les vols.
321. Dépense d'eau. — L'eau, distribuée dans une ville, n'y aétéamenée en général qu'au prix de sacrifices considérables ; en conséquence, il ne faut pas la gaspiller, et la règle de tout service public bien organisé doit être qu'il n'y soit jamais fait de dépense d'eau inutile.
On n'admettra donc les écoulements ' continus, qui absorbent des volumes d'eau toujours importants, que dans les localités où l'eau est en assez grande abondance pour qu'il n'y ait pas à la ménager, comme il arrive dans certains villages, ou lorsqu'il s'agit de desservir des usages également continus, à moins que la main-d'œuvre nécessaire pour régler l'écoulement ne coûte plus cher que ne vaudrait l'eau économisée. vSauf ces cas exceptionnels, et en thèse générale, on se proposera de rendre l'usage de l'eau intermittent, mais sans renoncer à l'alimentation constante des appareils.
Ici un bouton ou un levier permettra le puisage facultatif ; c'est le mode qu'il convient d'adopter pour les ajDpareils destinés au public. Là, il faudra une clé siDéciale ; c'est le système qui sera préféré jîour les appareils de lavaga et autres, que les agents du service ouvrent et ferment chaque jour à des heures déterminées. Il leur sera d'ailleurs toujours recommandé de ne pas laisser perdre l'eau fournie par les appareils, par exemple de ne pas l'envoyer dans un caniveau sans qu'un ouvrier en profite pour le nettoyer au balai, et de ne pas employer un gros volume d'eau pour produire un effet insignifiant, comme il arrive quand, pour arroser une portion de chaussée, on puise à l'écope dans un caniveau où l'on fait ruisseler l'eau tout exprès.
Si, par ces recommandations, par les précautions prises pour régie-
§ J. — (jKNÉRALITKS 385 menter soigneusement l'usage des appareils, on ne parvient pas à supprimer les alnis d'une façon radicale, on restreint du moins le gaspillage à des proportions peu redoutables. Une faut pas voir là un rationnement de l'eau, mais seulement une répartition rationnelle ; que penser en elTet, d'une exploitation, où l'eau manquerait d'un côté tandis qu'on la répandrait de l'autre à profusion sans utilité véritable?
322. Entretien des appareils. — Très exposés, comme nous l'avons fait remarquer, à des dégradations de toute nature, les appareils pulDlics exigent beaucoup d'entretien, alors même qu'ils ont reçu des formes et des proportions convenables et qu'ils ont été parfaitement construits.
S'ils ne sont pas manœuvrés très souvent, il ne faut pas omettre de les visiter de temps h. autre, de les nettoyer, de vériHer les roljinets, raccords, etc., afin de les maintenir toujours en état de fonctionnement. Dans tous les cas, pour préserver de la rouille les parties en fonte ou en fer, il est indispensable de les rv^couvrir d'une couclie protectrice, qui sera un enduit de coaltar ou de goudron pour les appareils placés audessus du niveau du sol, une peinture au minium et à l'huile pour ceux en saillie, un cuivrage galvanique analogue à celui qui est appliqué aux candélabres à gaz de Paris ou une peinture métallique pour les fontaines d'ornement.
L'eau donne lieu presque toujours à des dépôts de vase dans les vasques des fontaines monumentales ; elles reçoivent les feuilles qui tombent des arbres du voisinage, etc. ; et, si elles n'étaient vidées et nettoyées à intervalles réguliei-s, elles prendraient vite un aspect fâcheux, et pourraient répandre des odeurs désagréables : à Paris, le cahier des charges de l'entretien prescrit de procéder tous les huit jours cà cette' opération ; mais on peut la renouveler moins fréquemment pour les grands bassins et pour ceux qui sont entourés de clôtures ou placés dans des promenades gardées.
323. Précautions contre la gelée. — Une des causes les plus fré- . quentes de la détérioration des appareils publics est la congélation : ils
sont en effet, par leur situation au-dessus ou au niveau du sol, en butte aux atteintes de la gelée, dont le moindre inconvénient est d'empêcher le fonctionnement des. parties mobiles, et qui souvent provoque la rupture des tuyaux de raccordement.
Il y a donc à prendre des mesures spéciales pour défendre les appareils contre la gelée.
A cet effet, on met en décharge, en hiver, ceux d'entre eux qui ne .servent que l'été, comme les bouches d'arrosage, ou dont le service est mterraittent, comme les iDouches d'incendie. Cela se fait aisément, du reste, en fermant les robinets de barrage, qu'on a eu soin de munir d'un petit orifrce spécial précisément dans ce but, ou, à défaut, quand il n'y a pas de robinet de barrage, au moyen d'une soupape manœuvrée à
a80 CUAFITUE Xlll. — SF.HVICE l'UBLlC
la main, ou s'ouvrant automatiquement au moment de la fermeture do l'appareil.
Quant aux l)ornes-rontaines, aux bouches de lavage, etc., qu'il faut toujours maintenir en service, il suffit ordinairement pour les mettre à l'abri de la congélation d'y déterminer un petit écoulement continu, si faible qu'il soit. Ce moyen comporte une perte d'eau notable : il est néanmoins fort répandu, parce qu'il est simple et de pratique facile, et que l'eau est presciue toujours en excès pendant les froids.
vSi, malgré ces précautions, un appareil vient à geler sans d'ailleurs éprouver de dommages, il faut, pour le remettre en service, le dégeler en le soumettant à une douce chaleur ; l'emploi de l'eau chaude est particulièrement recommandée en pareil cas.
324. Puisage de l'eau destinée à tous les usages.— Le type primitif des appareils de puisage est la fontaine banale à écoulement contmu,
qu'on rencontre aux carrefours des villages, et dont l'orifice débouche au-dessus d'une auge servant à la fois à l'abreuvage du bétail et au lavage du linge, et auquel les ménagères viennent rempHr leur seaux. Les villes n'avaient pas autrefois d'autre mode de distribution de l'eau : les conduites y alimentaient un certain nombre de fontaines, plus ou moins ornementées, où les habitants s'approvisionnaient au moyen de seaux ; l'auge était le plus souvent suprimée, mais, sauf de rares exceptions où l'écoulement était commandé par un bouton actionnant une soupape, l'eau coulait aussi à jet continu.
La multiplicité de ces fontaines, la richesse de leur ornementation étaient considérées comme un témoignage de la prospente d une vdle. Pendant des siècles, Paris s'est contenté de ce système d alimentation.
Dans les services d'eau modernes, où l'eau est amenée jusqu a 1 intérieur des maisons, le rôle des appareils de puisage a peixlu son ancienne importance. L'intérêt de la salubrité publique commande ^ les multiplier toujours, afin de mettre l'eau partout a la portée de ceux qui ne vL pas dans les habitations, de la donner o-aUutemei^ qui ne peuvent l'acheter. La répartition doit en être faite de telle soite
§ 2. — APPAREILS DE PUISAGE 387 que le parcours nécessaire pour atteindre l'appareil le plus voisin ne soit jamais trop long ; à Paris, on pense réaliser cette condition en admettant que chaque appareil peut desservir un périmètre limité par un cercle
FiG. 402. — Fontaine cUi Pot de fer.
FiG. 403. — Fontaine de Jarento.
FiG. 404. — Fontaine de Poli veau.
de 100 mètres de diamètre, dont il occupe le centre, mais on a été conduit à rapprocher encore les appareils, et presque toujours les cercles se
FiG. 405.
recoupent, si bien que le parcours maximum est réduit à 80 ou 50 mètres dans la plupart des cas.
Le débit d'un appareil de puisage est habituellement réglé de manière qu'un seau de capacité ordinaire (6 à 10 litres) y puisse être rempli en un temps assez court, 20 secondes par exemple, ce qui suppose un écoulement d'un demi-litre par seconde à peu près.
;{^8 CiiAriTRE XIU. — SKU\ ICL- l'UliLlC
Les dispositions adoptées en général sont en rapport avec le rôle modeste que ces appareils sont appelés à remplir aujourd'hui. Ce sont de simples bornes-fontaines en fonte, isolées ou adossées contre un mur, et dont la hauteur est calculée de façon que l'orifice soit précisément au niveau convenable pour remplir un seau placé sur le trottoir, soit à0'",60 ou O-JO du sol. Une petite cuvette, recouverte ou non d'une grille, est
Pla
FiG. 403.
placée au pied de l'appareil, pour recueillir l'eau déversée sur le sol, qui eagne ensuite le caniveau par l'intermédiaire d'une gargouille ou s'etoule à l'égout par un tuyau spécial. Un robinet d'arrêt ou de barrage permet d'isoler l'appareil en cas de gelée ; quelquefois ce robinet n'est autre que le robinet de prise, mais il est préférable d'en disposer deux distincts, dont l'un sur la conduite publique à l'origine du branchement, et l'autre à l'extrémité du branchement à côté même de l'appareil.
La' multiplication des bornes-fontaines dans les distributions d'eau actuelles s'oppose absolument au maintien de l'écoulement continu en usa"-e autrefois, et qui aurait pour conséquence une dépense d'eau très considérable sans utilité pratique. Aussi tantôt l'usage en est-il hmite à (les heures déterminées, et tantôt, ce qui est évidemment meilleur, elles sont disposées pour donner l'eau à volonté : un bouton à repoussoir, une manette ou un levier sert à manœuvrer une soupape, qui est maintenue
ouverte pendant le puisage, et que l'effet d'un ressort ou d'un contrepoids ramène ensuite sur son siège.
Les divers systèmes employés à cet effet, comme tous les appareils mis à la disposition du public, sont exposés à des dérangements assez fréquents et coûtent beaucoup d'entretien, d'au.tant que la fermeture brusque résultant de l'action du ressort ou du contre-poids donne lieu à
FiG. 40". FiG. 108. FiG. 409. FiG. 410.
un coup de bélier, dont la répétition fréquente est nécessairement fort nuisible. Diverses combinaisons ont été étudiées pour arriver à la suppression du coup de bélier : il convient de citer la home-fontaine à vis employée dans beaucoup de gares de chemins de fer, les robinets à contrepoids équilibré, à double soupape ; et parmi ces derniers le robinet Chameroy, qui a donné à Paris et dans d'autres villes de bons résultats, et dont la figure 410 fait suffisamment comprendre le mode de fonctionnement sans qu'il soit besoin d'en donner une description détaillée.
Quelquefois, lorsque l'eau mise en distribution est exposée à des troubles fréquents, on adapte aux bornes-fontaines de petits filtres spéciaux. C'est une complication qu'il est désirable d'éviter ; elle augmente le prix des appareils et comporte un entretien plus minutieux.
325. Puisage de l'eau réservée à la boisson. — Dans les villes où l'alimentation est double, où deux natures d'eau différentes sont distribuées simultanément et affectées séparément à deux catégories d'usages distincts, il est fort à propos de disposer sur la voie publique, surtout si les bornes-fontaines ne fournissent que l'eau d'usage courant, d'autres appareils débitant l'eau destinée à la boisson, et où les passants pourront venir étancher leur soif avec l'assurance d'y trouver l'eau de bonne qualité. Ces appareils sont appelés à rendre de précieux services ' dans les très grandes villes, où les courses sont longues, ainsi que dans les promenades publiques.
Ce sont en réalité des bornes-fontaines, mais dont, en raison de leur
usage spécial, le débit peut être très réduit; un filet d'eau suffira, puisque c'est un verre ou un gobelet et non un seau qu'il s'agit d'y remplir. Aussi y a-t-il moins d'inconvénient à disposer les appareils de ce genre pour un écoulement continu. L'espacement peut d'ailleurs en être beaucoup plus grand que celui des bornes-fontaines, car ils ne répondent pas à un besoin aussi impérieux, et l'eau qu'on y puise est consommée sur place et non plus transportée à distance. Il convient de les placer plus en vue, car ils sont destinés aux passants, moins familiarisés avec les lieux que les habitants du voisinage, qui font seuls usage des bornesfontaines.
A Paris, un Anglais richissime, Sir Richard Wallace, a de ses deniers fait installer des fontaines de ce genre sur les voies publiques, à l'époque où l'on a commencé à y distribuer l'eau de source : de là le nom de fontaines Wallace qu'elles ont reçu et conservé. Deux modèles en fonte.
FiG. 411.
tous deux fort gracieux et richement ornés, sont en usage, suivant que l'appareil est isolé au bord d'un trottoir ou adossé contre un mur : des gobelets en métal nickelés y son^ appendus par des chaînettes. L'écoulement y est continu et le débit atteint quatre mètre cubes par jour.
Devenues moins utiles, depuis que toutes les bornes-fontaines ont reçu également l'eau de source, les fontaines Wallace n'en ont pas moins été maintenues. Le service municipal en a même augmenté le nombre, car elles sont fort appréciées du public, à cause de la facihté avec laquelle on peut y boire sans manœuvre aucune et sans risque d'éclaboussures, facilité qu'on ne trouve pas aux bornes-fontaines ; on a même créé pour les promenades un type spécial, plus simple et moins dispendieux,
FiG. 413.
§ s. — APPAREILS DE LAVAGE 391
quoique d'un aspect agréable : c'est une petite borne carrée munie de deux iiobelets et où l'eau est fournie par un robinet à repoussoir.
Les appareils de ce type ne sont pas encore très répandus, mais ils méritent de l'être, et le succès qu'ils ont eu à Paris est un gage de la faveur avec laquelle ils seraient accueillis ailleurs.
326. Puisages temporaires ou spéciaux. — Dans quelques circonstances on dispose, pour certains usages spéciaux, des appareils distincts, qui y sont mieux appropriés que les bornes-fontaines ordinaires : à titre d'exemple, nous citerons ceux qui sont employés à Paris dans les marchés permanents ou périodiques, et aux bureaux de stationnement de voitures, robinets de divers types servant au puisage de l'eau pour le lavage des viandes ou des légumes ou pour rafraîchir les chevaux.
Outre ces usages spéciaux permanents il en est de temporaires, comme les travaux de maçonnerie sur la voie publique, égouts, bétonnages, etc., les fêtes foraines, et autres, pour lesquels, à défaut de bornes-fontaines suffisamment proches, on utilise parfois les ajDpareils de lavage ou d'arrosage les plus voisins, en levant le couvercle qui les recouvre et vissant sur l'un des raccords un col de cygne, sorte de tuyau recourbé muni d'une soupape ou d'un robinet, et disposé de manière à se prêter au remj)lissage d'un seau. Le col de cygne rend aussi des services dans les expositions, où on l'adapte aux iDouches d'arrosage ou d'incendie, dans les promenades publiques, où les jardiniers l'utilisent pour remplir leurs arrosoirs aux apjoareils mêmes qui sont destinés à l'arrosage à la lance, etc.
327. Lavage des caniveaux. — Les lavages qu'exige le nettoiement de la voie publique s'effectuent au moyen d'appareils déversant l'eau dans les caniveaux, qui courent le long des bordures de trottoirs de part et d'autre des chaussées bombées, et où viennent s'accumuler les immondices provenant du balayage de la rue ou entraînées par les eaux pluviales, ainsi que les eaux ménagères des maisons riveraines.
Ce sont simplement des orifices de dimension convenable, placés aux points hauts des caniveaux, aux heurts, et par lesquels l'eau s'échappe sans projections, pour former un ruisseau suffisamment abondant.
La règle à suivre pour assurer un lavage complet, sans double emploi, est de disposer autour de chaque îlot de maisons les caniveaux, de telle