CHAPITRE I. SALUBRITÉ URBAINK
ferme des boues, à Bruxelles, est, au contraire, assez onéreuse pour le Jnidij'ct de la ville.
Dans certains cas, la difficulté de se débarrasser des boues est tclh; que l'on a recours à la combustion ; des installations spéciales ont été faites, à cet effet, à Leeds, à Manchester, à Londres.
14. Revêtement des voies publiques. — Quelles que soient les mesures prises pour l'enlèvement complet et rapide des détritus solides, il est matériellement impossible qu'une petite partie de ces détritus n'y échappe et ne demeure sur la voie publi(iue. Le balayage, le lavage des ruisseaux, peuvent encore, il est vrai, concourir à en débarrasser le sol, puisqu'ils en facilitent l'évacuation par les égouts. Mais il n'en reste pas moins une fraction minime qui, jointe aux résidus liquides non entraînés par la pluie ou les lavages, tendrait à imprégner la couche supérieure du sol et contribuerait bientôt à la contaminer gravement, si elle n'était pas efficacement protégée contre toute pénétration des matières oriraniques par un revêtement spécial.
Les besoins de la circulation publique ont fait adopter pour les chaassées, pour les trottoirs, pour les contre-allées, divers modes de revêtement qui répondent le plus souvent à la condition que nous venons d'indiquer. Mais tous ne présentent pas, à cet égard, les mêmes avantages.
Les uns, absolument imperméables, asphalte, bitume, ciment, procurent, en conséquence, une garantie complète.
D'autres sont bien composés de matériaux imperméables, mais présentent des joints plus ou moins nombreux, où, dans certaines circonstances, les liquides chargés de matières organicpies peuvent pénétrer et subir la fermentation putride : les joints ensable des pavages, d'ordinaire imperméables, se vident parfois après de grandes pluies, ou un brusque dégel, et l'on y voit alors immédiatement se former une matière noire caractéristique (|ui rappelle la boue infecte des ruisseaux mal entretenus ; les empierrements, composés de pierrailles agglutinées également par le sable, doivent présenter le même inconvénient, quoique à un moindre degré, parce que les joints y sont multipliés, distribués en tous sens et très petits. C'est pour ce motif que l'on voit l'herbe pousser bientôt entre les joints des pavés ou sur les bords des chaussées empierrées, pour peu que l'entretien en soit négligé et que la circulation s'y ralentisse.
Certains revêtements enfin sont composés de matériaux dont l'imperméabilité propre n'est pas parfaite; tels sontles pavages en bois, et, bien (jue les joints de ces pavages soient faits au mortier ou au bitume, il ne faudi'ait i)eut-êtrc pas s'étonner d'en voir la couche supérieure, surtout dans les parties llaclieuses et usées, s'imprégner parfois de liquides putrescibles, ce qui ne serait pas sans quelques inconvénients pendant les chaleurs.
§ 4. — ASSAINISSEMENT DU SOL ir.
15. Drainage des couches souterraines. — La présence d'une nappe souterraine, à l'aible prol'ondein', dans le sol d'une ville ou d'un quartier, est, en général, une mauvaise condition d'hygiène.
Tous les résidus liquides qui pénètrent le sol, au lieu de s'y infdtrer profondément et d'y subir à la longue une transformation complète, s'arrêtent dans la nappe et en altèrent les eaux. Là, plus que jamais, il y- a tendance à faire des puisards, des fosses perdues, et, malgré les règlements les plus sévères, la surveillance la mieux organisée, on no parvient pas à les supprimer entièrement ; puis, le moindre défaut d'étanchéité des fosses fixes, des égouts, etc., contribue à l'altération de la nappe.
Suivant les saisons, l'état de sécheresse ou d'humidité, le niveau de la nappe varie, et ces variations ont, en général, des effets désastreux, soit que, en s'abaissant, elles laissent à découvert des couches contaminées où la putréfaction s'accélère, soit, au contraire, qu'elles apportent, en s'élevant, des causes de décomjDosition et d'insalubrité. Très souvent elles déterminent des maladies, des épidémies. /
On a observé en Angleterre que les villes bâties sur un sol pei'méable au voisinage de la mer sont en général salubres, et l'on attribue cet avantage à l'invariabilité du niveau de la nappe souterraine qui, aboutissant à la mer, se tient nécessairement un peu au-dessus du niveau moyen constant de l'Océan. Plus on j^énètre dans l'intérieur des terres, plus les variations de niveau des eaux souterraines s'accentuent. La présence de l'eau de mer dans le sol semble d'ailleurs moins dangereuse que celle de l'eau douce.
Les anciens connaissaient l'influence des nappes souterraines ; Vitruve la signale et recommande de la combattre par le drainage.
Souvent, en effet, il y aurait intérêt à donner un écoulement aux eaux de la nappe ou à en abaisser le niveau. L'eau qui était stagnante se renouvelle alors et il en résulte l'introduction dans le sol d'une certaine quantité d'oxygène qui facilite la combustion des matières organiques.
Mais les applications du drainage dans les villes sont encore peu nombreuses. Dans quelques cas assez rares, la construction des égouts a été accompagnée de la pose de drains, généralement placés dans la même tranchée, au-dessous ou à côté des égouts proprement dits et sans communication avec eux; c'est ce qui a été fait, notamment à Dantzick, dans quelques villes d'Angleterre et d'Amérique, dans certains quartiers de Munich. De nombreuses observations ont permis de constater l'heureuse influence du drainage sur la santé publique, la diminution consécutive de la phtisie, de la fièvre typhoïde, des maladies inflamma- ,toires, etc.
A Paris, Belgrand a sowgé à établir, dans les quartiers où, au moment des inondations de la Seine, la nappe d'inflltration s'élève, envahissant