ASSAINISSEMENT DU SOL
12. Conditions générales. — L'assainissement du sol exiirc tout ^d'abord, de même que celui de l'atmosphère, l'éloignement aussi prompt que possible de tous les détritus solides ou liquides, déchets animaux ou végétaux, cadavres d'animaux, matières putréfiables ou susceptibles d'entrer en décomposition, boues, ordures ménagères, résidus de toute espèce que produisent inévitablement toutes les agglomérations urbaines, et dont le dépôt sur le sol et la fermentation subséquente serait une des causes les plus redoutables de contamination.
On a recommandé parfois de brûler les matières putrescibles, et c'est à cet ordre d'idées qu'il faut rapporter le mouvement qui se produit depuis quelques années en faveur de la crémation. Par ce moyen, l'on détermine en effet, très rapidement et sans danger, la combustion des matières qui étaient destinées à être comburées à la longue par l'action de l'air ou du sol, et les gaz produits rentrent immédiatement dans la grande circulation naturelle pour servir à la x'espiration et à la nutrition des végétaux. « Le feu purifie tout. »
Mais, dans la plupart des cas, on se contente de placer les cimetières d'une part, et d'autre part les abattoirs, les voiries, les dépotoirs, aussi loin que possible des centres habités. L'interdiction des jmisards, puits jjerdus, fosses sans fond, la construction d^égouis, les systèmes perfectionnés de vidange, ont pour objet d'empêcher l'action des résidus liquides sur le sol et d'en assurer l'entraînement l'apide à grande distance. Quant aux résidus solides, boues et ordures ménagères, il faut en assurer l'enlèvement par d'autres moyens.
13. Enlèvement des détritus solides. — Ce dernier problème, fort simple en apparence, soulève dans bien des villes des difficultés sérieuses, et, entre le système adopté à Constantinople, où les chiens errants sont seuls chargés du soin de la voirie et de l'enlèvement des ordures ménagères, et les services considérables et perfectionnés constitués dans certaines villes, il y a bien des intermédiaires plus ou moins satisfaisants.
En général, les dépôts permanents d'immondices, trous à fumier, etc., sont interdits comme les puisards. Les habitants sont tenus de déposer les ordures ménagères sur la voie publi(jue, mais certains jours et à certaines heures seulement, et des ouvriers spéciaux, pourvus d'un matériel approprié, procèdent alors à l'enlèvement des boues et autres détritus solides, après que l'industrie des chiflonniers en a retiré tout cr
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<[\n est susceptible d'être eiiiployjé à nouveau, chiffons, vieux papiers, etc. 1 )os voitures les transportent au loin, clans des emplacements disposés pour les recevoir, où la fermentation se produit et transforme l'ensemble ou un engrais assez riche et fort recherché.
Dans certaines villes, l'opération est pour la collectivité une source de bénélîces, et, toutes les fois que les exigences de la voirie ne sont pas trop grandes, les enlèvements trop fréquents, les transports trop considérables, les cultivateurs du voisinage se chargent volontiers du service, soit en versant à la municipalité une somme d'argent en sus du travail qu'ils fournissent, soit en recevant une partie du prix de ce travail en sus des engrais qui leur sont abandonnés.
A Paris, les marchés passés pour l'enlèvement des ordures ménagères étaient encore une ressource pour la ville, il y a une vingtaine d'années ; depuis, au contraire, ils sont devenus pour le budget une charge de plus en plus lourde bien que le mode d'enlèvement n'ait pas changé. De grands tombereaux découverts, fournis par des entrepreneurs qui servent d'intermédiaires entre le service municipal et les ciûtivateurs, parcourent toutes les voies publiques chaque jour, de bonne heure, et, aussitôt chargés, gagnent les dépôts de la banlieue ou les gares de chemin de fer, d'où les gadoues sont expédiées vers les régions de culture, dans diverses directions. Il n'est permis de déposer les ordures ménagères sur la voie pidolique que très peu de temps avant le passage des voitures, dans des boîtes de fox'me spéciale, dont un petit élévateur mécanique, suspendu à l'arrière du tombereau, facilite la manipulation. Le chiffonnage ne peut se faire que dans les boîtes, et sans en renverser le contenu ; il se j^ratique aussi dans les cours des maisons et dans les dépôts de la banlieue. Quant aux boues, elles sont, pour la majeure partie, envoyées aux égouts. Dans ces conditions, le service se fait rapidement et d'une façon assez satisfaisante : on a cependant, plus d'une fois, réclamé le remplacement des tombereaux par des chariots couverts, l'amélioration du mode de chargement et des départs plus rapides dans les gares ; il reste aussi à chercher des dispositions pratiques et commodes pour assurer le transport des ordures ménagères des divers étages de la maison dans la cour, pour en faciliter le rassemblement et la conservation jusqu'au moment où elles doivent être portées sur la voie publique.
Dans quelques villes, l'enlèvement des boues est devenu une sorte de ■ service public, avec son personnel, son matériel, ses dépôts, et qui est parfois, pour l'administration municipale, une source de revenus. Tel est le cas de la paroisse de Saint-Mary-Newington, à Londres ^. La