‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 145 sur 279 · DISTRIBUTION INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION INTÉRIEURE

381. Nécessité de la pression. — Ou ne peut songer à distribuer l'eau, par une canalisation intérieure, aux étages et dans les divers locaux d'une maison, que si elle y parvieiit en pression.

Dans le cas contraire, et si l'eau est fournie par un puits ou une citerne, toute l'installation se réduit ordinairement à la pose d'une poidie ou d'un treuil au-dessus du puits, ou d'une pompe à la sangle aspirant dans la citerne : il faut recourir à des seaux, à des arrosoirs, à des vases quelconques, pour transporter l'eau à bras jusqu'au lieu d'emploi, après l'avoir élevée, à bras également, un peu au-dessus du niveau du sol.

Quelquefois cependant, même avec une alimentation de ce genre, on se procure les avantages d'une distribution intérieure, en di,sposant, soit dans les combles de la maison, soit au sommet d'un pylône en

s 1. — DISTRIBUTION INTÉRIEURE '^^ol

maçonnerie ou en charpente, un réservoir ordinaire, ou en plaçant dans les caves un réservoir dit élévateur, de dimensions appropriées. L'eau y est refoulée tantôt au moyen d'une pompe mue à bras ou actionnée par un manège ou un petit moteur, tantôt par l'intermédiaire d'un bélier ou d'un'pulsomètre. Cela revient à créer de toutes pièces, dans la propriété même, un service particulier d'alimentation intermittente par élévation mécanique de l'eau.

Dans les villes pourvues d'une alimentation d'eau à basse pression, on est encore obligé de recourir pour les étages supérieurs des maisons à ces moyens plus ou moins incommodes ; mais on peut du moins répartir l'eau dans les cours, les jardins et les appartements à rez-de-chaussée, par une simple canalisation.

Nous ne nous arrêterons pas à ces divers cas, et nous aborderons immédiatement celui où l'on cherche toujours à se placer aujourd'hui, en traitant de la distribution de l'eau à l'intérieur des maisons alimentées par un service d'eau à haute pression.

382. Divers types de canalisations intérieures. — Les dispositions générales des canalisations intérieures varient nécessairement avec le mode de livraison de l'eau.

Quand l'eau est fournie d'une manière intex-mittente ou par un écoulement continu mais limité, il faut nécessairement constituer un approvisionnement suffisantpour répondre à toute heure aux besoins, et, à cet effet, on installe au sommet de la distribution intérieure un ou plusieurs réservoirs. Par contre, lorsque l'eau est constamment à la disposition du consommateur, un semblable approvisionnement n'est plus indispensable, et la canalisation peut être établie sans réservoir d'aucune sorte.

De là, deux types différents d'aménagement de la canalisation d'eau à l'intérieur des maisons.

Dans le premier cas, la conduite d'alimentation, après avoir pénétré à l'intérieur de l'immeuble desservi, se redresse verticalement en colonne montante, s'élève jusqu'au point haut où est ordinairement placé le réservoir, et vient se terminer à l'orifice qui sert à le remplir, sans se raccorder sur le parcours avec aucun appareil de puisage. Du réservoir part une conduite de distribution entièrement distincte, ou colonne descendante, qui porte l'eau, soit directement soit par l'intermécUaire de branchements et de ramifications spéciales, aux divers points où il en est fait emploi. D'aillem\s le diamètre du tuyau alimentaire doit être ■plus grand quand la livraison de l'eau se fait par intermittences que si elle est continue. Son épaisseur sera toujours calculée pour résister à la pression maxima que peut lui transmettre la conduite publique, tandis que celle de la colonne descendante pourra être réduite, puisqu'elle supporte seulement la pression résultant de l'altitude du réservoir. C'est cette altitude enfin qui détermine seule. la charge sur les divers orifices.

Dans le second cas, la disposition générale est bien plus simple : une

seule conduite ou colonne verticale sert à la fois à l'alimentation et à la distribution ; de part et d'autre, en divers points de la hauteur, se détachent des branchements horizontaux, qui portent l'eau avec sa pleine

FiG. 479. FiG. 480.

pression jusqu'aux orifices de ]3uisàge ; elle est simplement tamponnée à l'extrémité supérieure. Cette même disposition pourrait aussi d'ailleurs s'appliquer au premier cas, à la seule condition d'adapter au bas de la canalisation un réservoir clos, où l'eau s'emmagasinerait en pression.

Les distributions complexes sont formées j^ar la combinaison de deux ou plusieurs systèmes de canalisation, qui se ramènent presque toujours aux deux types précédents.

On rencontre aussi certaines variantes des dispositions tyjDCS, mais elles sont généralement moins satisfaisantes, et ne répondent pas aussi bien aux conditions imjDosées par la plupart des règlements. Quelquefois par exemple, ce sera une conduite unique débouchant au fond d'un rései-voir supérieur et faisant le service en route, ou encore aboutissant au-dessus du réservoir, mais reliée à la partie basse par un tuyau muni d'un clapet (fig. 481) : l'eau se rend alors aux orifices, soit dii-ectemcnt de la conduite d'abmentation, soit en retour par le réservoir; la pression varie à chaque instant dans la colonne, et tout réglage précis de la jauge est impossible. D'autres fois on aura plusieurs réservoirs superposés d'étage en étage, l'eau arrivant directement par une colonne montante au réservoir de l'étage supérieur, pour retomber par le tro])-

Page 1