DISTRIBUTION INTERIEURE «5U
plein à l'étage immédiatement infériem',puis de là à l'étage au-dessous et ainsi de suite, en formant une sorte de cascade (lig. 482) : cet arrangement exclut l'emploi de la soupape à flotteur à l'arrivée de l'eau, et donne
FiG. 481.
FiG. 482.
lieu par suite à des déperditions aux heures de faible consommation; en outre, à chaque étage, la pression dépend uniquement de la hauteur donnée au réservoir correspondant, et se trouve, par suite, très limitée.
Dans certains cas, par mesure de précaution, on chspose un réservoir sur une canalisation du second type ou à pression directe, à l'effet de parer "aux inteiTuptions momentanées qui se produisent parfois dans le service : ce réservoir se rempHt au moyen d'un robinet à main ou d'une soupape à flotteur ; un autre robinet qui s'ouvre à volonté le met en communication avec la colonne, quand il devient nécessaire de recourir à l'approvisionnement ainsi constitué. On obtiendrait le même avantage, sans s'astreindre à aucune manœuvre, en interposant un réservoir clos, dit élévateur, sur la partie basse de la canalisation.
383. Dispositions particulières. — Toute distribution intérieure est
FiG. 483.
CHAPITRE XV. SERVICE PRIVÉ exposée à un certain noniljre de petits accidents qu'il est à propos de prevou-, afin de prendre les mesures nécessaires pour en éviter les effets: outre les interruptions de service que nous venons de mentionner, il peut se produire des chutes de pression lentes ou brusques, des rentrées d'au-, des coups de bélier, etc. Les variations de température sont parfois nuisibles, en particulier lorsqu'elles peuvent amener la congélation. Si, malgré tous les soins, il se produit des ruptures ou des fuites, des réparations deviennent nécessaires : on doit toujours faire en sorte qu'elles puissent être exécutées sans difficulté.
Contre les interruptions de service, on se met en garde par l'établissement de réservoirs, destinés à emmagasiner une provision d'eau suffisante : précaution particulièrement nécessaire dans les usines, où il y aurait à craindre un arrêt des machines par suite du manque d'eau, ou dans les théâtres et autres lieux publics où les incendies sont le plus à redouter.
Un clapet de retour empêche la canalisation de se vider quand, par suite d'une grande baisse de pression dans la conduite publique, il s'y produit un appel ou une aspiration momentanée.
L'air emprisonné dans les conduites au moment du remplissage, ou qui s'y introduit au cours de certaines manœuvres, gagne de là les canalisations établies à l'intérieur des maisons. S'il ne rencontre pas sur son parcours de coudes, de points hauts, où il se puisse cantonner, il vient s'échapper par les orifices au moment des puisages, sans produire d'autre effet qu'un bruit désagréable ; dans le cas contraire, il peut donner lieu à des coups de bélier, contre lesquels il faut protéger les conduites et les appareils, soit en plaçant au bas des colonnes montantes un réservoir clos où l'air et l'eau peuvent s'emmagasiner, ou à la partie supérieure un corps élastique qui cède sous le choc, un ballon de caoutchouc ou des bouchons de liège par exemple, soit en ayant recours, pour les points particulièrement exposés, à des dispositions spéciales.
Afin d'éviter les dangers des variations de température, il est à recommander de placer tous les tuyaux à l'intérieur des maisons et de les attacher de préférence aux murs de refend, moins exposés que les murs de face au refroidissement d'une de leur parois. Si, malgré cette précaution, la congélation est à craindre, on a recours à des enveloppes composées de matières peu conductrices de la chaleur ; ou mieux encore, lorsque la chose est possible, on vide toute la canalisation intérieure, en fermant le robinet d'arrêt placé à l'entrée de la maison et qui est pourvu à cet effet d'un petit orifice de décharge; d'autres fois, on évite la congélation en déterminant un léger écoulement continu, mais ce dernier moyen, qui entraîne une assez forte consommation d'eau, est souvent interdit par les règlements. Les réservoirs redoutent aussi le froid, et il convient de les établir dans des endroits clos et couverts, et même de
§ 1. — DISTRIBUTION INTÉRIEURE -iGl
les envelopi^er pour les garantir contre la gelée, à moins qu'on ne puisse les vider sans inconvénient pendant quelque temps.
L'eau destinée à la boisson et aux usages domestiques en général doit être soigneusement défendue contre toute contamination possible. C'est ainsi qu'on ne saurait prendre trop de précautions pour rempècber de se gâter dans les réservoirs, pour la mettre à l'abri de toute infiltration suspecte par les interstices des toitures, de tout contact des gaz délétères ou de l'air vicié qui s'échappe des tuyaux d'évent des fosses d'aisances, des trop-pleins ou des tuyaux de chute en communication avec l'égout, etc. C'est pour le même motif que les Anglais préconisent si hautement la citsconneccion des water-closets, proscrivant tout raccordement direct de l'orifice d'alimentation de ces appareils avec le réservoir principal de la maison ou avec la canalisation générale ; ils craignent que, cet orifice venant à s'ouvrir à un moment où l'eau n'est pas en pression, l'air vicié ne soit aspiré dans la conduite. Le danger est moindre avec nos distributions d'eau, alimentées par un service constant, qu'avec le système intermittent encore si répandu en Angleterre, mais on peut dire qu'il n'est jamais nul, puisqu'il suffit bien souvent d'ouvrir en grand un robinet pour déterminer une aspiration à l'étage supérieur.
En vue de faciliter la surveillance et les réparations on recommande de laisser partout les tuyaux apparents, de ne jamais les noyer dans l'épaisseur des murs ou des enduits, de placer des moyens d'arrêt à l'origine de chaque ramification afin de pouvoir l'isoler à un moment donné, etc.
384. Mode d'exécution. — Le branchement d'eau pénètre ordinairement dans l'immeuble desservi en traversant le muî' de face à une profondeur d'un mètre au moins au-dessous du sol ; il se prolonge ensuite horizontalement, soit en tranchée, soit le long des murs de cave, pour gagner le point à partir duquel il se relève en colonne montante, afin d'atteindre successivement les divers étages. Liimédiatement en arrière du mur de face doit être placé le robinet d'arrêt, puis un peu au delà le compteur, s'il est nécessaire. Sur la colonne montante sont piqués à chaque étage les branchements secondaires qui se ramifient dans les appartements et vont alimenter les divers orifices ; chacun d'eux est pourvu à son origine d'un robinet d'arrêt spécial.
Les tuyaux employés sont le plus souvent en plomb. Nous avons vu dans un précédent chapitre qu'on emploie également le fer étiré ou galvanisé, le plomb étamé, etc., et nous ne reviendrons pas ici sur les avantages et les inconvénients respectifs de ces diverses matières. Les diamètres des conduits doivent être en rapport avec le service qu'ils ont à faire, le nombre d'appareils qu'ils alimentent, sans quoi les pertes de charge pourraient devenir considérables et les rentrées d'air fréquentes. Des crochets recourbés en fer, munis d'une pointe qu'on enfonce au mar-