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§ s. — GRANDS SERVICES D'EAU A L'ÉTRANGER 517

cote 27. Deux usines de relais, établies à côté de ces réservoirs, servent à relever une partie des eaux du premier et la totalité des eaux du second, l'une dans une colonne verticale, l'autre dans un petit réservoir jilacé au sommet d'une tour d'eau dans l'établissement du Windmûlilerberg, à la cote 55. Il y a donc deux étages distincts, commandés le premier par le réservoir bas et l'autre par le réservoir haut de cet établissement.

Les machines, au nombre de 10 à l'usine de Stralau, sont toutes verticales à balancier ; les unes, à cylindre unique et pompes à simple effet, sont acouplées deux à deux ; les autres sont à deux cylindres Woolf, avec pompes foulantes à double effet et pompes élévatoires à simple effet pour amener l'eau sur les filtres. A l'usine du Tegel il y a deux séries de pompes à double effet, les unes élevant l'eau dans un réservoir d'approvisionnement de 1.000 mètres cubes de capacité, d'oîi elles passent sur les filtres, et les autres la refoulant dans la conduite unique de 0",91 de diamètre et 7.000 mètres de longueur qui la porte à Charlottenbourg ; les moteurs sont horizontaux et du type Woolf. On retrouve ces mêmes moteurs dans les deux usines de relais.

Les bassins de filtration de Stralau, au nombre de 11, tant couverts que découverts, présentent une surface totale de 37.760 mètres carrés : l'eau y passe à raison de 0'",15 à 0",20 par heure. Ceux du Tegel sont tous couverts ; on en compte 10, d'une superficie totale de 22.000 mètres carrés.

Le réservoir du Windmûhlerbei;g est de forme circulaire ; il a seulement 3.000 mètres de capacité. Celui de Charlottenbourg, bien qu'il ne fasse pas de service direct, a reçu des dimensions beaucoup plus considérables : ses deux compartiments, couverts l'un et l'autre, peuvent contenir 24.000 mètres cubes d'eau. Enfin, le réservoir du haut service (Hochstadt) a une contenance de 1.100 mètres, de sorte que l'approvisionnement total est inférieur à 30.000 mètres.

Au mois de mars 1882, la canalisation présentait un développement total de 525 kilomètres, avec des diamètres variant de 0™,04 à 0"',95 ; elle était pourvue de 1.456 robinets- vannes et alimentait 3.762 appareils publics (hydranten).

Depuis que la distribution d'eau a été rachetée par la ville, l'exploitation se fait en régie ; le service est placé sous les ordres d'un directeur et le contrôle d'un conseil composé de membres de la municipalité.

Le service public est rudimentaire : c'est à peine s'il consomme moyennement 8.000 mètres cubes par jour, quoique l'arrosage au tonneau soit appliqué à une surface de 3.400.000 mètres cai-rés de voies publiques. Mais on ne fait point de lavage des caniveaux, les fontaines publiques sont rares et pauvrement alimentées (en tout 75.000 mètres cubes par an), l'arrosage des pelouses et des plantations dans les promenades pubUqucs fort peu développé (150.000 mètres cubes par an).

518 ClIAPITRK XVII. — EXEMPLES DE DISTRIBUTIONS D'EAU

Le service privé, au contraire, s'étend à la majeure partie des maisons; le lavage des cabinets étant d'ailleurs imposé depuis quelques années par les règlements d'assainissement, l'abonnement aux eaux se trouve par là même rendu obligatoire. L'eau est mesurée au moyen de compteurs, du type Siemens et Halske, appartenant à la ville : l'usage de ces appareils a été généralisé depuis le octobre 1878. Le tarif, au mètre cube, est progressif et décroissant ; la concession la plus réduite est de 30 francs pour une consommation annuelle de 80 mètres cubes.

Le produit de la régie des eaux couvre les frais d'exploitation, l'intérêt des dépenses de premier établissement, plus un amortisseinent industriel, et laisse encore un boni de 650.000 francs. Il est vrai qu'on fait entrer dans le compte la fourniture d'eau faite aux services publics, à raison de 0'',187 le mètre cube.

432. Vienne. — La capitale de l'Autriche avait, dès le seizième siècle, une petite distribution d'eau, mais l'alimentation y est restée extrêmement faible jusqu'en 1836, époque à laquelle fut installé le service, dit de VEmpereur-Ferdinand, qui puisait l'eau dans des galeries de captation établies sur la rive du canal du Danube. L'impureté de l'eau o])tenue par ce moyen était, trente ans après, reconnue telle qu'on a dû y renoncer absolument, pour recourir aux sources de Kaiserbrunn et de Stixenstein, situées au pied des derniers contreforts des Alpes Noriques, à 80 kilomètres environ au sud de Vienne, dont le produit a été amené par la dérivation des sources hautes, dite de François-Josejih, en 1873.

L'eau de ces sources est d'excellente qualité, légèrement calcaire et d'une composition peu différente de celle de la Vanne à Paris, mais plus fi-aîche encore, puisque, dans la saison chaude, sa température ne dépasse pas 8° à 9". Malheureusement, ces sources, alimentées par la fonte des neiges, ont sur celles de la Vanne une infériorité grave : leur débit varie dans des proportions bien plus considérables ; ainsi, tandis qu'il s'est élevé parfois, depuis la captation, jusqu'à 250.000 mètres cubes, on l'a vu aussi tomber à 40.000, et dans certains hivers à 25.000, ce qui, pour une population de 750.000 habitants, représente seulement 33 litres par tête! Pour parer au déficit, on a installé en 1878 des machines, qui puisent l'eau d'une nappe souterraine de la vallée de la Schwarza à Potschach et les élèvent dans l'aqueduc ; mais ce n'est là encore qu'un appoint insuffisant, car les puits ne fournissent jamais plus de 35.000 mètres cubes, et leur débit tombe parfois à 20.000 et môme à 15.000 mètres cubes.

La dérivation des sources hautes a une longueur totale de 94.750 mètres, y compris les deux branches qui convergent à Ternitz et amènent séparément jusqu'en ce point le produit des deux sources : les aqueducs d'amenée ont respectivement 22.853 et 6.228 mètres, et le collecteur principal 65.669 mètres. La pente totale, depuis le plan d'eau de la source de Kaiserbrunn jusqu'à celui du réservoir supérieur de Roselhûgel, est

de 275"', 44, soit 2",80 environ par kilomètre : cette pente est inégalement répartie sur la longueur de l'aqueduc, dont les sections varient en conséquence, mais présentent toujours un périmètre mouillé de forme

Sourredr

Fie. 5i0.

rectangulaire et de grandes épaisseurs de maçonnerie. Des souterrains, creusés dans le roc, s'étendent sur les neuf centièmes de la longueur totale de l'aqueduq, soit sur 8.552 mètres. Les traversées de vallées ont toutes été exécutées au moyen de séries d'arcades, à l'exclusion des siphons; on en compte dix d'une longueur totale de 4.619 mètres, et, en outre, dix ponts occupant ensemble une longueur totale de 586 mètres. Le débit maximum possible est de 140.000 mètres cubes.

Les réservoirs ont été disposés de manière que l'eau ait partout une pression de 28", 40 au-dessus du sol; et, à cet effet, le réseau de la cana-

Réservoir

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lisation a été partagé en deux étages distincts. Les trois réservoirs de l'étage supérieur, ceux de Rosenhûgel, de Schmelz et du Wienerberg, sont établis respectivement aux cotes 87"',91, 81 '",50 et 80^,90 au-dessus du plan de comparaison : le premier est le réservoir d'arrivée, placé en tête de la distribution ; les deux autres sont des réservoirs d'extrémité, recevant l'eau par l'intermédiaire des conduites de distribution, quand elle n'est pas absorbée en route, et la restituant en cas d'insuffisance.

L'étage inférieur n'a qu'un seul réservoir, au Laarl)erg, à la coteôO^.GO. De ces quatre réservoirs, les trois premiers, qui avaient reçu d'abord une capacité totale de 14.G00 mètres cubes et ont été considérablement agrandis depuis, peuvent contenir maintenant 85.000 mètres cubes; la contenance du dernier est de 11.200 mètres cubes. Tous sont en maçonnerie, partagés en compartiments et couverts de voûtes portant' uni coucbe épaisse de terre gazonnée. Des clapets automatiques, disposés à l'origine du réseau des conduites de distribution, ont pour eiïet de barrer le passage à l'eau en cas de grosses fuites.

La canalisation générale atteignait, à la fin de 1879, 336 kilomètres. Les diamètres varient de 0"',055 à 0"',95 ; le plus répandu est celui de O^jOS. On rencontre à Vienne d'anciennes fontaines de puLsage, quelques bornes-fontaines et plusieurs fontaines monumentales, dont la plus importante est la grande gerbe devant le palais Schwarzembei'g.

Le service public y est assez bien desservi en été, parce que l'eau est alors abondante : les rues sont arrosées au tonneau, la Ringstrasse à la lance; les plantations reçoivent de l'eau trois fois par jour. En hiver, ce service est très réduit, presque totalement supprimé.

L'abonnement est imposé à raison de 34 litres par habitant, avec un minimum, par maison, de 566 litres. La fourniture d'eau obligatoire est tarifée à raison de 34 francs par mètre cube et par an, soit environ 10 centimes le mètre cube fourni. Ce prix est doublé pour les fournitures facultatives, qui donnent lieu à des abonnements spéciaux avec compteurs distincts ; au delà d'une certaine limite, le prix subit encore une augmentation, et les excédents sont payés 34 centimes le mètre cuIdc. L'eau est livrée par l'intermédiaire de compteurs appartenant à la ville, posés et vérifiés par elle.

Le capital dépensé pour la seule dérivation des sources hautes, sans tenir aucun compte des ouvrages antérieurs, a été de 48 millions de francs ; le produit net ne dépasse pas 1.500.000 francs. Mais la distribution d'une eau salubre paraît avoir eu sur la santé publique une influence des plus heureuses : la mortalité par fièvre typhoïde a baissé très rapidement depuis 1873.

L'augmentation du volume d'eau disponible, tant pour la ville proprement dite que pour la banlieue, dont la population dépasse 400.000 habitants, est la grande préoccupation de la municipalité. Divers projets sont en présence ; mais les difficultés à vaincre étant considérables, il ne semble pas qu'une solution doive intervenir avant quelque temps. Peut-être, malgré la répugnance manifestée contre ce système à Vienne, en viendra-t-on à y établir, comme à Paris, une double canalisation, afin de réserver l'eau de source à la consommation domestique. 433. New-York'. — New- York tire, depuis 1842, son alimentation

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