DISTRIBUTIONS D'EAU DANS QUELQUES VILLES FRANÇAISES
434. Lyon. — Lyon fournit un exemple de distribution d'eau alimentée par ce qu'on a appelé la filtration naturelle. L'eau y est puisée dans les graviers de Saint-Clair, au bord du Rhône, dans des bassins de 1.600 et de 2.200 mètres de supei-ficie et dans une longuegalerie de 5 mètres de largeur. Une grande usine élévatoire, dont les machines sont du type de Cornouailles, est chargée de monter cette eau dans les réservoirs, de 10.000 et de 4.000 mètres cubes de capacité, situés respectivement à 50'",90 et 100"", 90 au-dessus de l'étiage du Rhône, et comman-
, dant l'un le bas service, l'autre le moyen service. Une usine de relais, dite de Saint-Just, installée sur le coteau de Montessuy, à côté du réservoir du service moyen, refoule une portion de l'eau qu'il reçoit de Saint-Clair dans une colonne verticale de 55 mètres de hauteur, d'où elle descend pour traverser la Saône en siphon, et gagner, sur l'autre versant, le réservoir haut, de 1.000 mètres de capacité, établi sur les hauteurs de Fourvières. Le bas service a en outre un réservoir d'extrémité dont la contenance est de 4.000 mètres cubes. Tout cet ensemble d'ouvrages a été conçu et exécuté par M. A. Dumont, ingénieur en chef des ponts et chaussées ^ ; il fonctionne depuis 1861 .
L'eau fournie par les bassins et la galerie de captation est claire, fraîche, de composition assez satisfaisante. Mais, malgré des allongements successifs des galeries, le débit a été constamment en diminuant, de sorte qu'on est obligé de revenir, pour le compléter, à une prise directe dans le fleuve. Cette situation a jeté le discrédit sur le système, et la ville de Lyon, qui a besoin d'une alimentation beaucoup plus considérable, à cause du développement de la consommation industi-ielle, semble avoir définitivement renoncé à la demander à l'eau du Rhône |)rise à Saint-Clair. Aussi lui a-t-on j^roposé divers jDrojets qui ont pour base soit un emprunt au Rhône dans la partie élevée de son cours, avec aqueduc ou usine hydraulique mue par les eaux de l'Ain, soit l'amenée de sources captées dans un département voisin, soit enfin une dérivation des eaux du lac d'Annecy. Les ouvrages actuels seraient abandonnos et une somme de 20 à 40 millions de francs serait consacrée à l'éta- I il issement d'un mode nouveau d'alimentation, capable de fournir 500 à 1.000 litres par habitant.
435. Marseille. — C'est une dérivation d'eau de rivière qui alimente