Chapitre XII, flg
3. Annales des ponts cl chaussées. Notice par M. de Montgolficr; 1875, 1" semestre.
bution supérieur placé à la cote 618™,75. La différence d'altitude était rachetée soit par des pentes de Û'",0Û3 à 0'",0i jmr mètre, soit par des chutes séparant les différents biefs et fournissant une force motrice utilisable pour l'industrie.
L'ouvrage le plus remarquable de la distribution d'eau de Saint-Étienne est le barrage du gouffre d'Enfer, au moyen duquel on emmagasine dans la vallée du Furens l.GOO.OÛO mètres cubes d'eau au moment des crues, dans le triple but de mettre la ville à l'abri des inondations, de fournir aux usines une large compensation de la perte de force résultant de la dérivation des sources, et enfin de suppléer au besoin, en cas de sécheresse, à l'insuffisance de ces dernières pour l'ahmenlation de la ville.
Le bassin du Rey, placé en tête de la distribution et couvert, contient 7.000 mètres cubes ; il fait, avec deux réservoirs d'extrémité de 11.000 mètres culies de capacité, le service des quartiers hauts. L'ancien réservoir, dit de Champagne, placé à la cote 556" et de 6.700 mètres de capacité, a été conservé comme bassin régulateur du service bas.
La dépense des travaux, y compris la canalisation, s'est élevée à 4.800.000 francs, dont 4.190.000 francs à la charge de la ville. Dès 1870 le revenu net de l'exploitation en régie atteignait 2 1/2 0/0 du capital. Ce revenu s'est encore accru depuis, tandis que le système se complétait par la création du barrage du Pas de Riot.
L'eau est livrée à robinet libre pour les usages domestiques ; à la jauge pour les autres usages. Dans ce dernier cas elle est tarifée 100 francs par an pour un mètre cube par jour ; le prix décroît quand la quantité augmente et va s'abaissant progressivement jusqu'à 30 francs.
438, Rennes. — La ville de Rennes, qui est située au confluent des deux rivières de l'IUe et de la Vilaine, a terminé il y a peu d'années une distribution d'eau, basée sur la captation des sources de la Minette et de la Loisance, affluents du Coûesnon. Cette solution avait été conseillée par Belgrand, de préférence aux projets basés sur des prises d'eau dans la Vilaine ou dans les graviers de la vallée, sur la création d'étangs, ou sur l'installation d'un double service en eau de source provenant du voisinage pour les usages domestiques et en eau de la Vilaine pour le reste de la consommation.
Les sources, qu'il s'agissait de capter, étaient disséminées dans les terrains granitiques des deux vallées, les unes formant de petites fontaines, les autres de simples suintements. On les a recueillies, sur une étendue de 4.000 hectares, par un système de drainage formé d'une série de pierrées, puis amenées par l'intei-médiaire de petites conduites en béton jusqu'à l'aqueduc principal en maçonnerie, dont la portée est de 20.000 mètres cubes par jour. Cet aqueduc a 42 kilomètres de longueur, dont 28 en tranchées, reliefs ou arcades, 5 en souterrains, et 9 en siphons, avec une chute totale de 21 mètres entre l'extrémité du collecteur secondaire et le réservoir du GaUet, étabh à la cote 65 pour y recevoir
15.000 mètres cubes d'eau : la section normale en est ovoïde, avec une hauteur de l'",40 et une largeur de 0", 80; les maçonneries ont reçu 0"',15 d'épaisseur. Bien que le décret d'utilité publique n'autorisât que la dérivation de 5.000 mètres cubes par jour, et eût prescrit la construction de réservoirs de compensation et l'allocation d'indemnités aux usagers, la ville de Rennes a porté à 10.000 mètres cubes le volume d'eau qu'elle a détourné de l'arrondissement de Fougères et n'a rien fait pour la réparation du préjudice causé, profitant ainsi de la situation que lui ont assurée des traités passés à l'amiable avec tous les propriétaires, rendant toute expropriation inutile. Les travaux conduits par MM. Lesguillier et Soulié ont coûté environ 4 millions de francs.
L'exploitation du service d'eau de Rennes a été concédée à la Compagnie générale des Eaux, qui a consenti à se charger de la canalisation intérieure et des appareils correspondants : 180 bouches d'arrosage, 50 bornes fontaines, 50 bouches d'incendie pour pompe à vapeur.
439. Versailles. — Ce n'est f)as comme un modèle à suivre qu'on doit citer le service d'eau de Versailles, mais bien à cause de l'intérêt historique qu'il présente et de l'originalité des systèmes d'alimentation auxquels on y a eu r&cours.
D'une pai't on trouve le système des étangs*, imaginé au temps de Louis XIV pour fournir de l'eau dans le parc, à défaut de cette énorme dérivation de l'Eure que Vauban avait commencée et qui est restée inachevée. Il se compose d'une série de retenues, créées sur les plateaux qui s'étendent au Sud-Ouest de la ville, et reliées entre elles par un réseau étendu de rigoles, tantôt couvertes, tantôt découvertes, dont le produit est amené par des collecteurs parmi lesquels se trouve celui qui est porté par les arcades de Bue. Il y a encore aujourd'hui huit étangs en service, représentant une surface d'eau de 685 hectares et un cube de près de 8 millions de mètres cubes ; le développement des rigoles n'est pas inférieur à 157 kilomètres, dont 35 en souterrain.
Les eaux blanches, provenant des étangs, ont toujours été considéi-ées comme de qualité fort médiocre et réservées pour l'alimentation des pièces d'eau.
D'autre part la machine de Marly élève les eaux de la Seine. Établie par Colbert en 1675 pour le service du château de Marly, cette usine célèbre a été plus tard utilisée pour la distribution d'eau de Versailles. Modifiée à plusieurs reprises, entièrement transformée et reconstruite en 1856, elle comprend maintenant, dans un vaste bâtiment construit en rivière, six machines hydrauliques mues par une chute d'eau créée sur le petit bras de la Seine. Chacune des machines se compose d'une roue de côté de 12 mètres de diamètre et 4"', 50 de largeur, avec 64 aubes, actionnant quatre pompes horizontales à piston plongeur à simple effet. L'eau est
I. Annales des ponts et chaussées. Notice par M. Vallès; 1864, l" semestre.
528 CHAPITRE XVIl. — EXEMPLES DE DISTRIBUTIONS D'EAU
refoulée à une hauteur de 150 mètres sur le plateau de Louveciennes, et va s'emmagasiner dans les grands réservoirs des Deux-Portes, où elle se
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clarifie par le repos. Le rendement du système s'est élevé à 51 0/0. Malheureusement la Seine à Marly est tellement contaminée, par les égouts collecteurs parisiens, que l'eau fournie par la machine est au moins aussi insalubre que celle des étangs : pour l'améliorer, on y mélange depuis peu dans une grande proportion l'eau de puits forés jusqu'à la craie supérieure, eau claire, limpide et fraîche, mais très minéralisée (degré hydrotimétrique total 34», persistant 24°).
La consommation moyenne à Versailles atteint, avec le service du parc, 9.000 à 10.000 mètres cubes par jour pour une population de 46.000 habitants. La moitié provient des étangs, le reste de Marly.
En outre quelques petites sources, dont l'eau est très recherchée à cause de sa qualité supérieure, débitent environ 130 mètres cubes par jour.
440. Grenoble. — Située dans une région montagneuse, où les eaux de bonne qualité ne sont pas rares, la ville de Grenoble vient de se donner une importante distribution d'eau destinée au service privé, après avoir hésité à en faire une beaucoup plus considérable, à très haute pression, qui eût fourni l'eau motrice aux nombreuses industries locales i.
L'eau qu'on vient d'amener à Grenoble a été empruntée aux sources de Rochefort, situées à 10 kilomètres de la ville, sur la rive gauche du Drac, qui débitent 500 litres par seconde, soit près de 1.000 htres par jour et par habitant. Elle marque 17° à l'hydrotimètre, et sa température est constaimnent comprise entre 10°,25 et 12°,75.