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DISTRIBUTIONS D'EAU DANS QUELQUES VILLES A L'ÉTRANGER

442. Manchester. — A la fin du xviii^ siècle la ville de Manchester était alimentée par l'eau puisée dans la rivière Medlock et élevée par des machines ; plus tard, une réserve, dite réservoir de Gorton, fut créée vers le sud-est; en 1848 l'administration municipale racheta la concession qui avait été accordée à une compagnie, et entreprit la réalisation d'un vaste programme qui a doté la ville d'un service d'eau très impor-

tant, continu et à haute pression, dont l'alimentation se fait par de vastes réserves étabhes dans la haute vallée de la rivière Etherow, affluent de la Mersey.

Ces réserves servent à la fois à l'approvisionnement de la ville de

FiG. 5il.

§ 5. — VILLES ÉTRANGÈRES 531 Manchester et à la compensation nécessaire pour désintéresser les usagers inférieurs : l'eau claire est réservée pour la ville, l'eau trouble abandonnée au cours de la rivière. La capacité utile totale des réserves est de 30.000.000 de mètres cubes environ; elle permet de distribuer environ 80.000 mètres cubes par jour à une population de 1.000.000 d'habitants, dont 800.000 sont dans des maisons abonnées. Cela fait environ 100 litres par abonné, ou, si l'on déduit 1/3 environ pour l'industrie, 65 litres pour les besoins domestiques.

Des réserves l'eau est amenée par un aqueduc, en grande partie souterrain, dans un réservoir de dépôt et de répartition, d'où partent les conduites qui la portent aux deux groupes de réservoirs de chstribution construits au sud-est et au nord-ouest de la ville K

Ce bel ensemble de travaux a fait la réputation de l'ingénieur Bateman. A la fin de 1882, la totalité des dépenses, y compris le rachat de l'ancienne compagnie et la canalisation en ville, s'élevait à plus de 75 millions de francs. Il est vrai que le revenu atteignait 5 milHons.

La quantité d'eau dont on dispose est dès à présent jugée insuffisante et l'on a projeté de l'augmenter par la création d'une nouvelle réservé de loO.OOO.OOO de mètres cubes, au lac Thirlmere, situé à 180 kilomètres au nord de la ville, dont le plan d'eau, déjà supérieur de 60 mètres â celmdes réservoirs, serait encore relevé par un barrage étabh entravers du vallon de Saint-James.

443. Amsterdam. — Malgré des conditions topographiques très défavorables, absence complète de sources et de cours d'eau au voisinao-e terrains absolument plats sans aucune éminence se prêtant à l'établissement d'un réservoir, Amsterdam a su se procurer un service d'eau qui lui suffît pour entretenir la remarquable propreté de ses rues et de ses maisons.

Un drainage très étendu des dunes de Haarlem a permis de recueillir les eaux pluviales emmagasinées parles sables : c'est un canal découvert de 4 mètres de largeur au plafond et 15 à 16 mètres en gueule, long de 18 kdometres, qm les amène à l'usine élévatoire construite à 5 kilomètres onnnn ! Haarlem. Le débit ne dépasse pas 18.000 à

20 000 mètres cubes par jour; la vitesse de l'écoulement est donc très faible. Néanmoins l'eau est louche, et, avant de l'élever, on la filtre par

Innn /""^ ^^^^^^^^^^^^^ P^alable : cinq bassins, de

4.000 mètres carres de superficie, dont trois sont toujours en service et deux en nettoyage, sont consacrés au filtrage

Le systèiue élévatoire se compose de trois moteurs de 150 chevaux nominaux Compound, à balancier, qui actionnent des pompes à plongeur, a vitesse variable, refoulant dans une cuve nitall que placée a oO mètres de hauteur, d'où sortent les deux conduites de 0™,60 ;t 0^50

1. Bateman. History and description of Manchester Watcrwor]<s. 1884.

532 CHAPITRE XVII. — EXEMPLES DE DISTRIliUÏIONS D'EAU

de diamètre qui portent l'eau en ville après un parcours de 22 kilomètres.

La population d'Amsterdam est de 350.000 habitants. L'alimentation ne dépasse pas 50 litres par habitant pour l'ensemble des services. Bien qu'on y supplée en partie au moyen de quelques emprunts aux canaux pour certains usages spéciaux, il faut assurément, pour s'en contenter, des habitudes toutes particulières et des soins qu'on ne prend nulle part ailleurs.

444. Anvers. — L'importante ville d'Anvers, un des plus grands ports de l'Europe, où la population fixe et flottante compte environ 225.000 âmes, n'avait pas de distribution d'eau avant 1881. Les habitants en étaient réduits à s'alimenter au moyen de puits contaminés par le voisinage des puisards, ou d'emprunts aux canaux à ciel ouvert dont l'eau est salie par la navigation. L'approvisionnement des navires se faisait au moyen de tonneaux et de chalands à des prix exorbitants (jusqu'à 5 francs le mètre cube).

La création d'un service d'eau à Anvers soulevait un problème difficile, car le pays environnant n'offre pas plus de ressources que le voisinage d'Amsterdam. Une compagnie anglaise a entrepris de le résoudre en élevant les eaux de la Nèthe, affluent de l'Escaut, prises à Waelhem, à 18 kilomètres de la ville. Là encore, malgré la précaution de ne puiser l'eau qu'à mi-marée, pour éviter et les eaux détestables du Rupel qui remontent avec le flot et les eaux très impures que roule la Nèthe à l'étiage, on n'est parvenu à obtenir qu'une eau colorée par la tourbe, très chargée de terres et de matières organiques, d'un goût détestable. La clarification, le fdtrage au sable ne suffisant pas à la rendre potable, on a eu recours pom- l'améliorer à l'éponge de fer, préconisée par M. Bischof et déjà employée à Emden et à Coblentz ; le traitement par le fer a eu lieu d'abord dans des bassins de filtration, ensuite par l'interméchaire des appareils Andersen

L'eau de la Nèthe est reçue dans des bassins de dépôt ; deux vis d'Archimède, inclinées à 30° et mues par deux machines à vapeur horizontales de 12 chevaux de force, la reprennent dans ces bassins et l'élèvent aux filtres à éponge de fer ; elle passe ensuite aux filtres à sable, puis un coUecteur la recueille et la conduit dans deux réservoirs en fonte, de 18 mètres de diamètre et 3 mètres de hauteur, établis en déblai et

couverts de terre.

C'est dans ces grandes cuves que la puisent les pompes foulantes a piston plongeur, mues par quatre machines à vapeur Compoud à balancier, accouplées deux à deux, qui l'envoient directement dans la conduite d'amenée de 0'",50 de diamètre posée entre l'établissement hydraulique et la ville. A son extrémité la conduite d'amenée se divise en deux branches de 0'",40 et 0'»,45 de diamètre, qui alimentent le réseau maille,

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