Génie civil. JII
de 135 kilomètres de développement, établi dans les voies publicfues d'Anvers, et où la pression est maintenue à 5 atmosphères. L'ensemble des ouvrages a coûté 7 millions de francs.
Il y a 1.700 bouches d'arrosage et d'incendie. Les abonnements privés sont à robinet libre ; les fournitures d'eau pour l'industrie et l'approvisionnement des navires sont mesurées au com]:)teur Siemens.
445. Dresde. — Jusqu'en 1875, Dresde n'était alimentée que par ses 3.000 puits et par de petites canalisations fort anciennes, qui, au moyen de conduites en bois, en pierre et en fonte, distribuaient environ 3.000 mètres cubes d'eau par jour à une population de 20.000 habitants, soit 13 litres par tête.
La municipalité entreprit alors l'établissement d'une distribution d'eau unique, destinée à fournir dans toute l'étendue de la ville l'eau puisée en amont dans des galeries et des puits creusés sur le bord de l'Elbe. Les travaux en fuirent confiés à l'ingénieur Salbach : ils ont coûté près de 10 millions de francs.
Des machines à vapeur élèvent l'eau ainsi obtenue à 60 mètres de hauteur dans un réservoir maçonné et couve^'t, de 20.000 mètres cubes de capacité, situé à 1 kilomètre de la ville. Leur débit peut atteindre 45.000 mètres cubes par jour, soit 200 litres par tête. Mais la consommation n'a pas dépassé encore 27.000 mètres cubes en 1881. On comptait déjà cependant à Dresde 1.600 appareils publics et 24 fontaines d'ornement, et d'autre part 6.631 maisons sur 7.200 étaient alimentées à robinet libre.
446. Stuttgart. — Stuttgart, dont la population est seulement de 117.000 habitants, a un service d'eau assez compliqué, puisqu'il comporte une alimentation multiple et une double canalisation.
Avant 1874, outre 1.200 puits fournissant de l'eau de médioci'e qualité, on y trouvait une petite distribution d'eau filtrée provenant du Neckar, dont la création remontait à 1861, et qui débitait 3.500 mètres cubes, aujourd'hui réservés aux établissements de l'État.
Depuis lors on a été chercher pour le service privé, à des distances variant entre 2 et 6 kilomètres, le produit de diverses sources, qui est amené par l'effet de la gravité dans un réservoir de 500 mètres cubes de capacité. Les 1.650 mètres cubes ainsi obtenus sont distribués à 43 fontaines publiques de puisage, à 110 bornes-fontaines à repoussoir, et à quelques maisons. Les ouvrages, établis sous la direction de M. Ehmann en 1875, n'ont coûté que 125.000 francs. Mais l'approvisionnement, étant tout à fait insuffisant, va être complété par un emprunt à la najDpe de la vallée du Neckar.
L'eau industrielle est distribuée par deux services distincts dans la partie haute et dans la partie basse de la ville. Le premier, qui remonte à 1874 et a coûté 750.000 francs, tire chaque jour 3.000 à 3.500 mètres cubes d'eau de cinq étangs de 26 hectares de superficie et de 700.000 mètres
m CHAPITRE XVII. - EXEMPLES DE DISTRIDUTIONS D'EAU
cubes de capacité, situés à 9 kilomètres de la ville : l'eau est filtrée par le sable vers le milieu de son parcours, et vient s'emmagasiner dans un réservoir de distribution, ù deux compartiments, de 2.400 mètres cubes de capacité. Le second, établi en 1882, est alimenté par l'eau du Neckar ; il a coûté 1.850.000 francs et se compose d'un canal de dérivation, amenant l'eau à des bassins de filtration situés à 1 kilomètre de la prise, et de machines hydraulif|ues et à vapeur capables d'élever 18.000 mètres cubes par jour environ dans un réservoir couvert, partagé en deux bassins, de 9.G00 mètres cubes de capacité. L'eau de ces deux services est fournie à 131 bornes-fontaines, à 1.122 appareils d'arrosage et d'incendie (hydranten) et à 2.500 maisons.
447. Naples. — Les nouvelles eaux de Naples ont été mises en service en 18S5 par la compagnie française concessionnaire qui en a exécuté les beaux travaux d'après un avant-projet dressé par l'ingénieur anglais Bateman.
Précédemment il n'y avait à Naples, pour une population de plus de 500.000 âmes, qu'une maigre distribution de 17.000 à 25.000 mètres cubes par jour (soit 30 à 50 litres jpar habitant) alimentée par quelques petites sources locales et par les deux aqueducs de la Bocca et de Cannignano. L'eau était répartie à très faible pression par un réseau inextricable de petits conduits en très médiocre état. Il en résultait une situation particulièrement intolérable sous un climat chaud et dans de mauvaises conditions hygiéniques.
Les ouvrages de la nouvelle distribution ont été conçus sur un plan vraiment grandiose, qui avait pour base la déviation des sources importantes de la vallée du Serino, tributaires de la rivière Sabato. Un seul groupe de sources, celui d'Urcioli, a été capté et il fournit déjà 170.000 mètres cubes par 24 heures d'une eau d'excellente qualité.
Une surface de 30.000 mètres carrés a été sillonnée de drains, qui aboutissent à des collecteurs, débouchant eux-mêmes dans une chambre de réunion en maçonnerie, construite à la cote 321 mètres, en tète de l'aqueduc de 82 kilomètres de longueur qui porte les eaux de Naples.
La première partie de cet aqueduc, depuis les sources jusqu'à la colline de Cancello, est établie en conduite libre maçonnée avec une pente régulière de 0"',50 par kilomètre. La section varie suivant la consistance des terrains traversés ; tantôt ovoïde, tantôt circulaire, tantôt à piédroits verticaux, elle présente toujours une surface mouillée de 2°"', 80. L'eau y prend une vitesse de l'",08 et le débit atteint 1"3^95 par seconde. Sur la longueur totale de 59.500, mètres correspondant à cette première partie, on trouve 14.500 mètres de souterrains, dont un de 3.200 mètres, 20 ponts-canaux développant 1.800 mètres de longueur et dont un seul a 500 mètres et 31 arcades, enfin 2 siphons composés de quatre files de tuyaux en fonte de 0'",80 de diamètre.
Dans la seconde partie, entre la colline de Cancello et les réservoirs,
l'aqueduc traverse une immense plaine basse où il a dû être exécuté entièrement en siphon. Trois conduites forcées en fonte, dont deux de 0'",80 et une de 0"',70 de diamètre, ont été posées quant à présent, et peuvent débiter 100.000 mètres cubes, soit 200 litres par habitant, ce qui a été considéré comme largement suffisant pour les besoins actuels. Les deux premières conduites, de 18.700 mètres de longueur, jettent 928 litres d'eau par seconde dans un aqueduc lilore de 2.400 mètres de parcours qui aboutit au réservoir du bas et moyen service à la cote 92 mètres. La troisième porte 232 litres au réservoir du haut service, à la cote 183 ; la pression y atteint jusqu'à 160 mètres, et il a fallu donner aux tuyaux des épaisseurs exceptionnelles, différentes pour les diverses sections, et dont le maximum est de 0'",037.
Les réservoirs, qui contiennent, l'un — celui du haut service — 20.000 mètres cubes, l'autre — celui du bas et moyen service — 80.000 mètres cubes, ont été entièrement creusés dans le tuf et formés de vastes galeries, à grande profondeur au-dessous du sol dont les parois ont été revêtues d'un simple enduit en ciment de Grenoble.
Ils ahmentent deux réseaux de conduites dont le développement total est déjà de 100 kilomètres, soit 26 pour le service supérieur et 74 pour le service inférieur.
448. Bucarest. — La ville de Bucarest poursuit en ce moment l'exécution d'une distribution d'eau étudiée de toutes pièces par M. Guilloux, ingénieur en chef des ponts et chaussées, puis par M. Bûrkli-Ziegler de Zurich et enfin par M. Lindley, ingénieur en chef de la ville de Francfort.
Elle ne disposait précédemment que de quelques sources sans importance et d'un petit établissement hydraulique spécialement affecté au service de deux promenades publiques. Les puits, assez nombreux, et la rivière Dimbrowitza, qui traverse la ville, fournissaient presque toute l'alimentation.
Le projet définitif a été étabU pour le cas d'une consommation moyenne de 120 litres par tête et d'une population de 750.000 habitants ; mais les travaux ne sont exécutés que partiellement et de manière à donner quant à présent 250 litres par tête au maximum pour une population desservie de 180.000 habitants seulement, soit 46.000 mètres cubes.
La canalisation a été étudiée avec le plus grand soin, et formée de grandes artères rayonnantes, avec conduites transversales de répartition, qui constituent un réseau maillé. La ville a été partagée en deux étages, dans chacun desquels on s'est proposé d'obtenir la même près sion, 25 mètres au-dessus du sol.
L'eau, empruntée à la rivière Dimbrovitza, mais à 18 kilomètres en