‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 187 sur 279 · CHAPITRE XVIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIl

Sommaire :

§ 1". Généralilcs. — 450. Nécessité et conditions de l'évacuation des eaux nuisibles. —

451. Modes pi-imitifs d'évacuation. — 45''i. Rôle des égouts. § 2. Évacuation dos eaux pluviales. — 453. Eaux des toits. — 454. Tuyaux de chule,

branchements, siphons. — 455. Eaux des cours. — 456. Eaux de la rue. § 3. Évacuation des eaux ménagères et industrielles. — 457. Siphons. — 458. Divers

appareils d'évacuation. — 459. Canalisation. — 460. Communication avec l'égout. —

461. Envoi à l'égout des eaux industrielles. §4. Évacuation des eaux-vannes et des matières de vidange. — 402. Urinoirs et walcr-

closets. — 463. Vidange des fosses fixes. — 464. Séparateurs ou dilueurs. —

465. Évacuation directe à l'égout. — 466. Canalisations spéciales.

GÉNÉRALITÉS

450. Nécessité et conditions de l'évacuation des eaux nuisibles. —

Nous avons déjà fait observer précédemment que l'eau doit être considérée comme nuisible dès qvi'elle s'est chargée. de matières minérales ou organiques, soit dans la maison, soit dans la rue, dès qu'elle a servi et qu'elle n'est j^lus propre aux usages domestiques ou industriels.

Partout, en conséquence, où dans les villes il est fait emploi de l'eau, partout où afflue l'eau de pluie plus ou moins chargée d'impuretés, il y a lieu de disposer les appareils nécessaires pour l'écouler rapidement et l'entraîner au loin.

Il ne faut pas admettre qu'elle reste en aucun point stagnante, exposée aux influences atmosphériques, car des fermentations ne tarderaient pas à se produire et à répandre des émanations désagréables ou insalubres.

Tout doit être disposé encore pour qu'en s'écoulant les eaux usées ne laissent pas derrière elles des dépôts de matières solides, ou si ces dé-

pôts sont inévitables, pour que l'enlèvement en puisse être opéré sans difriculté à des intervalles rapprochés.

En même temps des précautions doivent être prises pour empêcher les gaz résultant des fermentations, l'ai)' vicié, de pénétrer dans les appartements, et pour donner au contraire accès partout à Vair frais, qui détermine la combustion des matières organiques, atténue les virus, etpar son action salutaire contribue efficacement à la transformation de tous les principes nuisibles.

451. Modes primitifs d'évacuation. — Tant qu'il n'a pas été construit d'ouvrages spéciaux pour les recevoir, les eaux pluviales, ruisselant des toits des maisons sur le sol des rues, y prennent d'elles mêmes leur écoulement, en suivant les pentes naturelles, pour se rendre au thalweg le plus voisin. Tantôt leur écoulement est très rapide et produit des ravinements dangereux ; tantôt au contraire il est trop lent, et les terres s'imprègnent, tandis qu'il se forme çà et là des dépôts de matières fermentescibles qui répandent l^ientôt dans l'atmosphère des odeurs fâcheuses et des émanations malsaines. C'est pour parer à l'un et à l'autre inconvénient qu'on établit des pentes et contrepentes artificielles, qu'on recherche des revêtements imperméables pour les chaussées et les trottoirs, que l'on construit des rigoles ou des caniveaux et qu'on installe des services de balayage ou de nettoiement, afin de régler les \ itesses d'écoulement, de protéger le sol contre les infiltrations suspectes, d'empêcher les dépôts ou de les enlever s'ils se produisent. Mais, quelque soin qu'on prenne, si les pentes sont faibles, les eaux très chargées, les parcours considérables, la proportion d'eaux ménagères et industrielles relativement forte, ces moyens ne suffisent pas et le résultat obtenu n'est pas complètement satisfaisant.

En pareil cas les eaux ménagères sont déversées sur la voie publique soit au moyen de vases portatifs, soit par l'intermédiaire de simples tuyaux ouverts par le bas, et où l'on jette le contenu des vases aux divers étages des maisons par les ^olombs, encore trop répandus malheureusement dans nos villes. La valve mobile, qu'on emploie pour isoler le plomb des appartements avec lesquels il fait co^mnuniquer le tuyau de chute, n'est jamais étanche : par l'effet de la ventilation naturelle, qui s'établit entre le dehors et le dedans en raison des différences de température, l'air circvile de bas en haut dans le tuyau de chute ; vicié au contact des dépôts qui y fermentent, il s'infiltre peu à peu par le pourtour de la valve ; puis, lorsqu'on la manœuvre, il s'engouffre dans toutes les parties de la maison et y répand des odeurs nauséabondes et méphitiques. C'est pis encore quand les tuyaux de chute, au lieu d'aboutir à la voie publique, débouchent dans des puisards ou puits à fond perméable, où les eaux se perdent, laissant bien entendu en dépôt les matières dont

§ 1. — GÉNÉRALITÉS 5/j3

elles sont chargées : on crée ainsi au voisinage immédiat des maisons de véritables foyers d'infection, qui empoisonnent à la fois le sol, les eaux souterraines et l'atmosphère.

Trop souvent aussi les eaux-vannes et les matières de vidanges sont recueillies et conservées auprès des habitations dans des fosses. Le mal n'est point trop grand quand ce sont des fosses mobiles, de faible capacité, qu'on enlève fréquemment pour en déverser à distance le contenu, le i^lus souvent utilisé comme engrais. Mais il n'en est plus de même quand on a recours à des fosses fixes de grande dimension, où les matières séjournent durant des mois ou des années, répandant l'infection dans la maison par les tuyaux de chute, ou dans l'atmosphère par les tuyaux d'évent, au moyen desquels on essaie d'évacuer l'air vicié. Et, malgré leurs inconvénients déjà si manifestes, les fosses fixes sont encore préférables aux fosses perchies, à fond perméable, où les matières pénètrent dans le sol même et le contaminent, comme le font les eaux ménagères envoyées aux puisards, mais dans des conditions plus déplorables encore. ■ '

452. Rôle des égouts. — La joratique a condamné tous ces moyens primitifs d'évacuation des eaux nuisibles ; l'hygiène les réprouve, et un des grands progrès qu'elle s'efforce de réaliser consiste à les faire disparaître malgré les résistances et les efforts de la routine.

Les divers procédés auxquels on a recours pour les remplacer dans les villes modernes, se rapportent tous à l'emploi d'un réseau de conduits souterrains ou égouts qui sont mis en communication d'une part avec la rue pour recevoir les eaux pluviales plus ou moins chargées de détritus, d'autre part avec la maison pour écouler les eaux ménagères et industrielles, et même au besoin les eaux-vannes avec ou sans les matières de vidange, qui en un mot servent à évacuer « tout ce qui est susceptible « d'être entraîné par les eaux ^ . »

Tantôt les égouts sont chsposés pour recevoir certaines eaux nuisibles à ^ l'exclusion des autres ; par exemple — et c'est le cas le plus général — les eaux pluviales et les eaux ménagères, mais non les eauxvannes ; ou bien, suivant le principe du separate system, les eaux ménagères et les eaux-vannes, et point les eaux pluviales.

Tantôt, au contraire, ils les reçoivent toutes à la fois et les écoulent ensemble : c'est le tout à l'êcjout, très répandu déjà et qui tend à se répandre de plus en plus, malgré les discussions passionnées dont il a été lobjet.

Certains hygiénistes, tout en admettant l'envoi des eaux- vannes dans Iles egouts, ne veulent pas qu'elles s'y mélangent aux eaux pluviales et I ménagères, et demandent qu'on les y écoule séparément par des canali-

1. De Freycinet. Principes de FAssainisscmenl des villes, p. 01.

5/,.i CHAPITRE XVIII. — ÉVACU.\TION DES EAUX NUISIBLES

salions spéciales : c'est ce que M. Vauthier a désigne d'un mot en créant l'expression de tout par l'égout.

En vertu des principes que nous avons posés au déljut, l'écoulement doit se faire vite et l)ien dans les égouts, sans laisser sur le parcours des dépôts, dont le moindre inconvénient serait de faire obstacle au passage des eaux. D'autre part, toutes les mesures doivent être prises pour que l'air vicié ne puisse s'en échapper et gagner la rue et les maisons, et que, au contraire, un courant continu d'air frais et pur y favorise la combustion des matières organiques.

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