Voir chapitre XI, p
f.3(3 CHAPITRE XVII. — EXEMPLES DE DISTRIBUTIONS D'EAU
amont de la ville, passe d'abord dans des bassins de décantation, puis sui' des filtres à sable, d'où elle se rend dans un aqueduc de 16. 47G mètres de longueur qui la conduit jusqu'aux portes de la ville, et composé d'abord d'une conduite libre de 1"',20 de largeur, à piédroits verticaux de même hauteur, avec voûte en plein cintre, puis sur les trois derniers kilomètres d'une conduite forcée en béton, de l'",20de diamètre. A l'extrémité aval de l'aqueduc on a prévu un réservoir, également en béton, de 40.000 mètres cubes de capacité, partagé en huit compartiments, et couvert de voûtes supportant une couche de terre de deux mètres d'épaisseur. La chute totale des filtres au ré.servoir de Cotroceni est de 13 mètres environ.
L'eau doit être prise dans le réservoir par des machines élévatoires, mues par une chute de la Dimbrovitza, qui a été aménagée, en amont du pont de la Malmaison vers son entrée dans la ville, de manière à fournir une puissance brute de 5i5 chevaux-vapeur : l'usine où elles sont établies doit renfermer en outre une machine à vapeur de secours de 80 chevaux de force. Ces machines refouleront l'eau soit à 10 mètres de hauteur pour l'étage bas, soit à 28 mètres pour l'étage supérieur, dans de petits réservoirs régulateurs, construits en élévation faute de terrains disponibles à la hauteur convenable.
La dépense totale prévue, d'après l'estimation de l'ingénieur en chef directeur des travaux de la ville, pour l'exécution des ouvi^ages en hmitant les machines et les réservoirs aux proportions actuellement nécessaires, est de 9.250.000 francs. Les travaux de captation et d adduction des eaux, exécutés en 1883-1884, ont coûté 3.750.000 francs; la canalisation en ville a été adjugée 3.700.000 francs ; il reste à faire les travaux d'installation des machines et à construire le réservoir régulateur de Jancu.
449. Chicago. — Depuis longtemps Chicago, bâtie au bord du lac Michigan, est alimentée au moyen de l'eau de ce lac élevée par des machines à vapeur.
Il y a vingt-cinq ans, la prise d'eau placée à peu de distance de la rive était déjà reconnue tellement contaminée par le débouché des égouts, qu'on n'a pas hésité à la reporter à deux milles, soit 3.220 mètres de distance, dans les parties profondes du lac.
Les travaux exécutés à cet effet en 1864-1867, ont été conçus en prévision d'une alimentation de 189.000 mètres cubes par jour, ou 50 gallons (189 Utres) par habitant, pour une population présumée de 1.000.000 d'âmes. Ils n'ont pas coûté moins de 2.300.000 francs.
Ils consistent en deux puits verticaux, creusés l'un sur la rive, l'autre dans le fond du lac, et reliés entre eux par un canal souterrain établi dans un banc d'argile bleue compacte, à 23 mètres au-dessous delà surface et 12 mètres au-dessous du fond du lac. La section du tunnel est à peu près circulaire ; elle a l'",60 de hauteur et 1;",52 de largeur. Le
revêtement est formé de deux rouleaux de maçomierie de briques. Le puits de la rive est composé d'un cylindre en maçonnerie de 2"',40 de diamètre intérieur et 0'",30 d'épaisseur, reposant sur trois anneaux en fonte descendus d'abord par havage. Le puits du lac est un cylindre en fonte de 2'", 75 de diamètre intérieur, qui a été posé à l'abri d'un bâtardeau ou plutôt dans un caisson sans fond, puis foncé par déblaiement à l'intérieur; il est couronné d'un petit phare pourvu d'une cloche-avertisseur pour les temps de brume.