‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 189 sur 279 · EAUX PLUVIALES · texte numérisé non relu

EAUX PLUVIALES

plus grandes pluies. Le pied de ces tuyaux est mis en communication soit avec le caniveau de la rue par une simple rigole, une gargouille ou un tuyau à faible pente noyé dans le trottoir, soit avec l'égout, s'il en existe, par un conduit incliné posé en tranchée ou une galerie normale à l'égout.

Dans le premier cas le tuyau, ouvert de part et d'autre dans l'atmosphère, est naturellement ventilé, toutes les fois qu'un courant d'air s'y établit par suite de réchauffement dû aux rayons solaires ou à toute autre cause. Dans le second cas, l'atmosi^hère confinée de l'égout; se trouvant mise en relation avec l'air extérieur., c'est un courant d'air vicié qui s'établit dans le tuyau, à moins qu'on ne jDlace à l'extrémité inférieure, au débouché dans l'égout, une occlusion étanche : quand on a recours à ce dernier moyen, il convient, pour rétaljlir l'aération, de pratiquer une prise d'air frais au niveau du sol.

Le plus souvent les tuyaux de chute se placent à l'extérieur des édifices et sont fixés aux murs de face. Il arrive aussi cependant qu'on les dispose à l'intérieur et même dans l'éiDaisseur des murs. Les piliers creux des constructions luétalliques en tiennent lieu quelquefois.

Pour en prévenir l'obstruction par les corps solides qu'entraînent les eaux, feuilles mortes et autres, il convient de protéger l'orifice supérieur des tuyaux de chute par un grillage.

454. Tuyaux de chute. Branchements. Siphons. — On emploie assez généralement pour la confection des tuyaux de chute la fonte mince en bouts, de longueur variable, s'emboîtant les uns dans les autres, avec joints en ciment. Le fer, le zinc, moins coûteux peut-être, mais plus altérables, ne doivent pas être préférés à la fonte pour cet usage. En Angleterre on recommande d'y consacrer le plomb, dont la dm^ée est plus grande que celle de la fonte et qui a l'avantage de se prêter à l'exécution de tuyaux sans joints ; mais il faut le protéger contre les chocs qui pour raient en déterminer l'aplatissement et il ne s'applique d'ailleurs qu'aux petits diamètres.

Les gargouilles s'exécutent en

fonte ; elles reçoivent une section de forme rectangulaire, et présentent sur leur face supérieure une lente longitudinale qui sert à y introduire une raclette pour le nettoyage.

Les conduits reliant le pied des tuyaux de chute à l'égout se font soit en fonte mince, soit en grès vernissé, avec joints en ciment. Le grès, à peu près inattaquable par les eaux, queUe qu'en soit la composition, est plus duraljle que la fonte sans être sensiblement plus fragile. Les déboîtements sont assez fréquents dans les conduits de ce genre, soit que le

FiG. 549.

r)4G CHAPITRE XVIII. — ÉVACUATION DES EAUX NUISIBLES

sol naturel peu consistant tasse de lui-même, soit que les tassements y soient jn-ovoqucs par les fuites qui résultent de la moindre imperfection des joints. Cet inconvénient disparaît presque complètement avec les galeries en maçonnerie ou en béton.

L'occlu.sion, destinée à empêcher l'air vicié de l'égout de .s'élever dans le tuyau de chute, est obtenue souvent, particulièrement en Angleterre, au moyen d'un simple clapet (fig. 550), reposant sur un siège légèrement incliné, de manière à rester normalement fermé, mais à s'ouvrir très facile-

FlG. TjôO.

Fig. 551.

ment pour livrer passage à l'eau lorsqu'H s'en présente. Ce système, suffisant dans bien des cas, est évidemment imparfait caril ne peut assurer une fermeture étanche. Aussi vaut-il mieux disposer sur le parcours du tuyau de communication avec l'égout, un peu en amont du débouché, un siphon ou coupe-air hydraulique (fig. 551), qui s'oppose absolument au passage de l'air vicié, à la seule condition qu'il soit toujours garni d'eau : si cette condition est remplie le siphon donne d'excellents résultats. Comme l'eau est exposée à disparaître, soit par évaporation lente, soit par entraînement, dans le cas où il se produit des différences de pression de part et d'autre, on doit avoir soin d'en assurer le renouvellement d'une part, et d'empêcher, d'autre part, les effets du siphonnage en pratiquant sur le tuyau à l'amont du siphon une ouverture destinée à le ventiler. Cette dernière précaution, en mettant l'air confiné du tuyau en communication directe avec l'atmosphère, s'oppose aux variations de pression : elle satisfait de plus à la nécessité d'introduire l'air frais dans le tuyau de chute. Les siphons, par leur forme même, sont exposés à être obstrués par des dépôts ou par les corps solides qui s'introduiraient dans le tuyau de chute: il faut donc avoir le moyen de les visiter et de les nettoyer de temps a autre, et c'est l'ol^jet des petits regards dont on doit avoir soin de les munir.

455. Eaux des cours. — Les eaux pluviales qui tombent dans les cours et les jardins sont recueillies par des caniveaux à ciel ouvert et conduites jusqu'à de petites bouches recouvertes d'une grille en fer ou en fonte, où elles se précipitent, pour s'écouler ensuite souterrainement jusqu'à l'égout voisin. Il convient d'éviter tout dépôt de matières fermentescibles dans les bouches, au-dessous des grilles, afin de ne pas s'exposer à des émanations fâcheuses; à cet effet, on doit combiner ces appareils de manière à faciUter l'entraînement par les eaux de toutes les

Page 1