EAUX PLUVIALES
matières solides dont elles sont chargées. Si ce résultat ne jieut être obtenu faute de pente dans les conduits, et si, pour empêcher l'obstruction (les tuyaux, il faut se résigner à établir de petites chambres de dépôt sous les grilles, on doit tout au moins en opérer fréquemment le curage, aiin d'atténuer les inconvénients de cette disposition.
L'interposition d'un siphon, destiné à empêcher le passage de l'air vicié provenant de l'égout, est ici beaucoup moins nécessaire que pour les tuyaux de chute, car la hauteur à laquelle se trouve l'orifice par rapport
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à l'égout, est trop faible pour déterminer un appel énergique dans le conduit de communication, et les bouches sont d'ordinaire assez éloignées des habitations pour qu'un dégagement fortuit d'air vicié, à un moment donné, puisse passer inaperçu. Aussi, dans certains cas, ne place-t-on pas de siphon au-dessous de chaque grille ; on peut alors en disposer un après la réunion d'un certain nombre de conduits, à l'origine ou sur le parcours du conduit principal (fig. 553).
456. Eaux de la rue. — Sur la voie publique les eaux pluviales, rejetées vers les caniveaux par le boml^ement des chaussées et la pente des trottoirs, y prennent leurs cours et gagnent la bouche d'égout voisine, par où elles se précipitent directement dans l'égout , non sans s'être chargées de tous les détritus de la rue, poussières, boues, fumiers, et sans avoir reçu au passage les eaux résiduaires des maisons si elles en rejettent encore dans la rue.
Au temps des chaussées à deux revers pavés, avec caniveau central, la iDouche d'égout consistait en un orifice, fermé par une grille, placé au
Fig. 555.
point bas du caniveau, et directement au dessus de l'égout, construit luimême dans l'axe de la rue (fig. 554). L'inconvénient le plus grave de ce système était la facilité avec laquelle la grille était obstruée par les pailles et autres corps entraînés, qui, parfois, en venaient à barrer tout passage à l'eau.
Depuis que les chaussés à deux revers ont été remplacées par les chaussées bombées, bordées de deux trottoirs surélevés, la bouche d'égout est formée par une ouverture verticale pratiquée dans la bordure du
FiG. 5ôG.
trottoir; l'eau passe sur une bavette, établie au-dessous d'une partie de la bordure convenablement échancrée, et se déverse dans un tuyau de chute relié à l'égout, ou dans un branchement en maçonnerie (fig. 555 et 55G) ; la pente doit d'ailleurs être toujours suffisante pour que les corps solides, ordures, sables, etc., soient entraînés immédiatement.
Lorsque ces corps solides sont en quantité considérable, ils rendent le curage des égouts difficile, et quelquefois on en évite la projection, en disposant au-dessous des bouches une cavité destinée à les recueillir. Mais les dépôts ainsi obtenus ne tarderaient pas à fermenter et à répandre des odeurs désagréables, si l'on n'avait soin de procéder à des nettoyages très fréquents ; il convient par suite de ne recourir à ce système que dans les cas où l'application en est réellement indispensable. A Paris on reçoit dans les égouts les boues, les sables, la neige, etc. ; c'est seulement en quelques points spéciaux, notamment aux abords des Halles centrales, où les débris végétaux sont très abondants, qu'on a songé à disposer dans les bouches d'égout, un peu au-dessous de la bavette, un panier qui retient ces détritus, et qu'une trappe mobile permet d'enlever facilement, pour le vider, tous les deux ou trois jours au plus. A Londres, au contraire, on évite d'une manière générale la projection des matières solides dans les égouts ; le crottin est ramassé à la main et déposé dans des bornes creuses disposées à cet effet au bord des trottoirs.
Les bouches d'égout , librement ouvertes dans l'atmosphère, mettent l'air confiné de l'égout en relation directe avec l'air extérieur; et d s'y produit des courants, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, ordinairement si faibles qu'ils agissent à peine sur l'anémomètre, mais qui prennent un peu plus d'intensité quand le thermomètre ou le baromètre viennent à subir de brusques variations. C'est alors que des odeurs fâcheuses
Fig. 557.
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s'échappent quelquefois des bouches d'égout; et, pour les éviter, on a imaginé divers systèmes de fermeture, à trappe, à bascule, ou à interposition d'eau, qui jouent exactement le rôle des clapets ou des siphons au pied des tuyaux de chute. L'emploi de ce genre d'appareils rencontre ici un obstacle dans la nécessité d'assurer une ventilation constante des égouts, surtout lorsqu'ils sont visitables et que des équipes d'ouvriers sont appelées à y séjourner ; s'il se généralisait, il faudrait substituer à \a ventilation naturelle, obtenue par le moyen des bouches, un système de ventilation artificielle, à la fois eflîcace et sûr, et, parmi ceux qui ont été essayés, il n'en est point jusqu'à présent qui donne des résultats satisfaisants .