‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 43 sur 279 · ÛG* CHAPITRE IV. - LES BESOINS · texte numérisé non relu

ÛG* CHAPITRE IV. - LES BESOINS

(lire toutel'ois d'une manière générale qu'on préférera presque toujours colle qui contient peu ou point de matières solides en suspension ou en dissolution.

Dans les lavoirs, dar^s les fabriques de tissus, dans les teintureries, etc., on évitera les eaux calcaires, qui ont une fâcheuse action sur le savon et les couleurs ; les eaux ferrugineuses qui donnent lieu à des taches de rouille ; dans les raffineries de sucre, les eaux nitratées ([ni ne sont pas favorables à la cristallisation.

.Pour la confection des maçonneries, on rejettera une eau charirée de chlorure ou autres sels déliquescents, (jui, par leur propriété d'absorber la vapeur d'eau contenue dans l'air, entretiennent l'humidité des murs, ou de substances azotées, qui provoquent la formation du nitrate de chaux ou salpêtre, si nuisible à la conservation des bâtiments,

La présence de matières organiques et surtout de micro-organismes est à redouter dans toutes les industries qui reposent sur une fermentation, comme la boulangerie, la tannerie et la fabrication de la bière.

Pour l'alimentation des chaudières destinées à la production de la vapeur, on recherche les eaux les moins riches en sels calcaires, parce que ces sels se déposent sur les j^arois et y forment des incrustations, dont on a grand'peine à se débari-asser, même par des extractions fréquentes et par l'emploi préventif de substances dites dés incrustantes, et qui finissent toujours par rendre nécessaire un travail de détartrage à la main, long et onéreux.

69. Substances utiles ou nuisibles à la santé. — Dans l'état actuel de la science, on ne saurait guère indiquer, d'une manière nette et jarécise, parmi les substances si variées que les eaux naturelles renferment en petites quantités, celles qu'il faut rechercher comme utiles à la santé, celles qu'il faut éviter comme nuisibles et les proportions des unes ou des autres que l'on ne doit pas dépasser.

Les travaux récents sur la matière ont modifié les idées qui avaient cours précédemment; tel cai'actère, auquel on attachait une imj^ortance capitale, il y a quelques années encore, se trouve aujourd'hui relégué au second plan.

Ainsi l'on demandait avant tout qu'une eau fut aérée, c'est-à-dire tînt en dissolution une certaine proportion des gaz qui entrent dans la com position de l'eau ; on qualifiait de légère celle où l'analyse décelait une notable quantité d'oxygène libre, de lourde celle où ce gaz était moins abondant, l'azote étant considéré d'ailleurs comme indilTérent. L'absence d'oxygène dans l'eau passait pour être la cause de certaines maladies endémiques dans les pays de montagnes ; l'acide carbonique en faible proportion était recherché comme facilitant la digestion. Or, on sait aujourd'hui qu'une eau quelconque, pour peu qu'elle ait été exposée à l'air, contient l'oxygène, l'azote et l'acide carbonique dans des ])roportions déterminées par la solubilité respective de ces gaz et par la

pression ambiante. L'eau distillée, l'eau des puits artésiens s'aère immédiatement des qu'elle est amenée au contact de l'atmosphère. Et, dans im môme échantillon d'eau, ces proportions de gaz dissous se modifient suivant les circonstances de température, de pression où il se trouve placé ;* si on le conserve en vase clos, elles changent peu à peu suivant que l'eau contient une plus ou moins grande quantité d'algues ou de microbes.

On a considéré pendant longtemps le carbonate de chaux comme une substance nuisible dans les eaux potables, au même titre que le sulfate de chaux dont la présence caractérise les causes séléniteuses. Dupas- (piier, dans un ouvrage sur îes Eaux de source et les eaux de rivière, combattit cette opinion, et après lui bien des auteurs ont admis, d'une part, que le carbonate de chaux, dissous dans un excès d'acide carbonique, intervient utilement à l'état de bicarljonate dans les phénomènes de la digestion, en saturant l'acidité trop grande du suc gastrique ; d'autre part, que la chaux concourt à la nutrition des jeunes enfants en l'ournissant un élément indispensable à la formation des os Mais il semble résulter des statistiques contradictoires, dressées à ce sujet, que la présence du carbonate de chaux en quantité modérée n'a aucune intluence sensi])le, bonne ou mauvaise, sur la santé publique.

De même encore, on a voulu trouver dans les substances minérales, que contiennent les eaux consacrées à la boisson, la cause du (joitre, (pii est localisé dans certaines régions. Pour les uns, le goitre était dû aux composés calcaires et magnésiens ; pour les autres, à la présence du Ijrôme et du fluor ; quelques-uns l'ont attribué à l'absence de l'iode. Les faits paraissent démentir à la fois toutes ces théories, car on n'a pas trouvé de caractère identique persistant dans les eaux potables des contrées où le goitre est répandu ; et l'on en est revenu à se demander SI c'est bien dans les eaux qu'on doit chercher la cause inconnue de cette maladie 2.

Ce qui contribue à jeter le doute sur ces questions et facilite la controverse, c'est l'immunité ([ue donne l'habitude, l'accoutumance. Il est certain qu'une eau à laquelle les habitants d'une ville, d'une région, se sont habitués, peut n'exercer sur leur santé aucune influence fâcheuse, et, cependant, causer certaines maladies aux étrangers qui en usent accidentellement 3. Peut-être doit-on, il est vrai, se méfier des mdications données quelquefois à ce sujet, de peur d'attribuer aux <'aux des effets qui seraient dus à des influences climatériques.

Certains points, néanmoins, paraissent Wwn établis et sont admis par^ la généralité des hygiénistes :

nnii/iirc des cfiiix de la Franco pour 1851. Ajhi.KiiuGKL. Wasserversorguag, p. 77.

/oLi-FiiuoEL, p. 78. — NicHOLs. Walcr Slipply, p. 18.

1° Los matières minérales solides, en dissolution dans la plupart des eaux communes, et dont la proportion ne dépasse pas le plus souvent quelques dix-millièmes en tout, sels calcaires ou mai^nésiens, chlorures, sels de fer, etc., paraissent sans action sur l'organisme.

L'absence complète de ces matières n'est pas nuisi])lc, puisqu'e l'eau distillée, seule consommée par les marins et dans certains ports, n'altère point la santé. Dans les cas, assez exceptionnels, où quelques-unes d'entre elles s'y trouvent dissoutes en quantités notablement supérieures aux proportions oi'dinaires, l'eau rentre dans la catégorie des eaux minérales; dès lors, sans être encore pernicieuse, elle peut n'être i)lus inoffensive ; il convient de ne pas la recommander comme boisson habituelle et de la réserver pour vme action médicinale plus ou moins efficace.

2" La présence des matières organiques est au contraire redoutable pour la santé.

Bien qu'on puisse souvent absorber impunément des eaux qui en sont notablement chai'gées, il n'en est pas moins démontré que l'usage d'eaux contenant des matières animales ou végétales en décomposition pi-ovoque parfois dans l'organisme certains désordres, comme la diarrhée, la dysenterie, la malaria, sans que l'on sache bien si ces matières sont la cause directe de la maladie, ou constituent seulement le milieu favorable au développement du germe.

3° Ce qu'il faut craindre par-dessus tout, c'est la contamination de l'eau par les déjections des villes et de l'industrie.

L'homme a, pour les eaux puisées dans les rivières au-dessous du débouché des égouts, dans les nappes au voisinage des cimetières, dans les puits peu éloignés des fosses et des puisards, une répugnance instinctive qui se trouve hautement justifiée depuis la découverte des microbes. En effet, c'est précisément dans ces milieux que les bactéries pullulent, et, si leur nombre semble assez indifférent, puisque beaucoup d'entre elles sont inoffensives, on sait que quelques-unes sont caractéristiques de maladies déterminées dont l'eau pourrait devenir l'agent de transmission. On assure, bien que le fait n'ait pas encore été prouvé, que le choléra se propage aisément par cette voie, et, pour la fièvre typhoïde, les exemples nombreux et topiques qu'on en cite ne permettent plus aucun doute,

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