Inconvénients que présentent quelques eaux propres à la
boisson. H y ^^^^^ d'observer qu'une eau peut être bonne pour la
boisson, lorsc^u'on la puise directement là où elle est fournie par la nature, et présenter néanmoins certains inconvénients si on l'ulilise pour une distribution d'eau. Ainsi les eaux chimiquement très pures, contenant très peu de sels minéraux, attaquent souvent le plomb des conduites, le zinc des réservoirs, et se chargent de composés toxi(iues qui
peuvent devenir parfois nuisibles ou dangereux, tandis que, dans les mêmes conditions, des eaux plus riches en sels minéraux, en sels calcaires notamment, peuvent être impunément employées, après avoir passé dans des tuyaux de plomb et séjourné dans des récipients en zinc.
D'autre part, les eaux où le carbonate de chaux se trouve en forte proportion, quoique parfaitement inoffensives, doivent être évitées à cause des dépôts qui résultent de leur passage dans les conduites et les appareils de la distribution : en effet, tandis que le sulfate de chaux est assez soluble et ne donne pas lieu à des dépôts, le carbonate ne peut être dissous dans l'eau qu'à l'état de bicarbonate, et ce sel est si peu stable que « l'agitation de l'eau suffit pour faire dégager une partie de « l'acide carbonique et produire un dépôt de carbonate insoluble' ». Il résulte des essais faits par Belgrand à ce sujet qu'une eau devient incrustante à la température ordinaire de l'air, lorsque la proportion de carbonate de chaux dissous dépasse 18 à 20 centigrammes par litre. A la température de l'ébuUition, l'eau n'en retient plus que 3 centigrammes, et la congélation produit « un départ presque complet des sels « terreux en dissolution ^ » .
Certaines eaux ont l'inconvénient de provoquer dans les conduites en fonte la formation de concrétions volumineuses, qui en diminuent la section utile, et finissent quelquefois par les obstruer complètement. Ces tubercules, dont la présence a été constatée à Grenoble, il y a plus de cinquante ans, par M. Gueymard, et qui ont été observés à Cherbourg, à Saint-Étienne, en France, à Boston, en Amérique, et dans beaucoup d'autres villes, seraient très probablement dus, s'il faut en croire les résultats de l'étude récemment faite à ce sujet par M. Lory, doyen de la Faculté des Sciences de Grenoble, à la présence de matières organiques végétales en dissolution ou en suspension dans l'eau.
71. Avantages que présentent certaines substances inutiles ou nuisibles à la santé. — En sens inverse, on peut remarquer que certaines substances inutiles à la nutrition, ou môme nuisiljles à la santé, et qu'il est préférable de ne pas rencontrer dans une eau destinée à la boisson et au service privé, présentent des avantages spéciaux pour d'autres usages.
Tel est le cas du sulfate de chaux, dont la présence est généralement considérée comme fâcheuse, et qui aurait, paraît-il, une action favorable dans la fabrication de la bière.
Une eau très chargée de matières organiques, détestable pour la consommation domestique, sera, au contraire, excellente pour l'arrosage des jardins, puisqu'elle viendra fournir aux plantes une nourriture appropriée à leurs besoins.