Reichhardt
Eaux de source :
Distribution d'eau de Dijon
— de Fécamp
Sources de la Somme-Soude (Champagne)
Sources de la Vigne (Normandie) ........
Eaux artésiennes :
Puits de Grenelle à Paris . . .
260 milligr. par litro
— Passy
— Rouen . . . .
— Perpignan
— Tours..
— Cambrai
— Elbeuf
La composition du résidu solide est d'ailleurs très variable elle-même. Les matières qu'on y rencontre le plus souvent sont des cai'bonates, silicates, phosphates, nitrates, sulfates de chaux, de fer, de inagnésie, des sels alcalins, de l'alumine, des chlorures, des oxydes, des sulfures, etc.
96. Emploi des eaux souterraines. — Dès l'apparition de l'homme sur la terre, il a puisé dans les sources, en même temps que dans les cours d'eau, l'eau nécessaire pour étancher sa soif ; c'est auprès des sources que les caravanes installent leurs tentes, et plus d'un groupe de population n'a pas eu d'autre origine. La fraîcheur, la limpidité des eaux de som-ce invitent, en effet, à la boisson, et pour cet usage elles ont une incontestable supériorité qui les a fait rechercher de tout temps et dans tous les pays. Les progrès de la science, en montrant que ces eaux sont presque exemptes de matières organiques et de corpuscules organisés, sont venus donner tout récemment une éclatante justification de cette préférence naturelle si marquée et si générale.
L'usage des eaux de la nappe des puits remonte à la plus haute antiquité ; il n'est guère de contrée où leur emploi n'ait été fort anciennement répandu, quoiqu'il .suppose déjà un travail de recherche et l'exécution d'un ouvrage spécial. L'eau des puits est presque toujours fraîche et limpide, et la facilité avec laquelle on se la procure, bien souvent à l'endroit même où elle est utile, constitue en sa faveur un avantage manifeste. Malheureusement, elle est très exposée à la contamination progressive que tant de causes diverses tendent à provoquer partout où il y a des habitations et des terres en culture, et il en résulte qu'elle sera de moins en moins utilisée dans les villes. D'ailleurs, le débit d'une nappe est généralement limité; et, pour peu que les puits se rapprochent, chacun d'eux ne s'alimente qu'au détriment des voisins, de sorte que la quantité peut assez souvent faire défaut en même temps que la qualité. Mais ces inconvénients disparaissent dans les campagnes, où les établissements sont éloignés les uns des autres, et l'eau des puits est appelée à y rendre toujours des services considérables.
La recherche des eaux profondes ou artésiennes implique des études délicates, l'exécution de travaux d'une certaine importance, l'emploi d'un outillage spécial. Aussi est-ce à une époque relativement moderne que l'on a commencé à recourir à ces eaux. Les premiers puits jaillissants paraissent avoir été creusés vers le xii' siècle dans le comté d'Artois, auquels ils ont emprunté le nom qu'ils portent encore ; peut-être ont-ils été connus plus anciennement en Chine. La température élevée de l'eau qui s'en échappe la rend souvent peu propre à la boisson ; excellente au contraire dans la majorité des cas pour le lessivage du linge, l'alimentation des chaudières, la teinture, etc., elle est assez recherchée par l'industrie, qui prise ses qualités particulièi'cs et apprécie surtout les conditions de remarquable économie auxquelles il lui est fréquemment possible de se la procurer. Quant aux nappes profondes, elles fournissent l)resque toujours des eaux fraîches qui par leur nature, leur aspect, leur composition, sont à peu près l'équivalent des eaux de source. S'il n'y avait pas en général des installations compliquées et de grosses dépenses à faire pour les amener à la portée des consommateurs, en même temps qu'une très grande incertitude dans l'évaluation des débits probables, elles seraient sans doute plus recherchées qu'elles ne l'ont été et ne le sont encore pour l'alimentation des villes.