‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 51 sur 279 · Hi-.LUitAxo. La Heine, p · texte numérisé non relu

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l'intérieui' du sol ; l'altération de leurs eaux est plus à craindre lorsqu'elles sont dues à des courants souterrains, rapides et abondants, que si elles sont alimentées par une filtration lente à travers les terres, dont l'effet (;st d'ordinaire une épuration progressive. On peut dire, cependant, que les eaux de source sont en général peu exjDosées à des dangers de ce genre, et que, sauf des cas tout exceptionnels et assez rares, elles sont très pauvres en matières organiques et extrêmement salubres.

La température des eaux de source présente l'invariabilité caractéristique des eaux souterraines, et s'écarte le plus souvent très peu de la température moyenne de l'air dans la localité; la source du Rosoir, à Dijon, marque presque constamment 10°, à quelques dixièmes de degré près; la source de la Dhuis 9°,7 à 10°, 7 ; celles de la Vanne 9°,5 à 11° ; les sources qui alimentent les aqueducs de Rome, 14° à 16°; celles que l'on rencontre dans les montagnes, 5° à 8°.

La limpidité et la fraîcheur sont les qualités qui ont fait des eaux de source l'eau potable par excellence. A toute époque, les populations ont eu pour ces eaux une préférence instinctive, qui, venant s'ajouter au charme mystérieux d'une origine en apparence surnaturelle, a contribué à en faire un objet de vénération ; plus d'un peuple primitif leur a consacré un culte, et dans les campagnes il n'est pas rare de leur voir attribuer encore des effets miraculeux.

95. Composition des eaux souterraines. — Il résulte du jnode même de formation des eaux souterraines, qu'elles doivent être, en générai, moins chargées de gaz et de matières organiques que les autres eaux et contenir une plus forte proportion de matières solides.

On y trouve, en effet, d'ordinaire, un peu moins de gaz dissous que dans les eaux météoriques et superficielles ; et, dans la composition du mélange y-azeux, l'oxygène entre assez souvent en proportion moindre, tandis que l'acide carbonique y est plus abondant : ce que l'on explique par les combustions lentes qui ont lieu dans l'intérieur du sol. Ainsi, l'analyse des gaz dissous dans l'eau de la Dhuis et dans celle des sources de la Vanne ■ i donné :

Dhuis Vanne ce ce

Ocu ce xygcno 7,2 6,i

Azote 13,6 14,9

Acide carbonique 23,4 20,3

par litre'.

L'ammoniaque, (luc les eaux <\o pluie renferment en notable quantité, «•t qu'on rencontre en bien moindre proportion dans les eaux de superlicie, se retrouve plus abondante dans les eaux profondes. La moyenne 'les résultats obtenus par la Commission anglaise de la pollution des nvieres a été de 0"'«,29 par litre pour lu pluie, 0'"e-.02 pour les eaux de

supefficie et 0"'e,12 pour les eaux de nappes profondes ; mais elle accuse 0'"^,01 seulement d'ammoniaque pour lés eaux de source.

Les matières organiques sont rares dans les eaux souterraines, soit parce qu'elles ont été retenues par les terres et par la végétation, soit qu'elles aient été transformées, par l'oxydation, ennitrates ; on n'entrouve guère en quantité un peu notable que dans certaines eaux de la nappe des puits particulièrement exposées à dés contaminations par suite de quelque voisinage fâcheux. Cependant, les eaux profondes mêmes n'en sont jamais absolument dépourvues, et il arrive assez souvent qu'il s'y développe des végétations dès qu'elles voient le jour et se trouvent exposées à l'air libre. Et, bien que certains auteurs aient affirmé, probablement sur la foi de considérations théoriques trop absolues, que les eaux de source et les eaux des nappes profondes ne contiennent pas de o-ermes organisés ou de microbes, les faits observés semblent démontrer qu'il n'y a pas d'eau naturelle qui en soit totalement exempte ; dans les eaux les plus pures qui aient été consacrées à l'alimentation, le microscope décèle la présence de quelques bactéries, en petit nombre il est vrai, mais cela suffit pour que l'on doive admettre qu'aucune eau n'est

absolument stérile.

La proportion relativement grande de matières solides dissoutes est un des traits caractéristiques des eaux souterraines. L'analyse d'un nombre très considérable d'échantillons a fourni à la Commission anglaise de la pollution des rivières les chiffres moyens suivants :

438 milligrammes par litre pour les eaux des nappes profondes et 282 milligrammes par litre pour les eaux de source, contre 96 milligrammes par litre pour les eaux de superficie.

Cette proportion est peu influencée par les variations atmosphériques, bien que parfois la teneur saline d'une eau diminue légèrement après de grandes pluies. Elle dépend surtout de la nature des terrains dans lesquels les eaux se sont accumulées; ainsi, en Angleterre, on a trouve (lu'elle passe de 306 milligrammes par litre (grès rouge) à 831 milligrammes (terrain houiller) ; en Allemagne, de 70 milligrammes (gramt) a 418 (dolomie) et 2.365 (gypse) i; en Bohême, de 46 milligrammes (terrains primitifs) à 1.200 (étage silurien). Voici les quantités de sels trouvées dans quelques eaux de- source et dans certaines eaux artésiennes en France :

Eaux de source : ^^^^^^^ . ^^.^ ^.^^.^^^

DistribuUon d'eau de Paris.) Dhuis.. . ^297 —

( Arcueil . 527 —

__ de Lille (Seclin). 359 —

du Havre 368 —

de Besançon 280 —

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